Babinski, Trav. scient. Paris
l’aide de certaines solutions. La loi des secousses de l’état physiologique ne se trouverait ainsi nullement en défaut dans la RD, l’inversion ne serait qu’une modification apparente liée aux variations topographiques de l’excitabilité. L’hypothèse de Wiener a l’avantage d'expliquer du même coup le déplacement du point moteur ét la conservation habituelle de la formule normale dans l’excitation longitudinale.
Mais comment comprendre par contre que certains cas de RD partielle, indiquant du fait de la conservation de l’excitabilité du filet moteur une dégénérescence relativement modérée, puissent s’accompagner d’inversion, et inversement que des cas de RD complète, attestant la dégénération profonde du muscle, présentent la formule normale? Il y a là des faits contradictoires que la théorie laisse inexpliqués.
La théorie du sarcoplasme trouve en elle-même l’explication de l’inversion polaire.
Le muscle lisse, en effet, présenterait normalement l’inversion de la formule. La loi de Pflüger serait renversée pour les muscles riches en sarcoplasme. L’excitation de fermeture serait produite à l’anode pour le protoplasme non différencié (Mlle Joteyko). Le muscle dégénéré, se rapprochant par sa .structure du muscle lisse, obéirait par suite à la même loi.
Cette conception se heurte cependant elle aussi à une objection de fait. Comment expliquer en effet que l’inversion polaire, si elle doit être considérée comme caractéristique du muscle en état de dégénérescence, ne soit pas plus constante et qu’elle n’existe presque jamais dans l’excitation longitudinale.
La question est, on le voit, infiniment complexe et toutes les explications qui en ont été données présentent quelque part un point faible.
S’agit-il en fin de compte d’une altération chimique du muscle?
Chez l’animal, la grenouille en particulier, on peut faire varier la formule normale en imprégnant les muscles de solutions de potassium ou d’ammonium. Par contre les solutions de sodium et de lithium ramèneraient la formule à la normale. On a donc pu se demander si une modification de composition du protoplasma cellulaire, telle que celle que comporte la réaction de dégénérescence, n’était pas susceptible de rendre les effets du pôle positif plus actifs que ceux du pôle négatif. D’après Reiss, c’est ainsi qu’il conviendrait d’expliquer les résultats obtenus expérimentalement par Wiener, car, en imprégnant le muscle de substances agissant sur l’excitabilité du point moteur, il n’aurait pu en empêcher la diffusion, et du fait de l’imprégnation de la fibre musculaire par des substances toxiques, sa théorie se ramènerait à la tjiéorie de l’altération chimique.