X. - L’ÉLECTRODIAGNOSTIC AVEC LES CONDENSATEURS
Au cours de plusieurs chapitres précédents, nous avons déjà relevé les imperfections de l’instrumentation faradique, notamment l’usage d’appareils dissemblables et non étalonnés, comme
VELECTRODIAGNOSTIC AVEC LES COSDEESATEL'RS /'.»
encore la mesure archaïçiue (le rinlensité en uniWs de longueur.
La leclmique galvanique, de sou côté, est aussi passible (1 un certain nombre de critiques. Ainsi lorsque nous lisons au milliampèremètre l’intensité que nous appelons l’intensité du seuil, intensité que bous avons adoptée comme mesure de 1 excitabilité, nous ne lisons qu’une intensité apparente : en effet, d’abord, le tégument nous dissimulant les secousses les plus faibles du muscle, nous ne mesurons pas rigoureusement le seuil ; ensuite, le courant se diffusant dès son entrée dans l’organisme, la zone du point moteur n’est touchée que par une fraction de l’intensité totale : les tissus voisins jouent vis-à-vis de cette fraction qui seule est efficace le rôle d un shunt. De plus, l’intensité exprimée par le milliampèremètre est tributaire des facteurs : résistance du circuit, polarisation des tissus. Enfin, comme le fait remarquer Doumer, lorsque nous fermons le circuit d’excitation, la chute de résistance qui se produit du fait du passage du courant, et dont le milliampèremètre ne nous indique que le maximum, nous empêche de savoir l’instant exact et par suite l’intensité réelle qui a produit 1 excitation.
Sans aller cependant jusqu’à déclarer, comme Doumer, qu’en raison de ces défectuosités nous perdons complètement^ notre temps, il faut convenir que la méthode d’électrodiagnostic que nous utilisons, la méthode farado-galvanique, est loin d’être précise, et que nous ne devons en attendre que des mesures grossières, utilisables seulement pour des modifications déjà notables de l’excitabilité en clinique.
Pour obtenir une plus grande précision, un certain nombre d’électrologistes ont tenté de substituer à la méthode classique l’emploi des condensateurs.
Déjà largement utilisé en physiologie (Chauveau), le conden- .sateur fut appliqué en électrodiagnostic pour la première fois d’une manière systématique par Czybiilski et Zanietowski.
1“ Méthode du condensateur à charge variable. — Nous avons vu que la durée de la décharge d’un condensateur est proportionnelle à sa capacité. En choisissant donc deux condensateurs de capacité différente donnant l’un une onde de décharge brève, l’autre une onde de décharge longue, on disposera d’un système analogue au système farado-galvanique, l’onde brève correspondant à l’onde faradique, l’onde prolongée au courant continu.
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Pratiquement dans la méthode dite 'à potentiel de charge variable on utilise quatre condensateurs de 0,01, 0,1, 1 et 10 microfarads et pour chaque capacité on élève le voltage jusqu’à l’obtention du voltage liminaire. Ainsi par exemple, on commence par chercher l’excitabilité pour 0,01 microfarad. Si, avec le voltage maximum dont on dispose (80 à 110 volts), on obtient une contraction avec cette faible capacité, on pourra passer de suite à 10 microfarads pour avoir l’excitabilité aux ondes longues.
Dans le cas où le muscle ne se contracte pas avec 0,01 microfarad on fait l’essai de 0,1 microfarad. Le voltage liminaire noté, on pratique l’exploration comme précédemment avec 10 microfarads. Si 0,1 microfarad qui correspond aùx ondes brèves est insuffisant avec le voltage maximum, on passera à 1 microfarad et ainsi de suite.
iEii dehors de la constance de l’appareil d’exploration, l’avantage principal des condensateurs réside dans la possibilité d’une appréciation plus fine des variations de l’excitabilité aux ondes brèves. En outre la sensibilité de la méthode permet de suivre dans le temps les variations du voltage et par suite les modifications des réactions électriques avec une plus grande rigueur que ne le permet la méthode farado-galvanique.
Pourtant malgré des qualités indiscutables, la méthode précédente exige pour sa mise en œuvre un temps bien long. Jugée en général trop complexe, elle ne compte qu’un petit nom'bre d’adeptes.
2“ Méthode du condensateur à capacité variable. — La notion de durée de l’excitation dont nous verrons toute l’importance au prochain paragraphe a conduit Cluzet à l’utilisation d’une méthode d’électrodiagnostic toute différente de celle des capacités fixes et basée sur l’emploi d’un condensateur à capacité réglable.
Décrite par l’auteur pour la première fois en 1911 * cette méthode est en usage au centre électro-radiologique de Lyon et dans plusieurs centres secondaires de la 14'= Région.
• Son principe consiste dans la recherche de la capacité la plus faible, c’est-à-dire de Fonde la plus brève produisant le senil de la contraction musculaire.
Gomme dans l’électrodiagnostic ordinairè, la méthode renseigne sur la forme de la secousse, sur l’action relative des deux pôles, sur la réaction longitndinale.
Grâce à la possibilité d’obtenir toute une gamme d’ondes inter-
1. Cluzét, Méthode et appareils nouveaux pour rélectrodiagnostic. Lijon méd.. 26 nov 1914.
L’ÉLECTRODIAGNOSrJC AVEC LES CONDENSATEURS 81 médiaires entre l’onde brève fournie par la plus faible capacité (équivalente à l’onde faradique) et la décharge longue (analogue au courant galvanique), on peut distinguer, dans les muscles pré¬
sentant de Ja RD, toute une série de degrés qu’il n’est guère possible d’apprécier en méthode farado-galvanique.
Pour certains cas de RD très marquée, le plus grand condensateur, à durée de décharge trop courte, devient insuffisant. Dans ces conditions, au lieu d’utiliser une capacité plus grande, ce qui
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rendrait l'appareil volumineux et encombrant, on intercale dans le circuit une* résistance additionnelle ayant pour effet d’augmenter la durée des décharges sans faire varier la quantité d’électricité.
Voici, d’après Gluzet, rapidement esquissée la technique de la méthode du condensateur à capacité variable.
A l’aide de l’appareil décrit page 11, on s’assure d’abord de la valeur de la capacité liminaire normale pour le voltage dont on dispose. Sous 110 volts les nerfs et les muscles normaux répondent en général à peu près également à 0,02 microfarad, lorsqu’on utilise une éleQtrode indifférente de 100 cm’- et une électrode active de 1 cm^
L’hyperexcitabilité et l’hypoexcitabilité se jugeront ainsi d apres la capacité qui donnera le seuil par rapport à la capacité de 0,02 microfarad.
Dans le cas d’hypoexcitabilité la lenteur de la secousse fera reconnaître la réaction de dégénérescence G Si les muscles accusant cette hypoexcitabilité et présentant la lenteur de la secousse sont encore excitables par l’intermédiaire du nerf moteur, on conclura à la RD partielle. Dans le cas contraire, on se trouvera en présence de RD complète.
Lorsque aucune réponse n’aura pu être obtenue avec la série des capacités, on introduira dans le circuit tour à tour chacune des résistances additionnelles. Ce n’est qu’après qette dernière épreuve que l’ahsence de contraction permettra de conclure à l’inexcitabilité du muscle.