Tinel, Les blessures des nerfs, Masson
2. Tinel a vu l'amélioration se produire dans 60 à 70 p. 100 de lésions ner-
3. Huet a signalé la restauration spontanée d'une paralysie radiale consécutive à une fracture du radius. L'intervention chirurgicale allait être décidée quand en 'trois jours se Ht une amélioration remarquable.
4. Zimmern etCottenot, La sclérolyse électrique. Presse Médicale, 25 juin 1910.
5. Chiray et Bourguignon, L’ionisation des cicatrices de guerre. Presse Méd., 3 août 1916.
6. Hesnard, Le traitement local et la radiothérapie locale des blessures des troncs nerveux, Arch. d'Èlect. Méd., janvier 1916.
102 L'ÉLECTRODIAGNOSTIC DANS LES PARALYSIES MOTRICES les statistiques publiées jusqu’ici. Avant la giievre, la tendance des chirurgiens était de suturer aussitôt que possible les nerfs sectionnés; l’opération fuite en milieu aseptique ôtait assez souvent suivie d; restauration l'orictionnclle au bout de quelques mois. Les plaies de guerre étant généralement infectées, on s’est trouvé conduit à différer la suture, condition d’autant plus défavorable que les muscles .seront devenus le siège d’altérations trophiques plus avancées.
Malgré cela on compte un certain nombre de résultats heureux qui se font toujours attendre de longs mois.
On a publié, il est vrai, des faits de récupération motrice presque immédiate (Oazamian ‘ en France, Lœwenstein® chez nos ennemis, etc.). Ce sont là des faits inattendus puisqu’on sait qu’après une section nerveuse le bout périphérique dégénère toujours et dans toute sa longueur et que la restauration directe n’est possible que si les axones du bout central ont pénétré le bout périphérique.
Les nerfs possèdent une véritable individualité (Dumas) au point de vue de la rapidité et de la perfection de leur restauration motrice. La marche de la régénération est même différente suivant la hauteur où le nerf a été lésé, puisque les c)dindre-axes ont un trajet différent à parcourir. Le radial est le nerf qui se répare le |)lus vite ; il retrouve ses fonctions quelquefois en quatre ou cinq mois. Le nerf cubital se répare avec lenteur. Le sciatique poplité interne et le médian donnent les résultats les plus décevants.
Enfin il faut savoir que les signes électriques de restauration apparaissent plus rapidement chez les malades qui ont été soumis aux traitements physiothérapiques immédiatement après la suture.
On a coutume de dire en se fondant'sur l’autorité de Duchenne (de Boulogne) : la contractilité volontaire dans la réparation nerveuse, précède toujours de plus ou moins loin le retour des réactions électriques.
Ainsi présentée, la proposition est exacte mais incomplète.
Duchenne, en effet, a écrit : « Il est opportun de dire que jusqu’à
fonct.fonTdTnèrf.'*Lc''.°c/iirMrffie, 24 nov. 1915.
2. Lœwenstein [Mimch. Med. Woch.. 1916, n“ .39)'relate l'observation d'une suture du nerf radial pratiquée quinze jours après la section. Au 10" jour après . l'opération, la motilité était complètement récupérée ; au 37» jour les réactions électriques étaient normales.
présent j’ai toujours vu revenir la contractilité électro-musculaire, mais incomplètement et plus ou moins de temps après le rétablissement des mouvements volontaires et de la nutrition musculaire b M
Nous savons aujourd’hui que le retour de Vexcilahilité faradique du muscle est normalement ■précédé du retour de l'excitabilité faradique et galvanique du nerf. « A un degré déterminé de la régénération, écrit Erb ^ l’excitabilité faradique du
' RD en voie de régression Re/i<juat c/e RD
Fig. 41. - Schéma dés modiflcations régressives dos réactions électrique.?, (Chartier).
muscle réapparaît pour se rapprocher progressivement de la normale. Ce retour se produit habituellement un peu plus tard que dans les nerfs et est aussi séparé par un intervalle quelque peu plus long de celui du mouvement volontaire. »
Sur le nerf, le retour de l’excitabilité se produit presque toujours après le retour du tonus, de la sensibilité musculaire au courant faradique® et même de la contraction volontaire. Le nerf est d’abord excitable au courant galvanique, puis quelque temps après au courant faradique (ondes isolées) ; son excitfilion déter-
1. Duchenne (de Boulogne), Électris. local., éd. 1872, p. 372.
‘> Erb, Traité d’Électrothérapie. Trad. Rueff. 1884.
3! Duchenne (Électris. localisée, passim) écrit : . La faradisati ou d’un muscle produit toujours’ à l'état normal une contraction et i Il faut nue la lésion des nerfs soit profonde pour que les musclt complètement leur sensibilité... Le retour de la sensibilité électriqr
104 L’EUiCTRODIAGNOSTIC.DANS LES PARALYSIES MOTRICES
raine une contraction vive des muscles de son territoire.
L’exploration du nerf ne doit pas porter seulement en aval de la lésion ; des réactions précoces peuvent être décelées au-dessus de la section ou du point cpmprimé.
Dans des expériences très anciennes sur la grenouille, Erb avait pu constater que sur des nerfs traumatisés en voie de régénération la conductibilité reparaissait avant l’excitabilité ; le nerf iuexcitâble au-dessous de la lésion redevenait excitable au-dessus d’elle
Claude, ’Vigotiroux et Dumas - signalent que dans deux cas de compression par sclérose, recherchant les réactions dans la plaie opératoire, ils ont vu l’excitabilité du nerf, abolie au-dessus de la stricture, reparaître quelques minutes après qu’on l’avait dégagé de sa gaine scléreuse.
Cottenot et Reinhold ont montré que, dans quelques cas, lorsque le nerf est encore inexcitable au-dessous de la lésion, on peut déceler une réponse contractile 'en l’excitant au-dessus de la lésion avec le courant faradique (ondes isolées) ou avec le galvanique. Dans un cas où l’excitabilité avait réapparu sur les deux segments du nerf blessé, ils ont obtenu la réponse musculaire avec un courant d’intensité moindre sur le segment supérieur que sur le segment inférieur. D'après Cottenot et Reinhold le retour de la conductibilité électrique dans le segment sus-jacent à la lésion comporterait toujours un pronostic favorable.
Sur le muscle, on voit reparaître au bout d’un temps plus ou moins long l’excilabilité faradique ; elle est généralenfent en retard sur le retour de l’excitabilité du nerf et reste toujours au-dessous de la normale. L’excitabilité galvanique tend à reparaître au point moteur tandis que s’atténue la réaction longitudinale. Par suite l’hypoexcitabilité devient moins profonde. Ce n’est que plus tardivement que les modifications qualitatives commencent à se dissiper ; la secousse devient de moins en moins lente, l’inversion polaire tend .vers l’égalité, etc. Ces modifications se produisent suivant un ordre déterminé pour chaque territoire nerveux. Le retour des fonctions nerveuses se faisant parallèlement à la progression des cylindre-axes dans le nerf dégénéré, la restauration