RÉFLEXES (TROUBLES PHYSIOPATHIQU ES
La conservation des réactions électriques normales dans les troubles fonctionnels de nature hystérique est aujourd’hui un fait acquis, et par suite apporte une contribution de la plus haute importance au diagnostic.
Autrefois cependant on a publié, comme curiosité, certains cas de troubles fonctionnels avec RD partielle, ou simplement avec secousse lente, qui laissaient incrédules ceux qui n’avaient pas constaté par eux-mêmes la lenteur de la secousse. Peut-être ces réactions électriques paradoxales s’expliqueraient-elles aujourd’hui à. la lumière des troubles physiopathiques que nous a révélés la guerre.
On sait que Babinski et Froment établissent la parenté entre les troubles qu’ils désignent sous le nom de paralysies (et contractures) d’ordre réflexe et les paralysies amyotrophiques réflexes que nous connaissons depuis Charcot et Vulpian.
La variété dite articulaire ou abarticulaire qui succède aux traumatismes et aux inflammations des articulations, et qui se localise aux extenseurs, en est le type le plus commun. Elle est Lien connue des médecins électrologistes, plus peut-être que des chirurgiens ou des neurologistes, car c’est le plus souvent à l’électrologiste directement que les malades viennent demander de les débarrasser d’une gêne fonctionnelle tenace.
Les réactions électriques dans ces amyotrophies articulaires ^ consistent, exclusivement en modifications quantitatives de l’excitabilité. On n’y observe jamais de réaction de dégénérescence.
LES l'ARALYSlES ET CONTRACTURES REFLEXES 117
L’ex'cilabililé faradique et galvanique est plus ou moins affaiblie. Parfois on noie au début une phase d’hyperexcitabilité faradique (Mally) précédant la phase'de décroissance. Assez souvent la diminution d’excitabilité est plus marquée pour le courant galvanique que pour le faradique. Celte diminution d’excitabilité ne se caractérise pas seulement par un seuil plus élevé, mais égale- , ment par une diminution d’amplitude des contractions maximales.
D’après Mally le pronostic de l’atrophie réflexe articulaire serait en relation avec le degré de diminution de l’excitabilité,;;alvanique ' du muscle. Le relèvement de l’excitabilité galvanique serait un
■' signe favorable.
Nous rappellerons en passant l’importance de la recherche des . réactions électriques dans le groupe particulier des troubles paralytiques consécutifs aux traumatismes de l’épaule (fractures du ; colhuméral, luxations, etc.). Bien souvent ceux-ci sont mis sur le
compte de l’atrophie réflexe. L’existence de la réaction de dégénérescence les fera rapporter à leur véritable origine : névrites du " circonflexe, compression, paralysie radiculaire plus ou moins
étendue.
Dès le' début de la guerre, les médecins ont été frappés par le nombre de troubles insolites qui ne présentaient ni le caractère des manifestations hystériques ni celui des lésions organiques des nerfs.
Ces troubles ont fait par leur nouveauté l’objet de nombreuses recherches et leur description a été particulièrement bien fixée par Babinski et Froment.
Au nombre de leurs caractères distinctifs Babinski et Froment signalent, à côté de Vhyperexcilabilild mécanique des muscles et de la lenteur de la contraction provoquée par la percussion, . deux signés électriques : Yhyperexcitabili té ou Vhypoexcitabilité ' légère et la fusion anticipée des secousses '.
' Les modifications quantitatives sous l’excitation laradique ne
sont jamais très prononcées : parfois la différence entre le côté sain >. et le côté malade est assez faible pour qu’on soit obligé de conclure
î . à l’absence de modifications quantitatives.
Lorsqu’elles sont accusées, on devra s’assurer qu’elles ne sont : ; pas simplement apparentes et ne tiennent pas à une augmentation
t I. Babinski ot Froment, Hystério. ' Pithiatisme et troubles nerveux d'oraro
rdliexo, Paris, Masson, 1917.
118 L’ELFAVrRODIAGNOSriC DANS LES l'ARALYSIES MOTRICES OU à une diminution de résistance des téguments du membre malade. Nous avons en effet assez souvent constaté dans les paralysies et contractures réflexes une modification assez marquée de la résistance de la peau.
Nous avons vu plus haut* que le froid, à lui seul, peut modifier les caractères de la secousse galvanique, et qu’il n’intervient sans, doute qu’indireclement par les troubles circulatoires qu’il engendre. On pouvait s’attendre par suite à observer la lenteur de la secousse dans les troubles réflexes' s’accompagnant d’hypothermie et de paralysie vaso-motrice. Nous sommes même portés à aller plus loin dans l’explication du phénomène et ,à mettre en cause l’asphyxie, l’inl'oxication par CO^, due au ralentissement circulatoire, à l’imperfection des échanges.
C’est surtout sur les petits muscles des mains (éminences thénar et hypothénar, interosseux), qu’on analysera le plus aisément les modifications de l’excitabilité et les caractères de la secousse musculaire.
L’excitabilité faradique est tantôt légèrement accrue, tantôt, légèrement diminuée. La secousse obtenue avec les ondes isolées peut paraître assez vive, mais en cherchant le nombre d’excitations nécessaire pour produire le tétanos, on constate souvent que ce nombre est inférieur à celui qui est nécessaire pour l’obtention du tétanos d’un muscle sain de volume sensiblement égal. Le phénomène de la fusion anticipée des secousses (Babinski et Froment) traduit donc d’une manière indirecte le ralentissement de la secousse faradique.
Au courant galvanique, l’excitabilité peut être augmentée ou diminuée suivant les cas : la secousse est tantôt franchement lente, tantôt seulement légèrement ralentie.
En refroidissant artificiellement le membre, le ralentissement s’accuse; en l’échauffant d’une manière suffisante, il s’atténue et disparaît.
Tous ces phénomènes anormaux débutent avec les troubles d’hypothermie, et, si ces derniers s’amendent, ils diminuent simultanément. La disparition momentanée de la lenteur par le réchauffement suffit à distinguer ces- réactions de la réaction de dégénérescence.
1. Voir page 60. Causes d'errour do la rdaction do dégéncrosi.-cnco.
, PA PA L YSIES ISCllÉMIQ UES