LES TROUBLES SENSITIFS ET SENSORIELS
du côté de la lésion, et du côté opposé une augmentation de l’intervalle faradique caractérisée par une grande élévation du seuil de la sensibilité douloureuse (hypoalgésie marquée) avec conser^ vation ou faible élévation du seuil de la sensibilité farado-cutanée.
Le réflexe galvano-psychique. — Si l’on dispose d’un galvanomètre très sensible et très amorti pouvant donner le microampère, on pourra contrôler la nature organique ou fonctionnelle de certaines anesthésies sensitives et sensorielles, à l’aide du réflexe galvano-psychique.
Découvert par Féré, puis repris par Veraguth, ce phénomène a été étudié récemment en neurologie de guerre par l’un de nous en collaboration avec Logre *.
Si dans un circuit galvanique de très faible force électromotrice (4 à 6 volts) on intercale un sujet sain, les électrodes, des électrodes métalliques à très large surface de préférence, étant fixées d une manière très intime à la paume des deux mains, il se produit pour chaque émotion, comme aussi pour chaque excitation sensitive ou sensorielle, une déviation brusque du galvanomètre, indiquant une diminution brusque de la résistance aux portes d’entrée du courant.
Les émotions, la surprise, l’attention, les opérations mentales peuvent provoquer le réflexe : aussi a-t-il été retenu par les psychiatres qui espéraient y trouver une mesure de l’affectivité.
D’un autre côté les excitations sensitives, toucher, piqûre, .excitation thermique, comme aussi les excitations lumineuses (éclair de magnésium par exemple), et auditives (cloche, plaque de téléphone), provoquent normalement le phénomène. Des trois modes d’excitation sensitive, l’excitation thermique nous a semblé régulièrement la plus efficace, en ce sens qu’elle donne toujours une déviation galvanométrique d’amplitude plus considérable que les deux autres.
Certains auteurs ont admis que les excitations sensitives et sensorielles n’agissaient pas pour leur propre compte, mais par un élément affectif (émotion résultant de la perception) de sorte que le réflexe galvano-psychique comporterait toujours et nécessairement un intermédiaire psychique. Il nous a semblé cependant que ce relai affectif n’était pas indispensable à la production