A. Zimmern, Soc, neural., avril
le vertige voltaïque 139
laïque : par lui-même, il n’a qu’une valeur diagnostique assez relative: du reste, il peut faire défaut même à l’elat normal.
Chez un sujet sain, lorsqn’on applique deux électrodes tampons au-devant du Iragus et que l’on fait passer un courant graduellement croissant, il se produit une série de phénomènes subjectifs
et objectifs. Avec 1 à 2 mA., le sujet éprouve tout d abord une première sensation vertigineuse; puis, entre 2 et 5 mA., s ajoutent d’autres phénomènes subjectifs : saveur métallique, phosphenes, acouphènes, étourdissements, malaises, nausées. En meme temps surviennent les phénomènes objectifs, le nystagmus et mie inclination de la tète vers le pôle positif, quelquefois te lement prononcée que le sujet peut tomber à la renverse. L inclination débute le plus souvent déjà avec un courant de 1 ou 2 mA. Ebez un sujet sailli elle est presque toujours manifeste aux enviions de 5 mA. Mais avec le procédé d’ascension lente du courant, le mouvement lent et progressif peut ne pas frapper l’observateur ;
r^E VERTIGE voltaïque
dans ce cas en coupant le courant, on verra le plus souvent une exagération brusque de Imclination à laquelle lait suite le redressement de la tete. Il est bon du reste de faire cette manœuvre devant un fond blanc. Si l’on renverse le courant et qu’on élève a nouveau son intensité d’une manière progressive, l’inclination de ta tete se fait encore vers le pôle positif.
Lorsque les deux électrodes ne sont pas placées symétriquement sur un meme axe transversal, si là positive se trouve par exemple au-dessus du point d’election et la négative au-dessous, sous le lobu e de 1 oreille, derrière le maxillaire, il se produit un mouvement de rotation la tête sur son axe vertical vers le pôle positif. '
Lhez les individus jeunes, le vertige subjectif est particulièrement net, et il suffit souvent d’un courant de très faible intensité pour le faire apparaître (1 à 2 mA.).
^ Quand' on opère sur soi-même, on a l’impression que la pesanteur d une moitié du corps est supprimée et que par suite on tombe de 1 autre cote. On constate aussi que la sensation subjective dépassé de beaucoup l’intensité réelle de la vacillation. En fermant es yeux, on s’imagine avoir fait un mouvement beaucoup plus étendu que celui qu’on a effectué en réalité (Erb).
’ la réaction objective, c’est-à-dire l’inclination,
s obtient d une façon beaucoup plus manifeste, quand le sujet est debout, les talons rapprochés, les yeux clos dans l’attitude classique pour la recherche du signe de Romberg (fig. 44). On constate alors non seulement le mouvement de la tête, mais une inclination du corps tout entier du côté du pôle positif i.
Les otologistes procèdent souvent avec la méthode monopolaire plaçant le positif sur la nuque et le négatif sur l’oreille comme nous lavons indique pour la recherche du nystagmus : les intensités requises pour l’obtention du vertige sont alors pfus élevées, et quelquefois plus difficiles à supporter que dans la méthode bipo-
II est indispensable dans la recherche des épreuves voltaïques vestibulaires de les explorer un certain nombre de fois de suite pour que la constance du résultat trouvé lui donne une valeur indiscutable. Pourtant il faut se garder de répéter l’excitation à
intervalles trop rapprochés; l’action du courant finit en effet par s’épuiser à la longue et l’inclination ne se fait plus identiquement.
Déviation angulaire voltaïque. — Si l’on invite un sujet sain à fermer les yeux après avoir repéré une direction déterminée, puis à exécuter suivant cette direction six pas en avant, autant en arrière, on constate qu’il ne dévie pas sensiblement de la direction primitive. C’est l’épreuve de la déviation angulaire spontanée imaginée par Babinski et G.-A. Weill *.
Chez un sujet atteint dans son appareil d’équilibration, on observe des déviations telles que le sujet, arrêté après quelques allées et venues, se trouve en position opposée à celle du départ ou se retrouve considérablement déplacé à droite ou à gauche sans modification sensible de la direction primitive.
Si on fait exécuter cette épreuve de la marche à un sujet normal pendant l’épreuve calorique de Barany, on le voit dévier en sens inverse du nystagmus provoqué (Buys). Avec l’eau froide, la déviation se fait dans le sens de l’oreille irriguée.
Les résultats sont plus sensibles si l’on procède à l’électrisation bitemporale pendant l’épreuve de la marche, les électrodes étant maintenues sur les tragus du sujet par un bandeau élastique et rattachées par des fils conducteurs à l’appareil galvanique. Chez un sujet normal, avec une intensité de 1 mA. A 1 mA. 1/2, il y a inclination latérale du côté de l’anode; la ligne des pas est déviée vers le pôle positif; la déviation qui s’effectue à chaque allée et chaque venue est de 10° à 15“ environ. En 4 virevolts la déviation totale est donc d’environ 90“. C’est la déviation angulaire voltaïque A Le trajet parcouru affecte la forme d’une étoile A
Si l’on répète l’épreuve aussitôt après l’ouverture du courant, on constate une nouvelle déviation en sens inverse de la première : c’est la contre-déviation voltaïque.
Avec une intensité portée au delà de 2 mA., on peut observer un abaissement de l’épaule vers le pôle positif, de la dyssymétrie des pas et même des phénomènes de déséquilibre tels que titubation ébrieuse, mouvements réflexes destinés à maintenir l’équilibre (Cestan).