ELECTRODIAGNOSTIC ET CONSEIL DE RÉFORME
L’importance de l’électrodiagnostic a été reconnue par le service de santé militaire qui lui a donné une juste place dans le dossier de réforme.
Tout blessé atteint d’une impotence fonctionnelle doit être soumis à un examen électrique.
Si l’on considère en effet que la commission consultative, le Ministre et parfois le Conseil d’État qui jugent en dernier ressort pour l’attribution des pensions n’apprécient que sur pièces, on conçoit que le dossier doive comporter, chaque fois que la chose est possible, des documents scientifiques probants, susceptibles de contrôler les affirmations cliniques et de guider les appréciations des experts.
Camus a montré tout le parti que l’on peut tirer des moyens physiologiques d’exploration (dynamo-ergographie, mesure des réactions vaso-motrices et psycho-motrices) : l’examen électrique se place au premier rang de ces procédés d’exploration.
Une paralysie ne laissera aucun doute à l’expert lorsqu’elle sera confirmée par un examen électrique récent. D’autre part, si l’examen clinique enregistre le déficit de la fonction, les réactions électriques en laissent assez souvent supputer l’avenir pour qu’il en soit toujours tenu compte dans l’évaluation de l’invalidité et surtout dans le mode de la réforme (réforme n“ 1 ou réforme temporaire) ou d’affectation (service auxiliaire).
Certains avaient espéré que l’électrodiagnostic apporterait un témoignage objectif de la valeur fonctionnelle des nerfs et des muscles et que les formules RD complète, RD partielle, etc., per-
mettraient des évaluations d’incapacité en pourcentage. On a de même essayé de classer les diverses étapes de la RD eu degrés suivant les éléments : excitabilité faradique et galvanique, formule polaire, forme de la secousse et réaction longitudinale, chaque degré comprenant un nouveau .signe de dégénérescence. Une classification de ce genre aurait évidemment permis d’apporter aux médecins non spécialisés une échelle de gravité des réactions électriques commode à consulter. Mais celle-ci est loin de répondre à la réalité des faits cliniques c tout au plus peut-elle convenir à des lésions récentes ; elle ne s’applique pas à des paralysies anciennes, telles qu’elles sont présentées aux experts des conseils de réforme. Nous nous trouvons alors en effet en présence de blessés soit améliorés, soit guéris fonctionnellement; mais nous savons, et le guide-barème des invalidités le rappelle très justement aux experts,
' que la fonction motrice reparaît avant les modifications régressives des réactions électriques. La formule de l’électrodiagnostic peut donc, chez un blessé ayant récupéré une grande partie de ses mouvements, être la même que chez un autre n’ayant par exemple recouvré que le tonus musculaire. Si l’on ne tenait compte que âe l’élestrodiagnostie, le taux de l’invalidité serait le même pour les deux blessés.
Larat a proposé de simplifier la terminologie en supprimant l’expression RD partielle qui, selon lui, correspondrait touiours à un pronostic favorable à brève échéance. Il ne nous semble pas que cette suppression soit justifiée, puisque la RD partielle peut se rencontrer comme premier stade d’une RD totale en voie d’évolution, ou au contraire au cours de la période régressive comme témoignage du reliquat de la lésion.
En réalité, quel que soit le terme employé pour définir le groupement des réactions électriques anormales, il n’est pas un élément d’appréciation suffisant pour l’expert. C’est de son interprétation en accord avec l’examen clinique que doivent découler les conclusions.
Quels renseignements l’expert peut-il donc tirer del’électrodiagnostic ?
L’existence de réactions électriques anormales permet de différencier facilement les paralysies organiques de la simulation et des paralysies hystériques ou fonctionnelles (type fiabinski). Dans la majorité des cas, quand le blessé est présenté devant le