‹ Électrodiagnostic de guerreChapitre 72 sur 96 · ET CONSEIL DE RÉFORME · texte numérisé non relu

ET CONSEIL DE RÉFORME

conseil de réforme, l’examen électrique n’intervient que pour appuyer le diagnostic clinique posé’. Nous avons signalé la fréquence de l’association d’une paralysie fonctionnelle avec une lésion organique ■; c’est l’électrodiagnostic qui fera la part de ce

qui revient à l’hystérie et à l’organicité.

Souvent l’électrodiagnostic demandé pour le dossier de retorme vient révéler une lésion ignorée. Si l’expert par exemple se trouve en présence d’une ankylosé du genou consécutive à une arthrotomie pour fracture articulaire et qu’il constate en meme temps des troubles de la motilité du pied, l’examen électrique montrera parfois une lésion du sciatique poplité externe restée méconnue, la chute du pied ayant été attribuée à l’immobilisation prolongée ou à l’atrophie musculaire. Nous avons signalé ailleurs que la paralysie du cubital pouvait facilement passer inaperçue en dehors de l’examen électrique. De même, il nous est arrivé fréquemment de découvrir chez des blessés hospitalisés depuis plusieurs mois et en instance de réforme des lésions nerveuses profondes avec RD totale jusque-là insoupçonnée, soit qu’une lésion osseuse ait été la lésion principale (en cas de fracture articulaire du poignet avec ankylosé, par exemple, la paralysie des muscles de l’éminence thénar peut rester méconnue), soit que la paralysie d un seul nerf ait été constatée alors qu’un autre était également touché. 11 n’est pas besoin d’insister sur l’intérêt que présente pour la sauvegarde des intérêts du blessé cette recherche de contrôle.

Dans les paralysies organiques des nerfs périphériques, l’électrodiagnostic fixe l’état actuel de la lésion. Il ne suffit donc de pratiquer un examen rapide et de dire qu’il y a ou non R , encore faut-il rechercher le stade du syndrome et l’interpréter, voir si les réactions électriques laissent soupçonner une lésion réparable ou au contraire une lésion définitive, puisque le taux de l’invalidité et la proposition de réforme (réforme n» 1 ou réforme temporaire) ou de service auxiliaire qui résulteront de cet examen

KLECTRODIA GNOSTJC

et des conslalalions cliniques seront fort différents dans chaque cas.

L’hypoexcitabilité peut se rencontrer comme seule anomalie des réactions électriques : parfois elle est le seul reliquat d’une RD en voie de guérison, d’autres fois, elle en est tout à fait indépendante ; on la trouve dans les simples atrophies musculaii’es, mais aussi dans certaines lésions nerveuses, graves en apparence d’après les signes cliniques. En général, la constatation d’hypoexcitabilité simple est de pronoslic favorable.

La RD partielle implique également dans la majorité des cas un pronostic favorable ; elle se rencontre soit dans les paralysies légères, soit au cours de la régénération nerveuse.

La RD totale est indice de lésion nerveuse grave. En raison de son évolution variable, on jugera de la gravité de la RD par son allure progressive ou régressive. L’examen doit donc porter non seulement sur les muscles, mais sur le nerf puisque c’est là que se manifestera la première modification régressive. D’un autre côté, la constatation de l’hyperexcitabilité longitudinale est importante, mais ne permettra pas à elle seule de porter un pronoslic d’incurabilité ; dans les névrites toxiques, par exemple, celte hyperexcitabilité longitudinale est fréquente et pourtant la réparation est la règle. Dans l’immense majorité des cas, une ppinion autorisée ne peut être fondée que sur des examens répétés, ou, à défaut, sur des documents électrodiagnostiques antérieurs suffisamment explicites.

L’inexcitabilité absolue oblige logiquement à considérer, la lésion comme irréparable. Pourtant malgré la sévérité de cette constatation, il faut se souvenir qu’à la suite d’un traitement physiothérapique approprié, d’une intervention chirurgicale (suture ou libération), l’inexcitabilité peut se prolonger assez longtemps avant qu’un effet, même partiel, du traitement ne se manifeste. Il y aura donc lieu parfois d’ajourner une conclusion d’incurabilité. Lorsque la lésion date de plus d’un an, que la motilité volontaire reste absente, que l’atrophie musculaire est marquée et s’accompagne de troubles trophiques accentués, il n’y a guère de chances laissées à un retour même partiel des fonctions du membre.

Pour indemniser le soldat blessé en service commandé, soit au front, soit à l’intérieur, il existe deux modalités, la pension et la gratification. Pour la pension, l’infirmité doit,' d'après la loi de 1831, toujours en vigueur, réunir les caractères de gravité et d’incurabilité. Or cette pension est viagère et même si elle a été

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