A NOTRE-DAME DE PARIS
J'ai fait, sous mon bâton, résonner aujourd'hui Les dalles sombres et la nef de Notre-Dame, Un grand vitrail jetait dans une épaisse nuit La lueur de sa flamme!
Je venais essayer, sceptique pèlerin, De ranimer en moi la foi de mes ancêtres, Cette foule rustique et dont le sang latin Se courbait sous les prêtres I
J'allais, le cœur battant et tout l'esprit tendu, Espérant va'guement de renaître à ces choses, Car je voulais marcher dans le parfum perdu De l'encens et des roses !
J'arrivai lentement près d'un jjctit autel, Un prêtre officiait, plein de munificence. Mais il exorcisait, d'un geste solenne', Le vide et le silence!
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Quoi est ce culte, dis-je. et cet isolement? Je sentais un frisson qui tombait de la voûte. Notre-Dame nest donc pour nous qu'un monument, Vn tombeau sur la roule?
O Christ I Ton temple est vide et, de nouveau, tu meurs! Oui, le dernier venu des grands songes de l'homme, T©n image s'efîace au fond de tous les cœurs, Ton règne se consomme !
La mort, tu le vois trop, n'apporte que la mort î Tu voulus, dans le sang, construire ta mémoire! Nous t'aurions mieux aimé, tel que sur le Thabor, Etincelant de gloire !
Mais la croix, les larrons, les soldats, les douleurs, Tout le triste appareil de ton affreux supplice, Les injures, les coups, la sueur et les pleurs, Et le sombre calice.
Le temps, qui détruit tout, dans nos yeux a séché Les larmes de pitié qu'ils nous avaient fait naître ! Et notre àiiie, d'un Dieu sur la croix attaché, Ne sait plus se repaître!
La force, la beauté sont nos commandements, El, sans plus nous complaire à la mélancolie. Nous demandons la joie et tous les sentiments Qui grandissent la vie !
O mes frères, enfants et vieillards attardés, Et vous,if*mmes, mes sœurs, qu'en sortant jv rencontre Que faites-vous ici ? Ces lieux sont déeédés, La mort seule s'v montre !
A \()TUi:-n.VMK DK PARIS IVJ
Venez, c'est encor vous, simjjles et doux esprits. C'est vous qui bâtirez les ég-lises nouvelles ! Au fond de votre cœur vous trouverez incrits Leurs rayonnants modèles !
Venez, baignant les murs de son ilôt immortel, Une Seine argentée entoure Notre-Dame.
Le fleuve durera quand tombera l'autel.
C'est lui ([ui nous réclame I
Suivons son cours ! Voici la campagne et les bois î Répandez-vous à votre gré sous la verdure ! Ecoutez les oiseaux, les vents, toutes les voix Qui peuplent la nature î
C'est là que dans la paix, frères, nous bâtirons Le temple de la vie ! Un beau règne commence ! Ne la voyez-vous pas s'élancer sur nos fronts La cathédrale immense ?