CHANT SÉCULAIRE A VICTOR HUGO
A l'aube du siècle nouveau.
Siècle qui sera nôtre, Nous voici devant ton tomheau.
O Maître, Aïeul, Apôtre !
Apôtre, tu nous consacras
L'exil et la révolte.
Tu forgeas nos cœurs et nos hras
Pour la sombre récolte !
Un seul homme sur un ilôt Mais qui tient une lyre
Que trempent le vent et le tlot Pèse plus qu'un empire !
Tu croyais au peuple, à l'amour, A la vie, à la France,
Et nous avons, à notre tour, Ta foi, ton espérance !
Aïeul, avec tes cheveux blancs Et tes fortes tendresses,
Tu te penchas sur nous, tremblants.
Au fond de nos jeunesses !
Nous écoutions tomber ta voix, Comparal)le au tonnerre.
Ou, soudain, brise dans les bois.
Murmure de la t^rre !
Et tes contes, pleins de héros.
Construisaient nos mémoires, C'est depuis lors que. sans repos,
Nous songeons de victoires !
Maître des vers, ta mort à toi N'est pas la grande absence.
Tu domptes encore à ta loi La tombe et le silence I
De tout ce qui, jadis, fut tien, Des noml)res et des rythmes.
Le royaume encor t'appartient Car tu guides nos rimes 1
Tiu les conduis, puissant berger,
» Sous le laurier, seul arbre Dont la racine peut plonger Dans les veines du marbre !
Ht c'est pourquoi, groupes serrés, Nous portons témoignante,
Hugo, que tes restes sacrés.
Dominent siir notre âge î