‹ Elégies parisiennesChapitre 16 sur 30 · CHANT SÉCULAIRE A VICTOR HUGO · texte numérisé non relu

CHANT SÉCULAIRE A VICTOR HUGO

A l'aube du siècle nouveau.

Siècle qui sera nôtre, Nous voici devant ton tomheau.

O Maître, Aïeul, Apôtre !

Apôtre, tu nous consacras

L'exil et la révolte.

Tu forgeas nos cœurs et nos hras

Pour la sombre récolte !

Un seul homme sur un ilôt Mais qui tient une lyre

Que trempent le vent et le tlot Pèse plus qu'un empire !

Tu croyais au peuple, à l'amour, A la vie, à la France,

Et nous avons, à notre tour, Ta foi, ton espérance !

Aïeul, avec tes cheveux blancs Et tes fortes tendresses,

Tu te penchas sur nous, tremblants.

Au fond de nos jeunesses !

Nous écoutions tomber ta voix, Comparal)le au tonnerre.

Ou, soudain, brise dans les bois.

Murmure de la t^rre !

Et tes contes, pleins de héros.

Construisaient nos mémoires, C'est depuis lors que. sans repos,

Nous songeons de victoires !

Maître des vers, ta mort à toi N'est pas la grande absence.

Tu domptes encore à ta loi La tombe et le silence I

De tout ce qui, jadis, fut tien, Des noml)res et des rythmes.

Le royaume encor t'appartient Car tu guides nos rimes 1

Tiu les conduis, puissant berger,

» Sous le laurier, seul arbre Dont la racine peut plonger Dans les veines du marbre !

Ht c'est pourquoi, groupes serrés, Nous portons témoignante,

Hugo, que tes restes sacrés.

Dominent siir notre âge î

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