A LA BEAUTÉ
O fatale Ix^aiité, quand ton rej^jard nio l>losso.
J'abandonne mon mal ou ma sérénité.
Je m'attache à te suivre et rien ne m'intéresse.
Hors de tes sombres yeux pour moi pleins de clarté !
Quel est donc ce pouvoir qui de l'homme se joue, Cette force à laquelle on ne peut opposer Que le consentement et qui l'ont qu'on te loue Même si c'est la mort que donne ton baiser?
Beauté, tu te confonds avec la destinée! Gomme elle ta rencontre est assusée à tous, Comme elle, à notre mort, ta tâche est terminée Et ton cœur est amer lorsque tes mots sont doux!
Nous te connaissons bien î Ta forme et ton visag-e Chantjent souvent, ainsi que le son de ta voix. Mais nous t'otlrons toujours, beauté, le même iiommage Et nous voulons te voir pour la j^remière fois !
^ ions! Prends-moi tout entier! Prends mon cœur ! et mon âme î Je ne résiste pas! Je sais trop que mon temps, Mes peines, mes efforts vont composer ta llamme Et qu'ils rendront tes sombres yeux plus éclatants !
Quand tu m'auras ravi le meilleur de moi-même Et que, faible et captif, je serai devant toi, Je sais que tu fuiras ! Mais c'est pourquoi je t'aime î Viens je suis assez fort pour accepter ta loi!
O beauté, j'ai rompu, pour dire ta louange, L'ordonnance et la clef de mon clair monument! Ils ne sauront y voir qu'une sculpture étrange, Un caprice, \u\e Heur, un stérile ornement !
Xonî reconnaissez-la! C'est elle et toujours elle ! Mais aujourd'hui son œil sur le mien s'est penché Et j'ai vu jusqu'au fond! Le puits, dans sa margelle, Tient le secret du ciel, à l'azur arraché !