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LA LOl'AXGE DE LA MARNE Ht
LOUANGE DE LA lAL^RNE
O resplendissement de la vague marine Sur le sable qui croule et dans l'air lumineux ! Ton souvenir toujours agite ma poitrine Puisque tu ne vis plus au regard de mes yeux.
ici le soir tombant couvre de triste cendre
La prairie et la face immobile des eaux
Et la barque alourdie où sont venus s'étendre
J.es brouillards et Ihorreur des marais infernaux.
Pendant les nuits de lune et de pâles étoiles La rive s'agrandit des plaines et des cieux, Miroir d'argent brisé par des bateaux sans voiles, Ombres mouvantes aux fanaux silencieux.
Cet aspect de tes bords à mes regrets s'allie, Rivière du Nord dout le ciel n'est pas pur, Ils paraissent touchés de ma mélancolie P'avoir quitté la mer, la lumière et l'aïur.
02 ÉLÉGIKS PARISIENNES
Mais quand l'aube du jour se lève dans sa force Et que les peupliers, o Marne, les enfants, ïe sentant ruisseler encor sous leur écorce. Chargés de brises et d'oiseaux, sont pleins de chants.
Quand la vie adorable et belle se déploie. Que les couleurs et que les bruits sont revenus, Jaime errer près de toi, me mêlant à la joie Des hommes et soumis à t(^s dieux inconnus.
Tout frémit, le rellet des houl)lons et des vignes Kt le rellet des peupliers et des maisons. De blancs rameurs éblouissants comme des cygnes Dans le soleil balancent lor des avirons.
Et des haleurs, dans la poussière de la rive, Remplissent l'air d'éclats de fouets et de leurs voix. Une chanson résonne et le rire m'arrive D'un couple dans la barque ou sous l'ombre du bois.
Quand le soir éclatant derrière les collines Par un chemin de fête et de pourpre descend Jusqu'en tes profondeurs, Marne, tu t'illumines Et la rame laboure et soulève ton sang.
Durant ces jours heureux qui disputent leur gloire Aux jours anciens vécus au i)ays bien-aimé Je m»' laisse envahir par ta douce victoire Et le nouvel espoir que mon cœur a formé.
l.A lA)lAN(;i: 1)K LA >IAkNE 9.1
Car dans ton sein lui-même, ô Marne, et dans une ile Née un jour de tes eaux, je crois avoir trouvé Le nid secret du calme et de l'amour tranquille Et du bonheur sur ces deux ailes soulevé.
C'est pourquoi, de Provence et de ses clairs rivages,
O Marne, sur tes bords par le destin jeté
Je chanterai ton ciel familier des nuages.
Ton nom. tes Ilots obscurs et toute leur beauté.
L ARRIVEE DANS UILE
I/AURIVÉE DANS l/lLK 97
LARKIVÉE DANS L'ILE
Cette île, quand je vins, des arbres la paraient D'une couronne d'or à peine frémissante : Septembre et les dernières roses y mouraient, La gloire triste de l'automne était naissante.
« lie des peupliers, fruit parfumé des eaux, Toi que ta mère tient nuit et jour embrassée. Toi qui voiles tes tlancs étroits sous les roseaux, Kt qui parais, ainsi qu'un navire, élancée,
Sur tes bords visités du bonheur aux beaux yeux, Dans tes jardins brillants de rosée et de fleurs, Et sous tes toits faits pour l'amour silencieux Accueille ma jeunesse et son rire et ses pleurs. »
Le chemin à mes pieds était de feuilles douces, Par la porte de fer qu'un lierre enguirlandait J'entrai dans la maison rustique, où, sous les mousses, Le seuil hospitalier et calme m'attendait.
Me retournant parmi les murs et leur jour sombre, Je vis au pur soleil resplendir la rivière Et je te vis, sortant du feuillage et de l'ombre, O vierge, de ces eaux la Nymphe familière !