‹ Elégies parisiennesChapitre 7 sur 30 · A LA PROVENCE · texte numérisé non relu

A LA PROVENCE

O toi qui m'as vu naître, o ma seconde mère. Quand la vie à mon g-ot\t deviendra trop amère. Comme un fruit dont on a répandu la liqueur, Je descendrai vers toi, Provence, et, sur ton cœur, Le vent et le soleil et la mer éternelle Me rendront cette vie encore douce et belle ! Car ce n'est pas en vain que mes yeux ont g^ardé L'éclat de ton azur et, si tu mas guidé Jusqu'au seuil ténébreux du temple de la gloire, N'est-ce pas pour tunir, Provence, à ma mémoire? Je te consacrerai, dans ce temps, tous mes chants ! Je dirai la splendeur qui plane sur tes champs. L'or des moissons qui bat les murs de tes villages. Tes coteaux couronnés sous leurs pâles feuillages. Tes femmes, tes marins, tes rudes laboureurs. Toute ta race antique aux soudaines ftireurs,

L'amour brûlant dans l'ombre et pareil à la haine. L'âme, comme un clairon vibrant, sonore et vaine! Je dirai tout cela ! Mais la vie a voulu Que mon destin à dautres cieux soit dévolu'. C'est pourquoi je suspends encore ta louange Pour chanter une ville où la brume s'effrange Ainsi cpi'un vêtement sur le dos des maisons, Où la pluie est un voile à toutes les saisons. Mais où l'esprit de l'homme exerce un tel empire Qu'il pénètre les murs et l'air qu'on y respire î

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