I.IVRF. TROIS! KM F
TROISIÈME ÉLÉGIE
Sur tes poésies de Catulle, de Tibulle et de Properce.
u vois les plus beaux monuments de la langue latine ; les délices et le régal exquis du peuple-roi. Là sont les chants les plus doux et les plus harmonieux qu'ait entendus jadis la colline de Quirinus. Là, tu te promènes, le soir, sous le portique de Pompée, et devant tes yeux défile un essaim de jeunes filles, la tête nue ou ceinte d'un bandeau, la chevelure flottante, dans tout l'éclat de leur parure, aux beaux yeux noirs, aux cheveux d'ébène.
A leur tête s'avance Lesbie, encore tout attristée de la mort de son moineau. Son air doux et caressant te promet autant de baisers qu'elle en a donnés jadis à son amant. Délie la suit d'un pas lascif; Némésis, à côté d'elle, effleure gaiement la terre. Heureuses toutes deux, leur nom sera conservé religieusement, tant que le petit Amour enflammera le cœur des poètes. Ensuite parait, vêtue d'une robe légère de Cos, Cynthie, dont les yeux vainqueurs dardent des flammes. Elle a dompté un vail-
lant, qui n'avait jamais senti l'amour, et elle a triomphé de ses orgueilleux dédains. Toi qui l'envisages, prends garde qu'elle ne te blesse; elle lance encore des flammes et tient en main ses traits.
QUATRIEME ELEGIE
A Jean Dantiski, évêque et poète.
énérable appui d'un pieux monarque1, toi dont la lyre mélodieuse résonne dans les ] oreilles délicates, le laurier et la mitre se dis- ]putent ton front ; puissent-ils ceindre tous deux ta tète sacrée! Que ta vie soit longue, Dantiski, et que le temps ne te plonge pas dans les ténèbres de l'oubli ! Que ton nom respecté répande tes travaux, et les perpétue d'âge en âge !
Tu as recueilli, d'une main pieuse , les ossements et les cendres des morts; tu as ressuscité les cadavres de leurs tombeaux. Grâce à toi, l'Escaut, après ton trépas, entendra les chants de Mercure , et fera refluer ses eaux d'admiration. Grâce à toi, Mercure sera connu et on par-