DES MEMBRANES SYNOVIALES DES TENDONS
§ 2o3. Les membranes synoviales des tendons, mem~ branœ mucosœ tendinum , sont des membranes séreuses humectées d’un fluide onctueux , annexées aux tendons, là où ils frottent contre les parties voisines.
Elles ont reçu les noms assez mauvais de bourses, de vessies, de capsules, de gaînes muqueuses, mucilagineuses, unguineuses, synoviales, etc. Elles sont connues depuis long-temps : Yésale et A. Spigei parlent de quelques-unes d’elles. Albinus en a décrit avec exac-
titude un certain nombre. Janckius en a le premier donné une description générale : il en connaissait soixante paires. Camper a le premier donné une figure d’une de ces membranes. C’est à notre célèbre Fourcroy I'que ce point d’anatomie est le plus redevable, ainsi qu à Monro 2 3. Koch 3 a très-bien décrit ces menbranes non-seulement dans l’homme, mais dans plusieurs animaux. Gerlach 4 a le premier décrit et bien figuré celles que l’on trouve au cou et à la tête. Rosenmuller 5 a donné une édition augmentée de l'ouvrage de Monro. Mascagni a donné une bonne figure d’une de ces membranes dans son Prodromo .
§ 204. Le nombre de ces membranes est considérable, mais variable ; on en connaît aujourd’hui environ cent paires. Elles forment, comme toutes les membranes séreuses des cavités membraneuses sans ouvertures; mais on en distingue de deux sortes par rapport à leur forme. Les unes sont des vésicules arrondies, tenant d’une part au tendon, et d’autre part à la partie sur laquelle il glisse: on les appelle vésiculaires. Les autres sont vaginales, entourent le tendon circulairement, tapissent d’un autre côté un canal où il est renfermé, ces deux portions isolées se rejoignant à leurs extrémités, de manière à être séparées par un intervalle qui constitue
1 Hist de l’Acad. R. des sciences. Paris , 1785 -- 1788.
2 A Description , etc. with tables.
3 Ch. M. Koch. De bursis tendin. mue. Lips 1789.
4 F. E. Gerlach. De bursis tendinum rnucosis in capite et collo reperiundis y cum tabul. æneis. Vitcberg , 1793.
5 Icônes et descript. bursar. mucosar. corporis hum. Ed. J. Ch. Rosenmuller. Lipsiœ , 1799.
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la cavité de la membrane. Parmi ces dernières il en est qui, simples à une de leurs extrémités, présentent à l’autre des espèces de digitations qui répondent à autant de portions tendineuses ou de tendons différens , ceux-ci, d’abord réunis , s’écartant ensuite les uns des autres : c’est ce qu’on voit au poignet, sous les ligamens annulaires qui s’y rencontrent.
§ 2o5. Le tissu cellulaire, très-lâche et membraniforme , que l’on trouve entre les muscles qui exécutent des mouvemens grands et fréquens, comme sous le grand dorsal , le droit antérieur de la cuisse, les muscles du mollet, etc. , constitue en quelque sorte le rudiment des membranes dont il s’agit. On trouve des membranes synoviales autour des tendons dans les endroits où ceux-ci frottent sur les os, glissent à leur surface ou sur d’autres parties, ou bien se réfléchissent et changent de direction ; quelquefois ces membranes existent entre deux tendons qui se meuvent l’un sur l’autre. Le muscle grand fessier, à l’endroit où il glisse sur le trochanter, le muscle grand oblique de l’œil , à l’endroit où il se réfléchit dans sa poulie , les péroniers latéraux , là où ils changent de direction pour gagner la plante du pied, etc., sont garnis de membranes synoviales. En général, ces membranes sont en rapport avec des os ou des anneaux fibreux Elles sont surtout très - communes autour des articulations, parcte que c est là que les tendons sont spécialement situés : c’est ce qu’on voit au genou, au coude-pied , au poignet. On y rencontre les deux genres dont nous avons parlé. Quelques-unes de cês capsules se confondent avec les bourses sous -cutanées ou avec les synoviales articu-
laires : celle du triceps, par exemple, n’est pas toujours isolée, et paraît souvent une continuation de la capsule synoviale de genou.
§ 206. La face adhérente de ces membranes, outre quelle tient au tendon et à la partie sur laquelle il frotte est en rapport , dans l’intervalle de l’un et de l’autre , avec les tissus cellulaires et graisseux; elle^tient souvent à du tissu fibreux, comme aux gaînes tendineuses, ou fibro-cartilagineux, comme dans les endroits où les tendons glissent sur les os, et au niveau desquels le périoste est comme cartilagineux. Leur intérieur offre une cavité simple ordinairement, quelquefois composée, traversée par des cloisons, des espèces de prolongemens fibreux. On trouve dans quelques-unes des prolongemens frangés, dans celle située derrière le calcanéum, par exemple : on y rencontre aussi des pelotons celluleux ou graisseux, mais seulement dans celles en forme de vésicules ; les vaginales n’en contiennent point. Ces prolongemens ont été assimilés à des conduits excréteurs. Rosenmuller décrit des follicules dans ces membranes; je n’en ai pas vu. Des villosités s’y rencontrent, qui versent la synovie.
§ 20 j. Les membranes synoviales des tendons sont blanchâtres, demi- transparentes, minces et molles, surtoutles vaginiformes, qui sont garnies de gaînes ligamenteuses à l’extérieur. Les bourses vésiculaires sont plus épaisses, et offrent dans quelques points un aspect fibreux. La texture de ces membranes est la même que celle des autres du même genre : leur tissu ressemble beaucoup au cellulaire. Les fibres, les franges, les paquets adipeux, communs atout le système séreux,
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se retrouvent également ici. Des vaisseaux séreux, qui deviennent visibles dans l’inflammation, quelques vaisseaux sanguins, apparens surtout dans les franges, entrent dans la composition de ces membranes , dont les vaisseaux lymphatiques et les nerfs sont entièrement inconnus. Le liquide qu’elles contiennent est visqueux, plus abondant que celui des bourses muqueuses souscutanées, jaunâtre, quelquefois rougeâtre : ce liquide est oléiforme, en partie coagulable, et contient de l’ai bumine et du mucus; il est plus visqueux dans les bourses muqueuses qui ont le plus d’étendue. M. Koch a trouvé quelque différence dans ce liquide examiné chez différons animaux, comme le bœuf, le cheval, le porc.
§ 208. Les propriétés des capsules tendineuses ne présentent rien de particulier. Leurs fonctions sont de sécréter et de renfermer un liquide mueilagineux, qui facilite le glissement en diminuant la perte de mouvement qui résulte du frottement.
On connaît peu le développement de ces membranes. Suivant les uns, elles sont en plus grand nombre chez les jeunes sujets et se confondent en partie chez le vieillard, en s’agrandissant et en allant à la rencontre les unes des autres. M. Seiler prétend, au contraire, qu elles diminuent d étendue et disparaissent en partie dans la vieillesse.
§ 209. Elles présentent quelques altérations r. Leur hydropisie n’est pas très-rare; celles qui avoisinent la
1 Monro. Op. cil. — Koch. De morbis bursarurn tendinum mucosarum. Lips. 1790.
peau en sont surtout le siège, ce qui peut faire confondre la maladie avec l’hygroma. On donne le nom particulier de ganglion aux petites tumeurs circonscrites qui en résultent, et qui sont souvent aussi des kistes. On rencontre surtout de ces tumeurs dans lejarret, au poignet, sur le pied, etc.; elles contiennent un liquide séreux, albumineux, jaunâtre ou rougeâtre, assez semblable, pour la couleur et la consistance, à de la gelée ou à du sirop de groseilles. La résorption de ce liquide se fait très-lentement : on la favorise en écrasant les tumeurs qui le renferment, ce qui dissémine dans le tissu cellulaire le liquide quelles contiennent. On trouve quelquefois de ces tumeurs beaucoup plus grosses : des collections volumineuses de sérosité purulente que l’on a observées sous les muscles larges du dos, sous le deltoïde, etc., et que l’on a confondues avec les abcès ordinaires du tissu cellulaire, ont leur siège dans des membranes de ce genre ou analogues à elles.
L’inflammation des membranes qui nous occupent est fort grave; on l’observe dans une des variétés du panaris. Il en résulte des adhérences ou bien la formation d’un abcès qui s ouvre à l’extérieur; et, dans un cas comme dans l’autre, les mouvemens sont perdus. Quand l’adhérence est filamenteuse, elle finit pourtant quelquefois par se détruire. L’inflammation chronique produit à peu près les mêmes résultats : elle peut aussi amener l’ulcération.
Des corps solides, cartilagineux, ont été trouvés par M.onro,et depuis lui par beaucoup d’observateurs dans l’intérieur de ces membranes. On y rencontre souvent,