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ont été aperçus et indiqués par Fordyce, Hewson, décrits et figurés par tyL Ev. Home.

§ 2 65. Les follicules ou les cryptes 1 ne diffèrent de ces enfpncemens alvéolaires, que parce qu’ils ont un orifice très-étroit, un goulot ou émissaire plus ou moins prolongé et un fond renflé en ampoule , et logé dans le tissu sous-muqueux, où ils font saillie. Ils sont formés par la membrane renversée sur ellemême, et renforcée à l’extérieur par du tissu cellulaire dense et pourvue de beaucoup de petits vaisseaux. Ils sont très -généralement répandus, cependant leur nombre varie suivant les parties ; ils sont très-petits , en général, mais leur volume varie aussi beaucoup. Les uns sont simples et discrets ; d’autres aboutissent dans un canal commun dont ils sont comme des rameaux; d’autres aboutissent dans un orifice commun et dilaté appelé lacune : tel est le trou de la base de la langue, telles sont les lacunes de l’urètre, du rectum, etc.; d’autres sont agrégés ou agminés, comme la caroncule lacrymale, la glande arythénoïde, les glandes agminées de l’iléum, etc; d’autres enfin sont composés et pourvus de lacunes multiples ou de conduits ramifiés, et ressemblent beaucoup aux glandes, tels sont les tonsilles, les glandes molaires, la prostate, les glandes de Gowper, etc.

§ 2 66. Les petites éminences appelées papilles et villosités que l’on aperçoit à la surface libre de la membrane muqueuse paraissent avoir pour but, comme les

1 Peyer, de Glandulis intestin alium. Arnstcl. 1681. — J.C. Brunner, de Glandulis duodeni. Franco/. 17 15.

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enfoncemens dont il vient d’être question , et avec lesquels ils sont en rapport inverse de nombre, de multiplier la surface ; mais aussi , dans l’une comme dans l’autre de ces dispositions, la texture et les fonctions de la membrane sont notablement modifiées. Ces éminences , appelées villosités par suite de la comparaison faite par Fallope , de la membrane interne des intestins avec le velours, et papilles à cause de la ressemblance qu’on a cru leur trouver , avec un bouton ou mamelon , ne diffèrent pas essentiellement entre elles ; les unes et les autres sont des saillies de la membrane plus ou moins fines , et la plupart à peine visibles à l’œil nu.

Les plus volumineuses parmi ces éminences sont appelées papilles ; telles sont celles qui remplissent la cavité des dents, et qu’on nomme communément leur pulpe; telles sont celles, plus petites, qui hérissent la surface de la langue dans ses deux tiers antérieurs, celles plus petites encore que l’on aperçoit au gland du pénis et du clitoris , etc. Ces éminences appartiennent au corium de la membrane muqueuse, pourvue dans ces endroits d’une très-grande quantité de filets nerveux , et de ramuscules de vaisseaux sanguins, parmi lesquels les veinules offrent une disposition érectile. Dans les parties pourvues de papilles, la membrane muqueuse est garnie d’un épiderme distinct que l’on appelle épithélium , par la raison même qu’il recouvre les papilles.

§ 267. Les villosités dont l’existence est très-générale, mais qui ne sont nulle part plus nombreuses, plus grandes, plus apparentes que dans la moitié pylorique de l’estomac, dans l’intestin grêle, et surtout encore

dans le commencement de cet intestin , sont des éminences plus fines encore que les papilles.

Ces villosités , que l’on peut à juste titre appeler les radicules des animaux , sont des petits prolongemens foliacés de la membrane interne des voies digestives, dont la forme et la longueur varient dans les différentes parties de ce canal, et que l’on peut en général comparer aux plis transverses ou valvules conniventes des intestins, à la différence près du volume. Les villosités 1 aperçues par Falloppe, par Azelli, etc., décrites et représentées par Helvétius , Lieberkühn, Hedwig, Rudolphi, Meckel, Buerger, et plusieurs autres anatomistes, existent surtout dans l’intestin grêle; on les trouve moins longues et moins nombreuses dans l’estomac et dans le gros intestin. Pour les bien apercevoir il faut prendre une partie de l’intestin non encore altérée par la putréfaction, l’ouvrir avec précaution, l’humecter de quelques gouttelettes d eau jusqu à ce que la surface en soit entièrement couverte, et 1 examiner avec une lentille qui en augmente d environ quarante fois le diamètre.

§ 268. Je me sais aussi servi avec beaucoup d avantage, poiv faire cette observation et d autres analogues,

' Voyez , entre autres, Helvétius , Méra. de l’Acad. des Sc. Paris, 1721. — J. N. Liebernkühn. de Fabr. et ad. Villos. Intest. hom. Lugd. bat. 1744. 4°* — R- A. Hedwig. Disquis . Ampull. YÀébex\\\hmi, physico-micros. Lips. 1797* 4°* C. A. Rudolphi. in Reils Archiv. der physiol. IV. et Anat-physiol. abhandl. Berol. 1802. — -J. F. Meck e\in Deutsches Archivfur die physiol. III. — et H. Buerger, Examen rnicrosc. Villos. intestin, curn iconibus , Halce , 1819, 8°.

d'un petit appareil composé d’une sphère en verre de glace, d’un petit diamètre, ouverte dans un quart de sa surface , et d’un opercule un peu plus grand que l’ouverture, et couvert d’une couche mince de cire. On fixe la partie que l’on veut observer sur la cire avec de petites épingles , on la plonge dans de l’eau , ainsi que la sphère ouverte, que l’on remplit de ce liquide, et qu’on appuie ensuite sur l’opercule. On retire l’appareil, et l’on a alors la pièce que l’on veut examiner recouverte d’une petite masse d’eau lenticulaire qui en augmente le diamètre.

§ 269. Examinées par l’un ou l’autre de ces deux procédés, les villosités ne paraissent ni coniques, ni cylindriques , ni canaliformes , ni renflées au sommet , comme plusieurs auteurs les ont décrites; mais bien plutôt sous la forme de folioles, de laminules, dont le nombre est tel , qu elles offrent l’image d’un gazon abondant et touffu. Ces folioles , diversement ployées , et vues par conséquent sous des aspects divers, paraissent de forme variable. Leur forme, d’ailleurs, n’est pas partout la même; celles de la moitié pylorique de l’estomac et du duodénum , plus larges que longues, constituent des petites lames; celles du jéjunum, longues et étroites, méritent mieux le nom de villosités, et vers la fin de l’iléum elles redeviennent des lamines, ainsi que dans le colon, où elles sont à peine saillantes. Les villosités sont demi-diaphanes, leur surface est lisse, et l’on n’aperçoit, ni à leur surface les ouvertures que l’on y a admises sans s’accorder jamais sur leur nombre, ni dans leur épaisseur l’ampoule cellulaire, ou la texture vasculaire que l’on y a décrite;

mais seulement dans leur subtance gélatiniforme on aperçoit des globules microscopiques disposés en séries linéaires, et à leur base des ramuscules de vaisseaux sanguins et lymphatiques , d’une excessive ténuité.

§ 270. La texture et la composition anatomique de la membrane muqueuse présentent beaucoup de variétés ou de différences , suivant les endroits. La disposition foliée ne peut être démontrée dans toutes les parties de la membrane, et existe, au contraire, manifestement dans quelques points.

Dans la plus grande partie de son étendue, la membrane consiste uniquement en un tissu spongieux, plus ou moins mou, et dont l’épaisseur varie beaucoup. Il faut remarquer, à cet égard , que dans le fœtus trèsjeune, et dans les animaux inférieurs dans la série, la peau externe elle-même présente ce caractère de simplicité. Quant à l’épaisseur, elle offre une diminution successive depuis les gencives , le palais , les fosses nasales, l’estomac, les intestins grêles et gros, la vessie biliaire et la vessie urinaire jusqu’aux sinus et aux divisions des conduits excréteurs, où sa ténuité devient extrême. C’est dans cette partie essentielle de la membrane et à sa surface que se ramifient les dernières divisions des vaisseaux, c’est de sa surface libre que s’élèvent les villosités.

§ 271. On y trouve peu de traces d’une couche distincte de corps muqueux, à moins qu’on ne regarde comme telle la couche de liquide coagulable qui sépare les papilles de la langue de l’épiderme , qu’on ne considère comme y appartenant la surface gélatiniforme des villosités, qu’on n’admette comme des preuves de

son existence les éphélides ou taches diversement colorées qu’on trouve quelquefois dans les tégumens du gland et de la vulve, ainsi que les productions cornées accidentelles imparfaites qu’on observe plus souvent encore dans les mêmes parties sous forme de végétations , et qu’on nomme poireaux.

L’existence de l’épiderme est beaucoup plus manifeste, sans pourtant être générale.

§ 272. L’épiderme ou l’épithélium est très-apparent aux orifices des cavités muqueuses ; il l’est moins dans les parties profondes de ces cavités, et finit par n’y être plus apparent. Y existe-t-il cependant? Haller et autres ont pensé qu’il en était ainsi, et que les excrétions accidentelles membraniformes en sont une preuve. Tous les pathologistes savent aujourd’hui que de pareilles excrétions sont ordinairement des résultats de l’inflammation couenneuse ou plastique ; et quelquefois des escharres. On a voulu tirer la même conclusion du fait des anus contre nature avec renversement de l’intestin , dans lesquels l’épiderme devient très-apparent : mais cela prouve seulement que la surface libre de la membrane muqueuse est couverte d’une substance qui a beaucoup d’analogie avec l’épiderme , et qui est trèsdisposée à subir cette transformation.En s’en rapportant à ce que l’observation apprend , et en faisant usage de la dissection , de la décoction et de la putréfaction, pour séparer l’épithélium, on le trouve très-distinct jusque dans l’œsophage, et finissant brusquement à la réunion de ce canal et de l’estomac, et de même trèsdistinct dans le vagin, et cessant tout à coup sur les lèvres de l’orifice de l’utérus; interruptions aperçues

depuis long-temps, et données mal à propos, parjquelques modernes , comme des preuves de l’interruption de la membrane muqueuse elle-même. Dans d’autrès parties, comme les fosses nasales et l’extrémité inférieure du canal alimentaire, la diminution d’apparence de l’épithélium est graduelle , insensible , et il est impossible d’en assigner exactement les limites. Dans les endroits où il est distinct, il s’enfonce en s’amincissant dans les follicules et y disparaît. Dans les endroits dépourvus d’un épithélium distinct , la surface libre de la membrane est enduite d’un vernis muqueux, que dès le temps de Vésale, et même de Rhazès , on comparait à la couverte ou à l’étamage des vases, et dont Glisson a fait remarquer, du moins quant aux fonctions, l’analogie avec l’épiderme.

§ 273. Le tissu cellulaire qui forme le corium de la membrane muqueuse n’a point , comme le tissu du derme cutané, une disposition régulièrement aréolaire; il est plutôt spongieux ou fongueux. Les vaisseaux sanguins et lymphatiques y sont abondans. Ses nerfs proviennent, en général, du nerf grand sympathique et du pneumo-gastrique. A toutes les ouvertures

naturelles, la membrane muqueuse a des nerfs pro-

venant de la moelle.

§ 274. La couleur de la membrane muqueuse varie depuis le blanc jusqu’au rouge, et, outre les nuances intermédiaires , elle présente encore quelques autres variétés de coloration. Cette couleur est, pour la plus grande partie au moins, due au sang qui circule dans son épaisseur, car l’asphyxie et la syncope colorent en brun ou décolorent à l’instant les parties de cette niera-

brane qui sont visibles par leur situation. Sa consistance est, en général, mollasse et comme fongueuse. Son épaisseur varie beaucoup , sa ténacité est médiocre. La membrane muqueuse s’altère promptement par la putréfaction , et le tissu sous-muqueux plus vite encore, car elle se détache alors très-facilement. On ne sait pas si elle est susceptible de former du cuir par l’action du tannin.

§ 275. Elle a une force de . formation très-développée ; quand elle a été détruite, elle se reproduit promp tement et avec tous les caractères du tissu naturel. Elle est un peu irritable, et jouit de la contractilité tonique à un degré plus marqué que le tissu cellulaire. Sa sensibilité est obscure et vague dans la plus grande partie de son étendue. Enflammée même elle ne donne pas lieu, en général, à des douleurs vives. Elle est très-sensible aux orifices naturels ; et à l’entrée des voies alimentaires et respiratoires , elle est le siège d’une sensibilité spéciale.

§ 276. Ses actions organiques ou fonctions sont :

i° L’absorption, qui est très-active, générale, et dont les villosités sont les agens les plus actifs, mais non les seuls ;

20 La sécrétion, qui est perspiratoire et folliculaire, et dont les produits, assez divers suivant les parties, sont pourtant, en général, connus sous le nom *de mucosités ; .

3° Des mouvemens de contraction tonique, renforcés dans beaucoup d’endroits par l’action du tissu élastique, et même par l’action des libres musculaires dont cette membrane est doublée daihs beaucoup de points;

4° Des sensations, plus ou moins distinctes ou obscures, générales ou spéciales, et des sentimens de besoin ou des appétits.

§ 277. Les mucosités ou les humeurs muqueuses que i on trouve à la surface du tégument interne sont, pour la plus grande et la principale partie, composées de mucus. Le mucus animal x, très-analogue au mucilage végétal , mais contenant de plus que lui de l’azote, est un des principes immédiats des animaux: il se trouve, soit à l’intérieur, dans le produit de la sécrétion muqueuse, soit cà l’extérieur, dans l’épiderme, les poils et les parties cornées, dont il constitue une partie considérable. A l’état liquide et pur, il est blanc, visqueux, transparent, inodore, insipide; il contient neuf dixièmes de son poids d’eau; il est insoluble dans l’alcohol , soluble dans les acides , non -coagulable comme l’albumine^ et non congélable comme la gélatine; il est précipité par l'acétate de plomb; à l’état sec, il est demi-transparent, fragile, insoluble dans l’eau, difficilement soluble dans les acides.

M. Berzélius a trouvé la mucosité identique dans les narines et dans la trachée , et composée comme il suit : eau, 983,9; matière muqueuse, 53,3 ; hydrochlorate de potasse et de soude, 5,6; lactate de soude et matière animale, 3,o; soude, 0,9; phosphate de soude, albumine et matière animale, 3,3.

Dans les analyses des autres mucosités données par ce savant, et dans celles de MM. Fourcroy et Vau-

1 Voyez Fourcroy et Vauquelin, Annales du Mus. d liist. nat. vol. XII. — Bostock, Medico-^lhif'> trunsact, >ol. D . Berzélius , ibicî. vol. III.

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quelin , on trouve d’assez grandes différences, qui tiennent les unes à la vàriété des parties où la mucosité a été recueillie, et où elle avait éprouvé divers mélanges: les autres à la variété des individus affectés de diverses maladies. En effet, bien que le mucus soit identique, la mucosité n’est ni toujours., ni partout la même ; en général elle coagule le lait.

§ 278. Les fonctions de la membrane muqueuse sont dans une liaison très-intime avec celles des autres parties. Dans l’'état de santé, l’action nerveuse, la circulation, les fonctions de la peau, etc. , influent manifestement sur les fonctions der la membr^ie muqueuse , et réciproquement.* Dans l’état de maladie, la membrane muqueuse produit des effets sympathiques extrêmement remarquables, et en éprouve également de la part des autres parties.

§ 279. L’origine de la membrane muqueuse, dès les premiers momens de l’œuf, et son développement dans l’embryon ont été indiqués plus haut, §256. Il reste à faire connaître la manière dont se forment les villosités; c’est à M. Fr. Meckel que l’on doit la connaissance de ce point de l’embryogénie. Les villosités se forment de très -bonne heure. Dès le commencement du troisième mois , on les aperçoit sous forme de plis longitudinaux très-rapprochés. Ces plis présentent ensuite sur leur bord libre des incisions en den ts de scie, qui augmentent successivement de profondeur; et vers la fin du quatrième mois, les plis sont remplacés par cette multitude de petites éminences qui constituent les villosités. Elles sont d’abord assez grandes et très-distinctes jusqu’au septième mois. Au commencement,

a6o ANATOMIE GENERALE.

elles sont aussi nombreuses , quoique plus courtes , dans le gros intestin que dans le grêle. Celles du gros intestin deviennent ensuite de moins en moins nombreuses jusqu’à la naissance. Il est à remarquer que dans les reptiles les villosités sont remplacées par des petits plis longitudinaux.

§ 280. Les différences de la membrane muqueuse, suivantles sexes, les races et les individus, ne se prêtent point à une description générale; si l’on excepte toutefois la différence de conformation des parties génitales et urinaires dans les deux sexes. La membrane muqueuse du canal digestif est plus épaisse dans l’espèce humaine que dans les mammifères carnivores, mais plus mince que dans les herbivores ; au contraire, la tunique péritonéale de l’intestin est plus mince dans les herbivores, et plus épaisse dans les carnivores que dans l’homme.

§ 281. Les dents, comme on l’a dcja dit, sont des dépendances de la membrane muqueuse de la bouche, prolongée dans les alvéoles jusqu’à la papille ou pulpe dentaire, dépendances que l’on peut rapprocher des appendices pileux et cornés de la peau externe.

§ 282. La membrane muqueuse est sujette à des altérations morbides extrêmement nombreuses et trèsvariées : elle participe aux vices de conformation primitifs et acquis des organes dont elle fait partie, ainsi qu’à leurs déplacemens. Elle éprouve aussi elle seule, surtout dans l’œsophage, l’intestin et la vessie, des déplacemens plus ou moins étendus, à travers le tissu sous-muqueux éraillé ; cela constitue de faux diverticules. La membrane muqueuse présente encore d autres prolongemens dépendans et de son allongement et de

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la laxité du tissu sous-muqueux; tels sont certains prolongemens des plis ou valvules conniventes, de la luette, les chutes de l’anus, du vagin, etc. Certains polypes ne paraissent aussi être qu’une végétation ou hypertrophie de la membrane et du tissu sous-muqueux ; mais le plus ordinairement il y a production d’un tissu accidentel. On doit regarder comme une hypertrophie de cette membrane et de ses follicules des tumeurs des paupières, de l’amygdale et de la luette vésicale.

§ 283. La membrane muqueuse est très-sujette à un flux séreux et muqueux , qui constitue les phlegmorhagies et les blennorhées sans inflammation. Le tissu sous-muqueux lui-même est sujet, quoique cela soit rare, à un œdème ou infiltration séreuse. Cette membrane est fréquemment le siège d’hémorrhagies ou de flux sanguins; le tissu sous-muqueux est aussi quelquefois ecchymosé. Il n’est pas douteux qu’elle soit aussi le siège de flux gazeux.

§ 284* L’inflammation s’y montre très-fréquemment et sous toutes ses formes. Ses caractères anatomiques sont une augmentation delà rougeur, qui va quelquefois jusqu’au brun; un degré d’épaississement en général assez faible, mais variable, et proportionné à la durée de la maladie; un ramollissement plus ou moins marqué ; et quelquefois une augmentation énorme des villosités. Le résultat le plus commun de cette inflammation est une augmentation de quantité et un changement des qualités du mucus. Souvent cette inflammation catarrhale dégénère en phlegmorhée ou en hlennorhée. L’inflammation supurative y a assez fréquemment lieu aussi; la membrane , sans être ulcérée, secrete du mucus et du pus, ou bien même du pus

tout pur. On trouve aussi quelquefois des abcès dans le tissu cellulaire sous-muqueux. L’inflammation couenneuse ou plastique y est moins fréquente. Cependant on l’observe fréquemment dans les voies aériennes où elle constitue le croup , et assez souvent dans les voies alimentaires , dans les intestins , la vessie, l’urèthre, et même quelquefois aux yeux. Ordinairement la matière organisable est excrétée en lambeaux ou en membranes assez grandes et assez consistantes pour avoir été quelquefois prises pour la membrane interne de l’estomae| ou de la vessie, etc.; ou bien le malade meurt avant l’organisation; d’autres fois, au contraire, la membrane nouvelle s’organise et s’unit à la surface de l’ancienne; ou bien encore elle contracte des adhérences avec elle-même, et forme ainsi des brides muqueuses qui traversent en plus ou moins grand nombre et rétrécissent plus ou moins la cavité qu’elles occupent.

§ a85. L’inflammation de la membrane muqueuse n’est pas toujours érythémateuse et uniformément étendue à sa surface; elle a quelquefois la forme de plaques rouges isolées, et plus souvent celle d’un exanthème boutonné, soit que les petites élévations soient discrètes , soit qu elles soient agminées ou confluentes. On sait que cela s’observe quelquefois, mais non toujours , sur la membrane muqueuse des voies digestives et respiratoires des individus morts pendant la petite vérole, et que cela même a été regardé comme une variole interne *. Cet exanthème interne boutonné, qui paraît consister en une inflammation bornée aux

1 Voyez Wrisberg, in sylloge Comment, p. 52. — G. Blane, in trcinsact for the improvement of med. and dur. hioa-l. YOl. III , p. 423-428.

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« Il

follicules, a été parti culièment observé par M. Bretonneau dans une épidémie d’entérite, dont il est à regretter qu’il nait pas encore publié la description.

§ 286. La gangrène a lieu quelquefois, et l’ulcération fréquemment, dans la membrane muqueuse, surtout après l’exanthème dont il vient d’être question. Après l’une et l’autre de ces causes de destruction , si l’individu survit, il se forme promptement, et avec tous les caradtères de l’ancienne membrane, une membrane nouvelle dans les endroits détruits. On a déjà dit que la menfbrane des abcès, spécialement celle des abcès chroniques, et surtout celle des clapiers des environs de l’anus, est, ainsi celle que des bourgeons charnus, une membrane muqueuse, comme celle des fistules. Les membranes séreuses et syrioviales qui supurent revêtent le même caractère. Quand, au contraire, une cavité muqueuse est obturée et devient le siège d’un hydropisie, la membrane prend l’aspect des membranes séreuses : c’est ce qu’on voit arriver à la trompe utérine, aux sinus maxillaires, et moins complètement à la vésicule biliaire et au conduit de la glande sousmaxillaire. Certains kystes appartiennent aussi, par leur texture et par leur humeur, à la membrane muqueuse; tels sont surtout les athéromes; mais , comme on le verra un peu plus loin , souvent les athéromes sont des follicules de la peau, et ce n’est alors qu’une légère transformation.

§ 287. La membrane muqueuse est sujette aux diverses sortes de productions accidentelles, soit saines , soit morbides. Quelquefois la membrane muqueuse naturelle du vagin renversée, celle du prépuce dans le cas

d<3 phymosis, souvent celle des fistules, et surtout dans le poumon , devient plus ou moins parfaitement cartilagineuse, et quelquefois même osseuse, soit par transformation , soit par production nouvelle. On a observé quelquefois des kystes séreux , soit dans son épaisseur, soit au-dessous d’elle. On trouve des poils accidentels à la surface de cette même membrane. On y trouve également des productions cornées imparfaites ou des poireaux. Les tumeurs graisseuses, quoique rares dans le tissu sous-muqueux, y ont été quelquefois observées. On observe des productions érectiles dans ce même tissu sous-muqueux, souvent autour de l’anus , et quelquefois dans d’autres parties du canal intestinal. Enfin les productions morbides s’y observent fréquemment.

§ 288. Les altérations cadavériques de la membrane muqueuse ont déjà été en partie indiquées § ay4* Cette membrane se colore quelque temps après la mort par la pénétration des humeurs qui la recouvrent. Ainsi elle est jaunâtre dans l’intestin vis-à-vis les fèces ; elle offre des lividités qui correspondent aux plus grosses veines sous-muqueuses, elle devient verdâtre dans la vésicule biliaire , etc.

Dans certains genres de mort, elle est dans quelques parties internes le siège de congestions sanguines ou séro - sanguinolentes. Dans la mort par apoplexie, par hydrothorax, et surtout par strangulation, dans les cas , en un mot, où la respiration est gênée avant la mort, il arrive fréquemment que la congestion , après avoir été d’abord bornée aüx veines sous-muqueuses et puis aux vaisseaux de la membrane elle-meme, aille enfin jusqu’à l’hémorrhagie dans l’estomac et 1 intestin,

connue Boerhaave et Morgagni l’avaient déjà annoncé, comme M. Yelloly 1 l’a observé, et comme je l’ai vu moi-même plusieurs fois après ce dernier genre de mort, soit sur l’homme, soit sur des animaux. On distingue aisément cette congestion de l’inflammation, par l’absence de tout produit morbide, muqueux, purulent ou couenneux à la surface de la membrane, par les autres phénomènes cadavériques dépendans de la stase du sang dans le côté droit du cœur, et spécialement par l’état de la peau, qui offre aussi, comme la membrane muqueuse , des,Jividités et quelquefois des ecchymoses.

TROISIÈME SECTION

DE LA PEAU

§ 289. La peau, pell:*, cutis , corium , à'eppu, constitue le tégument externe; c’est une membrane composée, garnie de divers appendices, qui enveloppe et protège le corps, et qui remplit plusieurs autres fonctions importantes.

§ 290. Galien a donné quelques observations sur la structure, et surtout sur les fonctions de la peau. L’auteur anonyme de l’Introduction anatomique, et ensuite Avicenne , ont les premiers parlé du pannicule charnu. Vésale et Golilmbus croyaient encore que la peau est percée aux ouvertures naturelles; mais Casserius, comme oh l’a déjà vu , avait observé , qu elle se continue dans les narines et dans la bouche; on lui doit aussi une figure de l’épiderme séparé du derme. J. Fa-

Medio-chirurg. Transact. vol. îv, p. 371.

brice.a décrit avec beaucoup de détails et d’exactitude les appendices ou les diverses dépendances de la peau des animaux. Depuis lors, les observations des anatomistes sur cet organe se sont beaucoup multipliées L

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