‹ Élémens d'anatomie générale, ou, Description de tous les genres d'organes qui composent le corps humainChapitre 27 sur 73 · DES VAISSEAUX CAPILLAIRES · texte numérisé non relu

DES VAISSEAUX CAPILLAIRES

les glandes (.■lles-mèirics, sont pourvues de beaucoup de vaisseaux capillaires.

Le tissu ligamenteux reçoit peu de vaisseaux sanguins , la diu'cmère en reçoit un peu plus , le périoste rougit un peu par l'injection.

Les os n'ont qu'une petite quantité de vaisseaux.

Les vaisseaux capillaires des muscles sont abondans ; les plus petits, tortueux, accompagnent et entourent les fibres musculaires en s'a-nastomosant fréquemment.

Le système nerveux est pourvu de vaisseaux capillaires plus abondans dans ses enveloppes et dans la substance grise que dans la substance médullaire. La pie-mère et le névrilème en général , differens en cela des enveloppes de plusieurs viscères, contiennent les vaisseaux jusqu'à ce que la plupart aient acquis une ténuité capillaire. La substance grise de l'encéphale et les ganglions nerveux possèdent un grand nombre de vaisseaux capillaires de tous les degrés ; la substance blanche , au contraire , soit du cerveau , soit des ner/s , ne possède guère que de très-petits vaisseaux capillaires , et dans une moindre proportion.

§ 384. Il y a donc dans les divers organes une pi'oportion plus ou moins grande de substance non injectable.

M. Meyer ' ayant introduit dans le sang une matière colorante , soit par absorption, soit par injection , conclut de la coloration diverse des parties du corps , qu'il y a deux sortes d'organes 5 les uns composés pour la plus grande partie de vaisseaux capillaires , savoir : le tissu cellulaire , les membranes séreuses , les membranes tégumentaires et le tissu fibreux ou ligamenteux; les autres, plus isolés des vaisseaux sanguins , et formés de globules ou d'une pulpe organique , savoir : les glandes , les os , les muscles et la substance nerveuse médullaire.

Cette proportion change aussi avec l'âge; au commencement, du moins dans les ovipares , le sang se montre et présente des courans avant qu'il y ait des parties solides; bientôt les parois des vaisseaux se forment; plus l'animal est jeune et rapproché de son état fœtal, et^ plus est grande la proportion des vaisseaux sur les parties non injectables ; à mesure qu'il avance en âge , au contraire, la proportion des parties non injectables augmente , et celle des vaisseaux capillaires diminue.

§ 385. Y a-t-il, au delà des vaisseaux capillaires sanguins du diamètre d'un globule coloré, d'autres vaisseaux plus petits, Hvrant passage à la partie incolore du sang? C'est une question très-difficile a résoudre.

Boerhaave, Vieussens , Ferrein, Haller , Sœmmering, Bichat, Chaussier , et beaucoup d'anatomistes et de physiologistes modernes , admettent des vaisseaux séreux au delà des derniers vaisseaux sanguins ; Bleuland croit même en avoir démontré l'existence.

Dun autre côté, Prochaska , Mascagni , Richerand , et plusieurs autres, sont d'avis qu'il n'y a point de vaisseaux de ce genre. 11 faut ^^'ÏÏftfi^i^'l raisons apportés à l'appui de ces opinions.

^ 38b. Edm. King substitua , l'un des premiers , à l'hypothèse des anciens sur l'existence d'un parenchyme dans les viscères , celle d'une structure purement vasculaire , ce qui suppose qu'il y a des vaisseaux

séreux , car les derniers capillaires sanguins sont loin d'occuper oii' de lormer la totalité des tissus.

Vicussens et Bocrhaave, surtout, ont admis non-seulement un , mais plusieurs ordres de vaisseaux déoroissans et incolores. Les disciples de Boerhaave , Haller , le plus célèbre d'entre eux , et la plupart des physiologistes jusqu'à ce jour, ont aussi admis des vaisseaux séreux, continuation des aj-tères au delà du point oîi naissent les veines sanguines. Ils se fondent sur les observations microscopiques de Leuwenhoeck, qui parle de vaisseaux admettant seulement des globules séreux, sur les phénomènes de l'injection, et surtout sur ceux de l'inflammation, qui rendent plus ou moins rouges des parties naturellement blanches et transparentes.

On doit ajouter à'cela que les vaisseaux capillaires rouges et injectables connus dans certains organes , sont en si petite proportion avec la substance non injectable , qu'il est difficile de concevoir que leur nutrition puisse avoir lieu sans qu'il existe des voies circulatoires plus étendues et plus multipliées que celles des vaisseaux sanguins connus.

J. Bleuland ' a ajouté à ces raisons une expérience anatomique , qui , si elle était répétée et constatée , fournirait l'argument le plus puissant en faveur de l'existence des vaisseaux séreux.

On sait que l'injection rouge, fine et très-pénétrante , passe aisément des artères dans les veines par le système capillaire intermédiaire. On sait également que la matière colorante reste dans les vaisseaux capillaires lors même que son véhicule transsude et s'infiltre dans la substance environnante, où, faute de couleur, il est impossible de discerner aucune forme , aucune direction particulière dans les voies ou les réservoirs de l'épanchement. Bleuland imagina de combiner avec la matière colorante rouge une autre matière blanche qui , au lieu d'être pulvérulente et suspendue dans le véhicule, y était dissoute. Ayant poussé cette injection dans les artères d'une partie de l'intestin dont les veines avaient été préalablement remplies d'une matière plus grossière et d'une autre couleur, ayant ensuite séparé la tunique péritonéale de l'intestin , il observa dans la surface externe de cette membrane, à l'aide du microscope, outre les vaisseaux capillaires sanguins qui étaient tous remplis de matière rouge, un autre ordre de vaisseaux plus fins et blancs, naissant des plus petites artérioles rouges et tout-à-fait différens des vaisseaux que l'on, remplit par l'injection ordinaire.

Mais quels seraient ces vascules blancs , microscopiques , vus une seule fois et sur une portion de membrane détachée des parties environnantes? Sont-ce des artérioles exhalantes s'ouvrant à la surface du péritoine? Sont-ce des artérioles séreuses se continuant avec des radicules séreuses des veines, et constituant un système capillaire séreux? Sont-ce enfin des artérioles lymphatiques se continuant avec des radicules des vaisseaux lymphatiques? Il est à peu près impossible de résoudre ces questions. Ne seraient-ce pas plutôt des trajets accidentels?

Ceux qui depuis ont admis l'existence des vaisseaux séreux paraissent

I Experimentnm anatomictini, t/uo avLeri'olamm Ipnphalicarum cxistcnlia prohabililer adstniilur, institutum, dcscviptwn, et icone illuslratunt. t.ugn- Bal. 1784. 4".

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