DES MEMBRANES SEREUSES EN GÉNÉRAL
§ i83. Toutes consistent en des vessies fermées de toutes parts : il n'y a d'autre exception à cette disposition générale, que l'ouverture par laquelle le péritoine communique avec les organes génitaux chez la femme, ces organes étant eux-mêmes interrompus dans leur continuité entre l'ovaire et le commencement de l'oviducte ou trompe utérine. Il résulte , de la conformation générale des membranes séreuses, que les liquides qu'elles renferment sont entièrement isolés, et que ces membranes ne sont perméables que par les vaisseaux qui se ramifient dans leur épaisseur, et non, comme le tissu cellulaire, par des aréoles communiquant librement entre elles ;'au reste, cette conforma-
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tion présente quelques variétés ou formes secondaires. Il est de ces membranes qui sont aussi simples que possible, et ne représentent qu'une sorte d'ampoule ou de vessie; on les appelle vésiculaires. D'autres constituent des enveloppes engainantes qui entourent certaines parties, comme des tendons, des ligamens, des vaisseaux sanguins ; et, comme elles ne sont pas percées pour laisser passer ces parties, qu'elles se réfléchissent à leurs deux extrémités, et forment ainsi une double gaîne, cela leur a fait donner le nom de vaginiform.es. Cette disposition est une des plus communes. Enfin, il en est de plus compliquées encore; ce sont les membranes séreuses enveloppantes, celles qui méritent plus particulièrement le nom de succingentes : celles-ci entourent les organes, excepté sur un seul point de leur surface, autour duquel elles se réfléchissent surles parois de la cavité qui les renferme, et sont ainsi divisées en deux portions , dont l'une forme une enveloppe aux organes, etprendle nom de feuillet viscéral, outunique, tandis que l'autre qui revêt les parois , constitue le feuillet pariétal. Les différentes formes que nous venons d'examiner sont souvent réunies dans la même membrane. Dans les membranes séreuses enveloppantes, comme celles que l'on trouve autour du cœur , des poumons , des testicules , il y a toujours à la surface de l'organe un endroit dépourvu d'enveloppe séreuse : c'est par cet endroit que pénètrent les vaissaux de l'organe, ou bien que celui-ci tient aux parties environnantes. Cette H T7' dGS 01'Sanes revêtus de membranes séreuses, est tantôt large, tantôt très-étroke. Dans quelques cas, viscère est éloigné des parois qui le renferment, et
attaché ou suspendu par un repli de la membrane séreuse, qui constitue ce qu'on nomme un frein ou ligament membraneux : cette disposition n'est point une exception à ce que nous venons de dire. Il y a toujours une partie de l'organe qui n'est pas revêtue par la membrane dans toute l'étendue de l'adhérence du repli que forme cette dernière. Outre ce premier genre de replis, les membranes séreuses offrent des prolongemens qui flottent plus ou moins à l'intérieur de la cavité qu'elles forment, et qui dépendent le plus souvent de leur feuillet viscéral, mais qui appartiennent aussi quelquefois à leur autre feuillet : l'épiploon , les appendices épipioïques, pour le péritoine; les replis graisseux qu'on observe dans la plèvre , sur les côtés du médiastin, pour cette dernière membrane; les franges synoviales, pour les capsules articulaires; sont des exemples de ces prolongemens. Ceux-ei contiennent toujours dans leur épaisseur du tissu cellulaire , ordinairement graisseux : c'est aussi à cet endroit que la membrane offre le plus de vaisseaux.
§ 184. Toutesles membranes séreusesprésententdeux surfaces, une libre et l'autre adhérente. Celle-ci est floconneuse et tient à du tissu cellulaire , à des ligamens , à des tendons, à des cartilages, etc. Son degré d'adhérence, à ces différentes parties , est plus ou moins marqué : un tissu cellulaire lâche le produit quelquefois, tandis qu'ailleurs, comme sur les cartilages, l'adhérence est intime. Il existe une foule d'intermédiaires entre ces deux extrêmes, ainsi qu'on l'observe au niveau des ligamens, des fibres musculaires, des tendons, etc. La surface libre des membranes séreuses est partout con-
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tiguë à elle-même : c'est l'intérieur de l'espèce de vessie que représentent ces membranes. Cette surface paraît, au premier aspect, parfaitement lisse et polie; mais examinée au microscope, elle- présente des villosités manifestes; aussi les membranes séreuses ont -elles été nommées vitteuses simples. Un liquide humecte constamment cette surface.
§ i85. Les membranes séreuses sont, en général, d'une couleur blanchâtre, que leur transparence rend à peine sensible, luisantes à leur surface libre, fort minces et pourtant assez résistantes, plus fortes que ne le serait le tissu cellulaire réduit en lames d'une ténuité égale à la leur; elles sont en général un peu élastiques.
§ 186. Elles paraissent p'resque homogènes au premier aspect : cependant on observe presque toujours, dans divers points de leur étendue, une apparence fibreuse, qui est plus ou moins marquée. Lorsqu'on les déchire par distension , elles s'éraillent d'abord , et puis elles se réduisent en petits filamens entremêlés , entrecroisés, et comme tissus entre eux. Leur nature paraît très -analogue à celle du tissu cellulaire, dont elles ne diffèrent que par une condensation plus grande, et parla cavité distincte qu'elles représentent. Il existe d'ailleurs entre le tissu cellulaire et les membranes séreuses une sorte de gradation insensible, et les membranes séreuses les plus simples participent encore beaucoup de la nature du tissu cellulaire. Le tissu cellulaire trèslâche, et quel'insufflation développe en larges ampoides, comme celui du prépuce , celui qui existe entre les muscles à grands mouvemens ; et les bourses synoviales
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sous-cutanées, constituent en effet une transition entre les deux tissus. Des vaisseaux blancs très-nombreux entrent dans la composition de ces membranes. Les injections, l'inflammation, qui font pénétrer, les premières, un liquide coloré, les secondes, le sang, dans ces vaisseaux, rendent ceux-ci très-apparens : leur quantité paraît alors très-considérable. Cependant, il faut éviter de confondre les vaisseaux propres à la membrane séreuse avec ceux qui appartiennent au tissu cellulaire sous-jacent, et qu'on croirait exister dans la membrane elle-même, à cause de sa transparence. Dans le péritoine , par exemple , il faut que l'inflammation soit long-temps prolongée pour que le sang arrive au delà du tissu cellulaire sous-séreux ; et , en examinant la chose peu attentivement, on serait tenté de croire que c'est le péritoine lui-même que la maladie a rendu vasculaire. Il en est de même des injections : ce n'est que quand elles sont très-ténues qu'elles pénètrent jusque dans la membrane elle - même. On ne connaît point les nerfs des membranes séreuses.
§ 187. Le liquide que renferment ces membranes n'est point le même dans toutes; cependant il ressemble plus ou moins à la sérosité du sang, ou au sang privé de matière colorante. Il contient, en général, de l'eau, de l'albumine, une matière incoagulable , que l'on peut regarder comme une sorte de mucus gélatiniforme, une matière fibrineuse et de la soude. Nous verrons plus loin les différences que présente ce liquide dans les diverses espèces de membranes séreuses.
§ 188. Les membranes séreuses sont, pendant la vie surtout, extensibles et rétractiles à un haut degré, ainsi