DES BOURSES SYNOVIALES SOUS-CUTANÉES
§ 200. Les bourses synoviales ou mucilagineuses sous-cutanées, bursce mucosœ suùcutaneœ, n'avaient
« Voyez J. Baron. An Iuquiry , etc., on tuberculous diseases. London, 1817.
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point été décrites par les anatomistes. Quelque pathologistes, et notamment Gooch, Camper, et récemment M. Asselin, ont parlé de leur hydropisie. Camper, à cette occasion , avait dit un mot de leur état sain. Je les ai observées et décrites depuis long-temps clans mes leçons ; j'en ai parlé aussi dans les additions à l'Anatoinie générale de Bichat, et dans le Dictionnaire de médecine.
§ 20 1. "Les bourses synoviales, dont on trouve en quelque sorte le rudiment dans le tissu cellulaire lâche et très-extensible qui existe entre toutes les parties très -mobiles, se rencontrent sous la peau, partout où cette membrane recouvre des parties qui exercent de grands et de fréquens mouvemens ; comme entre la peau et la rotule, entre l'olécrâne et la peau , sur le trochanter, sur l'acromion, devant le cartilage thyroïde; quelquefois derrière l'angle delà mâchoire; toujours entre la peau et le côté saillant des articulations métacarpo etmétatarso-phalangiennes, et de celles des premières phalanges avec les secondes. Toutes ces dernières sont ordinairement confondues avec celles des tendons voisins.
Pour bien apercevoir ces membranes, il faut les remplir d'air. On voit alors qu'elles forment une cavité obronde, multiloculaire, c'est-à-dire divisée par des cloisons incomplètes, mais close; l'air qu'on y souffle y restant enfermé, et ne s'infiltrant point dans le tissu cellulaire environnant; les parois de la cavité qu'elles forment sont très-minces et peu résistantes.
Leur texture est fort simple, comme celle des membranes séreuses en général, et ne semble [différer de
2°4 ANATOMIJi GJÎ.NÉHAIjE.
celle du tissu cellulaire que par une condensation un peu plus grande. Il existe très-peu de vaisseaux dans l'épaisseur de ces membranes ; leur surface libre et contiguë est humectée par un liquide onctueux ou mucilagineux trop peu abondant pour qu'on puisse le bien examiner.
Ces membranes et le liquide onctueux qu'elles contiennent, ont évidemment pour usage local de favoriser le mouvement des os sous la peau.
Ces bourses se développent de très-bonne heure ; elles existent à l'époque de la naissance, et sont alors très-aisées à apercevoir, à cause du liquide assez abondant qui les humecte.
Leur développement augmente en proportion de l'exercice des parties qu'elles recouvrent : celle de lacromion, par exemple, devient plus apparente chez les individus qui portent des fardeaux sur l'épaule; celle du* genou est plus développée chez les personnes qui se mettent habituellement à genoux.
§ 202. Elles se forment accidentellement , dans des cas où la peau exerce des frottemens accidentels. M. Brodie parle d'une gibbosité sur laquelle il s'en était développé une , à la suite du glissement continuel dont la peau était le siège en cet endroit; on observe la même chose dans les pieds bots, à l'endroit où la peau frotte contre le côté saillant du tarse ; on voit encore la même chose après l'amputation de la cuisse , entre le bout de l'os et la cicatrice.
L'hydropisie des bourses synoviales sous - cutanées constitue l'hygroma , affection anciennement connue, qu'on observe particulièrement au genou,
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devant la rotule des personnes qui reposent souvent sur cette partie, comme les prêtres, les religieuses, les blanchisseuses de certains pays et les servantes qui se mettent à genoux pour laver, les ramoneurs, etc., et qu'on observe aussi quelquefois , mais moins souvent, dans les autres membranes de la même espèce. L'hygroma peut acquérir un volume considérable. 11 disparaît quelquefois très-promptement sans cause connue, ou après des applications médicamenteuses. J'en ai fait quelquefois la ponction , et j'en ai retiré de la sérosité visqueuse. Une injection stimulante, faite après la ponction en détermine souvent l'adhésion mutuelle des parois et l'oblitération de la cavité.
Les bourses synoviales sous-cutanées sont susceptibles de s'enflammer, de suppurer et de former des abcès volumineux, soit après des pressions réitérées, soit après qu'on y a fait une injection.
ARTICLE II
S ao3. Les membranes synoviales des tendons, membranes mucosœ tendinum , sont des membranes séreuses humectées d'un fluide onctueux, annexées aux tendons, là où ils frottent contre les parties voisines.
Elles ont reçu les noms assez maudis de bourses, de vessies, de capsules, de gaines muqueuses, mucilagineuses, unguineuses, synoviales, etc. Elles sont connues depuis long-temps : Vésale et A. Spigel parlent de quelques-unes d'elles. Albinus en a décrit avec exac-
200 ANATOMIB GÉNÉRALE.
titude un certain nombre. Janckius en a le premier donné une description générale : il en connaissait soixante paires. Camper a le premier donné une figure d'une de ces membranes. C'est à notre célèbre Fourcroy 1 que ce point d'anatomie est le plus redevable, ainsi qu'à Monro 2. Koch 3 a très-bien décrit ces raenbranes non-seulement dans l'homme, mais dans plusieurs animaux. Gerlach 4 a le premier décrit et bien figuré celles que l'on trouve au cou et à la tête. Rosenmuller 5 a donné une édition augmentée de l'ouvrage de Monro. Mascagni a donné une bonne figure d'une de ces membranes dans son Prodromo.
§ 204. Le nombre de ces membranes est considérable, mais variable ; on en connaît aujourd'hui environ cent paires. Elles forment, comme toutes les membranes séreuses des cavités membraneuses sans ouvertures; mais on en distingue de deux sortes par rapport à leur forme. Les unes sont des vésicules arrondies,tenant d'une part au tendon, etd'autre part à la partie sur laquelle il glisse : on les appelle vésiculaires. Les autres sont vaginales, entourent le tendon circulairement, tapissent d'un autre côté un canal où il est renfermé, ces deux portions isolées se rejoignant à leurs extrémités, de manière à être séparées par un intervalle qui constitue
1 Hist de l'Acad. R. des sciences. Paris , 1785 — 1788. 1 A Description , etc. with tables.
3 Ch. M. Koch. *ï)e bwsis tendin. mue. Lips., 1789.
4 F. E. Gerlach. De bursis tendinum mucosis in capite et collo reperiundis , cu/n tabul. œneis. Viteberg, 1793.
5 Icônes et descripl. bursar. mucosar. corporis hum. Ed. J. Ch. Rosenmuller. Lipsiœ , 1799-
la cavité de la membrane. Parmi ces dernières il en est qui, simples à une de leurs extrémités, présentent à l'autre des espèces de digitations qui répondent à autant de portions tendineuses ou de tendons différens , ceux-ci, d'abord réunis , s'écartant ensuite les uns des autres : c'est ce qu'on voit au poignet, sous les ligamens annulaires qui s'y rencontrent.
§ 2o5. Le tissu cellulaire, très-lâche et membraniforme , que l'on trouve entre les muscles qui exécutent des mouvemens grands et fréquens, comme sous le grand dorsal , le droit antérieur de la cuisse, les muscles du mollet, etc. , conslitue en quelque sorte le rudiment des membranes dont il s'agit. On trouve des membranes synoviales autour des tendons dans les endroits où ceux-ci frottent sur les os, glissent à leur surface ou sur d'autres parties, ou bien se réfléchissent et changent de direction ; quelquefois ces membranes existent entre deux tendons qui se meuvent l'un sur l'autre. Le muscle grand fessier, à l'endroit où il glisse sur le trochanter, le muscle grand oblique de l'œil, à l'endroit où il se réfléchit dans sa poulie , les péroniers latéraux , là où ils changent de direction pour gagner la plante du pied, etc., sont garnis de membranes synoviales. En général , ces membranes sont en rapport avec des os ou des anneaux fibreux Elles sont surtout très - communes autour des articulations, parce que c'est là que les tendons sont spécialement^itués : c'est ce qu'on voit au genou, au coude-pied, au poignet. On y rencontre les deux genres dont nous avons parlé. Quelques-unes de ces capsules se confondent avec les bourses sous -cutanées ou avec les synoviales articu-
laires : celle du triceps, par exemple, n'est pas toujours isolée, et paraît souvent une continuation de la capsule synoviale de genou.
§ 206. La face adhérente de ces membranes, .outre qu'elle tient au tendon et à la partie sur laquelle il frotte, est en rapport , dans l'intervalle de l'un et de l'autre, avec les tissus cellulaires et graisseux; elle(tient souvent à du tissu fibreux, comme aux gaines tendineuses, ou libro-cartilagineux, comme dans les endroits où les tendons glissent sur les os, et au niveau desquels le périoste est comme cartilagineux. Leur intérieur offre une cavité simple ordinairement, quelquefois composée, traversée par des cloisons , des espèces de prolongemens fibreux. On trouve dans quelques-unes des prolongemens frangés, dans celle située derrière le calcaneum, par exemple : on y rencontre aussi des pelotons celluleux ou graisseux, niais seulement dans celles en forme de vésicules ; les vaginales n'en contiennent point. Ces prolongemens ont été assimilés à des conduits excréteurs. Rosenmuller décrit des follicules dans ces membranes; je n'en ai pas vu. Des villosités s'y rencontrent, qui versent la synovie.
§ 207. Les membranes synoviales des tendons sont blanchâtres, demi -transparentes, minces et molles, surtoutles vaginiformes, qui sont garnies de gaines ligamenteuses à l'extérieur. Les bourses vésiculaires sont plus épaisses, et offrent dans quelques points un aspect fibreux. La texture de ces membranes est la même que celle des autres du même genre : leur tissu ressemble beaucoup au cellulaire. Les fibres, les franges, les paquets adipeux, communs à tout le système séreux,
se retrouvent également ici. Des vaisseaux séreux , qui deviennent visibles dans l'inflammation, quelques vaisseaux sanguins, apparens surtout dans les franges, entrent dans la composition de ces membranes , dont les vaisseaux lymphatiques et les nerfs sont entièrement inconnus. Le liquide qu'elles contiennent est visqueux, plus abondant que celui des bourses muqueuses souscutanées, jaunâtre, quelquefois rougeâtre : ce liquide est oléiforme, en partie coagulable, et contient de l'albumine et du mucus; il est plus visqueux dans les bourses muqueuses qui ont le plus d'étendue. M. Koch a trouvé quelque différence dans ce liquide examiné chez différens animaux, comme le bœuf, le cheval, le porc.
§ 208. Les propriétés des capsules tendineuses ne présentent rien de particulier. Leurs fonctions sont de sécréter et de renfermer vin liquide inucilagineux, qui facilite le glissement en diminuant la perte de mouvement qui résulte du frottement.
On connaît peu le développement de ces membranes. Suivant les uns, elles sont en plus grand nombre chez les jeunes sujets et se confondent en partie chez le vieillard, en s'agrandissant et en allant à la rencontre les unes des autres. M. Seiler prétend, au contraire, qu'elles' diminuent d'étendue et disparaissent en partie dans la vieillesse.
§ 20g. Elles présentent quelques altérations *. Leur hydropisie n'est pas très-rare; celles qui avoisinent la
1 Monro. Op. cit. — Koch. De morbis bursarurn terulinum mucosarurn. Lips. 1790.
peau en sont surtout le siège, ce qui peut faire confondre la maladie avec l'hyg roma. On donne le nom particulier de ganglion aux petites tumeurs circonscrites qui en résultent, et qui sont souvent aussi des kistes. On rencontre surtout de ces tumeurs dans lejarret, au poignet, sur le pied, etc. 5 elles contiennent un liquide séreux, albumineux, jaunâtre ou rougeâtre, assez semblable, pour la couleur et la consistance, à de la gelée ou à du sirop de groseilles. La résorption de ce liquide se fait très-lentement : on la favorise en écrasant les tumeurs qui le renferment, ce qui dissémine dans le tissu cellulaire le liquide qu'elles contiennent. On trouve quelquefois de ces tumeurs beaucoup plus grosses : des collèctions volumineuses de sérosité purulente que l'on a observées sous les muscles larges du dos, sous le deltoïde, etc., et que l'on a confondues avec les abcès ordinaires du tissu cellulaire, ont leur siège dans des membranes de ce genre ou analogues à elles.
L'inflammation des membranes qui nous occupent est fort grave; on l'observe dans une des variétés du panaris. Il en résulte des adhérences on bien la formation d'un abcès qui s'ouvre à l'extérieur; et, dans un cas comme dans l'autre, les mouvemens sont perdus. Quand l'adhérence est filamenteuse, elle finit pourtant quelquefois par se détruire. L'inflammation chronique produit à peu près les mêmes résultats : elle peut aussi amener l'ulcération.
Des corps solides, cartilagineux, ont été trouvés par Monro,et depuis lui par beaucoup d'observateurs dans l'intérieur de ces membranes. On y rencontre souvent,
et en très-grand nombre, des petits corps, de la forme et du volume à peu près des pépins ou graines de poires et de pommes, que l'on a cru animés, et qu'on a proposé de nommer acephalocystis plana. On les a trouvés le plus souvent sous le ligament annulaire antérieur du carpe, et quelquefois dans d'autres membranes des tendons, comme celles du grand fessier, du long fléchisseur du pouce, etc. L'incision leur donne issue , mais il en résulte le plus souvent une vive inflammation , très-grave , et dans les cas les plus heureux une adhérence intime, qui, au poignet , par exemple, confond tous les tendons fléchisseurs en un seul paquet, et réduit les doigts à l'immobilité. En général, l'inflammation des membranes synoviales tendineuses mérite de fixer l'attention des pathologistes. Il en est de même au reste de la plupart de leurs altérations morbides qui ont souvent été confondues sous le nom de tumeurs blanches avec les maladies des articulations, au voisinage desquelles elles sont situées.
ARTICLE III
S 210. On désigne sous ce nom, capsulœ spioviales, les membranes séreuses des articulations diarthrodiales. La plupart appartiennent à des os, quelquesunes à des cartilages, comme cela a lieu pour le larynx. Ces membranes sont, 'comme les précédentes, humectées par un fluide à l'intérieur , et facilitent de même le glissement des parties qu'elles revêtent.
Elles ont été long-temps confondues avecles ligamens capsulaires des articulations Nesbitt, Bonn, W. Hunter, avaient déjà observé qu'elles forment une membrane distincte des ligamens et des cartilages articulaires ; Monro avait noté leur analogie avec les autres membranes synoviales et séreuses; Bicbat a fixé davantage l'attention sur ces membranes , et en a donné une description générale plus complète. Monro et Mascagni en ont donné des figures.
§ 2 1 1 . Le nombre de ces membranes est très-grand : il y en a à peu près autant que d'articulations. Ce nombre n'est pas parfaitement égal à celui de ces dernières, parce que d'une part, certaines de ces membranes sont communes à plusieurs articulations, ainsi qu'on Je voit au carpe, et que d'autre part il est des articulations qui en renferment plusieurs. Du reste on ne les trouve point ailleurs que dans les articulations.
§ 2 ï 2. On observe les variétés suivantes dans la configuration de ces membranes: i° il en est qui représentent des pocbes arrondies et simples comme les membranes vésiculaires des tendons : c'est ce qu'on voit aux articulations des phalanges entre elles et avec le métacarpe et le métatarse ; il n'y a là aucune espèce de complication, eton n'obtient par l'insufflation , qu'une petite ampoule ronde; 2° dans quelques articulations, la cavité de la membrane semble traversée par un ligament ou un tendon, autour duquel celle-ci se réfléchit, en lui formant une gaîne continue, à ses deux extrémités, avec l'enveloppe commune que la synoviale fournit a l'articulation : cette synoviale est alors vaginiforme : on
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rencontre cette disposition dans les articulations coxofémorale, scapulo-humorale, etc.; 3° une complication plus grande s'observe dans d'autres articulations : dans celle du genou, par exemple, on trouve une enveloppe commune, des gaînes pour le tendon du muscle poplité et le ligament adipeux ; et de plus des replis revêtent les ligamens semi-lunaires et croisés , qui soulèvent la membrane et font saillie dans l'articulation. On pourrait donc établir à peu près cet or"dre dans la complication des membranes synoviales : ampoule simple; ampoule soulevée par des flocons graisseux ; cette dernière disposition jointe à la présence de gaînes; enfin , outre cette dernière , des replis formés par des partiesyqui s'enfoncent dans l'articulation et sont revêtues par la membrane. Toutes ces formes si variées se rapportent, en dernière analyse, à la forme vésiculaire.
§ 21 3. La surface externe des membranes synoviales a des connexions plus ou moins étroites, avec les parties voisines. Aux deux extrémités de l'espèce de sac qu'elles représentent, toutes adhèrent intimement aux surfaces articulaires des os, ou plutôt aux cartilages qui revêtent ces surfaces. Leur connexion avec ces cartilages est tellement serrée, qu'on croirait qfce celui-ci est nu : cependantNesbitt, Bonn, W. Hunter, avaient annoncé depuis loAg-temps l'existence d'un prolongement des membranes synoviales sur les surfaces articulaires des os. C'est particulièrement à Bicbat que l'on doit d'avoir établi cette vérité d'une manière incontestable. Quelques auteurs pourtant, tels que Gordon, et M. Magendie, élèvent encore des doutes sur ce point. Plu-
'■iI4 ANATOMIE GÉNÉRALE.
sieurs faits démontrent la présence des synoviales articulaires sur les cartilages. Dans l'inflammation de ces membranes, leur rougeur, qui à la longue devient sensible, s'étend sur la circonférence du cartilage, et est de moins en moins marquée , à mesure qu'on s'avance vers son centre , la membrane s'identifiant de plus en plus avec le cartilage ; le centre lui-même finit par se pénétrer de vaisseaux, mais le cartilage n'est coloré qu'à sa surface, et conserve dans son épaisseur la couleur blanche qui lui est propre. Les brides qui se forment quelquefois dans les membranes synoviales naissent indifféremment de tous les points de leur étendue, et on observe, quand elles tiennent au cartilage > que leur base lui adhère moins intimement, et qu'en cet endroit la membrane devient apparente , comme elle l'est naturellement au pourtour des surfaces articulaires : de cette manière la synoviale est apparente sur le centre même du cartilage. La dégénération fongueuse , propre à la membrane synoviale, se voit également sur le cartilage. Enfin, l'inspection directe démontre la continuité de cette membrane. En enlevant obliquement une tranche d'un cartilage, que l'on renverse ensuite de manière à la rompre à sa base, elle tient encore par 1* synoviale , qui la recouvre ainsi que le reste du cartilage. Lorsqu'on scie un os, qu'on rompt ensuite le cartilage de son extrémité, la connexion est encore établie dans les deux moitiés par la synoviale, qui se porte de l'une à l'autre.
Dans le reste de leur étendue , c'est-à-dire au pourtour de l'articulation , les membranes synoviales tiennent aux ligamens articulaires d'une manière égale-
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ment très -serrée, comme on le voit à la capsule de l'articulation scapulo-humérale : l'adhérence est surtout intime au milieu , et devient de plus en plus lâche vers les extrémités. Dans l'intervalle des ligamens, ces membranes correspondent aux tissus cellulaire et graisseux: ces tissus forment là des pelotons très-marqués, ainsi que près de l'endroit où la synoviale abandonne les ligamens pour se réfléchir sur l'os.
La surface interne est lisse, polie, contiguë à ellemême, lubréfiée par la synovie, et garnie de villosités et de prolongemens frangés.
§ 21 4- Les membranes synoviales sont minces, molles, demi- transparentes, blanchâtres, extensibles à un certain degré, quoiqu'elles le soient moins que les séreuses splanchniques, et rétractiles , comme le montrent leur hydropisie et leur retour sur elles-mêmes après l'évacuation du liquide qui s'y est accumulé. Leur rupture dans les luxations dépend moins de leur défaut d'extensibilité, que de leurs connexions étroites et de la moindre étendue de leurs replis.
§ 2i5. Ces membranes sontgarnies de pelotons graisseux, placés à leur extérieur ou dans leur épaisseur même, et improprement désignés sous le nom de glandes synoviales d'Havers. Ces pelotons, aperçus parVésale et Etienne, décrits par Cowper et surtout par Cl. Havers r, ont été regardés partons les physiologistes, jusqu'à Monro, comme les organes sécréteurs de la synovie 2. Leur volume varie suivant la quantité de graisse qu'i^
1 De ossibus , sermo iv, cap. i.
* Voyez Pitschel. De axungid articulor. Lips. i7/|0. — Haasc. De unguine articulari , ejusque vkiis. Lips. 177/,.
Ûï6* ANATOMIE générale.
contiennent : ils renferment toujours plus ou moins de ce fluide, et sont presque entièrement formés de tissu adipeux. Les franges existent, à l'intérieur de la membrane , à l'endroit où sont placés ces pelotons en dehors. Les endroits où l'on rencontre ces différens objets sont ceux où la membrane offre le plus de vaisseaux. Les franges contiennent dans leur épaisseur du tissu cellulaire, de la graisse et des vaisseaux sanguins ; les autres parties des membranes synoviales ne reçoivent que des vaisseaux séreux. Les lymphatiques ne sont appare'ns que dans quelques-unes de ces membranes. Il est inutile de nous arrêter de nouveau à l'hypothèse de Mascagni, que cet auteur applique à toutes les membranes transparentes. On ne connaît pas les nerfs des capsules synoviales.
§ 2 1 6. Le liquide sécrété par ces membranes, ou la synovie, synovia, ainsi nommé par Paracelse à cause de sa ressemblance grossière avec le blanc d'œuf , est le résultat d'une sécrétion perspiratoire, quoiqu'on ait admis beaucoup d'autres idées sur le mécanisme de sa formation. Ce fluide n'est point, comme on l'a cru pendant long-temps, le produit du mélange de la sérosité avec la graisse; la moelle des ps ne transsude pas pour le former, comme nous l'avons vu; la synovie même ne contient pas d'huile dans l'état naturel. Les prétendues glandes de Havers ne peuvent , d'après ce que nous avons dit , remplir l'usage que cet auteur leur attribuait, et les franges qui les surmontent ne sont pas, comme il le croyait, des conduits excréteurs. On n'observe , en effet , rien de glanduleux dans les paquets synoviaux, point de granulations, de
conduits excréteurs; cependant on a récemment encore cr,u trouver cette structure glandulaire r. La graisse même qu'ils renferment n'est pas essentielle a leur structure , et d'ailleurs , comme il n'y a pas d'huile dans la synovie, ce n'est pas la transsudation du premier de ces fluides, quand il existe, qui donne naissance au second. Rosenmuller prétend qu'il y a des follicules sécrétoires dans ces pelotons adipeux : je n'ai point vu, ces follicules et ne sache pas que personne ait constaté de nouveau leur existence. La sécrétion de la synovie n'est donc ni glandulaire, ni folliculaire, ni un simple résultat de la transsudation , mais véritablement perspiratoire : toute l'étendue des membranes synoviales en est le siège , mais surtout la portion de ces membranes que surmontent les franges, en raison de plus grand nombre de vaisseaux qu'elle contient. La synovie est en partie reprise par absorption et sa quantité , toujours à peu près la même, suppose un équilibre entre celle-ci et la sécrétion.
Connu des Grecs, qui lui donnaient le nom de p.v%<& ra>» upiftav , désigné pendant long- temps sous celui d'axungia, d'unguen , ce liquide est filant, visqueux, doué d'une saveur salée, d'une pesanteur spécifique exprimée par io5 , celle de l'eau représentant 100. Sa composition chimique a été examinée , tant chez les animaux que chez l'homme, mais plus particulièrement dans le bœuf, par Margueron, Fourcroy, J. Davy, Hildebrandt, M. Orfila et plusieurs autres. On y trouve de l'eau, de l'albumine, du mucus ou de
1 Voyez Heyligers. Dissertatio physiol. anal, defabricâ articul. i8o3.
2I° ANATOMIE GÉNlînALE.
la matière incoagulable, regardée par quelques-uns comme de la gélatine mucilagineuse , de la matière filandreuse, que les uns pensent être de la fibrine, les autres de l'albumine dans un état particulier, de la soude, du muriate de soude, du phosphate de chaux et une matière animale que l'on dit être de l'acide urique. Les usages de la synovie sont de diminuer les frottemens, et de faciliter par là le glissement des parties.
§ 217. Les capsules synoviales des articulations présentent quelques altérations pathologiques 1. Elles se réparent quand elles sont divisées; mais leur mode de réunion est peu connu; il n'y a point de faits précis dans l'histoire des plaies* des articulations et des luxations, relativement à ce mode. Il se fait quelquefois de nouvelles membranes synoviales, comme on l'observe dans les fausses articulations , après les luxations non réduites ; dans ce cas que le docteur Thomson a décrit , et que j'ai moi-même observé, les débris de l'ancienne capsule et le tissu cellulaire réunis forment une nouvelle membrane, assez semblable à la première. A la suite des fractures non consolidées , dans les articulations surnuméraires qui leur succèdent, il existe de même une membrane fermée, lisse à l'intérieur, contenant un liquide visqueux plus ou moins analogue à la synovie.
L'hydropisie des articulations constitue l'hydrar-
* Voyez Reimarus, de tumore ligament. , etc. Leyd. i557- — Wynpersse, de ancylosi. Leyd. 17 83. — Ejusd. de ancyl. patkol. Leyd. i783.— Brodie, Traité des maladies des articulations. Paris, 1819.
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throse : la synovie est ordinairement altérée de diverses manières dans cette affection.
§218. L'inflammation produit dans ces membranes les même altérations de tissu et de fonctions que dans les séreuses en général. Elles s'épaississent un peu, rougissent dans une plus ou moins grande étendue , se recouvrent de grains albumineux , et contractent quelquefois des adhérences à la suite de cette inflammation. Celle-ci peut se terminer par résolution , et laisse alors une roideur tenant à l'épaississement de toutes les parties environnantes : la membrane elle-même reste aussi, en général, plus épaisse. Des épanchemens, soit de synovie pure, soit de sérosité lactescente ou contenant des flocons albumineux, ou même du véritable pus, peuvent résulter de cette inflammation. Le*, adhérences qui surviennent à sa suite constituent une des espèces d'ankiloses. Il est, comme on le sait, plusieurs variétés de cette maladie : toutes dépendent de 1 altération de la synoviale, et quelquefois des parties extérieures, à cette membrane. Ainsi dans l'ankilose fausse, il paraît y avoir épaississement , induration de toutes les parties molles qui entourent les articulations. Une autre espèce, à laquelle on pourrait appliquer l'épithète défausse si elle devait être conservée, est caractérisée par des adhérences de la membrane synoviale. L'articulation devient alors une amphiartrose, des brides ou lames synoviales unissent les surfaces diarthrodiales : ces brides sont quelquefois si nombreuses qu'elles représentent une sorte de cellulosité; suivant leur nombre, leur longueur, leur extensibilité, les mouvemens sont plus ou moins bornés; l'épaississement et
l'endurcissement des parties molles se joignent à cette altération, à la suitéde laquelle les parties ne reprennent jamais complètement leurs mouvemens. Dans la vraie ankylose, non seulement il s établit des adhérences entre les surfaces articulaires, mais encore ces surfaces se soudent, se confondent, la continuité est parfaite entre les os, dont les lames compactes ainsi que les lames cartilagineuses qui les séparaient finissent ellesmêmes par disparaître, de sorte que leur tissu spongieux se confond : c'est par la membrane synoviale que commence ce changement, que nous devions à cause de cela indiquer ici. L'ulcération est une terminaison plus rare de l'inflammation des membranes synoviales.
§ 2 19. Dans les tumeurs blanches, parmi lesquelles on range des altérations très-diverses, comme l'inflammation, l'hydropisie, les maladies des cartilages, etc., on trouve quelquefois une altération propre aux membranes synoviales : c'est un état dans lequel ces membranes sont converties en une substance fongueuse d'où s'élèvent des végétations jusqu'au-dessous delà peau, et faisant même saillie à l'extérieur. Reimarus, Brambilla, M. Brodie, ont décrit ces fongus cancéreux.
§ 220. Il se forme des corps étrangers dans les articulations; celle du genou en est le siège le plus fréquent. Le volume de ces corps varie , ainsi que leur nombre et leur consistance, comme nous l'avons déjà dit en traitant du système séreux en général; ils se forment en dehors de la membrane synoviale, et paraissent le résultat d'une altération particulière de la nutrition ; ils s'enfoncent petit à petit du côté de l'intérieur de la mem-
brane, et finissent par se détacher entièrement suivant le mécanisme indiqué plus haut. Leur présence, accompagnée de douleurs vives quand ils se placent entre les surfaces articulaires , ne produit presque point de gêne lorsqu'ils se trouvent logés dans des endroits mobiles et où l'articulation est lâche. Des enfoncemens plus ou moins profonds sont quelquefois creusés à la longue par la pression qu'ils exercent sur les cartilages, et comme ces enfoncemens répondent par leur forme à celle des corps qui y sont logés, cela a fait dire que c était des morceaux de cartilage séparés par une violence extérieure j mais il suffit de considérer que ces enfoncemens n'existent pas dansée plus grand nombre des cas où l'on trouve des corps étrangers, qu'ils ne ressemblent nullement, pour l'aspect, aux surfaces dune fracture, et que les corps sont bien plus épais que le cartilage articulaire pour ne point admettre cette opinion.
ARTICLE IV