DES MEMBRANES SÉREUSES SPLANCHNIQUES
■ S Les membranes séreuses proprement dites,
qu Ion a auSS1 appelées membranes diaphanes, son elles qUl tapissent les évités splanchniques et qu fournissent des tuniques plus ou moins complètes aux viscères situés dans ces cavités. . ?
§ aaa.Ce. membranes ont été pendant long-temps comme toutes les autres membranes séreuse ZI d fa confondueSj sok dans > « 2S
e Z Z ' T °rSaneS ^'eIIe- -.oppcntet P-ties quelles revêtent. Cependant, sous le pre-
22a ANAT0MIE GÉNÉRALE.
mier rapport, on avait successivement décrit d'une manière exacte chacune de ces membranes indépendamment des parties quelles recouvrent; quelques anatomistes, comme Monro , avaient même déjà indiqué l'analogie qui existe entre elles. Sous le rapport pathologique, Sauvages et M. Pinel , avaient déjà établi un ordre d'inflammation pour celles des membranes diaphanes , mais en y comprenant l'inflammation de l'estomac, de l'intestin, de la vessie et de l'épiploon comme autant de genres ; diverses observations d'anatomie pathologique , et notamment celles de J. G. Walter sur la péritonite, avaient montré , que cette tnembrane pouvait comme les autres membranes séreuses , être affectée dans toute son étendue, et indépendamment des parties sous-jacentes; enfin, le docteur Carmichael Smith avait noté avec exactitude l'inflammation identique de toutes les membranes diaphanes, lorsque Bichat donna sa description complète et exacte des membranes séreuses, et particulièrement de l'arachnoïde. On a donné depuis des descriptions de quelques-unes de ces membranes r, mais l'on a peu ajouté à ce que notre célèbre anatomiste en a dit ; on a ajouté davantage à leur histoire pathologique.
§ 223. Les membranes séreuses dont il s'agit ici sont situées dans les cavités du tronc, qu'elles tapissent ; elles y revêtent les organes les plus importans, les plus es-
1 Voyez Langenbeck, Commentarium de structura peritonœci , etc., cum tabulis. Gotting, 1817. — L. Rolande» , Osservazioni sul peritoneo et sulla pleura , in mem. delta real Accad. délie scienze. Toni. XXIV , Turin , 1820.
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sentiels à la vie. Ces membranes sont distinctes et séparées les unes des autres; leur nombre est peu considérable : ce sont, i° le péritoine dans l'abdomen, où il revêt plus ou moins complètement la plupart des organes de la digestion, qui sont contenus dans cette cavité, et beaucoup moins les organes génitaux et urinaires; 2°, 3° les deux plèvres, et 40 le péricarde, dans la poitrine, où chacune de ces membranes est bornée à un seul organe et aux parois de sa cavité; 5° l'arachnoïde, dans le crâne et dans le canal rachidi'en; 6° et 7° enfin , dans l'homme seulement , les péridymes ou tuniques vaginales des testicules.
L'étendue de ces membranes, prises ensemble, est très-considérable', et dépasse de beaucoup celle de la peau. Le péritoine est la plus grande de ces membranes : son étendue égale au moins celle de toutes les autres réunies.
S «4- La description générale des membranes séreuses a déjà en grande partie fait connaître l'espèce dont ,1 sag,t ici, et qn'on pent regarder comme le type du genre. Leur forme est la même que celle de tontes les membranes séreuses; celle dune vessie sans ouvermre et à paro.s contignes. Elles revêtent d une part la surface interne dés parcs de la 'cavité "u elles sont contenues, e, de l'autre el,es four„
des tnnioueson enveloppes extérieures aux o . »anes. Les plèvres, le péricarde, les pérididvmcs ont TJ^^l aMra 8im">' — P-ies viscll
-aire a» ' TT ^ ** vasenaux paro,s de la cavité qui le renferme. Qnant
à l'arachnoïde et au péritoine, leur disposition est un peu plus compliquée, sans cesser d'être essentiellement la même. Pour la première, la complication tient au grand nombre de vaisseaux et nerfs qui aboutissent au cerveau et qui en partent. Or, sur chacune de ces parties, l'arachnoïde forme une gaîne, qui se continue à l'une de ses extrémités avec le feuillet viscéral de la membrane, et à l'autre avec son feuillet pariétal, disposition déjà indiquée et figurée par Bonn , sur laquelle Bichat a plus particulièrement fixé l'attention , et d'où résulte, d'une part, que la cavité membraneuse n'est point ouverte , et que les deux parties de la membrane sont continues l'une à l'autre. Quand au péritoine, sa complication dépend du grand nombre de parties auxquelles il fournit des tuniques, et de la disposition diverse de ces parties , dont les unes sont très-près de la paroi postérieure de l'abdomen d'où elles reçoivent leurs vaisseaux, et sont simplement couvertes par le péritoine ; dont les autres sont éloignées, quelquefois très -éloignées de cette paroi , et sont suspendues à des freins membraneux qui contiennent les vaisseaux dans leur épaisseur; sa complication dépend aussi des prolongemensvasculairessaillans au-delà des viscères, et auxquels la membrane séreuse fctrnit des enveloppes flottantes ou épiploïques. Cette membrane offre encore cette particularité, qu'elle est la seule de toutes les membranes séreuses qui présente une ouverture au pavillon de la trompe utérine. De plus grands détails sur la conformation des membranes séreuses splanchniques appartiennent à l'anatomie spéciale de ces membranes, et surtout à celle du péritoine et de l'arachnoïde.
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§ 225. Des deux surfaces de ces membranes , l'une est toujours libre dans letat sain, et. l'autre est généralement adhérente. La surface libre est luisante , bumide, et paraît polie; cependant elle est garnie de villosités fines qui deviennent visibles quand on la regarde sous l'eau, et que l'irritation inflammatoire rend trèsapparentes. C'est aux membranes séreuses qui les enveloppent et qui les tapissent, que les organes et les parois des cavités splanchniques doivent leur aspect luisant; là où ils en sont dépourvus, ils n'ont point la inèifte apparence. Cette surface libre, partout contiguë à elle-même , ainsi que la sérosité qui l'humecte, établissent une distinctipn, un véritable isolement entre des parties extrêmement rapprochées ; elles facilitent surtout singulièrement les mouvemens de ces parties.
§ 226. L'autre surface des membranes séreuses est presque partout adhérente, soit aux viscères, soit aux parois des cavités; il n'y a guère que quelques points du feuillet viscéral de l'arachnoïde qui soient libres par les deux faces, partout ailleurs la surface extérieure .des membranes séreuses est adhérente» Cette adhérence a lieu d'une part avec les parois des cavités^ et de l'autre part avec la surface des viscères. Le degré ou la solidité de cette adhérence varie beaucoup. En générai, là où les . membranes séreuses tiennent à un tissu ligamenteux, comme à la dure-mère, au péricarde, aux aponévroses de la paroi abdominale, à l'albuginée du testicule, elc, cette adhérence est intime; elle est encore assez grande sur des parties musculaires et autres, comme sur le cœur, les poumons, l'estomac, l'intestin , etc; elle l'est beaucoup moins en quelques *• i5
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endroits, comme là où la membrane passe d'un brgane aux parols.de la cavité, ou réciproquement; là où elle forme des freins et des prolongemens flottans qui contiennent des vaisseaux; dans les endroits où le tissu cellulaire sous-séreux contient de la graisse, et en général partout où il est lâche.
§ 227. Ces différences sont d'une assez grande importance pour s'y arrêter encore : il en résulte, par exemple, que quand l'utérus, la vessie, l'estomac^ l'intestin augmentent de volume, les freins et les replis péritonéaux ambians s'écartent, se développent et s'appliquent aux organes; et que, quand ceux-ci reviennent sur euxmêmes, la membrane leur redevient étrangère :cela est •dû à la laxité du tissu cellulaire sous-séreux vers le bord adhérent de ces replis. Quand une hernie se fait dans l'aîne et s'accroît, c'est, pour la plus grande partie, par le déplacement, le glissement de la membrane séreuse, favorisés par la laxité des adhérences, que le sac s'aggrandit;. quand, au contraire, une hernie ombilicale augmente de volume, c'est par distension et par amincissement que le sac s'aggrandit, l'adhérence du péritoine étant intime autour de l'ombilic. Bichat a peut-être un peu exagéré l'influence que la laxité des adhérences des membranes séreuses peut avoir sur l'isolement de leurs maladies, et de celles des parties sous-jacentes.
§ 228. Les propriétés physiques de ces membranes sont celles que nous avons exposées en parlant du système séreux en général relies sont minces, mais la ténuité n'est pas la même dans toutes, dans tous les endroits de la même membrane, ni dans tous les individus. Molles, demi -transparentes, etc., leur extensibilité est très-
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marquée, plus que celle des membranes synoviales; leur résistance assez grande et de beaucoup supérieure à celle du tissu cellulaire; elles sont un peu élastiques. Lorsqu'on distend ces membranes au delà d'un certain de^ré, elles s'éraillent ; les éraillemens occupent la surface libre; le reste de l'épaisseur de la membrane résiste plus à la déchirure, ou cède davantage à- la distension.
§ 229. Elles consistent toutes en un feuillet unique, d'autant plus dense et serré, qu'on l'examine du côté de la surface .libre, et dont la texture est plus lâche du côté opposé, où elle devient floconneuse ét se confond avec le tissu cellulaire commun. Jusqu'à l'époque où Douglas a donné une description exacte du péritoine, on considérait cette membrane et celles de la même espèce, comme bifoliées, et contenant les viscères dans l'écartement de leurs deux feuillets : c'était une opinion erronée qu'il a réfutée, et que Vacca et d'autres ont en vain essayé de reproduire. Le prétendu ■ feuillet externe n'est autre chose que le tissu Gellulaire sous -séreux si bien décrit par Douglas. Elles consistent essentiellement en une couche de tissu cellulaire extrêmement rapproché et condensé, et de plus en plus distinct du tissu cellulaire, depuis la surface adhérente, où elle se continue insensiblement avec lui, jusqu'à la surface libre, où elle en diffère beaucoup; on n'y distingue pas aussi manifestement des fibres ou des petits faisceaux entrelacés que dans les membranes synoviales. Les appendices flottans de ces membranes contiennent aussi du tissu cellulaire libre, et souvent du tissu graisseux; elles sont beaucoup plus vas-
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eulaires que les autres membranes séreuses ou synoviales. Elles contiennent une immense quantité de vaisseaux blancs ou séreux, qui deviennent apparens par l'injection, la congestion, l'inflammation, et quelques vaisseaux rouges très-fins qui appartiennent- à leur stirface externe, et surtout au tissu cellulaire sous-séreux , comme on peut s'en assurer en détachant la membrane, que Ton trouve blanche dans les endroits où l'on y aurait supposé un grand nombre de vaisseaux rouges, que l'on apercevait seulement au travers d'elle. Les vaisseaux rouges sont surtout abondans dans les replis flottans ou épiploïques. Des nerfs ont été suivis jusques auprès de ces membranes, mais non dans leur épaisseur même.
§ a3o. Ces membranes desséchéès deviennent transparentes , prennent une légère couleur jaunâtre, et deviennent en même temps élastiques et assez fermes : elles reprennent leurs premières propriétés par l'immersion dans l'eau. La macération les rend d'abord molles, opaques, épaisses, puis pulpeuses, et finit, mais après un temps très-long, par les dissoudre. Dans les cadavres qui commencent à s'altérer, ces membranes d'une part , laissent transsuder, et de l'autre , s'imprègnent des liquides, de là leurs diverses colorations. Le feu nu et l'eau bouillante les racornissent. L'ébullition prolongée les convertit en gélatine et en un peu d'albumine. Ces divers caractères les rapprochent du tissu cellulaire et du tissu ligamentaire.
§ a3 1 . La force de formation y est moins développée que dans le tissu celluhiire libre. L'irritation n'y détermine point de mouvemens sensibles, mais elle en altère
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la sécrétion et la texture; elle les enflamme. Elles ne
sont sensibles que dans cet état où elles deviennent
ordinairement le siège d'une vive douleur.
e 23a. Dans l'état de vie et de santé, elles sont bu-
mectées à leur surface contiguë par de la sérosité
qu'elles déposent et résorbent continuellement. On
avait attribué cette sécrétion à l'action, de certaines
glandes qujon supposait, logées clans leur tissu. Rnyscb
a prouvé que ces. prétendues glandes n'existent pas. Hunter avait cru que cette sécrétion se faisait par une véritable transsudation, analogue à la transsudation cadavérique, à travers les aréoles, les interstices, ou les porosités an organiques du tissu des vaisseaux: quoique la véritable voie et le vrai mode organique, suivant, lequel se font les sécrétions perspiratoires et autres, ne soit pas bien connu, du moins on peut affirmer qu'elles diffèrent de la transsudation, laquelle n'a lieu que dans le cadavre. La sérosité, dans l'état de santé, , est en quantité si petite., qu'elle est à peine apercevable, et qu'à peine peut-on la recueillir. Hewson a recueilli sur des animaux tués à l'instant, le liquide, en petite quantité, qui bumecte Ifs membranes séreuses, et il a vu, parle repos et l'exposition à l'air, ce liquide se coaguler comme la lymphe coagulable du sang. Il n'a pu recueillir.de même la sérosité du tissu cellulaire. Bostock a trouvé, dans la sérosité saine des cavités splanchniques, de l'eau, de l'albumine en moindre proportion que dans le sérum , de la matière incoagulable et des sels. Schwilgué y a trouvé de l'albumine une matière extractive et une matière grasse. D'après l'examen que j'ai fait de la sérosité des cavités splanchrti-
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ques, il me semble que la matière incoagulable est du mucus gélatiniforme semblable à celui qu'on trouve dans l'albumine coagulée du sérum du sang. La coagulabilité de la sérosité saine , déjà observée avant Hewson par Lower, Lancisi et Kaau , a été, au contraire , niée par Sarcone, Cotunnio et Géromini 1 ; je crois cette coagulabilité constante dans l'état sain.
§ iH> 3 . De toutes les membranes séreuses, celles don t il s'agit maintenant, sont celles dont les fonctions et les actions morbides sont le plus intimement liées avec les autres phénomènes organiques, cela d'ailleurs présente encore des variétés; ainsi la membrane du testicule et celle de l'abdomen diffèrent beaucoup sous ce rapport.
§ a34- C'est à elles aussi que se rapporte pour la plus grande partie, ce qui a été dit sur les altérations morbides de tout le système séreux. Elles sont sujettes de plus que les autres à quelques vices de conformation primitifs; comme les ouvertures contre nature, qu'on observe dans quelques cas de monstruosité et dont elles peuvent toutes offrir des exemples, ainsi que les prolongemens du appendices qui enveloppent les hernies congéniales et autres déplacemens.
§ 235. Les hernies accM entelles sont aussi accompagnées d une altération de forme des' membranes séreuses splanchniques , c'est l'existence à peu près constante d'un sac herniaire qui enveloppe les parties déplacées : ce sac est formé par la membrane séreuse
1 Saggio sulla gcnesi , e cura dcll' idrope. Cranona , 1816. *
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qui revêt les parois, et que les viscères en se déplaçant poussent devant eux.
§ a36\ L'hydropisie, l'inflammation et ses effets, les fausses membranes, les adhérences, les productions, accidentelles soit analogues^ soit morbides, sont plus communes clans les membranes séreuses splanchniques que d^ins les autres espèces, et. plus communes encore dans quelques-unes d'entre elles que dans les autres.
§ 237. Quc«que les membranes séreuses splanchniques forment un groupe assez naturel, cependant elles présentent des différences qui appartiennent à l'anatomie spéciale; et en outre, l'arachnoïde diffère encore beaucoup des autres. Elle a bien la même conformation que les autres membranes séreuses, mais sa consistance est très-molle, sa ténuité extrême, sa texture impossible à déterminer ; elle semble homogène; on n'y rencontre peint de vaisseaux, même dans l'état de maladie? La plupart des phénomènes morbides qu'on lui attribue se passent dans le tissu sousjacent de la pie-mère; elle semble enfin former un genre à part.
ANATOJYIIE GENERALE.
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