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DES VAISSEAUX EN GÉNÉRAL

§ 352. La situation des vaisseaux est intérieure ou profonde. Les plus gros sont placés en général vers le centre du corps , et l'on ne trouve aux surfaces que des diyisions d'une ténuité extrême, et encore sontelles séparées des corps extérieurs par une couche de substance non vasculaire.

Les vaisseaux principaux, soit au tronc, soit aux membres, sont en général placés dans le sens de la flexion des parties.

En général, on trouve ensemble, une artère, une ou deux veines, et plusieurs vaisseaux lymphatiques ; en outre on trouve sous la peau beaucoup de vaisseaux lymphatiques et de veines et peu d'artères.

§ 353. Le volume respectif des vaisseaux des trois espèces est tel qu'en général les vaisseaux qui rapportent, savoir les veines et les lymphatiques sont ensemble beaucoup plus •volumineux que les artères qui portent le sang. Les veines mêmes à elles seules ont en gênerai beaucoup plus de capacité que les artères auxquelles elles correspondent; cela est surtout vrai des vaisseaux généraux du corps. Quant au rapport de volume et de nombre, ou de capacité totale, entre les vaisseaux veineux et lymphatiques il est moins connu; on sait bien cependant que sous la peau, sous les membranes muqueuses, et autour des membranes

8t© ANATOMIJÎ GENMliiE.

séreuses, il y a tout à la fois beaucoup de veines et de vaisseaux lymphatiques; que dans les interstices musculaires des membres et des parois du tronc, il y a encore beaucoup de "vaisseaux lymphatiques avec les veines , tandis que dans le canal rachidien et dans le crâne, il y a beaucoup de veines volumineuses, et peu bu peut-être point de vaisseaux lymphatiques. Ces derniers rapports dépendraient-ils de la différence de la matière dont les musclés et la substance nerveuse se nourrissent, et par conséquent de la matière différente qui reste dans la circulation?

§ 354. La forme extérieure du système vasculaire est celle d'un arbre, dont le tronc tient au cœur, et qui se divise successivement en branches , en rameaux et en ramuscules de plus en plus fins.

Chaque partie depuis son origine d'une brancheplus grosse jusqu'à sa division en rameaux plus petits qu'elle, conserve en général une forme cylindrique.

Chaque rameau <>tant plus petit que la branche dont il procède , et plus gros que chacun des ramuscules qui naissent de lui, il en résulte une diminution successive depuis le tronc jusqu'à la fin de chacune des dernières ramifications.

Comme en général la somme des branches qui résultent de la division d'un tronc l'emporte Sur le volume du tronc lui-même, il s'ensuit aussi que le système vasculaire a la forme d'un cône dont le sommet ést au cœur et dont la base est formée par l'ensemble de tous les ramuscules répandus dans le corps.

§ 355. Le nombre des divisions du système vasculaire, depuis son centre d'origine jusqu'à ses dernières

DES VAISSEADX. 3l?

ramifications, n'est pas le même dans toutes ses parties. On l'a beaucoup exagéré, en le portant à quarante ; Haller s'est beaucoup plus approché de la vérité, en portant à une vingtaine le maximum des divisions successives d'un vaisseau depuis $on tronc jusqu'à ses dernières divisions.

Dans certains endroits, les vaisseaux se divisent en se bifurquant , de manière que le tronc cesse par sa division en deux branches , la branche par la séparation en deux rameaux. Ainsi l'aorte se bifurque en iliaques communes, celles-ci se bifurquent à leur tour; les carotides primitives se divisent également en deux. Les vaisseaux intestinaux présentent cette division dichotomique d'une manière remarquable.

Les angles que les vaisseaux forment en se divisant, et sous lesquels les branches se séparent des troncs , varient, mais sont pour la plupart aigus du cpté des rameaux. 11 est bon d'observer avec Haller que ces angles auxquels bn a attaché beaucoup d'importance , sont en grande partie détruits ou changés parla dissection, en enlevant le tissu cellulaire qui entoure les vaisseaux. Il y a quelques angles qui sont à peu près droits, ce sont en général les premières et les plus grosses divisions des troncs : ainsi les branches de la crosse de l'aorte, l'artère cœliaque, les rénales, etc.; les veines rénales et hépatiques, les veines sous-clavières , lesjur gulaires, etc.; le canal thoracique , à son embouchure dans la veine sous-clavière, et quelques autres, comme les vaisseaux sacrés antérieurs, tarsiens, etc. Quelques vaisseaux même forment des angles obtus : tels sont les premiers vaisseaux intercostaux , les vaisseaux in-

férieurs du cervelet, ceux du cœur, et quelques vaisseaux des membres , etc. La plupart enfin forment des angles aigus, et souvent très -aigus, tels sont par exemple les vaisseaux spermatiques.

II faut observer relativement aux angles, que l'on regarde comme droits et même comme obtus, que la plupart sont réellement aigus; mais à une petite distance de leur origine, les branches après un court trajet, changent de direction , se réfléchissent et suivent un trajet rétrograde ou contraire à celui du tronc, à peu près comme on le voie dans les branches des saules pleureurs.

fl n'y a aucune loi ou règle générale à déduire de l'observation sur les angles que forment les divisions des vaisseaux. Ainsi l'on voit des grosses branches aussi bien que des petites, et des branches voisines du tronc et de son origine , aussi bien que des rameaux très- éloignés naître sous des angles plus ou moins

aigus.

Ce qui est vrai des gros vaisseaux l'est également des plus petits dans les divisions desquels on trouve également des angles aigus pour la plupart, quelques-uns droits et même quelques-uns obtus.

§356. Les branches des diverses parties du système vasculaire, tout en se divisant ou se ramifiant a mesure qu'elles s'éloignent de l'origine ou du centre du système , ont- cependant entre elles des comnuinicar tions ou anastomoses. Les vaisseaux lymphatiques sont ceux qui en ont le plus, les veines en ont beaucoup , les artères en ont moins , et cependant en ont encore un très-grand nombre. Ces communications ont lieu

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par la rencontre et la réunion de deux vaisseaux d'une même espèce et d'un volume égal.

Dans quelques endroits deux vaisseaux marchant obliquement l'un vers l'autre, se réunissent en un seul tronc qui suit la direction moyenne ou diagonale des deux,- telle est la réunion des deux artères vertébrales pour former la basilaire , celle des artères spinales antérieures, celle de l'aorte et de l'artère pulmonaire dans le fœtus, celle de beaucoup de veines, etc.

Les vaisseaux s'anastomosent le plus souvent en formant par leur rencontre une arcade,, de la convexité de laquelle partent des rameaux. G'eM ce que l'on voit dans les vaisseaux mésentériques ou ■ intestinaux , autour des articulations , à la main, au pied, etc.

Dans d'autres endroits, deux vaisseaux suivant chacun leur direction communiquent par une branche transversale; telle est la communication des artères ombxhcales entre elles dans le placenta , telles sont celles des artères du cerveau , du côté droit avec le cote gauche, et de la partie antérieure avec la postérieure, telles sont aussi celles de beaucoup de veine, et cl artères des membres.

Dans plusieurs parties, ees communications diverses et plus ou moins nombreuses, forment des cercles ou des polygones , comme celui de Ridley ou de Willis -us le cerveau; ceux de 1*. de la bouche , c l qui entoure l'estomac, etc

Dans u„ grand ^ de ^ '

tout, les ™sseaux qui s'anastomosent en arcades se Mes nues plus rapprochées, les antres p.us éloi.

gnées du centre du système vasculaire , établissent des voies collatérales à la circulation : ainsi, par* exemple, les vaisseaux circonflexes de la hanche communiquent tout à la fois par en haut avec des vaisseaux du tronc, et par en bas avec des vaisseaux du genou, et ceux-ci, en même temps, communiquent aussi avec des rameaux nés des vaisseaux de la jambe.

En général , le vaisseau ou les vaisseaux qui résultent d'une anastomose, sont plus volumineux que chacun des vaisseaux abouchés, et moindres que la somme de ces vaisseaux.

Les anastomoses sont d'autant plus multipliées qu'elles ont lieu entre des vaisseaux plus petits et dans des parties plus éloignées du centre ; elles ont lieu aussi entre de grosses branches aux extrémités du corps , par exemple, dans la cavité du crâne, à la main et au pied. Dans la plupart des endroits, elles font communiquer des vaisseaux dont l'origine est assez rapprochée; dans quelques-uns elles en font communiquer dont l'origine est assez distante , ou même très-éloignée, comme de la région sous-clavière à la région inguinale par exemple. Les anastomoses des vaisseaux sanguins sont plus nombreuses et plus grandes autour des articulations que dans les intervalles ; celles des veines et des vaisseaux lymphatiques sont encore très-fréquentes entre les troncs principaux; celles des veines en particulier sont très-multipliées sous la peau.

On se fera une idée du nombre et de l'importance des anastomoses quand on saura que l'aorte 1 peut ' Scarpa, sur l'Anévrysme , traduit par Delpech, Paris,

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être rétrécie, oblitérée, liée même, sans que la circulation ou l'injection cesse de faire parvenir des liquides dans toutes les parties du corps ; que les plus grosses veines 1 , les veines caves elles-mêmes , étant oblitérées , le sang circule néanmoins ; et que le canal thoracique 2 a pu être impunément oblitéré ou lié.

Les anastomoses ont pour but de favoriser et de régulariser la circulation des humeurs.

§ 357. Les gros vaisseaux suivent une direction passablement droite, en général parallèle à l'axe du corps; c'est pour cela qu'on pratique de préférence les incisions en long pour éviter de les léier.

Cependant, en beaucoup d'endroits, les vaisseaux ont une direction flexueuse. La flexuosité consiste en un trajet alternativement ondulé au-dessus et au-dessous d'une ligne droite; elle augmente par l'état de réplétion ou d'injection des vaisseaux du cadavre, et, dans les artères, pendant la systole du cœur; elle diminue dans les circonstances opposées ; elle diminue surtout beaucoup par la dissection exacte des vaisseaux. Les flexuosités sont très-marquées dans les vaisseaux des parties sujettes à de grands changemens de volume, de figure, de situation; comme la bouche,

1809. — A. Cooper et B. Travers, Surgical essays , part. 1 , Loncl. 18 18.

' J. Hodgson, Maladies des artères et des veines, traduit par M. Breschet, Paris, 1809.

» Flandrin, Journal de médecine , tom. LXXXVII, Paris , 1191- — A. Cooper, in Médical records an rescarchcs, etc. Lond. i8i3.

^a2 ANATOMIE GÉNÉRALE.

l'estomac, l'intestin, la vessie, l'utérus, la langue et le testicule avant sa sortie, etc., et de celles qui sont sujettes à de grands mouvemens, comme les environs des articulations : ici cependant il y a moins de flexuosités, mais les vaisseaux sont très-élastiques.

Les vaisseaux de la rate, ceux du cerveau , les veines spermatiques, sont aussi très-flexueux , sans que cela paraisse destiné au même usage.

Les flexuosités des vaisseaux sanguins sont plus marquées que celles des vaisseaux lymphatiques, et celles des artères plus grandes que celles des veines.

§ 358. La disposition symétrique des vaisseaux est très-imparfaite. Elle n'existe point dans leurs parties centrales; ils sont à peu près symétriques dans leurs divisions qui appartiennent à des parties symétriques; et asymétriques dans celles qui appartiennent à des parties sans symétrie. Les artères , les veines et les vaisseaux lymphatiques présentent également cette disposition. Dans certains animaux et dans l'embryon, le système vasculaire et plus symétrique que dans l'homme adulte. Du reste, outre le défaut général de symétrie, le système vasculaire est encore sujet à beaucoup d'irrégularités dans sa distribution.

§ 35g. Les parois des vaisseaux tiennent par la surface externe, qui est floculente, à la masse du corps dans laquelle ils sont ramifiés; leur surface interne est lisse, polie, luisante, humide, et en contact avec les humeurs circulatoires ; elle présente des éperons saillans là où les branches forment des angles aigus avec les troncs. Les parois ont une épaisseur qui, relativement au volume du vaisseau, va en augmentant des troncs

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-vers les ramifications. La cavité présente exactement „ comme cela vient detre dit, § 354, des vaisseaux euxmêmes, la forme cylindrique dans chaque division ; la forme d'un cône décroissant en allant du tronc vers une des dernières divisions; et celle d'un cône croissant du tronc vers l'ensemble des rameaux.

§ 36o. La texture des vaisseaux résulte, plus ou moins distinctement, de plusieurs couches superposées.

La membrane intérieure est mince, blanchâtre, plus ou moins diaphane, uniforme, sans fibres apparentes , partout continue, mais différente dans les artères et dans les veines. Elle ressemble beaucoup aux membranes séreuses. Elle est humectée d'un liquide dont on ne connaît pas bien la source. Elle forme un plus ou moins grand nombre, suivant les espèces de vaisseaux, de valvules ou replis disposés de manière à permettre le passage des humeurs dans le sens suivant lequel se fait la circulation, et à l'empêcher dans le sens opposé.

La membrane1 externe, qu'il ne faut pas confondre avec la gaîne cellulaire qui entoure lâchement les vaisseaux, est plus épaisse que l'interne, fibro -cellulaire et généralement formée de filamens- obliques à la direction du vaisseau et entre-croisés entre eux.

Entre ces deux membranes on en trouve line autre fibreuse, distincte dans toutes les artères que l'on peut soumettre à la dissection, ainsi que dans les grosses veines.

§ 36 1. La membrane externe du système vasculaire, et surtout la membrane moyenne des vaisseaux qui en sont pourvus, sont formées d'une fibre particulière.

Cette fibre a été nommée fibre élastique, tissu

3a4 ANA.TOMIB GÉNÉRALE.

fibreux élastique, etc., quoique la plupart des organes soient élastiques et fibreux, mais parce qu'elle jouit de l'élasticité au plus haut degré : elle avait déjà été aperçue par Nicholls, par J. Hunter et par M. Ev. Home 1 ; quelques anatomistes et chimistes modernes s'en sont occupés a.

Elle forme non-seulement les parois des vaisseaux, mais celles des canaux aériens; elle double aussi certains conduits excréteurs ; elle forme l'enveloppe du corps caverneux et celle de la rate, les ligamens jaunes des vertèbres; elle forme de plus, dans divers animaux, le ligament cervical postérieur, une tunique abdominale aux grands mammifères, un ligament qui relève les ongles des chats, celui qui ouvre les coquilles bivalves ; et, dans la plupart des animaux mammifères, elle remplace les muscles des osselets du tympan. Mais c'est surtout dans la membrane moyenne des artères, dans les ligamens jaunes, et dans celui de la nuque, que ses caractères sont le plus tranchés. Elle existe sous deux formes principales : celle de canal , comme dans les parois des artères; et celle de faisceau, comme dans les ligamens jaunes.

Cette fibre est opaque, d'un blanc jaunâtre et mat, sèche, ferme, disposée en faisceaux toujours parallèles ou très-peu obliques, jamais entrecroisés, ni réunis par du tissu cellulaire, et très-faciles à séparer. Elle est éminemment élastique : distendue elle s'allonge sensiblement, et, dans quelques parties, elle acquiert le double

1 Croonian Lecture on muscular motion, in philos, trans. ann. 1795.

1 H. Hauff, de Systemate telœ elasticœ , etc. Tubingse, 182». — Chevrcul , note inédite.

DBS VAISSEAUX. 3a5

de sa longueur; abandonnée ensuite elle revient subitement et avec force sur elle-même. Sa ténacité dans le corps vivant est moindre que celle du tissu musculaire, et lui est de beaucoup supérieure dans le cadavre. Dans les deux états, elle est beaucoup moindre que celle du tissu ligamentaire, qui, de son côté, est presque inextensible. Elle est plus tenace dans les faisceaux, et plus fragile, au contraire, dans les vaisseaux.

Le tissu élastique contient à peu près la moitié de son poids d'eau; ; quand il l'a perdue par la dessiccation, il acquiert une apparence cornée , une couleur jaune foncée, et devient cassant et diaphane, comme de la corne. Plongé en cet état dans l'eau, il l'absorbe avidement et reprend son poids, son aspect et son élasticité première. Il résiste beaucoup à la macération , et le tissu cellulaire ne devient point alors apparent dans son intérieur. L'action du feu le crispe peu, et il laisse peu de charbon. La décoction le crispe à peine, et lui enlève un peu de gélatine, mais ne le fond jamais, et ne détruit pas son élasticité. Les acides le racornissent peu , et ne le rendent point transparent ; il résiste longtemps à leur action, ou n'en éprouve aucun effet. Les solutions alcalines étendues n'altèrent point sa forme et le dissolvent peu.

La plupart de ces caractères anatomiques, physiques ou chimiques sont tout-à-fait opposés" à ceux du tissu ligamentaire, et différens de ceux de la fibre musculaire, avec lesquels on a mal à propos confondu le tissu élastique. Il ressemble cependant, à quelques égards, à la fibre musculaire, et paraît intermédiaire à cette fibre et aux tissus cellulaires et fibreux.

Ses propriétés vitales sont très-obscures, surtout dan» les ligamens, et même dans les gros vaisseaux.

Ses fonctions dépendent de son élasticité, qui partout est en antagonisme avec l'action de la pesanteur ou avec l'action musculaire.

§ 362. Les parois des vaisseaux sont elles-mêmes pourvues de vaisseaux sanguins et lymphatiques, vasa vasorum. Les premiers, très-apparens , peuvent être aperçus sur tous les vaisseaux qui n'ont pas moins d'une demi-ligne de diamètre; mais ils ne peuvent être suivis jusque dans l'épaisseur delà membrane interne. Les vaiuseaux lymphatiques ne peuvent être aperçus que sur les gros vaisseaux. Le système vasculaire est aussi pourvu de nerfs 1 fournis par la moelle et par le grand sympathique, et qui se distribuent dans la partie externe de l'épaisseur de leurs parois.

§ 363. Les vaisseaux dont les troncs, les branches et les rameaux principaux sont logés dans le tissu cellulaire commun, après s'être divisés, pénètrent dans l'épaisseur des organes, s'y ramifient encore jusqu'au point d'acquérir un degré de ténuité qui les dérobe à la vue, et s'y terminent comme cela sera examiné tout à l'heure : mais la distribution des vaisseaux dans les organes varie sous plusieurs rapports qu'il faut successivement exposer.

§ 36'4- Leur origine est plus ou moins éloignée de leur terminaison , le trajet qu'ils parcourent est plus ou moins long, par conséquent. En général, les vaisseaux se

1 Wrisberg , de Nervis arteiias vercasque comitanlibus; in sylloge cornm. Golling. 1800.

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séparent de leurs troncs à peu de distance des organes auxquels ils sont destinés. Lorsque le contraire a lieu, cela tient à quelque disposition locale : c'est ainsi que les vaisseaux spermatiques ont leur origine très-éloignéedes organes où ils se terminent, parce que primitivement les testicules et les ovaires*1*taient situés près des reins.

§ 365. Le nombre, le volume, et par conséquent la somme des vaisseaux, ainsi que la quantité de liquide qu'ils charrient, varient également dans les divers organes. La plupart des organes reçoivent plusieurs vaisseaux de chaque espèce : tels sont les muscles , les os, l'encéphale, l'estomac, l'intestin, l'utérus, etc.; quelques-uns ne reçoivent qu'un seul tronc artériel et un seul veineux: tels sont la rate, les reins, etc. Presque toujours les vaisseaux se divisent beaucoup à la surface des organes avantde pénétrer dans leurintérieur, comme on le voit pour le cerveau, les os, les muscles, etc.; quelquefois ils pénètrent par un seul point dans 3'organe, et se divisent dans son épaisseur, comme dans la rate, le testicule, etc.

La somme des vaisseaux, résultant de leur nombre et de leur volume, ainsi que la quantité de liquide qu'ils charrient, varient beaucoup. Les parties les plus vasculaires sont les poumons, ensuite les membranes tégumentaires, ainsi que la pie-mère et la choroïde; puis les glandes, les follicules, les ganglions vasculaires, la substance corticale du cerveau, les glanglions nerveux; puis les muscles, le périoste, le tissu adipeux, la substance nerveuse médullaire, les os et les membranes séreuses; puis les tendons, les ligamens; enfin les carti-

3a8 ANATOMIE GÉNÉRALE.

lages et l'arachnoïde le sont extrêmement peu ou point; etl'épiderme, les ongles, les poils , l'ivoire et l'émail des dents paraissent être tout-à-fait dépourvus de vaisseaux r.

§ 366. Parvenus dans le tissu même des organes , et arrivés à un degré de ténuité plus ou moins grand, les vaisseaux forment, par leurs divisions et subdivisions, par leur direction et parleurs réunions anastomotiques, des réseaux très-déliés, et dont la forme très-variée est toujours la même dans les mêmes parties. Ce sont des arborisations dans l'intestin et dans l'épididyme, des étoiles sur le foie, des houppes à la langue, des vrilles ou boucles dans le placenta : c'est la forme de goupillon dans la rate, celle d'un faisceau de sarment dans les muscles , celle de cheveux bouclés dans le testicule et dans le plexus choroïde, celle d'anses dans l'iris, de franges dans la pie-mère } de treillages dans la pituitaire , d'aigrette ou de panache dans la capsule du cristallin , etc. Ces dispositions sont si constantes et si régulières, qu'en examinant au microscope une parcelle d'un organe bien injecté, on reconnaît aisément à quelle partie elle appartient 2.

§ 367. Les vaisseaux sont plus ou moins diaphanes , suivant leur ténuité ou leur épaisseur; ils sont blanchâtres. Quelle que soit la densité de leurs parois, surtout à la surface interne, elles sont perméables dans le ca-

* Voyez Sœmmerring, de Corp. huinan./abricâ, t. IV, Angiologia. 1800. — G. Prochaska, Disquisitio anat.-physioL organisrni corp. hum. etc. Viennœ , i8iz. cap. ix. De uasis, sanguincis capillaribus, etc.

* Voyez Sœmmerring, Loc. cit. — Prochaska, Loc. cit.

DES VAISSEAUX. 3aO,

davre et même dans le vivant, soit du dehors au dedans, soit du dedans au dehors. Ils ont une force de ténacité ou de cohésion1 assez grande, mais qui n'est point la même dans les trois espèces , dans toutes leurs parties, ni dans les diverses couches dont ils sont composés. Il en est de même de leur élasticité 2, qui est en général assez grande, et qui existe, soit dans le sens de la longueur, soit dans le sens de la circonférence des vaisseaux. Ils sont manifestement irritables, et leur contractilité vitale 3 est en général en raison inverse de leur élasticité. Ils ne sont point distinctement sensibles. Leur force de formation est très-active.

§ 368. Les vaisseaux sont les canaux par lesquels les humeurs circulatoires parcourent et arrosent sans cesse toute la masse du corps ; ils sont, avec le cœur, les organes ou agens de ce mouvement, tant par leur élasticité que par leur contractilité organique ou vitale.

§ 369. La formation et le développement du système vasculaire ont été surtout observés dans le poulet renfermé dans l'œuf, moins dans le fœtus des mammifères, et peu dans l'espèce humaine.

Les veines, celles de la vésicule ombilicale en particulier, se forment avant le cœur et les artères. Il est incertain si, dans les vaisseaux allantoïdiens ou ombi-

1 Cl. Wintringham, Expérimental inquiry on some parts qflhe animal s truclur; London , 1740.

3 D. Hoffman, Dis*, inaug.med. de elasticitatis effectibus m machina hurnanâ; 1734

3 G. Werschuir, Dûs. med. inaug. de arler. et venar. vi trruabili; Groning. i766.-C. Hastings, Disp. physiol. inaug. de vi contractai vasorum , etc. Edinb. 18-20.

33û ANATOMIE GÉNÉRALE.

licaux , les veines se forment aussi avant les artères. Il est très-probable que dans le corps même du fœtus les artères se forment avant les veines.

Les vaisseaux se montrent dans l'épaisseur de la membrane ombilicale, sous la iorniedepetit.es vésicules arrondies et séparées les unes des autres ; ces vésicules augmentent en nombre, se réunissent entre eiles, ce qui donne naissance à un réseau vasculaire très-délié. Ces premiers linéamens sont d'abord dépourvus de parois propres, et consistent en de simples trajets creusés dans la substance de la membrane. Cette substance s'amasse ensuite de plus en plus vers leur circonférence , ce qui leur forme des parois. La texture et la composition de ces parois ne se développent qu'à la longue.

Quant à la simplicité primitive du cercle circulatoire dans le foetus , à sa complication successive, à la formation du cœur, à celle des vaisseaux pulmonaires, etc., cela appartient beaucoup plus à l'anatomie spéciale , et particulièrement à l'embryologie qu'à l'anatomie générale.

Le nombre des vaisseaux en général et leur diamètre, et par conséquent leur somme totale, sont, relativement à la masse du corps , d'autant plus considérables que le sujet est plus rapproché du moment de la formation. Les vaisseaux en général , les vaisseaux sanguins surtout, et particulièrement les artères, augmentent beaucoup de densité dans la vieillesse.

S 370. Le système circulatoire présente peu de dd-

1 Pli. Béclard, Embryologie ou Essai anat. sur le fœlus humain, in-4° ; Paris. 1821.

DÈS VAISSEAUX. 33l

férences relatives aux sexes ; cependant les vaisseaux sont un peu pins épais et plus forts dans le sexe masculin. Il n'y a point de différences appréciables dans les

papes. ; : . triai

Les variétés individuelles, au contraire, sont trèsfréquentes et très-nombreuses dans ce système ; elles consistent surtout en des différences d'origine, de volume, de nombre et de situation précise ; elles existent à peu près également dans les trois espèces de vaisseaux.

§371. 11 se forme accidentellement des vaisseaux , ordinairement très-fins, dans plusieurs circonstances.

Les adhérences, d'abord simplement glutineuses , deviennent ensuite vasculaircs. Il en est de même des tégumens accidentels ou des cicatrices. Toutes les productions accidentelles analogues aux tissus organiques sont dans le même cas. Les productions morbides, ou sans analogues dans l'organisme , sont , au contraire, la plupart dépourvues de vaisseaux. Ceux-ci se forment, dans "les cas dont il s'agit, comme dans l'embryon. La masse dans laquelle ils se forment, d'abord sans vaisseaux , consistant le plus souvent en un liquide coagulé, présente primitivement des vésicules isolées, qui , par leur réunion , forment des trajets ou des canaux creusés dans lasub.stance, ou sans parois distinctes et propres; ces vaisseaux communiquent ensuite avec ceux des organes environnans; ils restent quelquefois plus ou moins long-temps, ou même toujours différens des vaisseaux naturels ou primitifs , soit parleur mode de division. soj.t surtout par l'absence ou la ténuité et: la mollesse de leurs parois; dans beaucoup de cas,

332 ANATOMIE GENERALE. f '"'

au contraire, les vaisseaux nouveaux acquièrent avec le temps une texture tout-à-fait semblable à celle des autres vaisseaux!.

§3y2. Parmi les altérations auxquelles les vaisseaux sont sujets, les unes sont communes aux trois espèces : telles sont la dilatation ou l'angiectatie et les blessures; les autres sont particulières à chacune d'elles. Les premières présentent même des différences assez, grandes dans chaque espèce , pour qu'il soit préférable de les indiquer à part.

ARTICLE II

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