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transp.; Rorrue, i,54. ■ A & Weber ,
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coup de travaux de la part de Haller, de plusieurs physiologistes antérieurs à lui, et d'un grand nombre de ses contemporains et de ses successeurs.
L étude de l'action musculaire comprend celle, i° des phénomènes de cette action; i° de ses conditions, 3° de son principe ou de sa cause, et 4° de ses effets.
§ 669. Les phénomènes de l'action musculaire les mieux constatés sont les suivans : le muscle en action se raccourcit, se tuméfie, durcit; on est incertain si son volume change; sa couleur ne varie pas ; il présente des rides ou des plis à sa surface ; ses fibres et ses fascicules sont souvent dans un état de tremblement ou d'ossillation qui dépend de leur resserrement et de leur relâchement alternatifs; il acquiert une force très-grande, et une élasticité manifeste : ce sont là les phénomènes de la contraction ; le plus remarquable de ces faits est en effet le raccourcissement. Lorsque l'action cesse, tous ces phénomènes disparaissent, et le muscle est alors dans le relâchement.
Les muscles sont-ils aussi susceptibles d'une élon-
philos. Trans., ann. i738, 1745, 1747, i?5t, 1788, i795, i8o5, 1810, 1818, etc. — J. Chr. A. Clarus, der Krarnpf; Lips., 1822. — Lucse, Grundlinien einer physiol. der Irritabililàt des menschlichen organismus , in Meckel's Archiv. , III. — G. Blane, On muscular motion ; London, 1788, et in select. Dissert., etc.; Lond., 1822. — Barzelotd, Esame di alcune moderne Théorie alla causa prossima délia contrazionc muscolare ; Sienna, 1796, et in Reil's Archiv., B. VI. — H. Mayo , Ànat. and physiol. commenta ries , n" 1 ; Lond. , 1822.
J6'4 A.NATOMIE GÉNÉRALE.
gation active? Divers faits ont été cités en faveur de cette opinion. Parmi eux, les uns 1 ne prouvent rien du tout en sa faveur, les autres, rapportées par Bichat , M. Autenrieth , M. Sprengel et M. Meckel , laissent encore la question au moins indécise.
On a admis aussi, dans les muscles, une force de situation fixe 2 , ou une action dans laquelle ils ne sont ni contractés ni allongés. On peut dire de ce phénomène la même chose que du précédent.
§ 670. La contraction ou le raccourcissement étant le fait le mieux constaté dans l'action musculaire , il faut l'examiner en détail, ainsi que ses phénomènes concomittans.
Le muscle augmentant d'épaisseur en même temps qu'il se raccourcit, la simultanéité de ces deux phénomènes a donné lieu à une question qui a beaucoup occupé les physiologistes , et qui n'est pas encore toutà-fait résolue , c'est de savoir si le volume des muscles change lors de leur contraction.
Les expériences de Swammerdam , de Glisson , de Goddart et de M. Erman, sur la diminution de volume des muscles pendant la contraction , ne prouvent pas sans réplique que cette diminution ait lieu. Il en est de même des expériences et des raisonnemens d'Hamberger, deProchaska et de M. Carlisle, en faveur de l'augmentation : ils laissent également la question indécise. Il est très-probable que, suivant les
» V. Barthez , Nouv. Élém. de la science de l'homme , tome I.
2 Barthez , ibid.
observations et les expériences de M. G. Blane, de M. Barzelotti, de M. Mayo , et de MM. Prévost et Dumas, et suivant l'opinion de M. Sœmmering, de M. Sprengel et de M. Meckel , il n'y a aucun changement de volume; le raccourcissement et le gonflement du muscle se compensant mutuellement.
§ 671. Le raccourcissement se manifeste par divers effets , le gonflement est évident, à la plus simple observation , l'endurcissement est sensible au toucher.
§ 672. La couleur des muscles ne change pas pendant la contraction. On a cru apercevoir le contraire, en examinant le cœur en action sur de jeunes animaux : c'est uniquement à sa transparence qu'est dû le changement apparent de couleur.
§ 6y3. Un grand nombre de physiologistes ont attribué l'action musculaire à l'accumulation du sang dans les muscles, soit clans l'intérieur même, soit dans les intervalles des fibres; d'autres k des causes analogues , qui toutes supposent une activité augmentée de la circulation pendant l'action musculaire. Haller a déjà fait diverses objections à ces hypothèses. Il n'y a aucune preuve directe de l'afflux du sang dans les muscles pendant leur action. Il résulte d'ailleurs, des expériences de Barzellotti , que la contraction des muscles de la grenouille, excitée par le galvanisme, peut avoir lieu après la mort, i° lors que le sang ne circule plus dans les vaisseaux ; 2° lors même que le sang est congelé ; et , 3° lors qu'enfin les vaisseaux sont privés de sang. Il s'agit, à la vérité, de contractions cadavériques , excitées par le galvanisme; mais d'autres faits prouvent encore que la présence du sang dans
300 ANATOM1E GÉNÉRALE.
les vaisseaux des muscles n'est pas nécessaire à leur contraction. On sait cependant que, quand il y a du sang fluide dans un muscle , la contraction , même après la mort, y met le sang en mouvement, comme par une sorte d'expression.
§ 674. Les fibres qui étaient droites pendant l'état de relâchement , se fléchissent pendant la contraction , en formant des sinuosités très-régulières. Ces sinuosités ou ces plis, aperçus déjà par beaucoup d'observateurs, ont surtout été examinés avec soin par MM. Prévost et Dumas , qui ont reconnu que ces zig-zags se produisent toujours de la même manière, et que les sommets des angles , qui sont les points de la fibre qui se rapprochent hors de la contraction, sont aussi ceux où se terminent les dernières ramifications transverses des nerfs.
§ 670. Pendant la contraction des muscles il se passe dans leur épaisseur une agitation fibrillaire 1 continuelle ; les unes , parmi les fibres , se contractent , tandis que d'autres se relâchent. C'est à cette cause qu'il faut rapporter le bruissement que l'on entend quand on applique le doigt sur l'orifice du conduit auriculaire , ainsi que celui que l'on aperçoit par le stéthoscope appliqué sur un muscle en action. Ce phénomène est surtout, et peut-être uniquement, sensible dans un muscle en action soutenue. Il n'a été observé aussi , soit par la vue , soit par l'ouïe , que dans les muscles extérieurs , et dans le cœur.
1 Roger, De perpetuâfibr. musc. palpitatione ; Gott. , 1760. — Wollaston , Croonian lecture , in philos. Trans.; ann. 18 10,
DU SYSTÈME MUSCULAIRE. 56j
§ 676. Certains muscles peuvent se contracter partiellement. C'est du moins ce que l'on voit dans des expériences sur les animaux vivans , et dans quelques cas de convulsion des muscles sous-cutanés. Cela est-il propre aux muscles qui ont plusieurs nerfs ?
§677. La vitesse 'et la force delà contraction sont extrêmement grandes ; la vitesse est très-grande dans l'action de courir , dans celle de parler avec promptitude, dans celle de jouer des instrumens à corde, etc. Cette vitesse, dans quelques cas , peut être portée jusqu'à moins d'une tierce. La force des muscles en action est énorme , et suffit quelquefois pour rompre les tendons ou les os, parties du corps si résistantes à la rupture; elle est toujours relative au nombre des fibres musculaires , chacune d'elles ayant sa -force propre, qui est une fraction de la force totale. L'élasticité des muscles contractés est surtout manifeste dans la production de la voix.
§ 678. L'étendue de la contraction est difficile à déterminer; on a essayé de le faire , d'après des idées hypothétiques sur la forme des fibres primitives , et on l'a alors évaluée à un tiers de la longueur de la fibre. L'observation directe montre que le raccourcissement de la fibre contractée , dans les muscles extérieurs , est d'un quart de sa longueur; MM. Prévost et Dumas sont arrivés au même résultat , en mesurant les angles qui se forment pendant la contraction. Quoiqu'il en soit, l'étendue de la contraction est en effet relative à la longueur des fibres musculaires. Lorsque rien ne s'oppose a la contraction d'un muscle , elle peut prq^ duire un très-grand raccourcissement , comme on en,
voit des exemples dans des cas de fractures et de perte de substance des os des membres.
§ 679. Les conditions de l'action musculaire sont la vie du muscle et sa communication avec les centres circulatoire et nerveux, son état d'intégrité, et l'action d'un excitant ou stimulant.
Pour que l'action musculaire ait lieu, il faut que le muscle participe à la circulation : si on lie les artères ou les veines principales d'une partie du corps , l'action musculaire y est considérablement affaiblie. Les muscles, pour agir, doivent aussi communiquer par les nerfs avec le centre nerveux ; l'interruption de cette communication arrête l'action musculaire plus ou moins subitement. Elle arrête toujours, et à l'instant, l'influence du centre nerveux; mais le muscle reste irritable par des causes qui agissent sur lui ou sur le nerf auquel il tient encore.
§ 680. Le muscle doit être dans son état d'intégrité: la contusion des muscles, l'inflammation de leurs gaines cellulaires, l'accumulation de la graisse dans les intervalles des fascicules, etc. , sont autant de circonstances qui s'opposent encore plus ou moins à l'action musculaire. La distension extrême des fibres musculaires suffit pour empêcher leur action ; il n'en est pas toutà-fait de même de leur raccourcissement. Un degré extrême de chaleur ou de froid , l'application immédiate de l'opium sur les muscles, et diverses autres substances , diminuent l'irritabilité musculaire en général , mais cependant peu la susceptibilité galvanique.
§ 681. Il faut enfin , pour que le muscle entre en action, qu'il y soit excité par un stimulant. Lesstimulans
de l'action musculaire sont, i° la volition , ou action de la volonté : elle agit sur les muscles par l'intermède des nerfs , mais elle n'est un stimulant que pour certains muscles seulement, que pour cette raison on appelle muscles volontaires ; 2° l'émotion ou la passion qui agit par le même moyen , mais dont 1 action est étendue à tous les muscles; 3° l'irritation de l'encéphale , du cordon rachidien ou des nerfs , qui , dans le premier cas, agit aussi sur tous les muscles, mais avec plus ou moins d'énergie; 40 la stimulation de quelque partie déterminée , de la peau ou de la membrane muqueuse, plus ou moins éloignée des muscles ; 5° celle de la membrane qui couvre immédiatement les muscles, comme la membrane interne du cœur, la gaîne celluleuse des muscles, la membrane séreuse de l'abdomen , etc. ; 6° enfin , l'irritation directe du muscle lui-même : il reste douteux, dans ce cas, si l'excitant agit directement sur la fibre musculaire , ou par l'intermède des nerfs. Ce qui rend la dernière supposition plus vraisemblable, c'est que l'irritation d'une partie d'un muscle produit la contraction du muscle entier.
§ 682. La cause de l'action musculaire est , comme celle de toutes les actions organiques , à peu près impossible à déterminer : on en connaît les phénomènes et les conditions; au delà ce sont de pures hypothèses. On a attribué cette cause a l'action du nerf, à celle du sang, à l'action réciproque du nerf et du sang dans le muscle ; et , suivant les doctrines dominantes aux diverses époques, ces opinions ont donné lieu à beaucoup d'hypothèses différentes. Au-
cune d'elle ne rend raison de l'augmentation considérable de la force de cohésion du muscle. Il est évident que pendant la contraction il y a un accroissement momentané de l'attraction moléculaire entre les particules delà fibre. Si l'on considère la forme plissée que prend la fibre, et le rapport des filets nerveux avec les plis, on concevra que l'influence nerveuse doit avoir une très-grande part dans le phénomène de la contraction.
§ 683. L'irritabilité est-elle une force inhérente à la substance fibrineuse des muscles , et l'action nerveuse n'agit-elle là que" comme tout autre excitant de la contraction ? Dans cette hypothèse , les nerfs rempliraient, dans les muscles volontaires, l'unique fonction de les irriter; et à l'égard des muscles qui, comme le cœur, ne se contractent point volontairement , l'action nerveuse ne se manifesterait point dans les circonstances ordinaires. Ou bien l'irritabilité a-t-elle sa source unique dans le système nerveux? dans cette autre hypothèse, les nerfs rempliraient, à l'égard des muscles volontaires , le double office de les rendre irritables, et de les faire se contracter; et, à l'égard des muscles involontaires , dont la contraction est déterminée par des stimulans locaux , elle les rendrait seulement aptes à cette contraction. Ou bien, enfin, les muscles ont-ils une force propre ( vis insita) et une force empruntée à l'action nerveuse {-vis nervea)? il est à peu près impossible de résoudre ces questions, et de choisir avec quelque motif raisonnable entre ces hypothèses.
§ 684. Les effets de l'action musculaire dans le
corps vivant, sont de produire ou d'empêcher le mouvement des parties solides et liquides, ou même du corps entier, suivant les cas.
Les modes suivant lesquels les muscles exercent leur action , peuvent être réduits à deux : i° les deux extrémités des fibres en action peuvent rester également fixes, comme dans l'action du diaphragme, des muscles de l'abdomen, du buccinateuç, etc. ; ou être également mobiles, comme dans les sphincters, les fibres annulaires de l'estomac , des intestins , etc. ; 2° une extrémité des fibres en action est plus fixe que l'autre ; de sorte que la plus mobile est entraînée vers l'autre, comme dans la plupart des muscles des membres; comme, surtout, dans les muscles des doigts ou des orteils; ou bien même une extrémité est absolument fixe, et l'autre absolument mobile, comme dans les muscles de l'œil, du voile du palais, de l'oricule, etc.
§ 685. Les actions musculaires qui ont naturellement lieu dans le corps peuvent être divisées en deux classes : les unes sont volontaires , les autres involontaires.
Les actions volontaires sont celles de tous les muscles servant à la station et aux mouvemens du squelette , aux mouvemens du larynx , et à ceux des organes des sensations. Tous ces muscles reçoivent leurs nerfs directement de la moelle.
Les actions involontaires peuvent être sous-divisées en trois ordres : les unes sont produites par des stimulus agissant à travers une membrane mince, qui couvre immédiatement les muscles; ce sont les mouvemens du canal alimentaire, de la vessie urinaire,
ceux du cœur, etc.; d'autres sont produits par des stimulus d'un genre analogue , mais qui se propagent par voie d'association à beaucoup d'autres muscles: tels sont les mouvemens de déglutition , de respiration, de toux, deternument, d'excrétion fécale, demission du sperme et de l'urine, d'accouchement, etc. Les autres sont les mouvemens d émotion ou de passion, comme le rire, les cris, etc.
Parmi les actions ou les mouvemens de cette seconde classe, quelques-uns ont été regardés comme demi -volontaires , ou bien comme constituant une classe intermédiaire de mouvemens mixtes. Il est en effet très-difficile d'établir une démarcation parfaitement tranchée entre les mouvemens volontaires , c'està-dire parfaitement soumis à la volonté , et les mouvemens involontaires ; car, d'une part, il est peu de fonctions sur lesquelles la volonté, mais surtout les passions, n'aient de l'empire , et , d'un autre côté, beaucoup de mouvemens volontaires deviennent, par l'assuétude, presque involontaires : tels sont, par exemple, les mouvemens des membres qui ont lieu sans conscience et sans volonté pendant le sommeil; tels sont ceux des paupières qui ont lieu sans et même malgré la volonté, quand un corps étranger est approché de l'œil ; telle est, d'un autre côté, la difficulté ou l'impossibilité de mouvoir simultanément les membres supérieurs ou inférieurs , les yeux , dans une direction opposée à celle qu'ils suivent ordinairement. L'irritation accidentelle des muscles, des nerfs, ou du (entre nerveux, rend quelquefois tout-à-fait involontaire la contraction des muscles extérieures ; d'autres
affections les rendent immobiles malgré la volonté. Quant à l'influence de la volonté sur les mouvemens regardés comme involontaires, elle est évidente sur ceux de la respiration , du vomissement , de la rumination; il paraîtrait même qu'elle se serait étendue quelquefois jusqu'aux mouvemens du cœur , jusqu'à ceux de l'utérus , à ceux de l'iris , à ceux de la peau ; il est vrai qu'il ne faut pas oublier l'influence des passions sur la volonté elle-même.
Les mouvemens que l'on a regardés comme mixtes sont surtout ceux qui, s'exerçant ordinairement sans conscience et sans volonté , peuvent être modifiés par la volonté : tels sont ceux du diaphragme. On ne donne pas aussi généralement ce nom a ceux qui , habituellement volontaires, s'exercent par assuétude et par association , sans que la volonté les dirige ; comme les mouvemens de balancement des membres supérieurs dans la marche.
Il est à remarquer que l'apoplexie et les autres affections cérébrales paralysent le plus souvent les muscles volontaires seuls.
§ 686. En général , les mouvemens musculaires variés qui ont lieu dans le corps vivant , sont ou associés les uns aux autres pour produire une même action , ou opposés les uns aux autres pour produire des actions contraires : dans le premier cas, les muscles sont dits congénères; dans le second, ils sont antagonistes. L'antagonisme est beaucoup plus évident dans les muscles extérieurs , comme , par exemple , on le voit entre les fléchisseurs et les extenseurs , etc. ; il est moins marqué dans les muscles intérieurs ou
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automatiques ; cependant il ne leur est pas tout-à-fait étranger; il résulte, aux orifices naturels, de l'opposition des muscles automatiques et des muscles arbitraires , comme on le voit entre les muscles excréteurs , qui sont involontaires , et les muscles rétenteurs ou sphincters , qui sont volontaires. Partout l'antagonisme présente ce phénomène remarquable , que la contraction des uns est accompagnée du relâchement des autres muscles. Les muscles congénères ou associés présentent cet autre phénomène important , que leur contraction est simultanée , et que , quand la stimulation est bornée à un seul, les autres entrent néanmoins en action : ainsi, quand le gosier, l'orifice du larynx, l'angle antérieur du trigone vésical , etc., sont stimulés , toutes le,s puissances musculaires du vomissement, de la toux ou de l'urinement, etc., entrent en action , par la loi de l'association des muscles congénères , en même temps et conformément à la loi de l'antagonisme. Dans ce dernier cas , les muscles sphincters et constricteurs du col de la vessie et de l'urèthre se relâchent.
§ 687. Les muscles continuent, quelque temps après la mort, après la cessation de la circulation, à être irritables et contractiles par divers stimulus. Tous les muscles ne conservent pas pendant le même temps l'irritabilité ; ils ne perdent pas non plus tout à coup la susceptibilité à la contraction , mais ils cessent d'abord d'être excitables par tel ou tel stimulus; l'état antérieur de la santé, le genre de mort, les circonstances extérieures avant la mort influent beaucoup sur la durée de l'irritabilité musculaire. Galien , Harvey ,
DU SYSTÈME MUSCULAIRE. 5j5
Haller, savaient que le cœur est en général Vultimum moriens. Haller avait établi un ordre de cessation de l'irritabilité dans les différens muscles, et avait entrevu aussi diverses variétés dans cet ordre. Zinn , Zimmermann, OEder, Froriep, et surtout Nysten, se sont occupés de cette question. Les variétés déjà entrevues par Haller dépendent beaucoup de la nature de l'excitant : ainsi , le cœur reste plus long-temps qu'aucun autre muscle, irritable par les agens mécaniques, et les muscles du squelette, au contraire, par l'irritation galvanique. L'irritation galvanique agit plus efficacemeut. en ne comprenant pas les muscles extérieurs , qu'en les comprenant avec le nerf dans le courant. Le contraire a lieu pour les muscles intérieurs.
L'ordre établi par Nysten , pour l'extinction successive de l'irritabilité dans les cadavres d'individus décapités, est le suivant : i° le ventricule aortique du cœur; 2° le gros intestin, l'intestin grêle et l'estomac ; 3° la vessie urinaire ; 4° le ventricule pulmonaire ; 5° l'œsophage; 6° l'iris; y° les muscles extérieurs; 8° l'oreillette droite, et enfin la gauche.
Des muscles, ou des portions de muscles, séparés du corps vivant, conservent pendant quelque temps 1 irritabilité. Ils présentent sous ce rapport des variétés analogues à celles qui viennent d'être indiquées. La contraction dans ces deux circonstances a évidemment lieu sans afflux du sans.
§ 688. Quand l'irritabilité est près d'être éteinte ou épuisée dans les muscles , l'irritation ne détermine plus de contraction générale ou étendue des muscles
entiers , de leurs faisceaux ou de leurs fascicules , mais elle reste bornée aux points irrités, qui se tuméfient par la flexuosité dont ils deviennent le siège. Ce dernier genre d'irritabilité, qui survit à l'action nerveuse , me semble tout-à-fait du même genre que celui qu'on observe dans la fibrine du sang; c'est là véritablement la vis insita de la fibre musculaire.
§ 689. Le genre de la mort, l'état antérieur et les circonstances environnantes , influent sur l'irritabilité cadavérique. L'état de paralysie, d'hémiplégie, n'empêche pas les muscles d'être irritables , dans le cadavre , par le galvanisme. Les maladies influent sur l'irritabilité cadavérique, bien plus par leur marche et leur durée, que par leur nature; les maladies chroniques altèrent beaucoup plus cette propriété que les maladies aiguës , et parmi les chroniques , ce sont celles dans lesquelles la nutrition est le plus lésée , qui portent la plus forte atteinte à l'action musculaire. Les sujets les plus musclés ne sont pas ceux chez qui l'irritabilité musculaire persiste le plus après la mort. Cette durée varie depuis une heure jusqu'à vingt-quatre heures environ. ,
§ 690. Enfin , après que toute irritabilité générale ou locale a cessé dans le corps privé de vie , la raideur cadavérique se manifeste ( § 124). C'est un phénomène constant, quoi qu'en aient dit Haller et Bichat, mais variable dans son intensité et dans sa durée. Cette contraction, ou raideur, qui a son siège dans le système musculaire , est indépendante du système nerveux, elle n'a lieu que quand ce système ne jouit plus d'aucune excitabilité galvanique. La section des
nerfs , l'état d'hémiplégie , l'ablation du centre nerveux, n'empêchent pas qu'elle se manifeste. C'est le dernier effort de la contractante musculaire. Dans les animaux à sang froid, où l'excitabilité nerveuse persiste long-temps, la raideur cadavérique se manifeste tard , et dure peu ; elle se manifeste peu après la mort, au contraire, et dure long-temps dans les animaux à sang chaud, où l'excitabilité nerveuse est peu persistante. La raideur cadavérique semble analogue à la contraction du coagulum fibrineux du sang, et ne cesse, comme celle-ci , que quand la putréfaction commence. On peut la regarder, jointe au refroidissement qui l'accompagne toujours , comme un signe certain de la mort. Si on plonge et si l'on conserve dans l'alcohol , un muscle dans l'état de raideur, cet état y persiste indéfiniment.
§ 692. On a encore attribué d'autres propriétés motrices aux muscles. Galien leur reconnaissait une force tonique indépendante delà vie; on leur accorde aussi l'élasticité; Haller leur accordait la force contractile en général , et la force morte; Sympson et Whytt leur attribuaient la tonicité ou la force tonique; Bichat, outre la contractilité volontaire, et l'irritabilité ou «•ontractilité involontaire, leur accordait aussi la contractilité organique insensible, c est-à-dire la tonicité.
Les muscles sont extensibles; ils sont rétractiles aussi, et1 cela, indépendamment de leur contraction par irritation. Dans l'état de sommeil et de repos les muscles donnent, en général, aux parties du corps des attitudes moyennes, dépendantes de leur longueur proportionnelle, et par conséquent' de leur tension , de
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leur force, et de la manière plus ou moins efficace dont cette force est appliquée. La même chose a lieu dans la paralysie déterminée artificiellement, en coupant tous les nerfs d'un membre. Dans les paralysies par affection cérébrale , et dans les rétractures des membres , x l'attitude est quelquefois différente ; la flexion est quelquefois portée très-loin. Mais il reste ici un doute, c'est de savoir si la cause de la paralysie a porté également sur tous les nerfs de la partie; si même cette cause n'en est pas une de contraction tonique de quelques muscles. Dans le cadavre, les muscles restent contractiles, et donnent une attitude déterminée à toutes les parties du corps , jusqu'à ce que la raideur cadavérique soit dissipée.
§ 695. Les muscles sont sensibles, mais à un degré médiocre. Ils ne donnent même guère , dans l'état de santé, que le sentiment de la fatigue durant et après leur action, quand elle a été prolongée. Quand l'action a été très-longue ou violente , elle donne lieu à une sensibilité douloureuse. Il en est de même dans le cas d'inflammation de leur tissu ou de leurs gaines celluleuses. Cabanis et le docteur Yelloly ont rapporté des cas de maladie dans lesquels les muscles étaient insensibles.
§ 694. Les circonstances qui montrent un changement continuel de particules dans la nutrition musculaire ne sont pas très-évidentes ; le fait est cependant probable : il semble que ce soit la partie globuleuse du sang qui en fournisse les matériaux. On connaît les effets de l'exercice sur la nutrition , l'augmentation et la coloration des muscles, et l'elfet op-
DU SYSTEME MUSCULAIRE. 5jg
posé d'un repos trop prolongé. La paralysie produit xin effet plus marqué encore sur leur diminution. La quantité et l'espèce de nourriture ont une grande influence sur le volume et la force des muscles. Certaines maladies consomptives , comme la phthisie , ont une influence marquée sur l'atrophie musculaire. On ignore si dans ce cas il y a diminution seulement du volume, ou disparition des fibres.
§ 695. Dans l'embryon , le tissu musculaire n'est pas distinct du tissu cellulaire, il se confond avec lui en une masse gélatineuse commune. A une époque peu éloignée du moment de la conception , l'action du cœur annonce déjà un degré de développement assez avancé dans le tissu musculaire de cet organe. Vers deux mois de la conception , les muscles du squelette ont des fibres distinctes ; ils commencent à exécuter vers quatre mois quelques contractions. Suivant Bichat, les muscles du fœtus auraient une irritabilité, ou du moins une susceptibilité galvanique moindre que celle des individus qui ont respiré. Des expériences faites par M. Meckel , sur quelques animaux , ont eu des résultats contradictoires à ceux de Bichat.
Pendant l'enfance, les muscles restent peu volumineux relativement aux nerfs et au tissu adipeux. A cet âge aussi , la chair musculaire , moins rouge , est plus gélatineuse et moins fibrineuse que dans l'âge adulte; les mouvemens sont faciles, prompts et faibles.
Les muscles, qui sont d'un rouge vermeil dans l'âge adulte, deviennent pâles, fauves et livides dans la vieillesse ; les contractions, à cette époque, deviennent, difficiles, faibles et lentes.
L irritabilité et les actions musculaires de la femme , comparées à celles de l'homme , présentent à péu près les mêmes différences que celles de l'adolescent , comparées à celles de l'adulte : une plus grande irritabilité ou susceptibilité au mouvement , et une action moins forte et moins soutenue.
Il existe entre les i\aces humaines des différences dans la force musculaire , qui , d'après les observations faites par Péron avec le dynamomètre , sont à l'avantage des européens, dont la santé et la force résultent d'une nourriture abondante et saine , et d'occupations habituelles ; tandis que les habitans de Timor, de la Nouvelle -Hollande et de la Terre de Van-Diémen , exposés à tous les genres de privations, ont moins de puissance musculaire.
§ 696. Quand des muscles sont mis à découvert 1 par une plaie de la peau, des aponévroses et des gaines celluleuses , et qu'on réapplique ensuite exactement ces parties, il se fait dans la solution de continuité, une effusion de liquide organisable , d'abord peu adhérent au muscle , et qui finit par rétablir une réunion organique. La même chose arrive quand des muscles, divisés en travers , dans l'amputation par exemple , sont recouverts par des lambeaux de peau, seulement la matière de l'agglutination tient dès le commencement très-étroitement à l'extrémité tronquée des muscles. Quand des muscles sont divisés en travers, et non couverts par des lambeaux de peau , il se forme
1 B. Fr. Schnell, Prces. Autenrielh, de Naturri reuitiûtti» musculorum vulneratorum ; Tubins;œ , 1804.
DU SYSTÈME MUSCULAIRE. OOl
assez promptement sur leur extrémité des granulations suppurantes , et plus tard une cicatrice ; ces phénomènes , et surtout le dernier, sont plus lents quand les muscles sont seulement dénudés latéralement. Dans tous ces cas, quelle que soit l'époque a laquelle on examine la plaie affectée d'inflammation , soit adhésive , soit suppurative, les gaines celluleuses des muscles et de leurs faisceaux sont seules altérées; on n'aperçoit absolument aucun changement dans les fibres musculaires elles-mêmes. Il n'est pas inutile de noter cependant que ces fibres sont privées, dans ce cas , de la plus grande partie de leur irritabilité.
§ 697. Lorsqu'un muscle est divisé en travers , il s'établit entre les bords de sa division un écartement assez considérable , et toujours plus grand que celui de la plaie de la peau. Lorsque les bords de la plaie extérieure ont été rapprochés , et se sont réunis , les bouts du muscle, au contraire, présentent un écartement rempli d'abord par un liquide organisable , qui devient ensuite vasculaire , mou, qui se contracte un peu , et diminue légèrement l'écartement qui existait entre les bouts du muscle, et devient enfin plus ou moins ferme et résistant. Cette subslance intermédiaire , lorsque son organisation est achevée , a quelquefois l'apparence du tissu cellulaire, le plus souvent celle du tissu ligamenteux, et quelquefois celle d'un tissu coriace subcartilagineux, mais jamais celle du tissu musculaire. A quelque péiùode de la formation qu'on l'examine, on trouve toujours que les fibres et les fascicules musculaires y sont étrangères, et qu'elle n'est que la réunion du tissu cellulaire qui leur forme
des gaines. Un muscle qui a une réunion de ce genre offre donc une espèce d'intersection aponévrotique ou tendineuse ; c'est une sorte de muscle digastrique y dont les deux ventres sont vivans et irritables , tandis que la substance intermédiaire remplit seulement les fonctions d'un tendon qui résiste ou cède plus ou moins à la distension. Cette substance intermédiaire n'est irritable, ni par les stimulans mécaniques, ni par le galvanisme. Cependant, quand l'irritabilité est encore bien manifeste , et que l'action galvanique est forte , l'irritation appliquée à une des parties du muscle réuni , se propage par la cicatrice , qui toutefois ne se contracte pas , à l'autre partie du muscle. On ignore si dans le vivant , et par l'action de la volonté, les deux parties d'un muscle divisé en travers et réuni par une cicatrice, se contractent l'une et l'autre. Il est évident que plus les bouts du muscle divisé seront restés écartés pendant que la réunion médiate s'est opérée, que plus aussi le moyen de réunion sera long et extensible , et plus les mouvemens des muscles auront perdu de leur étendue et de leur force. Dans les cas les plus heureux mêmes, les mouvemens seront d'abord impossibles , puis faibles et mal assurés , jusqu'à ce que le moyen d'union ait acquis toute sa fermeté.
Tout ce qui vient d'être dit de la réunion des muscles coupés en travers , s'applique à leur rupture par un effort.
Quand une plaie transversale des muscles et de la peau est restée écartée et béante , il se fait dans toute son étendue une couche de granulations suppurantes ,
et plus tard une cicatrice plus ou moins large , sous laquelle les deux bouts du muscle restent écartés.
Dans ce dernier cas , ainsi que dans le précédent , on a quelquefois mis à découvert et réséqué la substance intermédiaire trop longue et trop extensible qui formait la réunion d'un muscle divisé; tenant ensuite ses bouts dans un rapprochement aussi exact que possible, et suffisamment prolongé, on a obtenu une réunion courte et ferme , et rendu le mouvement à des parties qui l'avaient tout-à-fait ou presque perdu.
§ 698. Les muscles sont sujets à des variétés et des vices de conformation. On a vu certains fœtus monstrueux, acéphales 1 et autres, privés de tous les muscles ou de tous ceux d'un membre au moins , ces organes étant remplacés par du tissu cellulaire infiltré.
On observe plus souvent le défaut ou l'absence de muscles isolés.
Assez souvent on trouve des muscles surnuméraires , ou des muscles divisés en plusieurs parties distinctes ; des muscles réunis qui ordinairement sont séparés ; d'autres, plus longs ou plus courts , ce qui change leurs attaches et modifie leurs fonctions ; toutes ces variétés sont originelles ou primitives.
La diminution ou l'augmentation de volume des muscles sont , au contraire , ordinairement dues à des causes accidentelles. Le repos et la paralysie en diminuent le volume, l'exercice l'augmente.
Les ruptures musculaires 2 arrivent , soit par l'ac-
1 Béclard, Mémoire sur les fœtus acéphales. 1 .J. Sédillot, Mémoire sur la rupture musculaire, in Mém. et prix de la Soc. de mcd. de Paris; 1817.
tion des muscles antagonistes , ou par une autre puissance qui distend un muscle relâché, rsoit par l'action même du muscle rompu, et, dans ce dernier cas , la rupture a lieu ordinairement à l'union des parties tendineuses , ou aponévrotiques, avec les fibres charnues, dont un petit nombre seulement se trouvent rompues. Dans le cas de rupture , il se fait avec bruit •et douleur un écartement plus ou moins grand et profond , et une effusion de sang plus ou moins abondante dans la solution de continuité, et dans le tissu cellulaire environnant. Les muscles intérieurs , et notamment le cœur, se rompent quelquefois aussi par leur contraction.
Le déplacement 1 des muscles admis par Pouteau , M. Portai et d'autres pathologistes , n'est guère pos-r sible que quand les aponévroses d'enveloppe sont divisées.
§ 6*99. Les muscles présentent diverses altérations de couleur, de consistance et de cohésion.
Dans le rhumatisme, on trouve quelquefois , à la surface , à l'intérieur et dans l'épaisseur des gaines celluleuses des muscles et de leurs faisceaux, un liquide gélatiniforme.
Dans les cas de paralysie ancienne , les muscles sont atrophiés, blancs , et quelquefois très-gras. On a déjà vu plus haut (§ 168), que la transformation des muscles en graisse était plutôt apparente que réelle. Elle résulte de la pâleur et de l'atrophie du muscle,
? J. Hausbiand , Diss. luxationis sic diclœ muscularis rt futalionem sislcns ; Bcrpl., 1814.
DU SYSTÈME MUSCULAIRE. ùbd
conjointement avec l'accumulation de la graisse entre les fascicules de fibres.
On observe rarement des productions accidentelles , soit de tissus analogues , soit de tissus morbides , dans les muscles. On y trouve cependant quelquefois des os accidentels. J'ai vu une fois une production composée osseuse et cancéreuse , occupant les muscles du mollet. On trouve quelquefois , dans les muscles de l'homme , et souvent , dans ceux du porc , le cysticerque ladrique , cjsticercus cellulosce de Rudolphi. La production accidentelle du tissu musculaire est très-rare , si jamais elle a lieu. On a cependant établi un rapprochement entre le sarcome et la chair musculaire. On a dit aussi avoir vu des productions musculaires accidentelles dans les membranes séreuses , dans les os et dans les ovaires : il paraît qu'on s'est laissé tromper par l'apparence.
Le développement de la texture musculaire dans l'utérus , pendant la grossesse , et la disparition de cette texture , après l'accouchement , se rapprochent d'une production accidentelle.
§ 700. Les fonctions des muscles présentent des variétés et des altérations , dont les unes ont leur siège et leur cause dans le tissu musculaire lui-même , et les autres dans le système nerveux. Ces variétés et ces altérations sont, la plupart, différentes dans les deux espèces de muscles , et presque toutes sont propres aux muscles pleins, extérieurs, volontaires , ou des fonctions animales.
ANATOMIK GÉNÉKALli.
SECONDE SECTION