DES MUSCLES EXTERIEURS. OO
% 7i5. On distingue en général dans chaque muscle un corps ou ventre , et deux extrémités, que l'on distingue vulgairement en tête et en queue. Le corps est la partie charnue, les extrémités sont ordinairement tendineuses : on distingue assez souvent aussi les extrémités en point d'origine , d'adhésion ou point fixe , et en point mobile ou d'insertion ; mais beaucoup de muscles ne se prêtent point à cette description. Ceux auxquels elle s'appliquerait le mieux .sont certains muscles des membres , qui sont allongés , renflés au milieu , à cause de la disposition de leurs fibres charnues , formés d'un tendon court à leur extrémité supérieure, ordinairement la plus fixe, et d'un tendon long à l'autre extrémité , généralement la plus mobile. Mais, dans ces muscles même , le mouvement peut être partagé entre les deux points , et quelquefois même être tout entier exécuté par le point le plus élevé.
§ 716. Certains muscles forment un corps charnu unique entre les deux attaches ; d'autres, au contraire, sont formés de faisceaux très-distincts, et qu'on pourrait prendre pour autant de muscles : tels sont surtout le inasseter, le deltoïde, le sous-capulaire , le grand fessier, etc.
§ 717. Il y a des muscles qui dans toute leur étendue restent simples et distincts , et d'autres qui sont divisés en plusieurs'parties , ou confondus avec d'autres, à l'une de leurs extrémités : ainsi , quelques muscles, simples à leur insertion sont, à leur origine, séparés eu deux ou trois portions : tels sont les biceps, les triceps; tels sont encore le stemo-niastoïdien et le grand pectoral, que, pour cette raison, quelques-uns ont
regardés comme composés de deux muscles chacun ; ainsi les muscles extenseurs et fléchisseurs communs des doigts et des orteils , simples à leur origine , sont divisés à leur insertion en plusieurs parties. Les muscles dentelés , transverses , etc. , qui s'attachent aux côtes par des digitations, sont encore à peu près dans le même cas. Il faut rapprocher de ce genre les muscles qui ont une origine commune, comme les muscles qui s'attachent à l'ischion , ou une insertion commune , comme le grand dorsal et le grand rond.
§ 718. Il y a encore des muscles dont la composition est différente, tels sont plusieurs des muscles spinaux ou vertébraux, et notamment le transversaire épineux, le long dorsal , le sacro-lombaire : ils résultent chacun de beaucoup de faisceaux musculaires, distincts aux extrémités et confondus au centre , de telle sorte que chaque portion de muscle, unique à une extrémité, se continue à l'autre extrémité avec deux portions ; et réciproquement chacune de celles-ci tient à une double portion de l'extrémité opposée : ces faisceaux musculaires se succédant les uns aux autres, et s'unissant latéralement, il en résulte un muscle très-long, composé de faisceaux courts , distincts à leurs extrémités, et réunis latéralement dans leur partie moyenne. Chaque faisceau étroitement lié avec les deux faisceaux ne peut se contracter sans que ceux-ci entrent en même temps en action, de sorte que le mouvement est toujours imprimé à la fois à plusieurs vertèbres ou à plusieurs côtes : disposition tout-à-fait en rapport avec celle des os qui doivent toujours être mus, plusieurs simultanément.
DES MUSCLES EXTÉRIEURS. 6gQ
§^719. Les muscles du squelette, et ce sont les plus nombreux , ont leurs deux extrémités attachées au périoste et à la surface des os, par des tendons ou des aponévroses. Les muscles du larynx sont attachés de la même manière aux cartilages et au périchondre. Les muscles qui du squelette s'étendent aux organes des sens, et s'insèrent à des cartilages , sont encore pourvus de tendons aux deux extrémités; ceux qui s attachent aux tégumens en sont , au contraire , dépourvus à leur insertion au derme.
Outre les tendons et les aponévroses d'attache que l'on trouve aux extrémités de la plupart des muscles , quelques-uns présentent aussi des tendons ou des aponévroses d'intersection qui occupent quelque point de leur longueur, et les divisent en plusieurs corps charnus. Tels ^sont le digastrique maxillaire et le digastrique cervical, divisés en deux corps très-distincts par des tendons; tels sont aussi le sterno-hyoïdien , le scapulo-hyoïdien, le droit de l'abdomen, etc., dont le corps charnu est divisé par des aponévroses.
§ 720. Dans beaucoup de muscles les fibres sont droites, et sensiblement parallèles d'un bout à l'autre. Dans plusieurs muscles, les fibres charnues, toutes parallèles, s'étendent obliquement entre deux tendons aponévrotiques épanouis sur deux faces opposées du corps charnu , tel est le droit antérieur crural. Ce sont sans doute des muscles de ce genre qui avaient fait comparer par Gassendi le muscle à un moufle. D'autres muscles sont rayonnes ou flabelliformes ; comme le grand pectoral et le grand dorsal, dont les fibres étalées du côté de l'origine se rassemblent en
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un faisceau épais du côté de l'insertion ; comme les moyen et petit fessier, dont les fibres se terminent successivement sur une expansion aponévrotique. Dans d'autres, les fibres s'étendent ainsi obliquement de leur origine d'un os au côté d'un tendon : on appelle ces muscles demi-pennés, tels sont les péroniers. D'autres sont pennés , les fibres se rendant obliquement sur les deux côtés d'un tendon ; dans quelques autres , trèsanalogues à ceux-ci, les fibres forment deux plans qui se rendent sur les deux faces d'une aponévrose moyenne, comme le temporal. D'autres muscles sont plus composés encore, comme le deltoïde, le masseter, etc., qui résultent de la réunion de plusieurs faisceaux penniformes.
§ 721. La texture des muscles extérieurs résulte toujours de faisceaux plus ou moins distincts , qui se terminent en général aux deux bouts sur du tissu tendineux; ces faisceaux sont composés de fascicules ou fibres visibles, résultant elles-mêmes de fibres élémenr taires microscopiques. Le tissu cellulaire et le tissu adipeux leur forment des enveloppes et des cloisons d'autant plus distinctes, que les faisceaux sont plus distincts eux-mêmes et plus volumineux. Les nerfs de ces muscles , très-abondans, surtout dans ceux des organes des sens, viennent presque tous de la moelle, peu viennent du grand sympathiqxie , et ceux-ci ne sont jamais seuls.
§ 722. Outre ces parties .essentielles aux muscles, ces organes ont des dépendances ou des annexes; ce sont les fasciœ (§ 5 19), ou aponévroses d'enveloppe, qui entourent les muscles qui les maintiennent en