‹ Élémens d'anatomie généraleChapitre 53 sur 72 · DES MUSCLES EXTERIEURS. ()OI · texte numérisé non relu

DES MUSCLES EXTERIEURS. ()OI

place , et leur fournissent des cloisons qui les séparent, ainsi que des points d'attache; ce sont aussi les gaines et les anneaux qui renferment les tendons et préviennent leur déplacement, et les membranes synoviales qui en facilitent les glissemens.

§ 723. On divise les muscles, d'après les mouvemens qu'ils produisent, en congénères et en antagonistes, suivant qu'ils concourent au même mouvement, ou qu'ils produisent des mouvemens opposés. Les mouvemens qui ont lieu dans le corps humain , et que les muscles produisent, sont des mouvemens de flexion et d'extension , d'inclinaison latérale , de rotation en deux sens opposés, qu'à l'avant-bras on distingue en pronation et en supination , d'élévation et d'abaissement, d'adduction , d'abduction et de diduction , de dilatation et de constriction , de protraction et de rétraction , etc. On nomme , d'après cela , les muscles fléchisseurs, éxtenseurs, pronateurs , supinateurs, élévateurs, etc.

Les muscles antagonistes présentent quelques différences : presque dans toutes les parties du corps , les muscles affectés à un mouvement sont plus forts que ceux qui produisent le mouvement opposé. Ceux des deux côtés du corps qui produisent l'inclinaison latérale , et la rotation autour de l'axe du corps , présentent seulement la légère différence que l'on observe en général entre les deux côtés. Les autres présentent des différences bien plus grandes. On ne s'est guère occupé que de celle qui existe entre les fléchisseurs et les extenseurs. Borelli pensait que les fléchisseurs étaient plus courts que les extenseurs , et que , se cou-

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tractant avec une force égale, ils entraînaient nécessairement les os dans la fléxion. M. Richerand pense également que la différence est à l'avantage des premiers; M. Meckel a adopté cette opinion : ces deux physiologistes sont d'avis qu'elle est établie sur l'observation de l'attitude fléchie que prennent toutes les parties du corps dans le repos, et qu'elle a sa cause dans la force et la longueur des muscles, dans le volume de leurs nerfs , et dans la disposition plus favorable des fléchisseurs , relativement au centre des mouvemens et à la direction des os.

Ritter a ajouté à ces différences, que les fléchisseurs se contractent quand le pôle zinc de la pile galvanique communique avec l'extrémité musculaire du nerf, et le pôle argent avec l'extrémité centrale; et que le contraire a lieu pour les muscles extenseurs. Cette différence n'est sans doute qu'une différence de susceptibilité galvanique ; susceptibilité assez grande dans les muscles les plus forts, pour qu'ils se contractent même dans la circonstance la moins favorable de l'action galvanique.

M. Roulin 1 pense comme Borelli, que la cause principale de l'antagonisme des fléchisseurs et des extenseurs dépend de leur longueur respective, ét par conséquent de leur tension.

Cette question mérite peut-être qu'on l'envisage d'une manière plus générale; il faut chercher la prédominance dans la longueur et dans le volume des

'* Voyez ses Recherches sur les mouvemens et les attitude* de l'homme, dans le Journal de physiologie, vol. I et D.

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muscles, et plus précisément dans le nombre des fibres charnues qui entrent dans leur composition ; il faut la chercher aussi dans la disposition des muscles , relativement aux leviers sur lesquels ils agissent ; il faut observer quelle est l'attitude que prennent les parties dans leur action la plus ordinaire , et celle qu'elles prennent dans le repos, dans le sommeil, et dans la paralysie ; il faut avoir égard aussi à celles qu'elles prennent dans le spasme tonique général ou dans le tétanos : or, en ayant égard à ces diverses considérations, il semblerait que les muscles prépondérans sont , dans le tronc, les extenseurs; à la mâchoire, les élévateurs; aux membres supérieurs en général, les fléchisseurs: à l'avant-bras, les pronateurs ; aux membres inférieurs en général , les extenseurs ; et au pied , les adducteurs.

Ç 724. H y a dans l'organisation plusieurs circonstances 1 défavorables à l'action des muscles , et qui réduisent leur force de contraction , ou force effective , à une force efficace, c'est-à-dire à un résultat beaucoup moindre. Ces circonstances , bien connues depuis Borelli, sont, i° le partage égal de l'effort musculaire entre ses deux attaches, tandis qu'un seul point doit en général être mu; 20 le levier défavorable, celui du troisième genre, par lequel une grande partie de la force est perdue; 3° l'insertion oblique des muscles sur les os, et des fibres charnues sur les tendons; 4° la résistance des muscles antagonistes ; 5° le frottement des tendons et celui des articulations.

' J- Alph. Borelli, De motu animaliurn ; opus poslhumum,

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Il y a aussi , dans l'organisation , des circonstances qui , en favorisant l'action musculaire, diminuent l'influence des premières : tels sont le changement de l'angle que forment le muscle et l'os au moyen de certaines dispositions anatomiques , comme le volume des extrémités articulaires des os , l'existence des apophyses à l'endroit où les muscles s'attachent , celle des os sésamoïdes , etc. ; tels est encore la diminution des frottemens par la synovie , etc.

En résultat, le mécanisme animal présente la même perfection qu'on admire dans toute la nature. Ce que le muscle perd en force , le mouvement le gagne en étendue et en vitesse par l'emploi du levier du troisième genre , et par l'ohliquité de l'insertion ; d'un autre côté , l'ohliquité des fibres musculaires sur les tendons, en diminuant l'étendue du mouvement, et même la force du muscle, permet, sous un petit volume, la réunion d'un très-grand nombre de fibres, ce qui compense, et bien au delà, la perte de force; sans parler de la forme et de la liberté des membres , qui ne pourraient avoir lieu avec toute autre insertion et toute autre direction des muscles relativement aux os.

§ 725. Le muscle est le siège et l'organe immédiat de la contraction , tout comme les tégumens et les sens qui en font partie sont le siège de l'impression ; mais de même que la sensation n'a lieu qu autant que l'impression est propagée par les nerfs jusqu'au centre nerveux, de même c'est du centre nerveux que la volition est propagée , par les nerfs, jusqu'au muscle, pour le mettre en mouvement. H y

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a en outre, clans un cas et tlans l'autre, une chose tout-à-fait incompréhensible : c'est la manière dont le moi acquiert la connaissance de la sensation ; c'est aussi la manière dont le moi détermine la volition. Ce n'est pas ici le lieu d'examiner cette question encore insoluble de l'action réciproque de l'organisme et du moi..

Quoi qu'il en soit, la volition procède du centre nerveux , elle se propage par les nerfs , et détermine la contraction des muscles extérieurs. Si le nerf est coupé ou interrompu par une ligature serrée, etc., le muscle , encore irritable , ne se contracte plus volontairement. On verra dans le chapitre suivant quel est, dans le système nerveux, le siège précis, ou du moins probable , du principe organique des mouvemens volontaires.

§ 726. Les effets de la contraction des muscles extérieurs sont de déterminer les attitudes et les mouvemens du corps , en agissant sur le squelette; de mouvoir la peau et les organes des sens ; de produire la voix , la parole , le geste ; et enfin, de servir d'une manière plus ou moins nécessaire, mais toujours auxiliaire , aux fonctions végétatives.

§ 727. On a déjà vu que les muscles droits, en se contractant, rapprochent une ou leurs deux extrémités du centre , suivant qu'un des points d'attache est seul mobile , ou qu'ils le sont tous les deux ; que les muscles circulaires rétrécissent, en se contractant , les orifices ou les canaux qu'ils forment. Les muscles courbes se redressent en se contractant, si leurs attaches sont fixes; et, en tendant à se redresser, ils diminuent les

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cavités dont ils forment les parois , comme les muscles abdominaux et le diaphragme pour l'abdomen; ils agrandissent la cavité à laquelle ils répondent par leur, surface convexe , comme le diaphragme pour le thorax. Les muscles réfléchis , et il y en a un trèsgrand nombre , tendent, comme les muscles courbes , à se redresser pendant leur contraction ; mais si un obstacle insurmontable s'y oppose, le) mouvement, dont la direction est changée , est transmis à l'une ou l'autre extrémité , ou aux deux , suivant leur mobilité.

§ 728. Lorsque l'une des deux parties auxquelles s'attache un muscle est immobile et l'autre mobile, il tire cette dernière vers la première ; c'est ce qui a lieu à l'égard des muscles qui s'étendent des os aux parties molles, etc. Lorque l'une des deux parties est peu mobile , et l'autre très-mobile , comme le tronc à l'égard des membres, comme l'extrémité centrale des membres à l'égard de leur extrémité périphérique, etc. , la dernière est en général la seule qui se meut. Mais il faut observer que, dans ce cas, le point fixe et le point mobile des muscles peuvent changer : ainsi, dans les mouvemens les plus ordinairet du bras, les muscles moteurs de cette partie ont leur point fixe au- tronc , et leur point mobde dans le membre ; au contraire , dans l'action de s eleve en grimpant sur un arbre , le point fixe au moment où le tronc s'élève vers le bras préalablement fixe

même , dans l'action de monter un escalier, lorsque ZZe est portée en avant et en haut sur une marche,

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le point fixe est du côté du tronc; lorsque ensuite le tronc selève vers la jambe dont le pied est appuyé , le point fixe est à la jambe, et les points mobiles des muscles sont à la cuisse et au tronc.

Lorsque les deux parties auxquelles s'attachent les muscles sont à peu près également mobiles, la contraction tend à les mouvoir à peu près également; ainsi, quand on est couché sur un plan horizontal, la contraction des muscles antérieurs du tronc tend à peu près également à fléchir la tête sur le col , et le bassin sur les lombes.

Dans ce cas et dans le précédent , qui sont extrêmement fréquens dans la mécanique animale r, la partie qui doit servir de point fixe est retenue par la contraction d'autres muscles qui la rendent immobile. Les mouvemens les plus simples en apparence exigent presque toujours l'action simultanée d'un grand nombre d'autres muscles que ceux qui sont destinés à les produire immédiatement.

§ 729. C'est surtout dans les efforts que l'on observe ces synergies musculaires.

On appelle effort2, nisus , toute action musculaire d'une intensité extraordinaire, destinée à surmonter

1 Winslow, Mém. de l'Acad. des se, ann-. 1719-23-26- 29-30-39-40, etc.

3 Js. Bourdon, Recherches sur le mécanisme de la respiration et de la circulation du sang; Pari.s, 1820. — J. Cloquet, de l'Influence des efforts sur les organes renfermés dans la cavité thorachique ; Paris, 1820. — Magendie , de l'Influence des mouvemens de la poitrine, et des efforts, sur la circulation du sang; Journal de physiologie, vol. I.

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une résistance extérieure ou à exécuter une fonction laborieuse, soit accidentellement, soit naturellement. Ainsi l'action de soulever ou de porter un corps pesant, l'accouchement, l'armement difficile, etc., exigent des efforts pour être exécutés.

Dans tout effort il y a un influx nerveux extraordinaire sur les muscles ; tantôt cet influx est volontaire , tantôt il est involontaire. Dans le dernier cas, il est irrésistiblement déterminé, par la liaison déjà remarquée entre les muscles intérieurs involontaires et leurs congénères extérieurs. Dans tout effort aussi , un nombre considérable de muscles, quelquefois l'appareil tout entier des mouvemens est en action. Dans tout effort enfin, le poumon est d'abord rempli d'air par une inspiration, la glotte est fermée ourétrécie, les muscles expirateurs sont contractés, et les parois de la poitrine sont ainsi rendues immobiles, pour offrir des points d'attache fixes aux muscles de l'abdomen et des membres.

Les effets des efforts sont de retarder ou d'empêcher l'entrée du sang veineux dans les troncs thoraciques , d'où son reflux et sa stase dans les veines du col, de la tête, de l'abdomen, et même des membres; de comprimer les viscères thorachiques et abdominaux , et d'en déterminer même quelquefois l'expulsion, surtout des derniers , à travers une ouverture des parois ; par fois même les efforts vont jusqu'à déterminer la rupture des muscles, des tendons, ou des os; jusqu'à produire des ruptures vasculaires , des hémorrhagies et des épanchemens de sang.

§ 73o. Les muscles qui passent sur plusieurs artu u-

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