‹ Élémens d'économie politiqueChapitre 10 sur 27 · SECTION PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SECTION PREMIÈRE

DE L'ESPÈCK d'aTASTAGE PROYEHAITT DE L'éCHANGE DES PRODUITS, ET DES PRINCIPAinC AGEJXS QU'ON Y EMPLOIE.

Supposons que deux hommes aient plus qu'il ne leur est nécessaire , Fun , par exemple , de vivres , et Fautre de drap , et que le premier désire plus de drap qu'il n'en possède , et le second plus de vivres ; ce sera un grand avan** tage pour tous deux que de pouvoir échanger une portion des vivres de Fun contre une

portion du drap de l'autre. Il en est ainsi dans tout autre cas.

Pour opérer les échanges ^ il y a deux classes d'individus dont l'intervention est d'un grand avantage ; ce sont celles des voituriers et des marchands.

S6 BSS lÊCRANI^S.

Quand la division du travail a été pousser assez loin , il arrive que les objjets d'utilité ou d'agrément sont souvent produits à une distance très-considérable du lieu où ils sont désirés pour la conisommation. Il est donc nécessaire de les transporter d'un lieu à un autre. H y a àent àôrtës de transport : transport par terre et transport par eau. L'exécution du transport exige du travail et un capital. Dans le transport par terre , il faut les voitures , les chevaux, ou autres bétes de trait, et l'entretien de ces animaux, ainsi que celui du nombre d'hommes nécessaire pour les conduire ; dans le transport par eau , les bateaux ou navires et l'entretiçn des hommes qui les font naviguer constituent le capital nécessaire.

Pour se procurer les diveifs articles qu'on désire consommer, il serait très-incommode d'aller chaque fois trouver successivement les différens fabricans et producteurs de chacun de ces articles , qui souvent demeurent à une très-grande distance les uns des autres. O»

épargne aux consommateurs beaucoup de fatigues et d'embarras, lorsqu'ils trouvent réunis dans un seul endroit la totalité, ou une

DJ^ ÉC»A;iGJ&3. 87

grande partie des articles qu'ils emploient.

Cette circonstance donne naissance à la classe des marchands, qui achètent des fabricans et tiennent prêts à être employés tous les articles dont i^ espèrent un débit profitable..

Dans les petites communes ôà <^elques marchands et souvent un seul peuvent fournir aux besoins de toute la population, la boutiquiE^ ou le magasin d'un marchand contient des articles de toutes les espèces ou de la plupart des espèces qui sont ^énéraleipent demandées. Dans les endroits où la population est un peu considérable, au lieu d'ouvrir un gr^nd nombre de boutiqùçs contenant chacune des articles de toutes les sortes , on trouve plus commode de diviser les articles par classes ; et chaque boutique ne contient que des articles d'une certaine classe : dans l'une , par exemple , on ne trouve que des chapeaux ^ dans une autre que des bonneterie^ ,, dans celle-ci que des verreries , dans celle - là qtie des objets en fer, etc:

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SECTION II

DE CE Qin DÉTBRUmB' Lk VALEUR ÉCHâI^GEABI:E BE» PRODUITS, c'est -A -DIRE LA QUANTITÉ A DONNER d'un produit QUELCONQUE EN ÉCHANGE D'uNE CER- TAINE QUANTITÉ d'un AUTRE PRODUIT.

Quand une. certaine quantité d^un ]^roduit s'échange contre une certaine quantité d'un autre produit , par exemple , une certaine quantité de drap contre une certaine quantité de blé, il y a quelque chose qui détermine le propriétaire du drap à accepter en échange telle quantité de "blé, et le propriétaire du blé à recevoir telle quantité de drap.

Voici ce qui forme évidemment la première base du principe de la demande et de l'offre. Sî l'on apporte au marché une grande quantité de blé pour l'échanger contre du drap , et seulement une petite quantité de drap à échanger contre du blé, on donnera une grande quantité de blé pour une petite quantité de dr^p. Si la quantité de drap apportée au mar«» ché augmente sans aucune augmentation de

la quantité de blé ^ la quantité de blé à donner ' en échange d'une certaine quantité de drap* diminuera proportionnellement.

Ceci, toutefois, ne résout pas la question tout entière. Si la quantité à donner d'un produit quelconque en échange d'une certaine quantité d'un autre produit dépend de la proportion entre l'offre et la «demande , il est évidemment nécessaire de découvrir d'où dépend cette proportion.

La demande donne naissance à Foffre, et le terme de l'une est aussi le terme, de l'autre. Quand la demande d'un article augmente , la production de cet article augmente en même proportion , si elle est susceptible d'augmenter : c'est un effet régulier. Si la demande d'un article cesse , on cesse aussitôt de le produire;

La relation qui existe entre les causes et les effets s'explique ici très-facilement. Le blé qu'on apporte au marché a coûté de frais de production et de transport telle somme, et le drap telle autre. Pour plus de simplicité nous supposons qu'on n'apporte pas plus de detix articles au marché ; il n'est d'aucune consé- .

go D£S ÉCHANGES.

queace pour le résultat que ces articles soient en petit ou en. grand nombre.

Ce qu'il en a coûté pour apporter le blé au marché est ég^l ou non à ce quHl en a coûté pour y apporter le drap. Dans le premier cas^ il n'y a pas de raison pour changer l^s quotités cfa^on y apporte ; car le propriétaire de l'uft quelconque de ces deux articles ne saurait obtenir une plus grande quantité de Tautre s^tticle en changeant d^industrie, et en appliquant son travail et son capital à la production de cet article . Si les frais n^ont pas été égaux^ il en résulte aussitôt un motif pour changer la proportion entre les quantités de blé et de drap qu'on apporte au marché. Supposons qu'il en ait coûté plus pour y apporter le blé que pour y apporter le drap, et que la totalité d'un de ces articles ait été échangée contre la totalité de Tautre, soit«K masse, soit par portions, les individus qui ont apporté le drap sont devenus possesseurs d'une certaine quantité ie blé à moins de frais qu'il n\n a coûté aux cultivateurs pour l'apporter 201 marché. Ces derniers au contraire sont devenus posse3seurs d'une certaine quantité de drap à plus grands frais qu'il n'en a coûté pour le faire et l'apporter au marché.

DES ECHANGES. Q^t .

De là naît un motif pour diiiiinii«r' la qoati^ tité de blé et augmenter la quantité de drap* qu^oa ^pportç au marché ; parce que tes hommes qui ont étbangé du blé ^contre du drap peuvent obtenir plus de ce^ dernier article en changeant d'industrie, et en appliquant leur travail e% leur capital à la production du drap. * Aussitôt qu'on ne pourra |>lus obtenir plus de drap , en appliqi|dnt à la production de cet article une certaine quantité de travail et de capital , qu'en l'appliquant à la production du blé et en échangeant ce blé contre du drap , tout motitf pour châingep les quantités ' respectives de ces deux articles cessera^ Il rfy aata rien a gagner à produire du Jble platôtqiie du drap ou du drap plutôt que du blé ^.les frais de production seront égaux de p^t et d?aatre.

Il paraît donc évident que la valeur relative des produits, ou en d'autres t^rittcâ , la^ quantité d'un produit ipli s'échange contre une quantité .déterminée d'un autre , dépend dans le principe de là dem«ade et de l'offre , mais en

^ Le mot production est eiàployé ici dans le sens que lui donne ML Say. iJatéchi^nke â économe politique , pag*. S.

( Noie du Xraduéteur. )

dernier lieu des frais de production; et, d'après cela; pour parler rigoureusement, on doit dire qu'elle dépend, tout-à-fait des frais de production. Uïie augmentation, ou une diminution ' soit de la demande, soit de l'offre, peuvent élever ou abaisser momentanément au-dessus ou au-dessous des frais de production la valeur échangeable d^un produit ; mais la concurrence, là où elle n'est pas entravée , tend invariablement à la ramener à- ce taux et à l'y maintenir.

Les traiis de production règlent donc la valeur échangeable des pKoduits ; mais ces mots Jrois de production présentent eux-mêmes quelque obscurité. Il est probable que des idées différentes y sont souvent attachées par différentes pfersonnes.

Deux instrumens concourent ordinairement à la production , le travail et le capital ; l'ouvrier est propriétaire de l'un , l'individu qui fournit à celui-ci les outils et les raatières.premières est propriétaire de l'autre.

Il est donc évident ou que les frais de pro- ; duction se composent de la combinaison du tra- , vail et du capital employés , ou que l'un de ces

ëlémenspeut se confondre avec Fautre ; dans ce dernier cas les frais de production ne consistent pas dans la combinaison de Tun et de Tautre.

L'opinion qu'on se , forme , au premier aperçu , est incontestablement que les frais de production ne se composent que du capital.

Le capitaliste paie les salaires de Touvrier , achète les matières premières , et compte que ce qu'il a dépensé lui rentrera avec les profits . ordinaires de tout le capital employé. D'après cette manière d'envisager le sujet, il semblerait que les frais de production consistent exclusivement dans la portion de capi* tal dépensée , plus les profits obtenus sur la totalité du capital employé à la production.

Il est cependant trèsnaisé 'de voir que le terme capital ainsi compris renferme une ^ipbiguité et par conséquent une erreur. Quand nous di- • sons que le capital et le travail , les deux instrAmens .de la production, appartiennent à deux classes de personnes, nous voulons dire que les ouvriers ont contribué pour tant à la production, et les capitalistes pour tant, et <jue le produit , lorsqu'il est obtenu appartient aux uns et aux autres dans une certaine pro-

portion. Il peut arriver néanmoins , que l'une de ce5 deux classes de producteurs ait acheté la part de Tautre ayant que la production ne soit opérée. Dans ce cas'la totalité des produits appartient à ceux dés producteurs qui ont acheté la part des autres. En point de fait , chaque fois que le capitaliste ^emploie des ouvriers , il achète leur part , s'il leur paye des salaires. Quand les ouvriers reçoivent des salaires pour leur travail , saris attendre qu'on leur donne une part des produits , il esrt: Évident qu'ils cèdent leurs droite à cette part. Les capitalistes deviennent alors propriétaires non-seulement du capital mais eqcore du travail. Si ce qu'on a payé en salaires est compris, comme 'cela a lieu communément, sous la dénomination de capital , il est absurde de parler du travail isolé du capital. Le mot capital employé de la sorte comprend les deux instrumens de la production. Par conséquent dire que la va* leur échangeable des produits est déterminée * par le capital , entendu dans ce dernier sens, c'est comme si l'on disait que cette valeOr est déterminée par le travail et le capital réunis. Mais s'exprimer ainsi c'est revenir au pmnt â'où nous sommes partis. Il est absurde de comprendre le travail dans la définition du mot

DES ÉCHANOES. qS

capital , et de dire ensuite que le capital , sans le travail, règle la valeur échangealble. Si Ton entend le mot capital dans un sens qiîi ne comprend pas le prix du travail et par conséquent le ti^avail lui-même , il est évident que le capital ne règle pas la valeur échangjeable des produits.

Si le travail était le seul instrument de la production , et qu'il n'y eût pas besoin de capital, le produit d'une journée de travail, dans un article quelconque , s'échangerait contre le produit d'une journée de travail dans un autre article. Dans l'état d'enfance de la société ^ si le chasseur et le pêcheur désiraient varier leur nourriture çn échangeant une certaine portion de gibier contre une autre portion de poisson-, la quantité que chacun prend dans un jour réglerait l'échange ; si cela n'avait pas lieu , l'un des deux se trouverait placé dans une situation plus défavorable que l'autre , avec la faculté , dont il ferait naturellement usage, de changer d'occupation.

En compatarit des quantités de travail de natures différentes, on doit , comme de raison, tenir compte des différeris degrés d^ peine et

d'adresse qu'ils exigent. Si les produits de deux journe'es de travaux qui exigent une peine et une adresse égales^ peuvent s'échanger Fun contre l'autre ^ le produit d'une journée d'un travail qui exigerait ou plus de peine ou un plus grand degré d'adresse devrait s'échanger contre quelque chose de plus.

Tout capital consiste réellement en produits. Le capital du fermier n'est pas l'argent qu il serait capable de réaliser, parce qu'il ne pourrait appliquer cet argent à la production. Son capital consiste dans ses bâtimens d'exploitation , ses instrumens aratoires et son bétail.

Puisque tout capital consiste en produits , il s'ensuit naturellement que le premier capital doit avoir été le résultat du simple travail : le^ premiers produits ne pouvaient être obtenus à l'aide d'autres produits qui n'existaient pas avant eux.

Si les premiers produits , et par conséquent le premier capital ont été le résultat du simple travail , la valeur de ce capital , c'est-à-dire la quantité d'autres produits contre laquelle on eût pu l'échanger, a dû être estimée par le travail. Ceci est une conséquence immédiate

de la proposition que nous venons dVtablir , savoir que, dans le cas où le travail était le seul instrument de production , la valeur échangeable des produits se réglait d'après le travail que leur production avait exigé. .

Ceci line fois posé , la conséquence nécessaire est que la valeur échangeable de tous les produits est déterminée par la quantité de travail qu'ils ont exigé.

Le premier capital , ainsi qu'on vient de le voir, étant le résultat du simple travail , a une valeur proportionnée à ce travail. Ce capital concourt à la production , et , dès que cela arrive , on pose comme règle que la valeur des produits est déterminée par celle du capital ; mais il a été reconnu tout à l'heure que la valeur de ce capital lui-même était déterminée par la quantité «de travail. Il ne sert donc à rien de dire que la valeur d'un produit est déterminée par celle du capital, lorsqu'il faut remonter.au delà, et demander par quoi cette valeur,elleméme est déterminée. Dire que la valeur des produits est déterminée par celle ^du capital , mais que la valeur du capital est déterminée par la quantité de travail , c'est dire finttlement que

la valeur des produits est déterminëe par la quantité de travail.

n est donc incontestable que non-seulement la valeur du premier capital , mais encore celle des produits qui résultent de l'emploi de ce premier capital sont déterminées par la quantité de travail. Le second capital consiste en produits résultans de Femploi du premier capital; on doit donc l'évaluer, comme celui-ci, d'après la quantité de trarail. Le même raisonnement s'applique au capital dans tous ses degrés successife. La valeur du premier capital a été mesurée par la quantité de travail ; la valeur de ce qu'a produit le premier capital l'a été d'après la valeur de ce premier capital ; mais celui<i avait été évalué d'après la quantité de travail , donc ce qu'il a produit Fa été également par le travail. Ce raisonnement peut être poussé aussi loin qu'on supposera des productions successives. Mais si la valeur de tout capital doit être déterminée par le travail , il s^ensuît que , dans toutes les hypothèses , la valeur dé tous les produits doit être déterminée par le travail.

Dire que* la valeur des produits dépend du

capital, comme régulateur absolu, c'est dire Tune des absurdités les plus évidentes. Le'capipital consiste en produits. D'après cela, si la valeur des produits dépend de celle du capital , elle dépend de la valeur des produits, c'est-àdire que la xaleur des produits dépend d'ellemême. Ce n'est pas indiquer un régulateur ; mais c'est faire , pour arriver à ce but , une tentative évidemment et complètement infructueuse.

D est donc démontré^^dé la manière la plus claire , que c^est , en définitive , la quantité de travail qui détermine dans quelle proportion les produits s'échangent les uns contre les, autres.

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SECTION III

DE L^EFFET PRODUIT SUR LES VALEURS ÉCHANGEARLES PAR UNE FLUCTUATION DANS LE TAUX DES SALAIRES ET DES PROFITS.

En disant que les produits sont obtenus à Taide de deux instrumens , le travail et le capital , dont le dernier est lui-même le résultat du travail, nous voulons dire que les produits $ont obtenus au moyen de deux quantités de travail de différente espèce ; l'un , que nous appelons travail immédiat^ est celui que fournit actuellement Fouvrier ; l'autre , nommé travail accumulé ^ est le résultat d'un travail antérieur, et sert à aider le travail immédiat, ou constitue la matière à laquelle celui - ci est appliqué.

Il y a deux choses à observer à l'égard de nés deux espèces de travail : i"* qu'elles ne -sont pas toujours payées au mén^e taux , c'està-dire que le prix de l'une ne hausse pas et ne baisse pas en même temps que le prix de

DES ÉCHANGES. lOl

l'autre hausse ou baisse ; n^ qu'elles ne cpntribuent pas toujours dans une même proportion à la production de tous les articles.

S'il existait deux espèces quelconques de travail , dont les prix n'éprouvassent pas une hausse et une baisse proportionnelle , et qui , concourant à la production de tous les articles en général , n'y concoui^issent pas à un égal degré pour tous , il en résulterait une différence dans les valeurs échangeables chaque fois qu'une fluctuation aurait lieu dans le taux des salaires.

* Si tous les articles étaient produits par une portion de travail mêlé d'adresse , et une autre portion de travail purement de force ; mais si le rapport de l'une à l'autre était différent dans la production d'articles différens ; et si toutes les fois que les salaires du travail exigeant de l'adresse hausseraient, ceux du travail de pure force haussaient deux fois autant , il est trèsclair qu'à chaque hausse des salaires les articles dont la production exige une- plus grande quantité de travail de pure force , gàgnièraiènt en valeur sur ceux qui exigent une moindre quantité de cette espèce de travail. II est évi-

ÏOZ DES CCH ANGES.

dent toutefois que bien que la différence existant dans Taccroissement et le décroissemenf des salaires de deux espèces de iravail , et dans les proportions suivant lesquelles on les applique à la production de différens articles, dût, lors d^une hausse ou d^une baisse des salaires, changer la valeur relative des produits , elle le ferait sans altérer en rien la vérité de la proposition précédemment établie , que c'est la quantité de travail qui détermine les valeurs échangeables.

Le cas est précisément le même, en supposant que ce soient les deux espèces de travail, appelées travail immédiat et travail accumulé , qu'on applique dans des proportions différentes à la production.

Trois cas expliqueront suffisamment les différens degrés suivant lesquels le travail et le capital concourent à la production. Nous en appellerons deux les extrêmes , et le troisième le moyen : le premier est celui où les produits sont obtenus par le travail immédiat seul, c'est-à-dire sans le concours du capital^ le second , celui où les produits sont obtenus une moitié à Taide du capital , et Tautre

DÈS ECHANGES. Jo3

moitié à l'aide du trav;ail immédiat ; le troisièmje enfin , lë cas où les produits sont obtenus par le capital s'eul, c'estr à-dire sans le concours du travail immédiat. Il n^y a peutêtre aucune espèce de produits qui se rap-r porte parfaitement à Fun ou à Tautre des deux cas extrêmes ; il y en a toutefois qui approchent de Tun et de l'autre , et lorsque les cas les plu$ simples auront été expliqués comme exemples, pn pourra facilement et exactement tenir, compte des différences que présenteront les autres.

Si deux espèces de travail sont employées à la production, et si, lorsque le prix de Tune hausse , celui de l'autre baisse , l'article à la production duquel une plus grande portion de la première espèce de travail a été employée devra , lors d'une hausse dans le prix de cette espèce de travail, hausser de valeur*, relativement à un article à la production duqijiel une moins grande quantité de cette es-* pèce de travail est employée. Toutefois , la proportion suivant laquelle cette hausse aura lieu , dépend de deux circonstances : i® de la

* Valeur échangeable.

Io4 I>£^S ÉCHANGES.

proportion suivant laquelle le prix d^une espèce de travail baisse, quand celui de Tautre hausse ; 2* de là proportion existante entre la quantité du travail de la première espèce employée dans la production de Farticie en question, et celle qui est employée à la production de l'autre article.

La première question à faire est donc celleci : dans quelle proportion , quand les salaires haussent ». les profits baissent-ils? C'est même la seule question générale ; car la proportion suivant laquelle les deux espèces de travail concourent à la production des différons articles j dépend des circonstances de chaque cas particulier.

Si tous les articles étaient dans le premier des trois cas que nous avons pris plus haut pour exemples, et que pour abréger nous désignerons par les n®' i , 2 et 3 , ou en d'autres termes , si tous les articles étaient produits par le travail seul , et que le capital fût uniquement employé à payer des salaires , les profits du capital baisseraient tout juste dans la même proportion que les salaires hausseraient.

DES ÉCHANGES. Io5

Supposons un capital de i,ooo livres sterling employé de la sorte avec des profits de lo pour cent , la valeur des produits serait de 1,1 GO livres ; car cette somme rembourserait le capital avec ses profits. Ces produits pourraient être considérés comme composés de i,ioo parties égales, dont i,ooo appartiendraient aux ouvriers et loo au capitaliste. Supposons ensuite que les salaires haussent de 5 pour cent , il est évident qu^alors , au lieu de loo parts prises sur les i , loo , lé capitaliste n'en recevrait plus que 5o ; ses profits , au lieu d'être de lo pour cent, ne seraient plus que de 5 , parce qu'au lieu de i ,ooo livres , il aurait eu à payer i,o5o livres. Les produits ne hausseraient pas de valeur pour l'indemniser, parce que nous avons supposé que tous les articles sont dans le même cas. Ces produits auraient donc , comme auparavant , une valeur de 1,1 oo livres, dont il ne resterait que 5o livres au capitaliste.

Si tous les articles étaient dans le cas n"" 2 , les profits ne baisseraient que de la moitié du taux dont les salaires hausseraient. Supposons qu'on emploie 1,000 livres à payer des salaires , et 1 ,000 autres livres en capital fixe ,

Io6 DES ECHANGES*

et que les profits soient , comme auparavant , de lo pour cent du montant total des dépenses y la valeur des produits serait' alors de 1,200 livres , parce que c'est la somme qui rembourserait le capital consommé et les pro* fits , à raison de 10 pour cent sur le tout.

Dans ce cas , les produits pourraient être regardés comme divisés en 1,200 parties égales, dont 200 appartiendraient au capitaliste. Si les salaires haussaient de 5 pour cent, et qu^au lieu de payer 1,000 livres en salaires, il en payât I ,o5o , il lui resterait encore pour ses profits 1 5o livres , c'est-à-dire qu'il n'éprouverait sur ses profits qu'une réduction de 2 et demi pour cent.

Le cas resterait précisément le même , en supposant que le capital de j, 000 livres, qui n'est pas employé à payer des salaires , le soit dans une certaine proportion comme capital circulant, destiné à être consommé dans le cours des opérations productives , et ensuite remboursé. Par exemple , en même temps qu'on emploie 1,000 livres à payer des salaires , 5oo livres pourraient être employées comme capital fixe en machines d'une longue durée , et 5oo livres eu achats de matières

premières et autres frais. Si tel était Fétat des déboursés , la valeur des produits serait de I ,yoo livres , montant du capital à rembourser et des profits , à raison de 10 pour cent sur le tout. Des 1,700 parts des produits, i,ooo formeraient le lot des ouvriers, quoique payé par avance , et celui du capitaliste serait de 700 , dont 200 représenteraient les profits. Si dans cet état de choses les salaires haussaient de 5 pour cent, i,o5o des 1,700 parts ci-dessus formeraient le lot des ouvriers , et 65o seulement celui du capitaliste qui , après s'être remboursé de ses 5oo livres de capital circulant , n'aurait plus que i5o livres pour représenter les profits, c'est-à-dire aurait éprouvé sur ces profits une réduction de 2 et demi pjour cent , comme ci-devant.

Si tous les articles étaient dans le troisième cas , comme il n'y aurait pas de salaires à payer , leur hausse ne pourrait pas changer la quotité des profits ; il est évident que plus les articles paraîtraient approcher de ce ca& extrênae , et moins la quotité des profits serait altérée par une semblable hausse.

Si nous supposons, ce qui est très-probable.

que dans la situation réelle des choses , il y a autant de cas d'un côte du moyen que de l'autre , il en résultera, par une conséquence naturelle des compensations qui auront lieu ; que les profits baisseront exactement de la moitié de ce qu'on verra les salaires hausser.

On peut observer ces diverses variations comnfe suit.

Lorsque les salaires haussent , et que les profits baissent , il est évident que tous les articles produits avec une moindre portion de travail que de capital , baisseront de valeur par rapport à ceux qui sont produits avec une plus grande portion du premier. Par exemple , si l'on prend ptour règle le cas n® i , celui dans lequel les articles sont produits en totalité par le travail , on dira que. tous les articles qui sont dans ce cas demeui;ent de la même valeur , et que tous ceux qui appartiennent à l'un des autres cas baissent de valeur. Si l'on prend pour règle le cas n® a , ou le moyen , on dira que tous les articles appartenans à ce cas demeurent de la même valeur ; que tous ceux appartenans à un cas qui approche du premier extrême , haussent de va-

leur ; et que tous ceux appartenans à un cas qui approche du dernier extrême , baissent.

Les capitalistes qui produisent des articles dans le cas n"" i , ont supporté une dépense additionnelle de 5 pour cent ; mais ils échangent leurs produits contre d'autres articles. S'ils les échangent contre des articles dans le cas n"" 2, où les capitalistes n'ont eu à supporter qu'une dépense additionnelle de 2 et demi pour cent , ils recevront un surplus de 2 et demi pour cent de ces articles. Ainsi , en obtenant des articles produits dans les circonstances du cas n® 2 , ils reçoivent une certaine compensation , et ne supportent par. la hausse des salaires qu'une réduction de 2 et demi pour cent sur leurs- profits. Dans cet échange , au reste , le résultat se trouve toutà-fait contraire à l'égard des capitalistes qui ont produit des articles rentrant dans le cas n** 2. Ils ont déjà supporté une augmentation de dépenses de 2 et demi pour cent dans la production de leurs articles , et ils éprouvent une autre réduction de 2 et demi pour cent sur leurs profits , en recevant en échange de leurs produits des articles qui rentrent dans le cas n"" I.

IIO DES ÉCHANGES.

£n somme , le résultat est donc que tous les producteurs qui deviennent possesseurs , soit par production , soit par échange , d'articles produits dans les circonstances du cas n* 2 , éprouvent une perte de 2 et demi pour cent ; qtfe ceux qui deviennent possesseurs d'articles produits dans des cas approcbans du premier extrême, éprouvent une perte. plus grande , et que Ceux qui deviennent possesseurs d'articles produits dans des cas approcbans du dernier extrême , éprouvent une perte moindre ; enfin que , si les cas d'un côté du moyen sont en nombre égal à ceux de l'autre côté , une perte de 2 et demi pour ceirt est supportée sur la totalité, et que cette perte est le maximum auquel , dans la pratique , on peut supposer que les profits se trouvent réduits.

D'après ces principes , il est aisé de calculée l'effet d'une bausse des salaires sur le prix des divers produits. Tous sont ordinairement comparés avec la monnaie ou les métaux précieux. Si l'on suppose que la monnaie rentre dans le cas B* 2, c'est-à-dire est produite (ce qui probablement ne s'éloigne pas beaucoup de la vérité ) par d'égales portions de travail et

de capital , alors tous les articles produits dans dç semblables circonstances , ne changent pas de valeur par Teffet d'une hausse de salaires ; les articles qui approchent du premier extrême , c'est-à-dire à la production desquels on emploie une plus grande portion de travail •que de capital, haussent de prix; ceux qui approchent du dernier extrême , ou qui sont produits par une plfis grande portion de capital que de travail , baissent; et enfin sur la masse générale des articles , il s'opère une compensation telle qu'il n'y a ni baisse , «i hausse. *

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SECTION IV

DES CmCOKSTAKCES OU IL EST DE L'iNTÉRÊT DES NàTIOMS JI^ÉCHANG^ LEURS PRODUITS.

Nous avons déjà vu que les avantages qu'on retire d'une distribution bien entendue du travail font partie des motifs qui donnent naissance à l'échange des produits. Personne ne voudva se borner seulement à la production d'un des divers articles utiles au bien-être dé ybomme , à moins qu'il ne puisse , au moyen de cet article , se procurer tous les autres.

Il y a une autre circonstance qui fournit évidemment un motif aux échanges.' Quelques articles ne peuvent être produits que dans certains lieux. Les métaux , la houille , et divers autres articles de la plus grande importance , sont le produit de cantons particuliers, Il en est de même de certaines productions végétales auxquelles tous les climats et tous les.terrains ne conviennent pas. D'un autre côté , quelques

DES ÉCHANGES. Ii3

articles dont la production n'est pas bornée à certains lieux particuliers , peuvent cependant être produits plus facilement , et à moins de frais dans certains lieux qu« dans tous les autrès. Les articles , par exemple , dont la production exige une grande consommation de combustible , jouiront de ce double avantage dans un pays de houille ; ceux dont la production demande une force motrice considérable, là où se trouve une chute d'eau; et ceux qui exigent une grande portion de travail manuel^ là où les subsistances, et par conséquent le travail , sont à bon marché.

. Toutes ces causes sont palpables. Il en est une autre qui exige un peu plus d'explications. Si deux pays peuvent produire Tun et l'autre deux articles , du blé et du drap par exemple , mais avec une facilité relative différente , chacun de ces deux pays trouvera de l'avantage à se borner à la production d'un seul des deux articles en question , et à le troquer contre l'autre. Si l'un des deux pays peut produire un de ces articles avec des facilités particulières , et que l'autre pays puisse pareillement produire le second article avec des facilités particulières , on voit tout d'un coup

Il4 * DES ECHANGES.

le motif qui doit engager chacun des deux pays à se borner à la production de Tarticle qui lui offre le plus de facilités. Le motif pour se borner à la production d^un article peut être aussi décisif quand un des deux pays a de plus grandes facilités que T autre à produire les deux articles.

Par de plus grandes facilités , nous enten*^ dons la faculté d^ obtenir le même résultat avec moins de travail. La conclusion sera encore la même en supposant le travail plus ou moins chèrement payé. Supposons que la Pologne produise du blé et du drap avec moins de travail que l'Angleterre , il ne s'ensuivra pas qu'il ne soit pas dans l'intérêt de la Pologne de tirer l'un de ces deux article! de l'Angleterre. Si la proportion est la même dans les deux cas ; si , par exemple ^ la même quantité de blé et de drap que la Pologne peut produire avec cent journées de travail pour chaque article , demande cent cinquante journées de travail en Angleterre > la Pologne n'aura aucun motif pour tirer l'un ou l'autre de ces articles de l'Angleterre. Mais si , lorsque la même quantité de drap qui exige cent journées de travail en Pologne , en exige cent

OfeS ÉCHANGES. i i 5

cinquante en Angleterre , il se trouve ^ue la quantité dé blé que la Pologne produit au moyen de cent journées de travail , en exige deux cents en Angleterre , il est dans l'intérêt de la Pologne de tirer son drap de l'Angleterre. L'évidence de ces propositions peut être démontrée de la manière suivante.

Si les quantités de drap et de blé produites en Pologne au moyen de cent jounn^es de travail^ exigeaient chacune cent cinquante journées de travail en Anglelerre , il s'ensuivrait que la quantité de drap qui a coûte cent cinquante journées de travail en Angleterre , aurait en Pologne la même valeur seulement que la quantité de drap qui aurait coûté cent journées de travail dans ce dernier pays ; par conséquent, si l'on échangeait cette quantité de drap anglais contre du blé , elle ne s'échangerait que contre une quantité de* blé ayant exigé cent journées de travail ; mais comme cent journées de travail en Pologne, produisent la même quantité de blé que cent cinquante journées en Angleterre , on n'obtiendrait en écliange d'une Quantité de drap anglais ayant coûté cent cinquante journées de travail, que la inême quantité de blé dont la

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prodtction exige cent cinquante journées de travail en Angleterre. Cette dernière , en important du drap en Pologne , resterait donc à découvert des frais de transport. Dans ce cas , il n^y aurait pas lieu à échange.

Si y lorsque la quantité de drap qui coûte en Pologne cent journées de travail , en exige cent cinquante en Angleterre , le blé produit en Pologne au moyen de cent journées de travail , ne peut l'être en Angleterre à moins de deux cents journées , il en résulte aussitôt un motif pour faire rechange. Avec une quantité de drap qui lui coûte cent cinquante journées de travail , l'Angleterre pourrait alors se procurer en Pologne autant de blé qu'on en produit dans ce pays avec cent journées de travail; mais cette quantité serait égale à celle qu'on o4)tient en Angleterre avec deux cents journées de travail ; l'Angleterre pourrait donc obtenir du blé avec moins de travail au moyen de son drap.

La Pologne de son côté ferait un gain semblable. La quantité de blé qui coûte dans ce pays cent journées de travail , étant égale a celle qui en coûte deux cents en Angleterre ,

pourrait être échangée en Angleterre contre le produit de deux cents journées de travail en tout autre article , par exemple en drap* Mais en Angleterre le produit de cent cinquante journées de travail dans cet article est égal au produit de cent journées en Pologne.

Si donc , avec le produit de cent journées de travail , la Pologne peut se procurer , non pas le produit de cent cinquante journées , mais le produit de deux cents journées, elle fait un gain de la valeur de cinquante journées de travail, c'est-à-dire d'un tiers.

Pour qu'il y ait lieu à échange , il faut deux pays et deux articles.

Quand deux pays peuvent produire les deux articles nécessaires pour qu'il y ait lieu à échange , ce n'est pas la plus grande facilité absolue , mais la plus grande facilité relative qui engage l'un de ces pays à se borner à la production d'un des deux articles et à importer Tautre.

Quand un pays peut ou importer un article ou le produire , on compare ce qu'il en coûterait pour le produire dans le pays , avec ce

Il8 D£S ECHANGES.

quHl en coûterait pour se le procurer du dehors , et si les dierniers frais sont moindres que les premiers ^ on importe Tarticle:

Les frais moyennant lesquels un pays peut importer du dehors, dépendent non-^seulement de ce que Tarticle à importer coûte dans le pays étranger qui le produit , mais encore de ce que coûte l'article qu'on veut envoyer en échange , comparé avec ce qu^il en coûterait pour pix>duire l'article en question , si on ne l'importait pas.

Si un cfuarter de blé est produit en Angleterre au moyen de cinquante journées de tra^ vail , il peut être également dans l'intérêt de ce pays d'importer du blé de Pologne , soit qu'il en coûte en Pologne cinquante journées de travail, ou soix;ante, ou quarante , ou tout sutre nombre pour pi*oduire ce (parier. La seule chose \ considérer est si la quantité de drap , au moyens dç laquelle on peut importer un quairter de blé en Angleterre , coûte moins de cinquante journées de travail dans ce pays.

D'après cela , si la Pologne produit du drap et du blé dans la proportion de huit yard&

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pour un quàrler , et l'Angleterre dans la proportion de dix yards pour un quarier^ Véchange aura lim.

En gênerai , quand avec une même quantité de travail , Fun des deux articles quelconques ÉSt produit en proportion plus grande par rapport à Tautre , dans un pays que dans un autre pays , il est de l'intérêt de tous deux de faire un échange.

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SECTION V

LES ARTICLES IMPORTES SONT LA SOURCE DES BENEFICES qu'on retire du COMBIERCE EXTERIEUR.

De ce qui a été exposé dans le chapitre précédent, on peut déduire une règle générale , ou plutôt une règle d'une généralité absolue. Le bénéfice qu'on retire de l'échange d'un article contre un autre , provient toujours de l'article reçu, et non de l'article donné. Quand un pays fait des échanges , ou en d'autres termes , trafique avec un autre pays , tout l'avantage qu'il retire de cette opération provient des articles importés ; il gagne par l'impor- • tation , et non par aucune autre chose.

Cette proposition semble assez évidente par elle-même pour qu'il soit difiBcile de la rendre plus claire par la démonstration ; cependant elle est si peu d'accord avec les opinions les plus répandues , qu'il ne serait peut-être pas x

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aisé , au iQoyen de quelque démonstration que ce fût, de la faire admettre par certains esprits.

Lorsqu^un homme possède une certaine denrée ou marchandise , il ne peut gagner en s'en défaisant. Il paraît donc que , par cela seul qu'il s'en défait pour en obtenir une autre , il trouve du bénéfice à recevoir cette dernière : il aurait pu garder son article s'il lui eut cru plus de valeur qu'à celui contre lequel il Téchan^ait. Le fait même d'avoir préféré cet autre article au sien , est une preuve qu'il a plus de valeur à ses yeux.

Les faits analogues forment une preuve également concluante , lorsqu'il s'agit des nations. Lorsqu'une nation échange une partie de ses produits contre une partie des produits d'une autrenation ^ ni l'une ni l'autre ne gagne à se défaire de ses produits ; tout le gain de chacune dçit consister dans ce qu'elle reçoit. S^ Ton prétend que le gain d'une autre nation consiste dans l'argent qu'elle reçoit, nous dirons qu'on verra dans le chapitre où nous traitons de la monnaie, qu'une nation ne tire aucun avantage de la possession d'une portion

DKS ECHANGES.

trop grande de métaux précieux, .mais que c'est tout le contraire.

Quant à importer des articles que le pays peut produire , comme dans le cas supposé précédemment du commerce avec la Pologne , nous avons vu que l'Angleterre tirerait son blé de la Pologne , si de la sorte elle pouvait ob* tenir avec le produit de cent cinquante journées de travail en drap une quantité de blé qui lui aurait coûté deux cents journées de travail à produire. S'il ét^it arrivé qu'elle n'eût pu se procurer en Pologne , avec son drap , qu'autant de blé qu'elle en aurait pu produire avec la même quantité de travail , elle n'aurait eu aucun avantage à faire l'échange. Son bénéfice 9 dans le cas où elle en aurait eu , serait provenu , non de ce qu^elle aurait exporté , mais de ce qu'elle eût importé.

lie cas où un pays importe des articles qu'il ne peut produire , es* encore plus simple. Ge pays , ou pour mieux dire , les habitans de ce pays , ont certains produits qui leur appartifisnnent , mais qu'ils consentent à donner pour avoir certains produits d'autres pays. Ils

préfèrent ces derniers ; donc ils obtiennent un bénéfice , non par ce qu'ils donnent (la suppositioYi serait absurde ) , mais par ce qu'ils reçoivent.

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