‹ Élémens d'économie politiqueChapitre 11 sur 27 · SECTION VL · texte numérisé non relu

SECTION VL

BE l'avantage d'employer UN ARTICLE PARTICULIER COMME INTERBIÉDIAIRE DES ECHANGES.

En échangeant des denrées ou marchandises directement, c'est-à-dire en les troquant les unes contre lès autres , les besoins des individus ne pourraient pas être facilement satisfaits. Si un homme ne pouvait disposer que d'un mouton , et avait besoin d'une certaine quantité de pain , ou d'un habit , il pourrait se trouver embarrassé d'une des deux manières suivantes : ou l'homme qui aurait en sa possession l'article qu'il désire obtenir , ne voudrait pas de son mouton , ou le mouton excéderait en valeur l'article désiré, et ne pourrait se partager.

Pour obvier à ces difficultés , il serait heureux qu'on pût trouver un article que tout homme qui a des denrées ou des marchandises dont il veut se défaire , consentît à recevoir ,

et qui pût être divisé en portions tell€*s qu'une certaine quantité d'entre elles se trouvât toujours Correspondre à la valeur de l'article qu'on veut obtenir. Dans ce cas , l'homme qui aurait un mouton , et qui désirerait du pain ou un habit, au lieu d'offrir son mouton pour obtenir ces objets, l'échangerait d'abord contre une portion équivalente de l'article dont nous venons de parler , et avec elle il achèterait le pain et les autres choses' dont il aurait besoin.

Ceci nous donne la vraie notion d'un intermédiaire des échanges. C'est un article quelconque qui , pour opérer un échange entre deux autres articles , est reçu d'abord en échange de l'un , et donné ensuite en échange de l'autre.

Certains métaux, l'or et l'argent par exemple, furent reconnus réunir à un très -haut degré toutes les qualités propres à un intermédiaire des échanges^ C'étaient des articles que tout homme ayant des denrées ou des marchandises à vendre , était disposé à recevoir en échange. Ils pouvaient être divisés en portions telles qu'elles pussent toujours correspondre en valeur à la quantité d'autres

articles qu'un acheteur désirait obtenir. Ils possédaient en outre Tavantage de renfermer une grande valeur sous un petit volume , et celui d'être très-faciles à porter; ils étaient aussi très - peu destructibles , et moins sujets qu'aucun autre article à des fluctuations dans leur valeur. Telles sont les causes qui ont fait de Tor et de l'argent le principal intermédiaire des échanges dans toutes les parties du globe.

Les métaux précieux étaient susceptibles d'être mêlés avec des métaux inférieurs, de manière à ce qu'il ne fût pas facile de le reconnaître, et de la sorte il était possible de recevoir une valeur moindre que celle sur laquelle on comptait. On trouva aussi qu'il était incommode de peser l'or et l'argent chaque fois qu'on avait une vente ou un achat à faire. On imagina alors un expédient propre à remédier à ces deux inconvéniens. Le métal pouvait être préparé ^c manière à avoir un degré déterminé de finesse ; on pouvait le diviser en portions capables de s'appliquer à toute espèce d^achats , et l'on pouvait y appliquer une marque indiquant à la fois le poids de chaque portion et la finesse du mé-

tal. Il est clair que Tapplication de celte marque ne pouvait être confiée qu'à une autorité en qui le peuple eût confiance. Cette opération a été généralement pratiquée par les gouvernemens qui s'en sont résefvé le privilège exclusif. L'opération de donner aux métaux précieux la forme la plus convenable pour servir d'intermédiaire des échanges s'appelle monnayer. Les pièces de métal divisées et marquées de la sorte , ont reçu le nom de monnaie.

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