‹ Élémens d'électricité et de galvanismeChapitre 4 sur 35 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Air commencement du dix-septième siècle , un médecin anglais^ nommé Galbert, créa, pour ainsi dire , une nouvelle branche de connais-* sauces physiques. Dans un Traité publié en 1600, écrit en latin ^ et intitulé de JUagnête ^ • il indique une série de corps dans lesquels Fex* périence lui a fait reconnaître que le frotte* ment développe une faculté attractive observée par les anciens , mais qu ils avaient cru être particulière à une substance minérale ( le succin ou ambre jaune ) , nommée par les Grecs. i).€)bTpoy X dénomination qui a fait appeler corps électriques toutes les substances dans lesquelles Gilbert j et d'autres physiciens ensuite , ont découvert une semblable propriété , le mot électricité ayant été plus particulièrement réservé pour exprimer la cause inconnue de ces phé-^ nomènes.

Daos le cours du dix-septième siècle^ oa ajouta fort peu aux recherches de. Gilbert; seulement le catalogue qu'il avait dressé des corps, susceptibles de contracter la vertu électrique ^ tit augmenté par Boyie , qui découvrit qu'où

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pouvait rendre plus énergique Télectricité , en ayant la précaution d'échauflfer et d'essuyer les corps avaiït de les soumettre au frottement; et à cette occasion il observa que , souvent pefïdant cette opération 9 on apercevait des trainées lumineuses y qu'il regarda comme un nouveau caractère du pouvoir électrique de ces' substances.

Otto de Guericke ( contemporain de Boy le , et inventeur de la machine pneumatique ) con* iirma les expériences de ce physicien , et inventa un appareil dans lequel le corps qu'on veut électriser, éprouvait un mouvement de rotation, qui rendait le frottement plus facile. Cet instrument est , quant au principe ^ le même que celui actuellement si connu sous le nom de machine électrique. Otto de Guericke ^ aidé de ce nouveau moyen , s'assura que constamment ime forte électricité est accompagnée de lumière ; et il découvrit en outre ce fait curieux , que l'attraction électrique est généralement suivie d'une répulsion sensible.

Newton , en 1 675 , remarqua que l'attraction électrique n'était point arrêtée pat l'interposition d'une lame de verre ^ puisque la face opposée à celle qui a été frottée , est aussi capable d'attirer les corps légers , et d'exciler eu eux des mouvemens variés.

Cest au commencement du dix -huitième siècle que parut le premier Traite d'électricité. Il fat publié par Haidiftbée ; il contient Ténu-» mératimi des (aits constatés par ses prédécesseurs , et une série de nouvelles expériences , dont le but principal était de déterminer la na* tore de la lumière électrique. Les découvertes fiiîtespar Hauksbée sont sans doute nombreuses et importantes ; mais elles ne sont point asseif saillantes pour faire époque dans cette science p ce qu'il nous a laissé de {dus remarquable , étant ses recherches sur la production de la lu^ mière électrique dans le vide.

Vers 172g , M. Grey , qui alors cultivait avec avantage cette branche de physique encore clans son enfance , s'efforça de développer la propriété électrique dans tous les corps connos ; il parvint à étendre considérablement là liste des substances douées de cette propriété , cl vit que plusieurs , auxquelles le frottement n'avait pu communiquer la faculté attractive ^ tant qu'elles étaient restées dans leur état naturel , devenaient fortement susceptibles de la contracter lorsqu'on ataît eu la précaution de les chauffer modérément avant de les ffotter : propriété qu'elles perdaient ensuite avec plus ou moins de pN>mptitude en se refroiifissant. Ce Eut indiquait évidemment une relation entre

l'état des corps, et la faculté qu'ils ont d'être rendus électriques ; relation dont M. Grey a d'ailleurs ^ par des expériences subséquentes , développé la nature. On avait jusqu'alors faiâ de vains efforts pour électriser les métaux ei» les frottant. M. Grey s'occupa de ce genre de recherches , et ne fut pas plus heiireux ; mais se rappelant que la lumière électrique se com— munique aux corps ^ lors même qu'ils ne sont pas susceptibles d'être électrisés , il pensa qu'il pourrait en être ainsi du pouvoir attractif* Pour s'en assurer^ il suspendit une boule d'ivoire à un fil de fer, qu'il fixa à l'extrémité d'um tube de verre au moyen d'un bouchon ; et bientôt il reconnut que la faculté d'attirer développée dans le tube par le frottement , était transmise au (il de fer et a Ja boule. Il augmenta la longueur du fil de métal autant que le lui permireut les vibrations communiquées à son appareil ^rs du frottement du tube ; puis, substituant une ficelle au fil de fer, il vit que les résultats étaient encore les mêmes ; enfin il se plaça sur un balcon élevé de trente-six pieds au-dessus du sol, et suspendant la boule à une corde de longueur convenable , il s'as-^ sura qu'elle recevait encore l'électricité du tabe, et attinaitles corps légers placés sur le pavé de la cour. M. Grey s'était associé M. Wheeler;.

Us firent des expériences plus en grand , et dans lune d elles ils parvinrent a transmettre , sans diminution sensible , le pouvoir attractif du tube à une distance de huit fients pieds , employant à cet usage une (Jcelle placée horizontalement. Dans le cours de ces recherches f ils eurent occasion de remarquer qu'un cordon de soie refusait de transmettre Taction attractive du tube , ce qu'ils attribuèrent d'abord à sa ténuité ; mais ils furent promptement désabusés en voyant qu'un fil de métal d'undiamètre beaucoup moindre <9onduisait parfaitement le fluide électDÎque. C'est ainsi qu'ils découvrirent que les divers corps de la nature ont une faculté conductrice différente . Les sas propagent l'électrifité à «une grande distance, et d'autres ne lui permettent pas de fiaochir aucun intervalle sensible. Les premiers Mi été nommés corps conducteurs ^ et les seconds corps non^conducteurs ou électriques. Le docteur Desaguliers parait être le premier qoi ait proposé cette dénomination.

Une coQséqueoce des expériences de MM. Grey et Wheeler semble être, que I4 faculté conductrice dépend* non des dimen-siens des corps, mais de q\ielques. conditions résultant de leur nature y et dont la

càose n*a pâs encore pn être déterminée. En lySa , M. du Fay (membre de Tacadémie royale dés sciences de Paris) répéta les expériences dé M. Grey auxquelles il ajouta quelque chose; il s'assura que la propriété conductrice d'une ficelle , ou de toute autre substance, soit végétale , Èélt animale , dépend particùlièremedt de Feau qu'elle cofatient ; aussi parVint-il à trattemettre Félectricité à une plas graîide <Gstahce en humectant la corde qui detait remplir l'office de conductem*; il reconnut que , particulièrement dans les coi^ fibreux , *Ia faculté conductrice était d'autant moindf^ qu'ils avaient davantage perdu de leur humidité naturelle ; il observa également que les Substances les moins propres à s'électrisèr car frottemeflt , étaient aussi celles qui conduisent le mieux l'électricité^ bien que d'ailleurs il réussit à électriser par conmiunication tons les corps qu'il essaya en les plaçant sur des supports non conducteurs. En conséquence il s'électrisa Itti-mème en se faisant toucher par tth tube frotté » après avoir eu toutefois la précaiition de se faire soutenir au moyen de cordons de soie ; et c'est à cette occasion que M. labbé Nollet , qui l'aidait dans ces expéviences , retira du corjfô humain la première étincelle électrique.

Od doit encore k M. du Fay d'avoÎF , le premier^ donné une explication satisfaisante de la répulsion qt^i accompagne la plupart des expériences électriques. Ce phénomène fut d'àhoti remarqué par Otto de Guericke , auquel il B'écbappa point ^ que non-seulement les fîhmens d'un duvet électrisé s'écartent les uns des autres, mais encore que le duvet lui-même jfait le tube qui lui a communiqué la vertu électrique. M. du Fay trouva dans ce phéno-^ mène ^indication d'un^ principe général en électricité, et que Ton peut ainsi énoncer: K Les corps éjectrisés attirent ceux qui ne le » sont pas , et le^ repou^ent aussitôt que par n k contact ils les Ont fait passer à l'état élec-* n trique ; ainsi une feuille d'or , placée dans le n voisinage d'un tube frotté, est d'abord attir- » rée I pi;iis re poussée aussitôt qu'en le toun chant eMe a. été rendue électrique , et ne » peut être dp Aouveau attirée tant qu'elle » persévère dans cet état; mais s'il arrive qu'elle » touche un corps, quelconque , elle perd son >f électricitff , et çonséquemment est de uoa-t » Veau attirée par le tube , lequel , après lui » avoir donné une nouvelle électricité , la -reii pousse une seconde fois. C'est ainsi que les A attractions et les repulsions subsistent aussi

» long - temps que le tube garde sa puis-' » sance (*). w

En réfléchissant sur ce principe général , cet habile physicien fut conduit à une découve rte de la plus haute importance ^ c'est-à-dire, à reconnaître l'existence de deux pouvoirs attractif distincts y susceptibles d'être développés par le frottement de diverses substances. Le premier^ auquel il donna le nom d'électri* cité vitrée , s'obtient en frottant le verre , le cristal de roche, les pierres précieuses, la laine ^ les cheveux , et beaucoup d'autres substances ; le second, désigné sous le nom d'électricité résineuse , se manifeste lorsqu'on frotte Fambre , la copal , la gomme laque , \e& résines en général, la cire à cacheter, etc. , etc. Les caractères distlncti& de ces deux espèces d'électricités sont de s'attirer fortement l'une l'autre, et de produire des actions diverses lorsqu'on les met en opposition ; tandis que considérées isolément, elles paraissent agir de la même manière sur tous les corps non électrisés ; mais l'effet de Tune est détruit ou affaibli par l'approché de l'autre. Ainsi , une feuille d'or électrisée

(*) Ce principe est ici énoncé à peu près dans le langa^^^e de da Fay et de la phipart de ceux qui lui ont succédé ; mais Bous.aurons occastoo d'y revenir plus tard. *

par le contact du verre frotté s'éloigne an»« sitôt, et ne s'en approchera plus^ tant qa'il persévérera dans son état électrique; maïs cette même feuille sera fortement attirée , si on lui présente un corps résineux quelconque frotté : aussi la verra-t-on s'élancer vers un bâton de cire à cacheter , ou un morceau d ambre , ayec plus de rapidité que vers tout autre corps non electrisé. Tels sont les principaux phénomènes qui conduisirent du Fay à admettre fexistence de deux espèces d'électricité bien distinctes , chacune agissant par répulsion sur ses propres molécales , et par attraction sur celles de la seconde. Ainsi les corps électrisés vitreosement repoussent ceux qui sont dans le même état , tandis qu'ils attirent les corps dans lem* état naturel, et ceux qui sont résineusement électrisés. La résine frottée produirait des effets absolument contraires.

A l'époque où écrivait du Fajr, les déno^ minations , électricités vitreuse et résineuse , devaient sans doute paraître exactes ; mais l'ex^ périence ayant depuis démontré qu'on pouvait, en choisissant convenablement le frottoir, obtenir indistinctement l'une ou l'autre es« pèce , soit du venre , soit de la résine , au mot électricité vitrée on a substitué celui d'e/^ciridié poêitive p et celui d'électriciU, négatit^ê

it Fexpression ëlectricité résiaeiise. FranUia fut rauteur de ces changemens.

Ceux qui , après MM. Grey, Wheeler, du Fay et NoUety s'occupèrent de$ recberches élecfrir ques , dùreat beaucoup à ces physiciens ; leurs découvertes sur la propriété conductrice et non conductrice de certains corps , ayant né* cessairement amené des amélioratious dans la structure de l'appareil élefctrîcpie ^ en mèm^ temps que la généralisation dés faits observés par duJPay, et ses découvertes des deux espèces d'électricités positive et négative^ donnaient à cette science une extension à laquelle on ne peut comparer les progrès qu'elle avait psecé* demuient faits. Aussi i^/:ette époque eUe f^rii un aspect plsa imposant, le noaibse de ceux qui se livraient à ce genre de recherches devint plus considérafalc , et les résultats de leurs travaux sont consignés dafts les recudkls des plus célèbres académies; de l'Europe , dont ils forment un des principattK om^nens.

En 1 74^2 f les Allemand&commaM:èrcaDit'au8ii à s'occuper sévieusexneiil; d'électricité , et ^ ea faisant Hue application convenable des prin;-' cipes découverts par Grey, Ua ameliorènent considérablement l^pareil électricpié : on leur doit la substitution d'un cemssin à la main qui }usqu'aIors a^vait servi de frottoir.; l'idée de

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