PHYSIOLOGIE VÉGÉTALE. 29 HABITATION DES VÉGÉTAUX
Bien qu'un certain nombre de végétaux soient cosmopolites , c'est-à-dire aient la faculté de s'accclimater dans les diverses régions du globe, cependant la végétation s'offre sous un aspect bien divers à différentes latitudes. On a donné le nom de géographie botanique à étude des espèces végétales considérées dans leurs rapports avec les climats qu'elles habitent et qui leur ont été primitivement assi-
gnés pour demeure.
Si nous ne connais— |
sons pas foutes les causes qui ont pu contribuer à la formation de ces cir— conscriplions naturelles dans le règne végétal , il en est cependant que nous pouvons assigner d'une manière cer— taine; ce sont Ja chaleur; Vhumi-
dité , le sol:
1° La cuaLeur paraît être une des causes, si ce n’est la cause principale, qui détermine
la répartition géographique des plantes. Si l’art de la culture est parvenu à naturaliser des végétaux sur un sol qui leur était étranger , jamais on n’a vu ces végétaux abandonnés à eux-mêmes changer spontanément de climat. — "Telle est l'influence de la chaleur sur la végétation , qu’on voit, en allant des pôles vers l'équateur, le nombre des espèces végétales augmenter dans une proportion énorme. Ainsi lon n’en connaît guère qu’une trentaine au Spitzberg, tandis qu'a Madagascar on en 5 I l 5 5 e pl d b C? c -e Les troni le rèo r6oétal .
compte plus de 5.000.—C est entre les tropiques que le règne vegetai se montre dans toute sa magnificence: c’est là que la nature a prodigué ses parfums les plus 5 ÿ 5 [' suaves. ses fruits les plus délicieux. Là nos graminées . nos bruvères sont des d 5 à J
arbres majestueux.
On ne peut séparer de l’action de la chaleur celle de la lumière , si intense dans les
régions équatoriales, et qui a pour effet immédiat, comme nous l'avons déjà vu,
la coloration des végétaux.
2° L'auminiré. — L'aspect des plantes qui vivent dans les lieux humides difière
beaucoup de celui des plantes qui habitent les lieux secs. Celles-ci sontgénéralement plus denses, moins spongieuses, plus velues. De Caxpoucr regardant le degré d'humidité ou de sécheresse comme la cause la plus influente sur la localisation des plantes, a établi, sur cette considération, seize classes de stations ou de localités propres aux végétaux. (Plantes marines ou salines , plantes d'eaux douces, plantes des prairies, plantes des terrains cultivés, plantes des lieux stériles , plantes des foréts, plantes des montagnes, plantes parasites, ete. ) — Il est à remarquer toutefois que des localités analogues n'offrent pas toujours, dans les régions éloignées l’une de l’autre, des espèces congénères ( exception faite même des
plantes cultivées. )
OMLe SOL. — Quoique la chaleur et l'humidité modifient beaucoup l'influence du
sol, cependant on ne peut trouver que dans les propriétés physiques et chimiques de celui-ci la raison pour laquelle certaines plantes ne peuvent vivre que sur les bords de là mer (la soude ) ; sur les murs (giroflée des murailles ) ; dans le gyose, dans les substances animales en décomposition , etc. Il est même, à ce qu'il parait, des plantes dont la présence annonce l'existence de certains minerais.
Un fait extraordinaire , qui ne peut guère trouver son explication que dans cette
sorte d'influence, c'est que certaines espèces, au lieu de se diriger de droite à gauche sous les mêmes parallèles , s'étendent dans la direction des longituces. Le phalangium bicolor, dit Minsez , commence à paraître à Alger, passe er Espagne ; franchit les Pyrénées, et va finir en Bretagne.
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