LES MYRIAPODES
Long-temps réunis aux Insectes dont ils formaient le premier ordre, les Myriapodes en ont été séparés par le docteur Leach, et ensuite par Latreille [Fam. du tèghe anim., p. 322) et constituent aujourd'hui une classe à part qui tient en quelque sorte le milieu entre les Crustacées et les Insectes. Comme ces derniers, ils respirent l'air au moyen de trachées et portent deux antennes ; mais leur corps ne se compose que de deux parties, la téte et le thorax. L'abdomen, c'est-à-dire la portion qui dans les Insectes est dépourvue de pattes, manque. Le thorax est formé d'une suite d'anneaux à peu près tous semblables et égaux entre eux, dont le nombre est au moins de six. Chacun de ces segmens porte deux paires de pattes à sa face inférieure, où il est partagé en deux demi-segmens, dont un seul offre deux stigmates. Il résulte de cette disposition que les paires de pattes sont en nombre double des segmens supérieurs du corps, tandis que les paires d'ouvertures stigmatiques sont en même nombre.
Les mandibules sont formées de deux pièces articulées. Au dessous d'elles est une sorte de lèvre divisée en quatre pièces également articulées, et qui, avec deux paires de petits pieds recourbés et rapprochés sous la bouche, représentent les piedsmâchoires des Crustacés. Les antennes sont courtes, ordinairement de sept articles , un, peu plus renflées vers le bout , ou bien longues, subulées et formées d'un très grand nombre d'articles. Les yeux sont ou simples , et alors souvent réunis plusieurs ensemble, ou composés.
D'après les observations curieuses de M. Paolo Savi, de Pise, ces animaux éprouveraient une demi-métamorphose. En sortant de l'œuf, ils seraient apodes, et ce ne serait que plus tard que leurs pieds se développent. Selon De Geer et M. Gervais , les
jeunes Iules sont pourvus de pieds en sortant de l'œuf. Mais ce qui est fort remarquable, c'est qu'avec l'âge, le nombre des pieds et par conséquent des segmens du corps va en augmentant.
Les Myriapodes vivent ordinairement dans les lieux humides et ombragés, sous les pierres, les feuilles, les écorces, et même dans nos habitations (Scutigère rayé). Leur forme générale est plus ou moins alongée et linéaire, et la quantité considérable de leurs pieds les fait reconnaître facilement. On les nomme vulgairement jnillepieds.
Deux grands genres, les Iules et les Scolopendres, composent cette classe et y forment deux familles distinctes.
1° Les Chilognittes , dont les antennes sont courtes, plus renflées à leur extrémité , et composées de sept articles ; le corps ordinairement cylindrique et crustacé. Ici se rapportent les genres Iule et Glomeris.
2° Les CMtopoites, à antennes longues et subulées, composées d'au moins quatorze articles et quelquefois d'un nombre bien plus considérable, et dont le corps est déprimé et généralement membraneux. Les genres Scolopendre et Scutigère appartiennent à cette seconde famille.