CINQUIÈME CLASSE DES ANIMAUX ARTICULÉS
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Considérations générales.
Les Insectes forment la classe la plus nombreuse du règne animal, et l'on nomme Entomologie la partie de la Zoologie qui traite spécialement de ces animaux. On peut définir les Insectes de la manière suivante : animaux articulés, pourvus de six pieds articulés , de deux antennes , souvent d'ailes , respirant l'air au moyen de tubes pneumatiques nommés trachées , et offrant ordinairement, aux différentes époques de leur vie, des changemens de forme et d'organisation nommés métamorphoses. Ces caractères suffisent pour distinguer les Insectes des autres animaux articulés. Ainsi ils diffèrent des Myriapodes par le nombre de leurs membres , qui est constamment de six; des
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Crustacés respirant nu moyen de branchies , par le nombre de leurs membres et par leur respiration trachéenne; des Arachnides, par leurs deux antennes, qui manquent dans ces dernières , qui de plus ont huit membres au lieu de six.
Le corps de l'Insecte est revêtu extérieurement par une enveloppe souvent pi as ou moins dure et cornée , partagée en anneaux ou segmens de forme et de dimensions très variables. Il est essentiellement formé de trois parties : 1° la tête ou partie antérieure , qui porte la bouche , les yeux et les antennes ; 2° le thorax ou corcelet , d'où naissent les membres et les ailes dans les Insectes qui en sont pourvus - 3° enfin V abdomen ou partie postérieure, ne portant jamais d'organes du mouvement proprement dits. Nous allons étudier successivement chacune de ces trois parties, en suivant ici les travaux publiés sur ce sujet par Latreille, M. Savigny, et spécialement notre ami M. Audouin. C'est lui qui, le premier, a bien fait connaître la nature, les rapports et les variations des diverses pièces dont se compose l'enveloppe cornée des Insectes, en poursuivant d'une manière philosophique ces pièces au milieu de leurs variations, non seulement dans l«s différens ordres de la classe des Insectes, mais encore parmi les Arachnides et les Crustacés , qui sont organisés à peu près de la même manière.
1° La tète ou partie antérieure de l'Insecte , se distingue parce qu'elle porte les yeux, les antennes et les organes de la manducation. C'est ordinairement la partie la moins volumineuse du corps de l'Insecte ; cependant quelquefois elle acquiert un développement très considérable relativement aux autres parties. Les différentes pièces dont elle se compose sont unies si intimement qu'il est fort difficile de les distinguer ; cependant elle est formée de quatre pièces annulaires , qui chacune porte une des parties constituantes de la bouche , comme nous l'expliquerons plus tard en parlant de cet organe. Les antennes sont des appendices ordinairement filamenteux, d'une longueur très variable, composées de pièces articulées les unes à la suite des autres, et dont le nombre, la forme, la proportion relative sont tellement variables , qu'elles fournissent de très bons caractères pour distinguer les différens genres : ce sont, pour les
Insectes, des organes de tact fort délicats. Très souvent la partie antérieure de la téte se prolonge en avant en une pièce articulée de forme très variable , placée au dessus des parties constituantes de la bouche, et que l'on a désignée sous le nom de chaperon.
2° Le thorax ou partie moyenne du corps est vulgairement désigné sous le nom de corcelet. C'est, comme nous l'avons dit plus haut, la seule partie qui porte les organes du mouvement, c'est-à-dire les pattes et les ailes. Il est formé de trois anneaux successifs : le premier se nomme prothoràx : il porte intérieurement la première paire de pattes, mais jamais d'ailes à sa face supérieure ; le second, ou mésothorax, porte en bas la seconde paire de pattes, et supérieurement la première paire d'ailes dans les Insectes tétraptères ; enfin , le mètathorax est le troisième segment du thorax, portant la seconde paire d'ailes et la troisième paire de pattes.
Chacun de ces trois anneaux ou segmens se compose luimême de six pièces réunies trois par trois en deux demi-arceaux superposés, et a reçu un nom particulier; ainsi le demi-segment inférieur offre une pièce impaire et médiane nommée sternum , articulée latéralement avec deux autres pièces , qui sont les épisternum. La pièce moyenne du demi-anneau supérieur est le lergum ou dos , et sur les parties latérales se trouvent les épimères.
Il faut remarquer ici en passant que les appendices qui naissent de chacun des trois anneaux du thorax, comme les pattes et les ailes, sont constamment attachés à l'interstice qui sépare deux pièces , et non à la continuité d'un» pièce unique. Ainsi , les stigmates ou ouvertures extérieures des organes respiratoires correspondent aux intervalles latéraux qui unissent le demisegment supérieur avec le demi-segment inférieur; les deux ailes aux interstices des pièces latérales et de la pièce moyenne des deux demi-segmens supérieurs; les membres, enfin, à la même place dans le segment inférieur.
Les trois anneaux dont se compose le thorax des Insectes prennent un développement différent dans les divers ordres de cette classe , développement qui est en général en rapporUvec
celui des organes appendiculaires que chacun d'eux supporte. Ainsi dans le hanneton, la cantharide et les autres Insectes Coléoptères, le prolhorax et le métathorax sont fort développés, tandis que le mésothorax est à l'état rudimentaire. On se rendra facilement raison de cette disposition en remarquant que les Coléoptères sont à la fois des Insectes volant et marchant : or, le mésothorax porte les ailes supérieures ou élytres , qui sont des organes presque immobiles. Dans les papillons, les abeilles, les mouches et autres Insectes analogues , c'est au contraire le mésothorax qui a pris l'accroissement le plus grand. Ces Insectes , en effet, ne sont pas marcheurs : ils sont pourvus de deux ou d'une seule paire d'ailes, la première toujours^plus grande que la seconde; de là le développement plus grand de la partie moyenne du thorax. Les Névroptères ou demoiselles, qui ont les deux paires d'ailes également développées , ont les deux derniers anneaux du thorax plus grands que le premier. Enfin, dans les Insectes qui marchent et ne volent pas, les trois segmens ont un développement égal, parce que chacun d'eux porte une des trois paires de pattes.
Nous avons dit précédemment que les membres étaient toujours au nombre de six dans les Insectes parvenus à leur état parfait. Chacun d'eux se compose de quatre parties, savoir : la hanche ou partie supérieure^ la cuisse, la jambe, et enGn le tarse, qui varie beaucoup dans les différens ordres et même dans les différens genres, et qui se compose de trois , quatre ou cinq articles ; de là les Insectes trimères, têtràmeres et y entamer es.
Les ailes n'existent pas dans tous les Insectes. Il y en a qui sont constamment aptères à toutes les époques de leur vie; tels sont les poux, les puces, les ricins, etc. D'autres ne portent des ailes qu'à leur état parfait, et sont aptères durant les premières périodes de leur vie, comme les mouches, les papillons, les coléoptères, etc. Ceux qui portent des ailes peuvent en avoir deux ou quatre. Ainsi les mouches et autres Insectes analogues sont essentiellement diptères, c'est-à-dire pourvus seulement de deux ailes. Parmi ceux qui en ont quatre, les uns ont ces quatre ailes à peu près semblables entre elles, et servant également
au vol: telssontles papillons, les abeilles, les libellules ou demoiselles. Les autres au contraire ont les deux ailes supérieures dures, cornées, impropresau vol, servant seulement à recouvrir, à protéger les inférieures pendant le repos : on les nomme èlytres ou étuis; c'est ce qu'on voit dans le hanneton et les autres Insectes qui lui ressemblent, et que pour cette raison on appelle Coléoptères, c'est-à-dir e insectes à étuis. Enfin on voit quelquefois chez certains insectes tétraptères les ailes supérieures participer à la fois des caractères des élytres coriaces et cornées et des ailes membraneuses, comme dans les criquets, les blattes, les punaises des bois, qui ont la partie inférieure des ailes dure et coriace, tandis que leur partie supérieure est mince, transparente et réticulée. Ces espèces d'ailes sont souvent désignées sous le nom de demi-étuis.
3° L'abdomen est la troisième partie du corps de l'insecte, et très souvent la plus volumineuse. Il ne porte jamais les organes propres du mouvement ; mais à son extrémité libre, on voit une ouverture commune à laquelle viennent se terminer les organes génitaux et digestifs. Il se compose d'anneaux mobiles formés de deux demi-segmens superposés. La membrane qui sert à les réunir se prête à leur mobilité, et les rend extensibles à mesure que le corps prend de l'accroissement. Leur consistance est fort variable , mais généralement elle est moins grande que celle des autres parties du corps.
Ces anneaux offrent souvent sur leurs parties latérales des appendices très variés dans leurs formes et leurs fonctions , et à sa partie postérieure et libre l'abdomen se termine soit par des filets très déliés, par un aiguillon, une tarière, etc. Sur les parties latérales et inférieures de ces anneaux , on voit les ouvertures stigmatiques des organes de la respiration.
La bouche des Insectes mérite d'être étudiée avec soin, parce qu'elle présente, dans la disposition des parties qui la composent, d'excellens caractères pour distinguer entre eux les différens ordres. Nous verrons que dans cette classe le régime alimentaire peut être déduit de la forme des parties constituantes de la bouche, qui est toujours en rapport avec lui.
La bouche des Insectes, considérée d'une manière générale.
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se compose de deux lèvres, l'une supérieure , nommée labre, l'autre inférieure, appelée lèvre proprement dite, ou quelquefois languette; de deux paires de mâchoires latérales , les supérieures, nommées mandibules; les inférieures, retenant le nom de mâchoires.
Or, les Insectes se nourrissent ou de matières solides végétales ou animales qu'ils sont obligés de broyer, de réduire en pâte au moyen de leurs organes delà manducation ; ou bien au contraire leurs alimens consistent en matières liquides qu'ils pompent ou sucent dans les tissus des végétaux ou des animaux, toujours au moyen de leur bouche. De là la distinction des Insectes en Insectes broyeurs et en Insectes suceurs. L'organisation de leur bouche est fort différente dans ces deux circonstances, et nous allons la faire brièvement connaître.
1° De la bouche dans les Insectes broyeurs.
Chez les Insectes en grand nombre qui se nourrissent de substances solides, qu'ils doivent préalablement broyer, les diverses parties de la bouche sont très distinctes et souvent fort développées. La lèvre supérieure, ou le labre, est fixée horizontalement au bord supérieur de la tête, dont il représente l'anneau ou segment supérieur, et se prolonge quelquefois de manière à recouvrir en partie la première paire de mâchoires. Celles-ci sont les mandibules, insérées sur les parties latérales et supérieures de la tête au dessous du labre et au second anneau céphalique, formées chacune d'une seule pièce sans articulation; ordinairement dures et cornées, n'offrant aucun appendice , très variables dans leur forme et dans leur grandeur, et offrant dans certains cas de petites dentelures que l'on a comparées aux dents des Mammifères.
Au dessous des mandibules sont les mâchoires proprement dites, qui en diffèrent par leur position et parce qu'elles portent constamment chacune un appendice articulé nommé palpe maxillaire ou antennule, car il représente ordinairement une très petite antenne. Les mâchoires sont des espèces d'appendices naissant du troisième anneau céphalique. Elles sont coudées, présentent une articulation et convergent l'une vers
LES INSECTfiS.
l'autre par leur côté libre, qui se termine souvent par une portion plus membraneuse, généralement garnie de poils et distinguée de la partie inférieure par un étranglement. Quelquefois chaque mâchoire porte deux palpes articulés. La lèvre inférieure ou lèvre proprement dite ressemble en quelque sorte à une troisième paire de mâchoires, mais soudées par leur côté interne. Elle se compose de deux portions, l'une inférieure fréquemment dilatée en forme de bouclier, et qu'on nomme le menton ou la ganache ; l'autre supérieure appelée languette ou ligule. Cette lèvre inférieure porte deux palpes articulés ou palpes labiaux, qui sont insérés sur les parties antérieures et latérales de la languette.
La structure de la bouche telle que nous venons de l'indiquer se rencontre avec de légères modifications dans les carabes, les hannetons, les cantharides et autres Insectes Coléoptères , dans les sauterelles, les blattes, les courtilières et autres Insectes Orthoptères -} dans les libellules ou Névroptères ; le* abeilles , les guêpes , etc. , et autres Insectes Hyménoptères, qui tous sont des Insectes broyeurs.
2° De la bouche dans les Insectes suceurs.
Ces animaux, qui ne vivent que de matières liquides, doivent avoir leurs organes de la manducation modifiés et arrangés pour ce mode d'alimentation. Ils présentent en effet presque toujours une espèce de trompe ou de suçoir rétractile et mobile que l'on a quelquefois considéré, mais à tort, comme une langue. Ce suçoir peut être formé par la lèvre inférieure, ou bien au contraire par les mâchoires. De là deux types distincts dans la conformation de la bouche des Insectes suceurs.
1° La trompe est formée parla lèvre inférieure, qui constitue une sorte de canal ou de gaîne quelquefois striée transversalement, fendue longitudinalement à sa partie supérieure, molle ou plus ou moins dure et coriace, et formant alors une sorte de bec replié en dessous. Dans tous les cas, cette gaîne contient les mandibules et les mâchoires réduites à l'état de soies raides et piquantes ou de petites lamelles aiguës que l'on a comparées a des lames de lancette. La trompe ou galnesert i. 18
seulement à contenir ou à rapprocher les soies ou lamelles avec lesquelles ces Insectes percent les tissus dont ils peuvent aspirer les sucs. Ces soies, en se rapprochant, constituent dans le plus grand nombre des cas un canal d'aspiration. Cette disposition se remarque dans un grand nombre d'Insectes, comme la puce, les punaises, les cigales, les mouches, les cousins, etc.
2° Les mandibules sontpetites et presqu'à l'état rudimentaire; les mâchoires au contraire sont extrêmement longues, surtout leur partie supérieure ou libre, qui forme un long appendice mou et flexible, et qui, réunie avec celle du côté opposé, forme dans les papillons, qui offrent seuls cette disposition, cette longue trompe roulée en spirale que l'on a désignée sous le nom de spirifrompe. La lèvre inférieure ici est petite, triangulaire, et reste appliquée à la base des mâchoires.
Cette différence si tranchée qui existe entre les Insectes broyeurs et les Insectes suceurs quant à l'organisation de leur bouche, ne se fait pas d'une manière brusque et heurtée. Il y a certains Insectes qui servent en quelque sorte à établir le passage entre ces deux groupes. Ainsi dans les abeilles et les autres Insectes qui ont de l'analogie avec elles, comme les guêpes et les frelons, les mandibules sont conformées comme c« lies des Insectes broyeurs ; mais leurs mâchoires sont étroites, alongées, et en se rapprochant l'une contre l'autre elles peuvent former une sorte de tube ou de syphon.
Organes digestifs. — A la bouche que nous venons de décrire succède le pharynx ou commencement du tube digestif, qui s'étend jusqu'à l'extrémité postérieure du corps et se termine par l'anus. Ce canal offre dans les Insectes la même disposition générale que dans les autres animaux, et sa longueur est également en rapport avec la nature des substances dont se nourrit l'Insecte. Ainsi tandis que dans les Insectes carnassiers le tube digestif , à peine plus long que le corps, n'offre pas de circonvolutions, il est au contraire beaucoup plus long et enroulé sur lui-même dans les Insectes herbivores. On a distingué les différentes portions des organes digestifs sons les nom ; de pharynx, d' œsophage, de jabot, simple dilatation de la partie
inférieure de l'œsophage, de gésier de ventricule chilifique^ et enfin d'intestins grêles et de gros intestins.
Dans son cours le canal alimentaire reçoit deux fluides, la salive et la bile, qui sont nécessaires à la perfection de la digestion. Ces fluides, au lieu d'être sécrétés par des glandes conglomérées, se forment dans des espèces de tubes ou de vaisseaux flottans qui les versent dans le canal digestif. C'est à la portion pharyngienne que viennent aboutir les vaisseaux salivaires, tandis que les vaisseaux biliaires s'ouvrent en général dans l'intestin grêle au dessous de l'estomac.
La nutrition est fort simple dans les Insectes. Le chyle, à mesure qu'il se forme dans les organes de la digestion, transsude à travers leurs parois, et se répand dans l'abdomen, où il est ensuite absorbé par tous les organes intérieurs sur lesquels il se répand.
Circulation. — Tout le long de la paroi interne du dos, on voit dans l'intérieu r de l'insecte un organe tubuleux, sans divisions ou ramifications apparentes, que l'on désigne sous le nom de vaisseau dorsal. C'est ce vaisseau unique qui constitue tout l'appareil circulatoire des Insectes. Les recherches les plus minutieuses des anatomistes, et en particulier celles de Swammerdam,de Lyonnet, de Marcel de Serres, de Cuvier, de Meckel, de Herold et de Strauss s'accordent en ce point que le vaisseau dorsal ne présente aucune ramification. Suivant la plupart de ces anatomistes, ce vaisseau, qui s'étend de la tête à l'extrémité opposés, ne présenterait aucune ouverture qui pût donner issue au liquide qu'il contient. Telle n'est pas , comme nous le montrerons tout à l'heure, l'opinion de M. Strauss.
Le vaisseau dorsal est appliqué contre la paroi interne du dos ; il y est fixé au moyen de petites bandelettes triangulaires composées de fibres que quelques anatomistes avaient considérées comme musculaires, mais qui, selon M. Strauss, sont de nature tendineuse. Dans l'état de vie , on voit cet organe éprouver des dilatations et des contractions successives, dont le nombre n'est pas le même dans les diverses espèces d'Insectes, et qui sont quelquefois tellement fréquentes qu'on en compte jusqu'à cent quarante dans l'espace d'une minute. Le
fluide contenu clans ce vaisseau est incolore ou légèrement coloré en verdàtre; il se coagule et se dessèche avec une grande rapidité.
Beaucoup d'anatomistes ont vu dans cet organe un rudiment de circulation ; les uns une sorte de cœur, les autres une artère unique; quelques uns plusieurs cœurs placés les uns à la suite des autres. Cette opinion est celle qui a généralement prévalu. Cependant un habile anatomiste , M. Marcel de Serres de Montpellier, qui a fait un très grand nombre de recherches sur cet organe , ne la partage pas. Selon lui, il est impossible de reconnaître un organe de circulation dans un tube contractile il est vrai , mai?; sans aucune ramification ni sans communication à l'extérieur. M. Marcel de Serres y voit au contraire un organe c e sécrétion , chargé de sécréter le fluide graisseux qui est si abondant dans le corps des Insectes. Cette opinion a aussi été adoptée par Latreille et Hérold. Mais M. Strauss, dans le magnifique ouvrage qu'il a publié sur l'anatomie du Hanneton, a comba tu cette opinion, et a fait beaucoup mieux connaître la structi re de cet organe problématique. Le vaisseau dorsal , dit-il , es , le véritable cœur des Insectes , étant comme chez les animaux supérieurs l'organe moteur du fluide nutritif, qui au lieu d'être contenu dans des vaisseaux est répandu dans la cavité générale du corps. Ce cœur occupe toute la longueur du dos de l'iibdomen et se termine antérieurement par une artère unique non ramifiée qui transporte le sang dans la tête où elle l'épanché et d'où il revient à l'abdomen par l'effet même de son accumulation dans la tête , pour rentrer de nouveau dans le cœur. La partie supérieure et étroite forme une artère unique non ramifiée , l'inférieure représente le cœur. Cette dernière partie placée dans l'abdomen est divisée intérieurement ( dans le Hanneton , qui fait l'objet de la description de M. Strauss ) en huit chambres successives, séparées les unes des autres par des valvules convergentes, qui ne permettent au sang que de se porter d'arrière en avant d'une chambre dans une autre, jusque dans l'artère qui le conduit dans la tête, mais qui parleur disposition s'opposent à leur mouvement rétrograde. Chaque chambre porte latéralement à sa partie antérieure deux ouvei -
tures en forme de fentes transversales, qui communiquent avec la cavité abdominale , et par lesquelles le sang contenu dans cette dernière peut entrer dans le cœur. Chacune de ces ouvertures est munie intérieurement d'une petite valvule en forme de demi cercle qui s'applique sur elle lors du mouvement de systole. Il résulte de là que quand la chambi 8 postérieure se dilate, le sang ou fluide nutritif contenu dans la cavité abdominale y pénètre par les deux ouvertures dont nous venons de parler et qu'on peut appeler auriculo-ventri&daires . Quand elle se contracte , ces ouvertures se fermant , '.e fluide passe dans la chambre suivante;et ainsi successivement il arrive jusque dans l'artère terminale et céphalique qui le verse dans la téte d'où il se répand ensuite dans les autres parties , pour être de nouveau absorbé par le cœur.
Les recherches importantes de M. Strauss nous p; raissent lever l'incertitude qui pourrait exister sur les fonc ions du vaisseau dorsal, en même temps qu'elles nous en foi t mieux connaître la structure. D'ailleurs, comme nous l'avonf déjà dit précédemment, la disposition du système vasculaire lans les Arachnides pulmonaires conduit évidemment au vaisse m dorsal des Insectes et des Arachnides trachéennes dans lt squelles il existe aussi.
Resjjiration. Les Insectes respirent l'air au moyen le tubes placés dans l'intérieur de leur corps et répandus dans tous leurs organes. Les vaisseaux pneumatophores porten.. le nom de Trachées et s'ouvrent à l'extérieur par des espèces de fentes ordinairement placées sur les parties latérales et inférieures du • corps et qu'on appelle Stygmates , et environnées d'une lame
I cornée.
Les Trachées forment des troncs cylindriques irrcgulièrement ramifiés dont les divisions pénètrent dans le' membranes, les muscles et toutes les autres parties intérieures, e<< jusque dans les ailes, dont les nervures en sont entièrement formées. Elles se composent de trois parties, savoir : deux membranes extensibles et résistantes entre lesquelles est roulé en spirale un petit filet cartilagineux. Assez souvent ces tubes aériens se renflent en dilatations vésiculaires , uniquement composées
par les deux membranes et dans lesquelles manque la lame cartilagineuse. On lésa a ppellées Trachées vésiculeuses.Ledéfaulde lame cartilagineuse fait que ces derniers organes s'affaissent dès qu'ils ne sont plus remplis par l'air. Par leur distribution particulière les Trachées remplacent et représenlent les vaisseaux sanguins , qui manquent en totalité dans cette classe d'animaux. En général le sang ou le fluide nutritif qui a , en circulant dans tous les organes , perdu une partie des matériaux qu'il contenait, revient à un organe unique nommé poumon ou branchie se mettre en contact avec l'air atmosphérique qui lui rend l'oxigène dont il avait besoin. Mais dans les Insectes le fluide nutritif n'est pas renfermé dans un système de vaisseaux , il est épanché dans toutes les parties du corps qui en sont en quelque sorte incessamment baignées et qui y absorbent les matériaux de leur nutrition. Ce fluide serait donc bientôt vicié s'il n'était constamment revivifié par son contact avec l'air atmosphérique qui par le moyen des Trachées et de leurs nombreuses ramifications vont lui porter l'air dont il a besoin pour que ses qualités ne changent pas. Ainsi dans les Insectes , au lieu que ce soit le sang qui vienne dans un point commun chercher l'air dont il a besoin pour reprendre ses qualités nutritives , c'est l'air qui va dans tous les points du corps où se trouve du sang lui porter l'oxigène qui lui est nécessaire pour servir à la nutrition des organes.
Système nerveux. Le système nerveux dans les Insectes ne présente rien de particulier. Il offre la même conformation que dans les autres animaux articulés. Ce sont deux longs filets étendus de la téte à l'extrémité opposée du corps et présentant de distance en distance des espèces de renflemens ou de ganglions dont le nombre varie et d'où naissent toutes les ramifications qui se rendent aux divers organes intérieurs. Celui de ces ganglions qui est situé à la téte représente le cerveau et donne naissance aux nerfs qui se rendent aux organes des sens. Parmi ces nerfs ceux qui vont aux yeux sont remarquables par leur grosseur, disposition qu'explique le grand développement de cet organe dans la plupart des Insectes.
Organes des sens. Les Insectes paraissent pourvus dei cinq
sens qui sont départis aux animaux supérieurs. Mais on n'est pas encore d'accord sur la localisation de quelques uns de ces sens.
Dans les Insectes dont la peau est plus ou moins molle, on peut admettre que le toucher s'exerce par toute la surface de la peau qui se contracte en effet sous l'influence des excitans extérieurs. Mais dans ceux en grand nombre dont la peau est dure et cornée et incapable par conséquent de percevoir, aucune sensation tactile, on admet que les antennes sont les organes du toucher. On voit en effet les Insectes les diriger vers les corps dont ils s'approchent pour en reconnaître certaines propriétés.
Le siège du goût est placé par un grand nombre d'anatomistes à la partie supérieure de l'œsophage ou au pharynx. D'autres au contraire regardent les palpes dont sont armées les mâchoires et la lèvre inférieure comme les organes de cette sensation. Il est hors de doute qu'un très grand nombre d'insectes goûtent en quelque sorte les matières avant de s'en nourrir.
L'odorat est aussi extrêmement développé chez un grand nombre de ces animaux, qui sont attirés souvent de très loin par l'odeur de certaines substances dont ils se nourrissent , même quand elles sont cachées de manière à ne pouvoir être aperçues.Les antennes qui reçoivent les filets les plus antérieurs du ganglion céphalique, filets analogues en quelque façon aux nerfs olfactifs, ont été regardées par plusieurs entomologistes comme l'organe de l'olfaction. Selon M. Duméril au contraire c'est par le moyen des organes respiratoires que les insectes, de même que les autres» animaux, ont la faculté de percevoir les odeurs. C'est donc l'entrée des trachées , c'est-à-dire les ouvertures stygmatiques, qui sont le siège de cette sensation.
Il est hors de doute qu'un grand nombre d'Insectes entendent et sont doués par conséquent de l'organe de l'ouïe ; mais où est placé cet organe ; c'est ce qu'on n'a pu encore découvrir d'une manière certaine.
L'œil est de tous les organes des sens celui qui est le mieux développé dans les animaux qui nous occupent. On distingue
dans les insectes deux espèces d'yeux, les yeux simples et les yeux composés ou à facettes. Les yeux simples que l'on appelle aussi des stemmates varient beaucoup en nombre. On en trouve communément trois qui sont placés sur le sommet de la léte et disposés en triangle. Ils se composent d'une cornée transparente convexe; d'une choroïde assez épaisse, plus étendue en surface que la cornée elle-même, diversement colorée; de trachées qui se distribuent dans la choroïde , et enfin d'un nerf qui naît du ganglion céphalique dont les filets vont se terminer dans la cornée. Les larves n'ont ordinairement que des yeux simples. Dans certains Insectes ils sont associés aux yeux à facettes; par exemple dans les Hémiptères , les Orthoptères, les Hyménoptères, les Lépidoptères, les Névroptères et les Dip~ tères. Mais ils manquent constamment dans les Coléoptères.
Les yeux à facettes ou yeux composés , sont ordinairement très volumineux. Quelquefois ils forment à eux seuls la plus grande partie de la tète , comme on peut l'observer dans les mouches et autres insectes diptères. Leur cornée transparente est très convexe et offre une multitude de petites facettes planes et hexagonales. Chacune de ces petites facettes , peut être considérée comme un œil en particulier, dont elle présente en effet les diverses parties, de sorte que les yeux à facettes sont plutôt la réunion d'un très grand nombre d'yeux distincts qu'un seul organe. Chaque partie en effet présente d'abord un.5 cornée transparente très épaisse , ayant la forme d'un prisme hexagonal tronqué, et que M. Strauss considère comme le cristallin; au dessous de cette partie se trouve une membrane mince et colorée, c'est la choroïde. Elle est appliquée par sa 'face inférieure sur un renflement bulbiforme qui termine l'une des ramifications du nerf optique. Celles-ci sont droites, parfaitement simples et plongées au milieu d'un tissu fibreux. I.iférieurement elles viennent aboutir ii une couche de matière colorée ou à une sorte de choroïde commune , qui est appliquée sur les divisions primaires du nerf optique, lesquelles sont plus grosses, plus courtes et beaucoup moins nombreuses que les précédentes.
Les yeux dans les Insectes sont tout à fait nus et dépourvus de paupières.
JiES INSECTES. ffiSl
De même que tous les autres animaux qui ne respirent pas au moyen de poumons, les Insectes sont dépourvus de véritable
i voix. Cependant un très grand nombre font entendre différens sons , comme une sorte de chant , de stridulation , de bourdonnement , etc. La plupart de ces sons , dit M. Dumeril , peuvent être attribués à des attritions , à des frottemens , à des vibrations rapides communiquées soit aux corps voisins , soit à certaines parois de leur corps conformées de manière à représenter des cordes ou des membranes. Les uns font mouvo/ leur tête sur le corcelet ou celui-ci sur les élytres; d'autres
: font vibrer ces mômes étuis de corne, à l'aide des derniers anneaux de leur abdomen. Chez quelques uns ce sont des bouquets de poils roides, qui frottent à la manière d'une brosse sur des corps solides ; d'autres frappent le bois avec leur téte , comme les Vrillettes ; chez quelques uns , la cigale par exemple , c'est une sorte de tambour ou d'écaillé concave sous laquelle se meut rapidement un cylindre convexe garni de lignes
| saillantes; enfin chez les Sauterelles , les Criquets mâles, ce sont les élytres nn'me qui résonnent en se croisant rapidement ou lorsqu'ils sont frottés vivement par les jambes qui font alors sur ces tables sonores l'office de l'archet d'un instrument à cordes.
Organes de la génération .
Les organes sexuels sont constamment séparés sur deux individus distincts dans tous les Insectes, c'est-à-dire qu'il y a des individus mâles et des individus femelles. Les deux sexes diuerent l'un de l'autre non seulement par la différence des organes de la génération , mais encore par des caractères extérieurs faciles à reconnaître. Ainsi généralement les individus miles sont plus petits que les femelles; leurs antennes sont plus longues, mieux formées; souvent leurs couleurs sont plus vivos, leurs mandibules plus fortes, et ils portent sur la téte ou sur le corcelet des appendices , des cornes qui manquent tout à fait dans les femelles. Celles-ci sont souvent aptères ou munies seulement d'ailes très courtes , tandis que les mâles en ont de bien développées.
LES INSliCTES.
Les organes de la génération sont placés dans l'abdomen et viennent aboutir à l'anus, véritable cloaque qui est à la fois l'ouverture des organes digestifs et générateurs. Ces organes ont une disposition assez variable. Dans les mâles on trouve deux testicules, des vaisseaux pjéparateurs delà semence et un canal éjaculateur , mais sans apparence de pénis : de plus, autour de l'ouverture de ce canal sont des pièces de nature cornée, très variées dans leur forme et destinées à faciliter l'accouplement et à retenir le mâle fixé à sa femelle. Ces pièces constituent ce que l'on a appellé Y appareil copulaleur. Les organes de la femelle sont à peu près conformés comme ceux des mâles. Les ovaires dans lesquels se forment les œufs sont ordinairement des vaisseaux flexueux venant aboutir à un canal ou oviducle qui se termine par le vagin. Très souvent les femelles sont pourvues d'un aiguillon ou d'une tarrière qui manque dans les mâles, et à l'aide de laquelle elle prépare la demeure qu'elle destine à sa jeune postérité.
A très peu d'exceptions près, les Insectes sont tous ovipares.
Le développement des Insectes présente un fait très remarquable , c'est qu'un très grand nombre d'entre eux subissent à différentes époques de leur vie des changemens de forme et de structure , qu'on a désignés sous le nom de métamorphoses. Ces métamorphoses sont complètes ou incomplètes. Dans le premier cas l'Insecte se présente sous trois formes différentes depuis sa sortie de l'œuf, jusqu'à son état parfait. Ainsi le Papillon, au moment où il sort de son œuf, est sous la forme d'une chenille, état sous lequel il est aptère et offre dans la coe formation de sa bouche , sa structure intérieure et sa forme générale, les différences les plus tranchées d'avec son état parfait. La chenille passe à l'état de Nymphe ou de Chrysalide ; et alors elle est immobile et bien différente aussi de son premier état. Enfin la chrysalide se change en papillon. Ce n'est que quand ils sont parvenus à leur dernier état de développement que les Insectes s'accouplent et sont aptes à se reproduire. Leurs autres formes ne sont en quelque sorte qu'un état transitoire pendant lequel leur vie se borne aux actes végétatifs. Ainsi l'Insecte a métamorphoses complètes passe successivement par trois for-
mes pour arriver à celle qu'il doit conserver , savoir la forme de Larve , de Nymphe et l'état parfait.
Mais ainsi que nous l'avons dit tout à l'heure, il y a certains Insectes qui ne présentent que des métamorphoses incomplètes, des demi-métamorphoses. Ainsi par exemple en sortant de l'œuf ils ont en petit la forme qu'ils devront toujours conserver , mais ils manquent d'ailes, et leurs métamorphoses se borneront au développement successif des ailes. Les Blattes , les Sauterelles , etc., sont dans ce cas.
Classification des Insectes.
Les Insectes forment, comme nous l'avons dit , la classe la plus nombreuse de tout le règne animal. Il était donc important pour en faciliter l'étude d'y établir des divisions secondaires ou ordres en aussi gran.l nombre que possible. L'organisation de ces animaux, bien qu'ils constituent une classe fort naturelle , s'est, par les modifications qu'elle présente, prêtée facilement à y établir des ordres dont les caractères sont en général très tranchés. Les organes d'après lesquels sont établis les ordres dans les Insectes sont : 1° l'absence ou la présence des ailes, et dans ce dernier cas le nombre de ces organes. C'est ainsi qu'on obtient trois divisions principales , savoir : 1° les Insectes Aptères, ou ceux qui sont privés d'ailes ; 2° les Insectes Tétraptères qui en ont quatre ; 3° enfin les Insectes Diptères qui n'en ont que deux.
Ce sont particulièrement les organes de la manducation, c'està-dire les différentes pièces composant la bouche, dont les modifications sont toujours en rapport avec le genre d'alimenta lion des Insectes, qui servent à établir les ordres dans chacune des trois subdivisions fondées sur les ailes, c'est-à-dire parmi les Aptères, les Tétraptères et les Diptères. On arrive ainsi à douze ordres (1) dont nous allons présenter ici les caractères, à peu prés tels qu'ils ont été donnés par le célèbre .Latreille ,
(1) Latreille plaçait les Myriapodes, que nous venons de distinguer comme une classe distincte, parmi les Insectes, dont ils formaient le premier ordre.
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que les zoologistes de toutes les nations considèrent a juste titre comme le premier des entomologistes de notre époque :
§ 1. Insectes aptères.
Ie ordre. Les Thysanoures ont i'abdomen garni sur les côtés de pièces mobiles en forme de fausses pattes, ou terminé par des appendices propres pour le saut. Ils sont aptères. Ex. : Les lepismes et les podures.
29 ordre. Les Parasites n'ont pas d'ailes, n'offrent pour organes de la vue que des yeux lisses ; leur bouche est en grande partie intérieure , et ne consiste que dans un museau renfermant un suçoir rétractile. Ex. : Les pous et les ricins.
3e ordre. Les Cyst aptères, dépourvus d'ailes et d'appendices latéraux ou terminaux, propres au saut ou à ,a natation, ont la bouche composée d'un labre, d'une lèvre inférieure et de deux mandibules en forme de crochets. Ils sont parasites et n'éprouvent aucunes métamorphoses. Ex. : Les ricins.
4e ordre. Les Suceurs n'ont pas d'ailes 5 leu bouche est composée d'un suçoir renfermé dans une gaine cylindrique, de. deux pièces articulées. Ex. : La puce.
§ II. Insectes têtrapteres.
6e ordre. Les Coléoptères ont quatre ailes . dont les deux supérieures en forme d'étui ; des mandibules et des mâchoires pour la mastication ; des ailes inférieures pliées simplement en travers, et les étuis crustacés (toujours horizontaux). Us subissent une métamorphose complète. Ex. : Les hannetons, les scarabés, les cantharides.
6e ordre. Les Orthoptères ont quatre ailes , dont les deux supérieures en forme d'étui ; des mandibules et des mâchoires pour la mastication ; les ailes inférieures pliées en deux sens , ou simplement dans leur longueur , et 1 îs étuis ordinairement coriaces , le plus souvent croisés au bord interne. Us ne subissent que des demi-métamorphoses. Ex. : Les blattes, les sauterelles , etc.
7e ordre. Les Hémiptères ont quatre ailes , dont les deux supérieures en forme d'étuis crustacés , avec l'extrémité mem-
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braneuse, ou semblables aux inférieures , mais plus grandes et plus fortes; les mandibules et les mâchoires remplacées par des soies formant une sorte de suçoir renfermé dans une gaine d'une seule pièce, articulée, cylindrique ou conique, en forme de bec. Ex. : Les punaises, les cigales, les cochenilles.
8e ordre. Les Névroptères ont quatre ailes membraneuses et nues , des mandibules et des mâchoires pour la mastication ; leurs ailes sont finement réticulées , et les inférieures sont ordinairement de la grandeur des supérieures , ou plus étendues dans un de leurs diamètres. Telles sont, par exemple, les libellules ou demoiselles.
9e ordre. Les Hyménoptères ont quatre ailes membraneuses et nues; des mandibules et des mâchoires pour la mastication; les ailes inférieures plus petites que les supérieures. L'abdomen des femelles presque toujours terminé par une tarière ou par un aiguillon. Ex. : Les cynips , les fourmis, l'abeille, le bourdon.
10e ordre. Les Lépidoptères ont quatre ailes membraneuses, couvertes de petites écailles colorées , semblables à une poussière; une pièce cernée en forme d'épaulette rejetée en arrière, insérée au devant de chaque aile supérieure ; les mâchoires remplacées par deux filets tubulaires réunis, et composant une espèce de langue roulée en spirale sur elle-même. Ex. : Les papillons.
§ 1III. Insectes dipthres.
11e ordre. Les Rhipiptères ont deux ailes membraneuses et plissées en éventail, deux corps crustacés, mobiles, en forme de petites élytres, situées a l'extrémité antérieure du thorax; et pour organes de la manducation , de simples mâchoires en forme de soies avec deux palpes. Ex. : Les lénos.
12e ordre. Les Diptères ont deux ailes membraneuses étendues , accompagnées dans presque tous de deux corps mobiles, en forme de balanciers, situés en arrière d'elles , et pour organe de la manducation un suçoir composé d'un nombre variable de soies , renfermé dans une gaine inarticulée , le plus souvent
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sous la forme d'une trompe , terminée par deux lèvres. Ex. • Les mouches, les cousins , etc.
Le tableau suivant résume les caractères distinctifs de ces douze ordres , dont nous ferons connaître ensuite l'organisation avec plus de détails.
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