I'ES HÉMIPTÈRES
naison d'alumine avec la matière colorante de la cochenille ou la carminé.
Plusieurs autres espèces du genre cochenille méritent encore d'être citées ici , telles sont les suivantes :
2° La Cochenille do kermès , Cocons ilicis L.
Cette espèce de cochenille est plus grosse que celle du nopal. Elle vit sur une petite espèce de chêne commune dans les endroits rocailleux , sur le bord des chemins dans le midi de la France, et que les botanistes désignent sous le nom de Quercus cocciferah. La femelle est d'un noir violet, couverte d'une poussière blanchâtre, d'une forme globuleuse, et de la grosseur d'un pois. On doit recueillir cette cochenille lorsqu'elle s'est enveloppée de filamens légers, qui lui forment une sorte de coque , au moment où elle se dispose à pondre ses œufs.
Le kermès végétal se trouve dans le commerce sous la forme de petits grains globuleux de la grosseur d'un pois, luisans, déchirés du côté où l'animal adhérait aux feuilles ou aux jeunes branches du chêne sur lequel on l'a récolté. Ces grains sont extrêmement légers et friables. M. Lassaigne a obtenu les matériaux suivans de l'analyse qu'il a faite du kermès végétal :
Matière grasse , jaune ;
Matière colorante , rouge , analogue à la carminé ; Coccine, ou matière animale particulière ; Phosphates et muriates.
Le kermès végétal nous vient des provinces méridionales de la France. Il est fort usité à cause de son principe colorant, qui est plus fixe que celui de la cochenille du Mexique , mais moins brillant. En pharmacie , on se sert très peu de cette substance. Néanmoins on en prépare encore un sirop , et elle entre dans la confection alkermès , qui en a tiré son nom. Mais n l'une ni l'autre de ces deux préparations ne sont fréquemment usitées.
3° La Cochenille de Pologne, Coccus Polonicus L. La femelle est d'un brun rougeâtre , ovoïde, s'attachant aux
1ES NEVROPTERES.
racines du Scleranthus perennis, petite plante de la famille des Paronychiées, commune dans les lieux sablonneux, et de quelques autres plantes. On la trouve non seulement en Pologne, en Russie , mais en France. Avant l'introduction en Europe de la Cochenille du nopal , elle était pour la Pologne une branche intéressante d'industrie. Mais aujourd'hui on ne l'emploie guère qu'en Allemagne et dans les autres pays où on la récolle» Son principe colorant est également fort beau.
Enfin , c'est à la suite de la piqûre d'une espèce de ce genre {Coccus lacca Kerr.) que quelques végétaux qui croissent dans l'Inde, comme le cioton lacciferum , laissent exsuder une matière résineuse, connue sous les noms de laque ou gomme laque.
M. Yirey a publié , dans le tome X du Journal complémentaire des sciences médicales, quelques détails sur une espèce de cochenille qui , à la Chine , entre dans la composition d'une sorte de bougie.
HUITIÈME ORDRE
LES NÉVROPTÈRES.
LesNévroptères, ainsi que les ordres suivans, sont dépourvus d'élytres ou étuis. Ils ont quatre ailes membraneuses et réticulées égales entre elles , ou les inférieures uu peu plus grandes que les supérieures ; deux lèvres, deux mâchoires et deux mandibules très fortes j l'abdomen sessile sur le thorax , et les femelles ne portent jamais d'aiguillons à l'extrémité de leur abdomen. Cet ensemble de caractères suffit pour distinguer les Névroptères des autres ordres d'insectes à côté desquels ils sont placés. Ainsi , on ne peut les confondre avec les Hémiptères- Homoptères , qui ont également quatre ailes membraneuses et réticulées , à cause de la conformation de leur bouche qui les distingue de suite. Les Hyménoptères ont , comme les Névroptères, quatre ailes membraneuses et réticulées, des mandibules et des mâchoires; mais ces organes trèsalongéset minces ne servent plus à broyer les alimens, maisplutôt à sucer : de plus, leurs ailes inférieures sont constamment plus petites que les supé-
VUS .NÉVHOPTÈllES.
ricurcs, et les femelles sont armées d'un aiguillon à l'extrémité de leur abdomen , qui est attaché au thorax par un étranglement, et non sessile comme celui des Névroptèrcs.
Les antennes des Névroptères sont souvent filiformes , composées d'un grand nombre de petits articles. Parmi ces insectes, les uns éprouvent des métamorphoses complètes, les autres seulement des demi - métamorphoses , quelquelois les deux ailes inférieures sont presque oblitérées ou même manquent presque complètement, comme on le voit dans quelques Kphémèi es qui n'ont que deux ailes.
Tous ces insetes sont plus ou moins carnassiers, môme dans leurs différens états. Plusieurs volent avec une très grande rapidité, comme les Libellules par exemple.
Les Névroplères peuvent se partager en trois tribus, savoir :
Ve Tribu : IXévroptères sibulicornes.
Les antennes, composées de sept articles, sont subulées, à peu près de la longueur de la tète. Cette tribu comprend :
1° Les Libellules {Libellula L.), vulgairement Demoiselles , qui volent avec rapidité à la surface des eaux.
2° Les Éphémères {Ephemera L.), dont la vie est à peine de quelques heures, et qui dans les beaux jours volent au coucher du soleil dans nos jardins.
2e Tribu : Névroptères planipen.nes.
Les antennes, composées d'un grand nombre d'articles, sont p^us longues que la tète ; les ailes sont nues et réticulées.
1° Les Panorpes ou Mouches-Scorpions (Panorpa L. ) , qui ont l'extrémité antérieure de leur tète rétrécie en bec.
2° Les Fourmilions ou Myrmiléons {Myrmileon L.) , dont la larve se creuse dans le sable des excavations en forme de cône, qui lui sert de piège pour prendre les Fournis et les antres petits insectes dont elle se nourrit.
3° Les Hémérobes ( Hemerobius L. ), nommées Demoiselles terrestres , qui ont le corps mou , leurs ailes très grandes et inclinées; leur vol est lourd.
4° Les Termites (Termes L.), appelés aussi Fourmis blanches
T.ES ttY-MÉNOPTERES.
ou Poux de bois, qui dans les régions tropicales causent de si grands ravages, surtout à leur état de larve. Comme les Fourmis proprement dites , elles vivent en sociétés excessivement nombreuses et élèvent souvent, au dessus du sol, des habitations ou nids en forme de bornes ou de pyramides en terre qui ont quelquefois huit à dix pieds de hauteur.
3e Tribu : Névroptères plicipennes.
Ils ont les ailes inférieures ordinairement plus larges que le» supérieures , et plissées suivant leur longueur. Ils manquent de mandibules.
Cette tribu se compose du grand genre des Friganes (Phry^ ganea L.), insectes qu'on voit voltiger le soir dans nos jardins , et que leur ressemblance avec de petites Phalènes a fait nommer par Réaumur Mouches papillonacées.
Cet ordre ne contient aucun insecte usité en médecine.
NEUVIÈME ORDRE
Ils ont quatre ailes membraneuses transparentes non réticulées, mais simplement veinées ; les deux inférieures constamment plus petites que les supérieures ; deux mandibules et deux mâchoires ; ces dernières en forme de valves, étroites, alongées, creusées en gouttières à leur face inférieure , attachées au fond de la bouche , souvent repliées en dessous, la lèvre inférieure; renfermée à sa base dans une sorte dégaine coriace. Ces organes en se réunissant forment une espèce de bec ou de trompe* disposition qui fait que les Hyménoptères se nourrissent plutôt de matières fluides, telles que les sucs des végétaux, qu'ils ne broient des matières solides. L'abdomen est le plus souvent attaché au thorax par une partie rélrécie, et il porte à son extrémité une tarière ou un aiguillon.
Les antennes sont variables , quelquefois môme suivant les sexes, mais le plus souvent elles sont filiformes, sétacées et formées d'un grand nombre d'articles ; les métamorphoses sont complètes. Plusieurs de ces insectes qui vivent en société sont
3»'v> LES HYMENOPTERES.
remarquables par leur industrie et par les soins qu'ils donnent à leur progéniture.
La tarière, qu'un grand nombre de femelles portent à l'extrémité de leur abdomen, est un organe destiné à creuser la cavité dans laquelle la femelle doit déposer ses œufs jusqu'au moment où ils doivent éclore. Cette tarière se compose de trois pièces , deux latérales, rapprochées en forme de gatne ou d'élui, contenant la tarière proprement dite , qui est raide , pointue , et souvent dentée en scie; d'autres fois ce sont deux lames en forme de couteaux, dentées sur leurs bords et striées transversalement.
L'aiguillon est une arme puissante dont ces insectes se servent pour l'attaque et la défense. Il se compose également de trois pièces ; l'une en forme de canal, qui contient l'aiguillon formé de deux pièces réunies en une seule. L'aiguillon offre aussi assez souvent à son extrémité de petites dentelures ; il est percé d'un canal, à l'aide duquel l'insecte lance dans la plaie qu'il a faite une liqueur extrêmement âcre , sécrétée par des organes spéciaux, et qui est cause de la douleur et desaccidens que l'on éprouve toujours à la suite de la piqûre des Abeilles , des Frelons, des Guêpes, etc.
Les Hyménoptères forment deux sous-ordres bien distincts , suivant que les femelles portent une tarière ou un aiguillon.
1er Sous-Ordre : Hyménoptères térêbrins.
Les femelles sont munies d'une tarière. Ce sous-ordre comprend deux familles.
lre Famille : JLes JPorte-Scie.
La tarière est en forme de scie , et l'abdomen est attaché au thorax par toute sa largeur. Tels sont les Tenthrèdes et les Sirex.
2e Famille : E<es Pupivores.
La tarière est en forme de canal ou d'oviducte , et l'abdomen ne tient au thorax que par une partie souvent très rétrécie et comme filiforme; tels sont : 1° Les Ichneumons ou mouches vibrantes , dont les femelles déposent leurs œufs dans le corps
d'un grand nombre de Chenilles , afin que leurs larves , au moment de leur éclosion,se nourrissent des parties intérieures de ces Chenilles dans lesquelles elles sont placées.
2° Les Cynips ou Gallicoles, qui introduisent leurs œufs sous l'épiderme des végétaux , et y occasionnent des excroissances connues sous le nom de Galles. Nous décrirons tout à l'heure la noix de galle , si usitée en médecine et surtout en teinture.
3° Les Chrysides ou Guêpes dorées, si remarquables par l'éclat métallique des couleurs de leur corps.
2e Sous-Ordre : Hyménoptères porte- aiguillon.
Les femelles portent à l'extrémité de leur corps un aiguillon rétractile ; cependant quelques unes , telle» que les Fourmis , en sont dépourvues; mais elles sécrètent néanmoins une humeur irritante qu'elles lancent par leur ouverture anale. Les antennes filiformes sont constamment composées de douze articles dans les femelles et de treize dans les mâles.
V Famille : WjC» MMétérogynes.
Facilement reconnaissables en ce qu'ils se composent de deux ou de trois sortes d'individus, dont les femelles ou les neutres sont dépourvus d'ailes. Cette famille comprend le grand genre des Fourmis {Formica L.), que l'on divise en plusieurs genres distincts.
Ces petits animaux , si incommodes et si nuisibles , vivent en sociétés très nombreuses, et occasionnent souventdetrès grands dégâts dans nos jardins et jusque dans nos habitations, en dévorant les feuilles , les fruits , le sucre et les matières animales dont nous nous nourrissons. Chaque espèce, dit Latreille (1) , se compose de trois sortes d'individus : les mâles et les femelles qui ont des ailes longues , moins veinées que dans les autres Hyménoptères de cettesection, et très caduque; ; etles neutres, privés d'ailes, et qui ne sont que des femelles dont les ovaires sont imparfaits. Les deux premières sortes d'individus ne se
(1) Règne animal de Cuvier, 2' édit. t. V, p. 308.
3a*S ''ES HYMENOPTERES.
trouvent sons leur dernière forme que passagèrement dans l'habitation : ils en sortent dès qu'ils ont acquis des ailes. Les Illftles, très inférieurs aux femelles pour la taille, les fécondent au milieu des airs, où ils forment avec elles des essaims nombreux, et périssent bientôt après sans rentrer dans leur ancien domicile. Ces femelles, propres à devenir mères, s'éloignent de leur berceau , et, après avoir détaché leurs ailes au moyen de leurs pattes, fondent un nouvel établissement. Quelques unes cependant, parmi celles qui s'accouplent au voisinage de la fourmilière , sont retenues par les neutres qui les ramènent dans l'habitation, les empêchent d'en sortir, leur arrachent les ailes, et les contraignent ainsi à y faire leur ponte.
Ce sont les neutres qui sont chargés de tous les soins relatifs à l'éducation des petits, à la construction de leur demeure commune , et à réunir les substances qui doivent leur servir d'alimens. Aussi les voit-on se répandre au loin par séries ou par files , et revenir chargés du butin qu'ils ont pu faire. Une fourmilière, qui au premier abord paraît n'être que confusion et désordre, est au contraire pour l'observateur attentif l'image de l'ordre le plus parfait : ce sont des conduits ou des rues tracées avec une sorte de régularité, dans lesquelles circule un peuple de travailleurs. Les larves , connues vulgairement sous le nom d'œufs de fourmis , sont de la part des neutres l'objet des soins les plus assidus.
2e Famille : Etes fouisseurs.
Ces insectes sont également connus sous le nom de Guêpes ichneumons. Tous les individus sontailésetviventsolitairemenl. Leurs pieds sont souvent disposés pour fouir. L'étranglement de leur abdomen est ordinairement très long. Leurs larves étant apodes et presque immobiles, ce sont les femelles qui sont chargées du soin de les nourrir.
Tels sont les Sphex , les Pompiles , etc.
3° Famille : Mies JDiptoptères.
Les ailes supérieures sont doublées longitudinalement. Le corps est glabre , de couleur jaune ou fauve, tacheté de noir.
Les Guêpes {Vespa L,) et leurs subdivisions composent cette famille.
4e Famille : Etes jfleMUfères.
Les deux mâchoires sont très alongées, et forment avec la lèvre une espèce de trompe dont l'insecte se sert pour pomper le nectar qu'il trouve au fond des fleurs. Les deux membres postérieurs sont disposés de manière à pouvoir recueillir le pollen des fleurs, qui sert à leur nourriture et à celle de leurs larves.
Cette famille comprend les Abeilles, les Bourdons, et les genres nombreux formés du démembrement de ces deux grands genres. Ces insectes , remarquables par leur instinct et leur sociabilité, comprennent trois sortes d'individus: les mâles, les femelles et les neutres. Elles déposent dans les trou» souterrains, où leurs œufs sont enfouis, des Insectes ou des Chenilles qui doivent servir à l'alimentation des larves au moment où elles éclosent.
Nous allons décrire maintenant les produits que l'ordre des Hyménoptères fournit à la médecine et aux arts; savoir :1a noix de galle , produite par le Cynips gallœ linctoriœ ; le miel et la cire fournis par l'abeille, apis mellifica.