‹ Élémens d'histoire naturelle médicale (volume 2)Chapitre 27 sur 170 · Partie employée : l'humeur nommée Civette · texte numérisé non relu

Partie employée : l'humeur nommée Civette

La civette est un animal des contrées les plus chaudes de l'Afrique , du Congo , de la Guinée. Sa grandeur est celle du renard . mais plus alongée et moins élevée sur ses pattes. Son pelage est cendré, jaunâtre, avec des lignes et des taches irrégulières et noires. Son poil est long, dur. hérissé, et formant une sorte decrinière sur le dos, crinière que l'animal peut relever à volonté. La queue estun peu moinslongue que le corps, noire à son extrémité, annelée vers sa base. La tète est alongée, le museau pointu. Entre l'anus et la vulve dans la femelle , et le prépuce dans le mâle , est l'ouverture de la cavité dans laquelle se fait la sécrétion de l'humeur musquée. Cette cavité , dont la grandeur varie suivant les individus, est une poche qui s'étend entre le reclum fi\ le vagin : nu fond de cette cavité s'ouvrent

deux autres poches plus petites, à parois glanduleuses , inégales et bosselées extérieurement , et dont chaque bosselure correspond à un follicule, sécrétant une humeur épaisse, grasse ; chacun de ces follicules en contient encore d'autres plus petits dans son épaisseur, qui versent le produit de leur sécrétion dans la cavité commune. Là, cette humeur s'épaissit et prend la consistance d'une espèce de pommade.

Les civettes sont des animaux farouches etrapaces, ayant des habitudes nocturnes comme nos fouines et nos renards. Elles ▼ivent d'oiseaux, de petits quadrupèdes, d'œufs, de poissons, et même quelquefois de substances végétales.

Pour se procurer plus facilement le parfum de la civette, les habitans des pays où vit cet animal ont l'habitude de l'élever en domesticité. Pendant long-temps môme les Hollandais en ont ainsi conservé un grand nombre à Amsterdam. On les place dans des cages assez étroites pour que l'animal ne puisse se retourner ; on ouvre la cage par derrière; on le saisit et on le fixe par la queue , et avec une petite cuiller d'argent faite exprès, on racle l'humeur amassée dans la poche , et on la place dans un vase, que l'on bouche avec grand soin. Celte opération peut se répéter toutes les semaines et môme deux fois par semaine.

La civette est une matière épaisse , grasse , onctueuse, ayant la consistance du miel ou de l'axonge. Sa couleur est brune , quand elle est ancienne ; mais à l'état récent elle est presque blanchâtre. Son odeur est extrêmement forte et désagréable, sa saveur âcre et chaude. D'après l'analyse qui en a été faite par M. Boutron-Charlard {Journ. pharm., t. 10, p. 538), la civette se compose des substances suivantes : ammoniaque, élaïne, stéarine, mucus, résine, huile volatile , matière colorante jaune et quelques sels.

Propriétés et usages. Cette matière est bien peu employée en médecine de nos jours ; les parfumeurs seuls en font encore usage. Cependant, d'après ses qualités, on doit penser que la civette a des propriétés analogues à celles du castoréum et du musc , c'est-à-dire que c'est un stimulant et antispasmodique énergique. On trouve encore dans quelques pharmacopées la

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LES CAKNASSIEI\S.

formule d'une teinture de civette , seule forme sous laquelle on l'administre.

L'animal que nous avons décrit précédemment n'est pas le seul qui fournisse la civette ; une autre espèce du même genre, le zibeth [viverra zibelha , L.), qui habite les Indes orientales, en fournit également une quantité très considérable. Plusieurs autres animaux carnassiers sécrètent également dans une poche analogue à celle de la civette et du zibeth , une matière grasse d'une odeur forte et désagréable.

3e Famille. Carnivores amphibies*

Leurs organes du mouvement sont en rapport avec le milieu dans lequel ils vivent habituellement. Leurs membres sont courts, en partie cachés sous les tégumens, et leurs doigts réunis par des membranes lâches, qui en font des espèces de rames. Aussi ces animaux, qui sont lestes et agiles dans l'eau , se traînent-ils avec peine à terre , où ils rampent plutôt qu'ils ne marchent.

Celte famille ne contient que les deux genres suivans : 1° Les Phoques {Phoca L.), reconnaissables à leur forme alongée, à leur tête comme carrée , à museau tronquée ; leurs membres sont engagés sous la peau jusqu'à la partie qui représente la main et le pied , qui sont larges et comme palmés. Ce sont des animaux généralement doux, faciles à apprivoiser, vivant dans les mers etjessentiellemenl ichthyophages. Le phoque commun ou veau marin [P. vîtulinà L.) , d'un gris jaunâtre et marbré, long de 4 à 5 pieds, se trouve par grandes troupes sur nos côtes. Les mers polaires en nourrissent des espèces qui acquièrent quelquefois des dimensions considérables .- tels sont le phoque à trompe ou éléphant marin (P. proboscidea), le lion marin (P, jubata), etc.

2° Les Morses {Trichechus L.) , qui ont la forme des Phoques , s'en distinguent de suite par deux énormes défenses qui naissent de la mâchoire à la place des canines , se dirigeant vers le bas , et ayant quelquefois près de 2 pieds de longueur. L'espèce la plus commune est connue sous les noms de vache marine ou cheval marin {T. rosmarus L.). Elle acquiert parfois

LES MARSUPIAUX

jusqu'à 15 fit 20 pieds de longueur et vit dans les mers polaires*

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