‹ Élémens d'histoire naturelle médicale (volume 2)Chapitre 5 sur 170 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

sont dépourvus d'organisation et d'organes. Jamais dans les premiers , même à leur état parfait de développement, nous n'observons ces formes symétriques et régulières, ces figures géométriques en un mot, qui caractérisent les corps anorganiques. Ici ce sont presque toujours des formes plus ou moins arrondies, plus ou moins irrégulières , et qui varient à l'infini dans chaque individu de la même espèce.

De nouvelles différences viendront, encore frapper notre esprit, si nous comparons entre eux les corps organisés et les corps bruts , quant à leur origine et à leur mode de développement ou d'accroissement.

Un corps organisé , c'est-à-dire une plante ou un animal, provient constamment d'un autre être parfaitement semblable à lui , et dont il a tiré son origine. Aune certaine époque , il s'en est séparé sous la forme de germe , d'œuf ou de graine , ayant reçu , par suite d'une fonction qu'on nomme génération , le principe de la vie et du mouvement sans lesquels il ne peut se développer. Il a donc été créé. Le corps brut , au contraire , se forme de toutes pièces , toutes les fois que les élémens simples qui le composent se trouvent dans les circonstances favorables pour que leur réunion s'opère. Uhomme peut à sa volonté former un sel , de l'eau \ des marbres , en combinant ensemble , et dans des proportions connues , les molécules dont le sel , l'eau ou ces marbres se composent. Cette formation , cette origine première des corps bruts, sont tout-à-fait sous la dépendance des causes physiques et chimiques , et chaque jour l'observateur attentif peut en quelque sorte surprendre la nature sur le fait au moment où se forment de nouvelles substances minérales.

x*1 INTRODUCTION.

Dans un être organisé, le germe de. toutes les parties qui doivent plus tard le composer, même lorsqu'il sera parvenu à son accroissement le plus parfait, existe dès l'origine. Ainsi le grain de blé confié à la terre , le gland qui doit reproduire le chêne majestueux , pré* sentent à l'observateur et la racine qui doit s'enfoncer dans le sol , pour y fixer le végétal et y puiser sa nourriture , et la lige et les feuilles qui doivent s'élever à l'extérieur. La germination, ou l'acte par lequel ces diverses parties se dégagent des enveloppes qui les recouvraient, ne crée aucune de ces parties; seulement , par suite des phénomènes qui l'accompagnent , elles augmentent de volume, de longueur, changent ou modifient leurs formes primitives , pour prendre celles qui doivent convenir à l'exercice de la fonction qui leur est confiée. Les matériaux ou substances alimentaires qui sont destinés à fournir a cette augmentation, à cet accroissement des parties d'un être organisé, sont introduits dans l'intérieur de ces parties, et agissent par une force qui tend à les développer de l'intérieur vers l'extérieur, par une sorte iïiniussusceptio7i, ainsi que le disent les naturalistes. Tant que cette force existe , et son existence est le résultat nécessaire de l'organisation et de la vie, le corps s'accroît. Mais à une certaine époque sa puissance commence à s'affaiblir ; la nutrition languit, l'accroissement cesse, tas sources de la vie se tarissent , et la mort arrive. Ainsi , dans l'existence d'un être organisé , nous remarquons plusieurs périodes distinctes ; il s'accroît, se développe , reste dans un état stationnaire , auquel succèdent la décrépitude et la mort.

Quelles différences ne va pas nous offrir le corps

INTRODUCTION. Xlll

brut examiné sous le même point de vue ! Sa formation primitive, ainsi que nous l'avons vu tout à l'heure, est en quelque sorte due au hasard. Son augmentation de volume a lieu tant que de nouvelles molécules viennent s'ajouter, s'étendre à sa surface extérieure. Ainsi, tandis que les êtres organisés s'accroissent par intussiisception , les corps anorganiques se développent par juxtaposition de nouvelles molécules. Ici cet accroissement n'est pas limité ; une masse de rocher , de marbre, peut sans cesse augmenter de volume, jusqu'à ce qu'une cause extérieure et accidentelle y vienne, mettre obstacle , en détruisant la force de cohésion qui retenait réunies les molécules constituantes du corps.

Entre ces deux grandes divisions des corps de la nature nous trouvons encore d'autres différences, si nous "examinons 'l'a "stfiictuit des parties qui les composent. Ainsi, les corps organisés sont formés, comme nous l'avons dit , de parties élémentaires ou de tissus variés et de nature diverse ; tels sont le tissu cellulaire , les muscles, les vaisseaux , les nerfs , les membranes, etc. 11 en résulte que cette structure varie suivant la partie de l'être dans laquelle on l'observe. Au contraire, les corps bruts n'étant formés que de molécules similaires, chaque partie de la masse offre toujours les mêmes caractères de structure que la masse entière dont elle faisait primitivement partie. Il résulte de là que les corps organisés sont beaucoup plus compliqués dans leur structure que les corps anorganiques. Dans les premiers, ce sont des élémens de nature diverse^ se combinant ensemble pour former certaines parties

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