‹ Élémens d'histoire naturelle médicale (volume 2)Chapitre 8 sur 170 · INTRODUCTION. XVII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XVII

sensibilité, qui Sexiste nullement parmi les végétaux. C'est cette sensibilité qui préside à plusieurs fonctions ; c'est elle qui fait que les animaux sentent, qu'ils ont des volontés, des désirs, des sens pour les mettre en rapport avec les corps extérieurs. Le système nerveux présente de très grandes différences dans les diverses classes d'animaux. C'est en général un axe plus ou moins renflé dans différens points de son étendue, d'où partent une foule de ramifications qui se répandent dans les diverses parties de l'animal, et qui fait que ces parties ne peuvent être influencées d'une manière quelconque sans que la réaction s'étende au centre commun , qui en donne la conscience à l'animal.

Les végétaux, au contraire, n'ont pas de nerfs. Cependant M. Datrochet a cru pouvoir assimiler au système nerveux les granules colorés qu'on observe dans le tissu végétal. Nous avons réfuté ailleurs cette opinion. ( Voy. Nouv. Elémens de botanique et de physiol. végétale, 6e édit.) Il ne faut pas confondre avec la sensibilité , fonction inséparable du système nerveux qui en est l'organe , l'excitabilité , qui n'est qu'une propriété de tissu, commune à tous les êtres organisés. Si certains végétaux exécutent quelques mouvemens , c'est en vertu de celte propriété.

La structure des animaux est plus compliquée que celle des végétaux , c'est-à-dire que le nombre des élémens organiques qui les forment est beaucoup plus considérable. En effet , dans les plantes , l'analyse ne nous montre que deux tissus élémentaires , le cellulaire et le vasculaire. Mais dans les animaux nous trouvons des os, des muscles , des nerfs , des vaisseaux de

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plusieurs ordres, des membranes de nature variée, etc.

Les végétaux , de même que les animaux , exécutent des mouvemens partiels ; mais il n'y a que ces derniers qui jouissent de la faculté de se déplacer en totalité pour se transporter d'un lieu dans un autre : en un mot , la locomotion volontaire n'existe que dans les animaux.

Nous avons déjà indiqué les différences que présentent les animaux et les végétaux , quant à leur mode de nutrition. Les substances qui servent à cette fonction ne sont pas non plus les mêmes dans ces deux classes d'êtres. Ainsi, tandis que les animaux se nourrissent de substances appartenant au règne organique , les végétaux, au contraire, n'absorbent et n'emploient à leur nutrition que des substances anorganiques, comme de l'eau , des gaz et des sels , etc.

Enfin , l'analyse chimique nous fournit encore un moyen de distinction entre les deux grandes classes de corps organisés, en nous montrant dans les animaux la prédominance d'unprincipe (l'azote), qui n'existe pas , ou du moins que bien rarement , dans les plantes.

Certes , il est difficile de confondre des corps dont les différences sont aussi tranchées. Cependant cette distinction n'est plus aussi facile, quand on descend des animaux et des végétaux les plus compliqués, pour comparer entre eux ceux dont l'organisation est la plus simple. On trouve alors que les caractères les plus importans , comme la faculté de se mouvoir , la sensibilité et l'existence d'un canal pour les alimens , disparaissent chez plusieurs animaux ; tandis que certaines plantes, comme la sensitive, les conferves, par

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