POISSONS CARTILAGINEUX
2° Les Raies {Rata t.). La forme déprimée et discoïde de ces poissons les fait facilement distinguer. Leur tête, entièrement confondue avec le reste du corps , porte supérieurement les yeux et les évents; tandis que la bouche, les narines et les ouvertures branchiales sont placées à la face inférieure ; les nageoires pectorales sont très grandes, charnues, et bordant Je contour du corps ; la queue est souvent très longue et très étroite.
Parmi les espèces nombreuses de ce genre, nous citerons les suivantes : 1° La Raie bouclée (R. clavata L.), dont la peau, plus ou moins âpre, porte des tubercules garnis chacun d'un aiguillon recourbé; 2° la Torpille ocellée (Torpédo narke Risso) ; 3° la Torpille de Galvani (T. Galvanii Riss.). Ces deux espèces sont communes dans nos mers, et présentent, ainsi que toutes celles de ce genre (Torpédo Dum.), auquel elles appartiennent, le phénomène que nous avons déjà signalé dans le Mélaptérure et le Gymnote, c'est-à-dire la faculté de produire de très fortes décharges d'électricité. L'appareil dans lequel cette électricité se produit et s'accumule est placé dans la partie supérieure de la tête et du corps. Il se compose d'une multitude de petits tubes très serrés les uns contre les autres , et partagés en petites cellules pleines de mucosité par des cloisons transversales. C'est une arme redoutable dont la Torpille se sert pour l'attaque et pour la défense. Elle peut étourdir et tuer même quelquefois les Poissons, les Mollusques et autres animaux marins sur lesquels elle dirige le courant de ses batLeries électriques.
2e Famille. Les CfjcMostotnes. Ainsi que leur nom l'indique, ces poissons se distinguent de ceux qui forment la famille précédente par la disposition de leur bouche. Leurs mâchoires, au lieu d'être superposées , sont réunies de manière à former une ouverture dont l'intérieur est garni de dents plus ou moins fortes et résistantes. Aussi ces poissons sont-ils essentiellement suceurs et non broyeurs, comme les Sélaciens. Leur forme est alongée, cylindrique, et semblable à celle de l'Anguille ; ils n'ont ni nageoires pectorales, ni ventrales; leur squelette est presque membraneux, et réduit en quelque sorte à la colonne vertébrale.
Les Lamproies (Petromyzon L.), qui forment le type de cette
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famille, ressemblent tout à fait pour leur forme à nos anguilles, dont on les distingue de suite par leur bouche circulaire et l'absence des nageoires. La grande lamproie (P. marinus L.), qui est longue de deux à trois pieds, jaunâtrq, et marbrée de brun, est commune sur nos côtes et remonte dans les grands fleuves. La lamproie de rivière (P. fluviales L.), moitié moin» grande que la précédente, est d'un vert noirâtre en dessus, blanche et argentée en-dessous. Elle vit dans les lacs et les rivières. Ces deux poissons ont la chair très délicate.