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Z?e /<z coquille des Mollusques.
P* Avant de tracer les caractères des diverses classes de Mollusques , nous allons donner quelques détails sur la structure de la coquille et son, mode de développement- On peut reconnaître
ANIMAUX MOLLUSQUES. S0t>
deux formations de nature différente dans la coquille : l'une lamelleuse, et l'autre vitrée. Celle-ci se forme communément en dernier lieu, car la coquille peut être considérée comme le résultat d'une sécrétion analogue à celle des dents.
Le premier dépôt se forme par lames qui se superposent, et à la face interne desquelles s'ajoutent successivement des lames plus récentes, de telle sorte que les dernières repoussent à l'extérieur les premières déjà formées.
Quelquefois ces lames restent bien distinctes les unes des autres, comme on le voit dans plusieurs espèces d'huîtres., et alors les coquilles ont manifestement une structure feuilletée. D'autres fois, au contraire, ces couches, fort minces, sont intimement unies et à peine distinctes. On voit enfin , dans certaines coquilles, les pinnes-marines, par exemple, que chaque couche se compose de fibres perpendiculaires. Quand la coquille est parvenue à son dernier degré de développement, et que par conséquent elle cesse de croître, la couche intérieure est formée par le dépôt vitreux, et cette couche présente fréquemment une couleur différente du reste de la coquille et souvent très vive. Dans le contour même de la coquille, ce dépôt constitue assez souvent des bourrelets plus ou moins épais , qui modifient de diverses manières la forme de la bouche de la coquille , et quelquefois même y produisent des éminences ou des dents, comme dans le genre Monocéros , par exemple.
La couleur de la coquille varie avec l'âge, et il y a a cet égard des différences telles qu'au premier abord on pourrait prendre pour des espèces différentes des individus de différens âges appartenant en réalité à la même espèce.
Nous avons dit que la coquille était le résultat d'une sorte de sécrétion. C'est souvent sur le bord libre du manieau, partie ordinairement plus renflée et qu'on nomme le collier, que les cryptes muqueux chargés de cette sécrétion sont plus abondans. Néanmoins il en existe aussi sur d'autres points du corps de l'animal.
La lumière ne paraît pas exercer une bien grande influence sur la color.ition des coquilles, car fréquemment ce sont celles qui vivent au fond des mers, enfoncées dans le sable, qui offrent
les couleurs les plus vives. Cette remarque peut également s'appliquer aux Poissons. Souvent, dans les Mollusques, la face interne est plus vivement peinte que la face externe ; et, ce qui n'est pas moins remarquable , c'est que dans quelques espèces de peignes, l'une des valves est plus colorée que l'autre ; l'animal est en général d'une teinte moins prononcée que la coquille qui le renferme.
On sait qu'un grand nombre de coquilles offrent des couleurs irisées qui dépendent de la manière dont la lumière est décomposée par les lamelles dont elles sont composées. Une remarque fort importante a été faite par Hatchett, relativement à la composition chimique de ces coquilles irisées : c'est qu'elles contiennent toujours beaucoup plus de matière animale que les autres qui ne le sont pas ; ainsi ce chimiste en a quelquefois retiré jusqu'à 34 pour cent.
Ces couleurs brillantes et irisées ne sont assez souvent visibles que quand on a enlevé la couche extérieure de la coquille, comme on le voit dans certaines espèces de Turbo et d'Haliotide.
D'autres coquilles ont cela de remarquable que les diverses couches dont elles sont composées offrent des teintes différentes. Ainsi, dans certaines espèces des genres Nasse et Turbo, les couches externes sont d'une teinte différente des internes.
La peau des Mollusques se prolonge quelquefois sous la forme de tubes plus ou moins alongés. Dans plusieurs Gastéropodes, ces tubes sont enveloppés dans un prolongement tubuleux de la coquille qu'on nomme le syphon. D'autres fois la présence de ces tubes détermine seulement des échancrures de forme et d'étendue différentes.
Les coquilles ne sont pas toujours formées d'un même nombre de pièces. Ainsi celle des Oscabrions se compose de plusieurs pièces disposées en série longitudinale à la suite les unes des autres et un peu imbriquées. Dans les Anatifes, ces pièces sont nombreuses et en nombre impair, et non arrangées symétr. piement. Elles sont réunies en cercle ou en couronne dans les genres Balane et Coronule. Enfin , et ces deux dispositions sont de beaucoup les plus fréquentes, on trouve des coquilles bivalves et univalves.
Suivant le milieu qu'elles habitent , on les distingue en terrestres, fluviatiles et marines.
Les coquilles terrestres sont constamment univalves : leur épiderme est généralement verdâtre. Elles sont plus minces et plus fragiles qne celles qui vivent dans les eaux, et surtout dans les eaux de la mer. Quant aux coquilles marines, elles sont univalves , bivalves ou multivalves.
On a encore distingué les coquilles en coquilles vivantes et coquilles fossiles.
Les coquilles univalves sont quelquefois enroulées sur ellesmêmes, et cet enroulement se fait constamment dans le même sens : c'est toujours de la droite vers la gauche , de telle sorte que quand on regarde la coquille par sa face inférieure, la bouche est placée à droite ; les exceptions à cette règle sont peu nombreuses. Néanmoins, il y a quelques coquilles dont la bouche est tournée à gauche. Hélix aspers «même offre des individus qui présentent l'une ou l'autre de ces deux positions , presque indistictement.
On appelle spire la partie enroulée; columelle, l'axe autour duquel se fait l'enroulement. Quelquefois cet axe est remplacé par un vide ou une cavité , et la coquille alors est dite ombiliquée. Le nombre des tours de la spire est le même dans une même espèce , mais il varie suivant l'Age , sans cependant qu'il puisse rigoureusement servir à le déterminer, car il varie suivant les diverses périodes. Ainsi, il est plus rapide dans les premières années.
Comme l'accroissement est successif dans les coquilles, il se manifeste souvent à leur surface externe par des stries plus ou moins parallèles qui forment des varices , des bourrelets , des épines , etc. , etc.
i Dans une coquille univalve on distingue plusieurs parties. Ainsi la gorge {faux) est toute la partie de l'ouverture delà coquille que l'on peut voir à l'extérieur. La bouche {os) est le bord même de la gorge. Elle se divise en deux lèvres : la gauche appliquée sur la columelle, et la droite qui lui est opposée.
Quelquefois le Mollusque ne remplit pas toute sa coquille.
3°° A\I.UAUX MOLLUSQUES.
II laisse derrière lui , dans la partie enroulée , des espèces de loges séparées par des cloisons régulières. Ces coquilles se nomment polijthalamcs.
L'âge entraîne des différences énormes dans la forme de la coquille. C'est ainsi que certaines espèces de porcelaine (Cyprea) à leur état jeune sont minces et ont la forme d'olives. La bouche dans la jeune coquille n'est jamais bien formée; elle est plus ou moins mince et incomplète.
Il y a certains Mollusques dans lesquels les sexes sont séparés. Chez eux les coquilles varient suivant le sexe. Ainsi , dans la femelle , le dernier tour de spire est plus renflé.
Les coquilles bivalves présentent aussi plusieurs parties à distinguer. Ainsi on appelle, 1° crochets ou nates , les extrémités des valves placées en dehors de la charnière et qui forment des saillies plus ou moins considérables ; 2° corselet , la partie antérieure des crochets, dans laquelle s'insère le ligament quand il est extérieur ; 3° lunule , la partie généralement déprimée placée au dessous des crochets; 4° charnière, celte portion du bord supérieur de chaque valve , qui est modifiée pour assurer l'articulation des valves. Elle est dentée , c'est-à-dire qu'elle présente des dents, ou parties saillantes, dont le nombre, la forme et la position varient, ou bien el le est simple ou êdentée. On comprend que lorsque l'une des valves présente des dents, l'autre doit offrir des enfoncemens correspondans pour les recevoir. On tire beaucoup de caractères génériques de la charnière pour distinguer les coquilles bivalves. 5° Enfin le ligament est l'organe ordinairement corné et élastique qui sert à unir les deux valves. Il peut être interne ou externe ? dans ce dernier cas il recouvre en partie le corselet.