‹ Élémens d'histoire naturelle médicale (volume 3)Chapitre 100 sur 187 · CINQUANTE-SEPTIÈME FAMILLE · texte numérisé non relu

CINQUANTE-SEPTIÈME FAMILLE

RUBIACÉES. — RUBIACEM,

Les Rubiacées constituent une famille très naturelle , extrêmement nombreuse en genres exotiques (1), qui se reconnaissent aux caractères suivans : tige berbacée ou ligneuse^ feuilles opposées , toujours simples et entières , avec des stipules intermédiaires, ou verticilîées et sans stipules. Le calice est adhérent avec l'ovaire infère 3 son limbe est entier ou à quatre ou cinq divisions ) la corolle est monopétale , régulière , de forme variée, à quatre ou cinq lobes; elle est épigyne, et donne attache à quatre ou cinq étamines. L'ovaire est tantôt didyme, à deux loges monospermes; son sommet est garni d'un disque épigyne jaunâtre , surmonté par un style profondément bifide, portant deux stigmates capitulés (c'est ce qui a lieu dans nos genres européens). Tantôt il est à deux ou à plusieurs loges polyspermes , et surmonté d'un style et d'un stigmate simple ou bifide. D'autres fois enfin , il offre quatre , cinq ou un plus grand nombre de loges , qui contiennent chacune un ou plusieurs ovules. Les Rubiacées croissent dans les diverses contrées du globe, mais néanmoins elles sont plus fréquentes dans les régions méridionales et surtout dans les pays intratropicaux. Toutes les espèces européennes ont les fleurs petites et les feuilles verlicillées. Elles appartiennent à la première Iribu^ celle des Aspérulées. Les espèces tropicales au contraire sont fréquemment ligneuses, à feuilles opposées avec des stipules intermédiaires, et offrent des fleurs dont l'éclat égale souvent la grandeur.

(I) Dans un mémoire général sur cette famille, qui se compose d'environ cent soixante genres , nous avons établi onze sections ou tribus naturelles dans la famille des RubiaCécs. Ne devant traiter ici que du petit nombre de ces genres qui fournissent quelque produit à la thérapeutique , il nous a été impossible d'offrir un exemple de chacune de ces sections. (Voy, Mém, soc. hist. nat., t. V.)

RUBIACÉES.

PRF.M»ÈRK TRIBfJ.

LES ASPÉUULÊES.

Fruit indéhiscent, à deux loges monospernie?. ■

GALIET. — GALIUM. L. J.

Corolle monopétale régulière, rolacée, à quatre divisions étalées • quatre étamines ; un style bifide portant deux stigmates globuleux: fruit diakène globuleux ^ didyme, nu , sec, lisse, glabre ou hérissé de piquans. Fleurs quelquefois polygames.

Galiet jaune. Galium verum, L. Sp. 155.

Nom pharmaceutique : galium luteum. Nom vulgaire : caille-lait. Partie usitée : les sommités fleuries.

Sa racine est vivace. Ses tiges sont dressées , rameuses , pubescentees à la base , hautes d'environ douze à dix-huit pouces. Ses feuilles sont verticillées ordinairement par huit : elles sont linéaires, étroites, aiguës au sommet, entières, d'un vert foncé en dessus, d'un vert clair en dessous. Les fleurs sont jaunes, disposées en une grappe interrompue , alongée , terminale. Chaque fleur offre un calice adhérent avec l'ovaire infère , à limbe nul , non denté; une corolle rotacée , à quatre lobes aigus, très étalés. Quatre étamines dressées et saillantes. Le style est bifide , terminé par deux stigmates capitulés. Le fruit est ua diakène globuleux, didyme , glabre , non tuberculeux.

Cette plante est excessivement commune aux environs de Paris. Elle croît dans les haies , les prés secs, les bois, et fleurit pendant la plus grande partie de l'été. 1^

Propriétés et usages. galiet jaune ou caille-lait a long-temps passé pour posséder la propriété de cailler le lait. Mais on sait aujourd'hui , à n'en plus douter, qu'il n'a point cette vertu. Ses sommités fleuries ont une odeur assez forte et une saveur légèrement amère et aromatique : fort en usage autrefois comme antispasmodiques et diaphorétiques, elles sont à peu près inusitées actuellement. Quelques auteurs n'ont pas craint de lui attribuer une propriété en quelque sorte spécifique dans le trai-

Sou BOTANIQUE.

tcment de maladies dont les moyens curallfs doivent autant varier que les causes nombreuses qui peuvent les produire, telles que l'ictère 5 les affections convulsives, l'épilepsie, etc.

ASPÉRUtE. - ASPERULA. L. J. Rich. Rub.,t. \,{.\.

Corolle raonopétale , régulière , tubuleuse , évasée , à quatre divisions réfléchies; quatre élamines; un style bifide; deux stigmates globuleux; diakène globuleux , didyme, nu, ordinairement glabre.

AspÉRULE, HERBE A l'esqutnancie. Asperulu cynanchica. L.

Sp. 151.

Nom pharmaceutique : rubia cynanchica. Partie usitée : toute la plante.

Cette petite plante forme des touffes étalées, Sa racine est vivace , et donne naissance à une tige rameuse dès sa base, étalée sur la terre , à rameaux redressés à leur extrémité supérieure , glabres, carrés et comme géniculés , longs d'environ un pied. Les feuilles sont opposées, quelquefois quaternées, alongées, étroites , linéaires, aiguës , glabres ; les inférieures plus courtes sont obtuses et mucronées. Les fleurs sont blanches, légèrement lavées de rose , et disposées en petits bouquets à l'extrémité des ramifications de la tige. Le calice est adhérent avec l'ovaire infère ; son limbe est nul , non denté. La corolle est tubuleuse , évasée , subcampaniforme , à quatre divisions ovales , aiguës , réfléchies. Les étamines, au nombre de quatre , sont attachées et incluses dans la corolle. Le style est simple inférieurement , plus court que la corolle , bifide à sa partie supérieure et portant deux stigmates globuleux , didyme , sec, nu , à surface un peu chagrinée.

Cette aspérule croît sur les pelouses , dans les bois , le long des allées. Elle fleurit pendant la dernière moitié de l'été. ^

Propriétés et usages. Cette plante , légèrement astringente , était autrefois très usitée en gargarismes dans les inflammations peu intenses de la gorge. Ses racines peuvent remplacer la garance, et fournissent comme elle une couleur rose : aussi portet-elle dans quelques pays le nom de rubéole ou petite garance. Mais le principe colorant est encore bien plus abondant dans

nCBl4CÉjIS.

5ui

une autre espèce nommée pour cette raison àsperula iincioria , qui est un peu plus grande dans toutes ses parties , offre une lige dressée, et croit dans les lieux montueux. Elle est très commune dans la forêt de Fontainebleau.

AspÊRULE ODORANTE. Asperula odorala. L. Sp. 159.Blackw.,

Noms vulgaires : petit muguet, hépatique des bois. Partie usitée : les

sommités fleuries.

Cette espèce est vivace ; sa racine est rampante ; sa tige dressée j carrée , à quatre angles saillans , très glabre, haute de six à huit pouces, portant des verticilles de feuilles au nombre de huit à neuf , qui sont ovales , lancéolées , rétrécies à la base , ciliées sur leurs bords. Les fleurs sont blanches, assez grandes, en bouquets terminaux, et dichotomes au sommet de la tige. Les fruits sont hispides. L'aspérule odorante croît dans les bois couverts et un peu humides , aux environs de Paris , dans la forêt de Montmorency. Elle fleurit en mai. 1^

Propriétés et usages. Son odeur est fort agréable , surtout quand la plante a été desséchée. Elle passe pour diurétique. On l'administre en infusion thciforme, mais on en fait rarement usage.

Page 1