‹ Élémens d'histoire naturelle médicale (volume 3)Chapitre 99 sur 187 · CINQUANTE-SIXIÈME FAMILLE · texte numérisé non relu

CINQUANTE-SIXIÈME FAMILLE

VALÉRIANÉES. - VALERIANEJE.

Les Valérianées sont des plantes herbacées , à feuilles opposées , à racines très odorantes dans les espèces vivaces ; les

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fleurs sont nues et disposées ordinairement en panicules ou en corymbes rameux. Le calice est adhérent : son limbe est denté ou roulé en dedans et formant un bourrelet circulaire. La corolle est tubulcuse, quelquefois bossue ou éperonnée à sa base; le limbe est à cinq lobes inégaux : le nombre des étamines varie de une à cinq; l'ovaire est uniloculaire , surmonté d'un style simple et d'un stigmate le plus souvent triparti. Le fruit est un akène couronné par les dents du calice, ou par une aigrette plumeuse , formée par le déroulement du limbe du calice. La graine renferme un embryon droit et épispermique. Les plantes de cette famille , pendant long-temps réunies aux Dipsacées, s'en distinguent par leurs fleurs nues, sans involucre particulier , et non disposées en capitules ; par leur embryon dépourvu d'endosperme.

VALÉRIANE. - VALERIATSA. L. J.

Limbe du calice formant un bourrelet qui se déroule en une aigrette plumeuse j corolle tubuleuse un peu oblique et bossue à sa base , à cinq lobes inégaux. Trois élamines attachées au haut du tube. Akène couronné par une aigrette plumeuse.

Valériane officinale. Valeriana officinalis . L. Sp. 45. Lamk.

Illust. t. 24. f, 1.

Nomjpharmaceutique : valeriana. Partie usitée : la racine.

Sa racine est formée d'un faisceau de fibres épaisses et blançhâtres , alongées , recouvertes de petites fibrilles grêles et déliées. Elle est presque inodore dans son état de fraîcheur , et acquiert en se desséchant, une odeur très pénétrante et fétide, et d'une nature particulière. La tige est dressée , simple inférieurement , offrant quelquefois deux ou trois rameaux dichotomes à sa partie supérieure. Elle est cylindrique , striée , velue , surtout à sa partie inférieure , haute d'environ trois à quatre pieds. Ses feuilles sont opposées , les inférieures pétiolées , les supérieures sessiles , très profondément pinnalifides et comme pinnées , à segmens lancéolés , étroits , aigus , presque entiers. Les fleurs sont petites , d'un blanc rosé , disposées en une espèce de cyme au sommet de la tige. Les pédoncules

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se trifurqiient trois h quatre fois avant de porter les fleurs. A la base de chaque trifurealion sont deux petites bractées linéaires très algues. Chaque fleur est elle-même environnée et comme embrassée par une bractée trifide à son sommet , de la même hauteur que le calice. Le calice est adhérent , par son tube, avec l'ovaire infère. Ce tube est ovoïde, alongé , strié. Le limbe est roulé en dedans , et forme un simple bourrelet , qui , après la défloraison , se déroule et se déploie en une aigrette plumeuse , qui couronne le fruit. La corolle est tubuleuse , presque hypocratériforme. Le tube est très étroit à sa base , légèrement bossu et un peu évasé à sa partie supérieure. Le limbe est plus ou moins étalé , à cinq divisions obtuses , un peu inégales. Les étamines, au nombre de trois, sont attachées au haut du tube de la corolle ; elles sont alternes avec trois des divisions qu'elles ne dépassent point. L'ovaire est infère, à une loge qui contient un seul ovule; il est surmonté d'un style filiforme , grêle, plus long que la corolle , et portant à son sommet un stigmate triparti , à divisions très étroites et glanduleuses du côté interne. Le fruit est un akène ovoïde, alongé, strié , couronné par une aigrette plumeuse , formée par le déroulement du limbe du calice.

La valériane habite les bois un peu ombragés, aux environs de Paris. Elle fleurit en mai et juin. ^

Propriétés et usages. C'est la racine seule qui est employée : elle a une saveur âcre et amère, une odeur pénétrante et fétide. Elle a été étudiée par plusieurs chimistes , Tromsdorff, Pentz, Grote , Etting; elle contient : huile volatile, acide valérianique , résine, extractif aqueux , matière particulière, amidon.

L'huile volatile de valériane est un des principes actifs de cette racine; préparée par les procédés ordinaires, elle est un mélange d'une huile d'odeur camphrée et d'acide valérianique.

L'acide valérianique a été découvert par Pentz , étudié par Tromsdorff et Etting. On le retire de l'huile de valériane en la battant avec de l'eau et de la magnésie et distillant; l'huile se volatilise, l'acide reste combiné à la magnésie : on le sépare de cette nouvelle combinaison au moyen d'»n acide et par la

distillation. Cet acide ressemble beaucoup aux acides gras volatils; il est liquide , oléagineux , d'une odeur particulière, repoussante, qui a beaucoup d'analogie avec celle de la valériane; il bout à 132°, se dissout dans 30 parties d'eau j et en toutes proportions dans l'alcool et dans l'éther.

La valériane augmente d'une manière marquée l'action de» différens organes de l'économie animale ; elle y développe tous les phénomènes de la médication stimulante. C'est un médicament très actif et très usité. Elle est puissamment excitante et agit secondairement comme antispasmodique , emraénagogue , sudoriGque et vermifuge. On l'administre ordinairement en poudre , à la dose de demi-gros à deux gros , dans les cas d'hystérie ou d'épilepsie. On l'a donnée avec succès , seule ou vinie aux amers, pour combattre les fièvres intermittentes • en un mot, elle est très tonique et stimulante; elle paraît être aussi légèrement narcotique. Son eau distillée , son extrait, sont moins employés que la poudre. L'odeur de la racine de valériane, qui est pour nous si repoussante, exerce sur les chats une action tout à fait différente. Ils la recherchent avec avidité. Aussi les voit-on se rouler sur cette plante , qu'il est fort difficile de défendre contre leurs attaques. Elle semble les jeter dans un état d'ivresse, analogue en quelque sorte à celui que l'opium détermine chez les Orientaux.

On peut employer aux mêmes usages les racines de grande valériane ( V. phu L. ), de petite valériane ( p^. dioïca L. ), et le Nard celtique ( racine des V. celtica et V. supina L. ) autrefois très usitées, mais tombées en désuétude de nos jours, parce qu'en effet ces racines sont loin d'être aussi actives que celles de la valériane officinale.

MACHE. — FALERIANELLA. Mœnch.

Limbe du calice à cinq dents persistantes : corolle tubuleuse, courte , à cinq lobes inégaux : deux ou trois étamines attachées au haut du tube : akène couronné par les cinq dents du calice.

VALÉRIANKF.S,

Mâche cultivée. Faleriandla olitoria. Mœnch. Melh.

Noms vulgaires : mâche, blanchette, boursette , clairette, doucette, etc.

Petite plante annuelle , h tige dressée , haute de six à dix pouces, dichotome, cylindrique, glabre, un peu cannelée. Feuilles opposées , alongées , sessiles , étroites , entières ou dentées ; les radicales sont obovales très obtuses , rétrécies à leur base et comme spathulées ; fleurs très petites , violacées ou blanchâtres, réunies en petits bouquets à la partie supérieure des ramifications de la tige. Son fruit est arrondi , glabre , légèrement comprimé.

La mâche croît dans les champs et les vignes.

Propriétés et usages. Cette plante a peu d'odeur et de saveur. Elle n'est point d'usage en médecine. On la cultive comme aliment dans les jardins potagers , et on la mange en salade. C'est un aliment fade.

Propriétés médicales et usages des plantes de lajamille des yalérianées.

Les propriétés actives des pîantes de cette famille paraissent concentrées dans les racines , et n'existent d'une manière marquée que dans le genre valériane, dont toutes les espèces, à très peu d'exceptions près , sont vivaces. Aussi retrouve-t-on dans un grand nombre des espèces de ce genre l'odeur forte et désagréable , la saveur camphrée et amère que nous avons signalées dans la valériane officinale. Quoique toutes les espèces jouissent à peu près de vertus analogues , on préfère cependant cette dernière , parce qu'elle est infiniment plus active que les autres espèces indigènes.

Quant aux espèces annuelles, elles sont pour la plupart fades, inodores et sans propriétés médicales marquées, comme on peut l'observer dans les différentes espèces de mâche.

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