‹ Élémens d'histoire naturelle médicale (volume 3)Chapitre 104 sur 187 · CINQUANTE-HUITIÈME FAMILLE · texte numérisé non relu

CINQUANTE-HUITIÈME FAMILLE

CAPRIFOLÎACÉES. — CAPRIFOLIACEM.

Les Caprifoliacées renferment des plantes à tiges quelquefois sarmenteuses et volubiles, à feuilles opposées, sans stipules. Le calice est adhérent avec l'ovaire infère ; la corolle est monopétale, régulière ou irrégulière ; les étamines au nombre de quatre ou de cinq. L'ovaire est infère, à une ou plusieurs loges, surmonté par un disque épigyne. Le style est simple ou nul : dans le premier cas, il y a un seul stigmate; dans l'autre, il en existe trois. Le fruit est ordinairement charnu , à une ou plusieurs graines ou nucules , et couronné parles dents dui «calice.

Nous retirons de cette famille les genres à corolle polypétaleî et à feuilles alternes, pour en former un ordre distinct sous le>

nom d'HÉDKRACÉES.

1° Un seul style et un seul stigmate.

CHÈVREFEUILLE. — LONICERA- L. J.

Le limbe du calice est à cinq dents courtes; la corolle est tubuleuse, un peu évasée; son limbe est à cinq divisions iné gales et comme bilabié ; les étamines sont au nombre de cinq^ Le fruit est une baie globuleuse polysperme.

CAPRIPOUACÉXS.

Chèvrefeuille commun. Lonicera caprifoUam. L. Sp. 246. Lamk. lllustr. t. 150. f. 1.

Nom pharmaceutique : caprifoUam. Partie usitée : les fleurs.

Sous-arbrisseau grimpant, à tige sarmenteuse et volubile, s'élevant quelquefois à une très grande hauteur, sur les arbres qui l'environnent. Ses rameaux sont alongés, cylindriques, rougeâtres, glauques. Ses feuilles opposées, sessiles, obovales, arrondies, obtuses, glabres, glauques en dessous 3 les supérieures soudées base à base et connées. Les fleurs sont rougeâtres, disposées en épis capitulés à la sommité des rameaux : elles répandent une odeur suave 3 leur calice globuleux est soudé avec l'ovaire infère 3 le limbe offre cinq petites dents. Leur corolle est monopétale, tubuleuse, irrégulière ; tube très long; soudé à sa base, évasé à sa partie supérieure 3 limbe à deux lèvres .- la supérieure large, plane, à quatre lobes obtus, incombans, peu profonds ; l'inférieure simple, alongée, obtuse, roulée en dessous. Étamines au nombre de cinq, saillantes hors du tube de la corolle ; filets grêles, subulés ; anthères alongées, presque linéaires, jaunes 5 ovaire infère, globuleux, à trois loges qui renferment chacune quatre ovules attachés vers l'angle interne, et disposés sur deux rangs. Le style est très long, saillant hors du tube de la corolle, grêle, terminé par un stigmate évasé, convexe, vert et glanduleux. Les fruits sont de petites baies charnues, succulentes, d'un rouge clair.

Le chèvrefeuille se trouve très communément dans les bois, où ses fleurs répandent l'odeur la plus suave. Il fleurit en mai et juin.

Propriétés et usages. Cet arbuste attire plutôt notre attention par l'élégance de ses fleurs et leur parfum délicieux , que par ses propriétés médicales. L'astringence qui existe dans ses feuilles a suggéré à quelques médecins l'idée de les employer en décoction pour préparer des gargarismes détersifs. Ses fleurs sont mucilagineuses , et leur infusion est quelquefois prescrite dans le traitement des catarrhes pulmonaires peu intenses. On en prépare un sirop.

2° style nul, trois stigmates.

SUREAU. — SAMBUCUS. L. J.

Limbè calicinal à cinq dents ; corolle régulière et rotâcée , à cinq lobes ; cinq étamines épipétalées. Le fruit est un nucuïaine à trois loges osseuses ou à trois nuculès .

Sureau noir. Sambucus nigra. L. Sp. 385. Blackw., t. 151.

FI. dan., t. 545.

Nom pharmaceutique : sambucus. Partie usitée ; Pécorce moyenne, les fleurs , les fruits.

.^^Ârbre de moyenne grandeur, à écorce grise et fendillée , à bois blanc , mou , léger, renfermant un canal médullaire très développé. Feuilles opposées , imparipinnées , d'un vert foncéj folioles opposées , presque sessijes , ovales , acuminées , un peu échancrées en cœur à la base , denticulées sur les bords. Fleurs blanches, disposées en cyme au sommet des rameaux. Calice très petit ^ adhérent par son tube, qui est turbiné, avec l'ovaire infère j limbe à cinq dents étalées. Corolle monopétale , régulière , rotacée , étalée , sans tube manifeste , à cinq lobes profonds , ovales et arrondis. Cinq étamines étalées , plus courtes que la corolle, alteriies avec ses divisions , attachées à sa base interne j filets courts ; antbères çordiformes. Ovaire adhérent par ses deux tiers inférieurs avec le tube du calice , à trois loges , contenant chacune une seule graine : à son sommet, cet ovaire est surmonté par un tubercule glanduleux et blanchâtre , qui supporte trois stigmates sessiles. Le fruit est un petit nuculaine noirâtre , arrondi , couronné par les dents du calice , et renfermant trois nucules ou petits noyaux.

Le sureau noir icroit dans les bois et les liaies. Il fleurit en mai , et ses fruits sont parvenus à leur état de maturité en août et septembre. ^ . ^ , ,

Usages et propriétés. Lès feuillés dù sureau exhalent une odeur un peu vireuse ; ses fleurs ont une odeur aromatique , mais peu agréable. Ce sont elles que l'on emploie plus fréquemment. Elles sont légèrement excitantes, et usitées à l'intéj rieur comme diaphorétiques et à l'extérieur comme résoluti-

CAPRlfOLIACiÈS. 55 i

ves. On prépare avec ses fruits une conserve ou rob de sureau , que l'on administre comme sudorifique , à la dose d'un à deux gros , dans les différens cas de syphilis : si l'on augmente la dose , si on la porte ; par exemple , à quatre ou six gros, il devient purgatif.

Cette action purgative" existé égdieînent dans l'enveloppe verte et herbacée de la tige qui se trouve sous l'épiderme. Plusieurs médecins anciens, tels que Boerhàavè ët Syâenham , l'ont employée avec succès dans différens cas d'hydropisie. Sa dose est de deux à six gros en décoction dans une pinte d'eau.

On employait autrefois la racine d'yèble [sambucus cbulush.), autre espèce de ce genre, qui croît communéruent dans les chamfjs ét Sut lé bord des chemins , comme violemment purgative , propriété qui se retrouve dans les autres parties de là piaillé.

Propriétés médicales et usages des Caprifoliacées .

tfeiix pî-iiicipes se font remarquer dans les plantes de la famille des Caprifoliacées. L'un est astringent et existe particulièrement dans les feuilles de ces végétaux , ainsi qu'on l'observe surtout daris les différentes espèces de chèvrefeuille. L'autre , beaucoup plus abondant et plus actif, peu connu dans sa nature intime , leur communique une action purgative plus ou moins intense. Ainsi , les baies des chèvrefeuilles et du sureau sont laxatives , tandis que l'écorce moyenne des jeunes rameaux de ce dernier sont un violent purgatif. Cette môme propriété existe également dans l'yèble, et surtout dans sa racine , que les anciens employaient au traitement des hydropisies passives. Les fleurs , dans les Caprifoliacées , sont odorantes , imucilagineuses et légèrement diaphorétiques.

BOTAMQtrS.

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