‹ Élémens d'histoire naturelle médicale (volume 3)Chapitre 106 sur 187 · LIERRE. — HEDERA. L. J · texte numérisé non relu

LIERRE. — HEDERA. L. J

Limbe du calice à cinq dents j corolle de cinq pétales sessiles

cinq étamines épigynes ; style et stigmate simple». Le ] fruit est charnu , ombiliqué , et contient cinq nucules. Lierre grimpant. Hedera Hélix. L. Sp. 292.BuU., t. 133.

C'est un arbuste sarmenteux et grimpant , dont la tige est ligneuse , et peut acquérir le volume du bras , et même beaucoup plus (1). Il s'attache aux arbres et aux murailles sur lesquels il croît, au moyen de suçoirs ou de petites racines qui naissent de la tige et de ses ramifications. Ses feuilles sont alternes , pétiolées , persistantes ; celles des jeunes branches sont irrégulièrement ovales, aiguës , entières, luisantes en dessus , d'un vert pâle en dessous ; celles qui occupent la partie inférieure des tiges sont profondément lobées ; leurs lobes, dont le nombre varie de trois à cinq , sont aigus et entiers. Les fleurs sont verdâtres , pédicellées , et forment à la partie supérieure des rameaux des corymbes presque globuleux , dont les fleurs sont très serrées : le calice est velu , à cinq dents courtes et écartées ^ la corolle est formée de cinq pétales à base large et tronquée, ovales, aigus, d'abord rapprochés en cône, puis étalés et un peu réfléchis. Les cinq étamines, dont les filets sont courts , ont les anthères ovoïdes , subcordiformes , un peu échancrées aux deux extrémités , et attachées au filet par le milieu de leur face postérieure. Les fruits sont globuleux, charnus , pisiformes , couronnés par les cinq dents du calice ; ils renferment cinq nucules.

Le lierre croît dans les bois ombragés, sur les vieux murs, les édifices en ruines. Il fleurit en septembre; ses fruits sont murs en décembre et janvier.

Propriétés et usages. Les fruits du lierre, de même que ceux du sureau, ont une propriété purgative assez manifeste pour que plusieurs auteurs aient cru devoir^n prescrire l'usage dans l'hydropisie, l'ictère^ etc. Mais comme nous possédons un grand nombre d'autres médicamens purgatifs, dont l'action est plus sûre et mieux connue, on a banni ces fruits delà pratique moderne. Tout le monde connaît l'usage que l'on fait des feuilles

(1) J'ai vu en 1825 , dans la promenade du Prato, à Florence, des pieds de lierre qui n'avaient guère moins du volume du corps.

de lierre dans le pansement des cautères, des vèsîcatoires ; ellêS n'exercent aucune action médicale sur ces exutoires, à la iurface desquels elles entretiennent seulement une ' fraîcheur agréable.

Qiiaht à la rësine de îiéri-è où gommé â'e lierre, on la f 4tire dans les pays méridionaux en pratiquant dés iricisionè profondès aux gros tfoncs du ïîerfé ; eUe est gnsiîre et terne. On ne l'emploie plus aujourd'hui que pouf ïa préparation des vernis.

Lès fruits dans le genfè cornouiller, qui appartient aussi à cétte famille, diffèrent beaucoup dé cèux du lierre par leur saveur et leurs propriétés ; ils sont èèriéralement âpres et asfrihgeris j; mais on ne les madge guère que lorsqu'ils sé sont ramollis par un comiiiëncetriént de féfrnéntatiori, ainsi qu'on l'observe four les nèfles, les sorbes, etc. On mange, surtout en Frâncé, les fruits du cornus mas L. , qui croit communément dans les haies et les bois. Les fruits du cornouiller sanguin (cornus sanguinea L.) et de quelques autres espèces de ce genre contiennent une quantité considérable d'huile grasse dans Tintérieur de leur péricarpe charnu. Cette huiie pèut être employée utilement à l'éclairage èt à là fabrication du savon. (Vôy. Journ. de Chim. méd., 2, p. 350.) D'un autre côté, l'écorce de ces arbres est très âstriibgehte ; et dans l'Amérique septentrionale, on emploie celle du cornus Jlorida et du cornus sericea, comme tonique, fébrifuge, ët propre à remplacer le quinquina.

SdlîÀNTiÈME FAMILLE.

ARALIACÉES. — ARALIACEJE.

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Cette famille est intermédiaire entre les Hédéracées et les

Ombellifèr.es, dont elle se rapproche singulièrement. Elle se compose de végétaux herbacés ou ligneux, dont les feuilles sont généralement décomposées en un grand nombre de folioles, et dont le pétiole est dilaté et membraneux à sa base : les fleurs, qui sont petites et de peu d'apparence, sont disposées en ombelles simples, composées ou paniculées, environnées à leur base de folioles formant un involucre ; leur calice, adhérent avec l'ovaire inféré, à son limbe entier ou deiité ; les pétales

ARALIACEES. 555

sont au nombre de cinq ou de sîx, réguliers et insérés au pourtour du sommet de l'ovaire ; les élamines sont en nombre égal; plus rarement en nombre double des pétales. L'ovaire offre rarement deux loges; le plus souvent il en présente cinq ou six, quelquefois dix ou douze, contenant chacune un seul ovule. Le nombre des styles et des stigmates est égal à celui des loges de l'ovaire. Le fruit est ordinairement une baie à deux, cinq, ou un plus grand nombre de loges, couronnée par le limbe calicinal.

Les Araliacées ont les plus grands rapports avec les Ombelliféres, dont elles diffèrent seulement par le nombre des loges et des styles, qui est généralement au delà de deux. Le genre Panax, qui n'a que deux loges ou deux styles, se distingue des vraies Ombellifères par son fruit charnu, qui ne se sépare point en deux à l'époque de sa maturité.

GINSENG. - PANAX. L. J.

Limbe du calice à cinq petites dents; corolle de cinq pétales planes ; cinq étamines ; deux styles ; baie à deux loges et à deux graines. Les espèces de ce genre sont herbacées ; leur racine est pivotante ; leur tige simple porte des feuilles verticillées, composées ; leurs fleurs forment une ombelle simple ou sertule, environnée d'un involucre polyphylle.

GiNSEWG A CINQ FEUILLES. Pajiux quinquefoUum. Lâmlc. Èncyc.

Nom pharmaceutique : ginscng ou ginzing. Partie usitée : la racine.

Le ginseng est une de ces plantes merveilleuses auxquelles l'ignorance et (a crédulité ont accordé des propriétés extraordinaires que l'expérience n'a pas justiflées. Sa racinci, que l'on peut comparer, pour la forme et la grosseur, à celle du panais sauvage, est perpendiculaire, ordinairement simple, blanche, un peu striée transversalement. Il s'en élève chaque année une tige simple, grêle, cylindrique, d'un pied et plus de hauteur, glabre et lisse, qui porte vers sa partie supérieure trois grandes feuilles composées, verticillées. Leur pétiole est long et dilaté à sa base, et à son sommet on aperçoit cinq folioles divergentes, presque sessiles, ovales, dentées en scie. Les fleurs sont

■^"^ BOTANIQUF.

blanches, et forment un sertule au sommet d'un pédoncule commun qui naît du centre des trois feuilles, et qui est la continuation de la véritable tige- A ces fleurs, dont p'usieurs sont mâles et stériles, succèdent de petites baies globuleuses, un peu comprimées, à deux loges, qui chacune contiennent une seule graine.

Cette plante croît en Chine, au Japon, dans la grande Tartarie. On la trouve également dans différentes parties de l'Amérique septentrionale, telles que le Canada, la Virginie^ la Pensylvanie, etc., etc. ^

Propriétés et usages. Les Japonais et les Chinois , auxquels nous devons la première connaissance de la racine de ginseng , la regardent comme le médicament le plus précieux et le plus utile que puisse fournir le règne végétal. Ils la considèrent comme le tonique le plus puissant et le plus propre à relever les forces abattues par les fatigues ou les excès dans les plaisirs de l'amour. Introduit en Europe vers le commencement du dix-septième siècle , le ginseng , précédé en quelque sorte par sa haute réputation, s'y est vendu au poids de l'or. Pendant long-temps, en effet, les médecins de l'Europe ont partagé aveuglément l'enthousiasme des Indiens et des Chinois , et ce remède a trouvé en Europe autant de dupes et de prôneurs que dans sa patrie. Mais l'expérience clinique , qui est le véritable creuset où viennent s'essayer les propriétés attribuées aux substances médicamenteuses , n'a pas justifié les éloges prodigués au ginseng , qui aujourd'hui est à peine employé dans la pratique des médecins modernes.

Telle que le commerce nous la présente , la racine de ginseng a subi plusieurs préparations. Après l'avoir bien lavée et dégagée des fibrilles qui naissent de sa surface, on la fait bouillir pendant quelques minutes,- ensuite on l'envelope de linge fin et on la fait sécher. C'est alors qu'on la place dans des boîtes de plomb, que Ton environne de chaux, afin de bien préserver cette racine des insectes qui pourraient l'attaquer. Elle est dure , jaunâti-e , d'une consistance presque cornée. Son odeur est faible ; sa saveur , d'abord douce et sucrée , est ensuite aromatique. Elle paraît composée en grande partie de

gomme et d'amidon. La racine de ginseng^, que l'on a tôuf à tour regardée comme un spécificlufi contre les maladies les pluà graves, est placée parmi les médicamens qui jouissent de la propriété d'augmenter l'excitabilité organique j de rendre lé cours du sang plus rapide , l'excrétion de la sueur plus abondante, etc. Mais comme nous ne manquons pas de médicamens indigènes propres à remplir ces diverses indications, on fait rarement usage de cette racine exotique. C'était ordinairement en poudre, à la dose d'un à deux gros, ou en infusion aqueuse, à la dose d'une demi'Once pour une livre d'eau bouillante , que l'on administrait le ginseng.

La famille des Araliacées, considérée sous le rapport de ses propriétés médicales , offre une très grande analogie avec les Ombellifères. Plusieurs espèces du genre Aralie laissent suinter un suc résineux , analogue à celui de beaucoup d'Ombellifères; et leurs racines sont généralement^ comme celle de cette dernière famille, d'une saveur douce et aromatique. Celle de Varalia midicauUs L. , qui croît dans l'Amérique septentrionale, est formée de longues fibres cylindriques, et jouit encore de propriétés analogues à celles de la salsepareille.

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