‹ Élémens d'histoire naturelle médicale (volume 3)Chapitre 107 sur 187 · SOIXANTE-UNIÈME FAMILLE · texte numérisé non relu

SOIXANTE-UNIÈME FAMILLE

OMBELLIFÈRES. - UMBELLIFERM.

Les Ombellifères constituent un groupe extrêmement naturel de végétaux , dont les caractères sont très tranchés et faciles à retenir. Leur tige est herbacée, fistuleuse, rarement frutescente, portant des feuilles alternes engainantes, ordinairement découpées plus ou moins profondément , ou décomposées en folioles , dont le nombre et la figure varient à l'infini Les fleurs, qui sont très petites, de couleur jaune ou blanche forment des ombelles simples ou composées , ou des capitules plus ou moins arrondis ; à la base de ces assemblages de fleurs on trouve souvent plusieurs petites folioles disposées symétriquement, qui constituent un involiicre ou un involucelle, suivant qu'ils environnent la base des ombelles ou celle des ombcllules. Chaque fleur se compose d'un ovaire infère, à deux

loges renfermant chacune un seul ovule ; cet ovaire est sur^ monté d'un disque épigyne , formant deux mamelons, qui se confondent avec la base des deux styles, lesquels sont terminés chacun par un stigmate très petit^ le limbe du calice est quelquefois pul, ou à cinq dents ; la coro)le est formée de cinq pétales, avec lesquels alternent cinq étamines épigynes. Le fruit pst un diahène, de forme très variée, se partageant, à l'époque de sa maturité^ en deux coques closes ou akènes^ réunis par un axe ou columelle centrale, souvent bipartible. La graine contient un embryon endospermique intraire.

Cette famille se distingue des Araliacées par son ovaire constamment à deux loges et surmonté de deux styles , par son fruit qui n'.cjst jamais charnu ; tandis que dans ces dernières l'oyaire .est à cinq loges , surmonté de cinq stigmates , et le fruit est charnu lorsqu'il n'offre que deux loges. Jusqu'à présent, la plupart des auteurs systématiques avaient employé la présence ou l'absence de l'involucre et des involucelles qui environnent chaque groupe de fleurs, comme l'un des principaux caractères, pour distinguer les genres et établir entre eux quelques divisions. Mais cet organe offre trop dé variations pour que les caractères qu'il peut fournir soient de quelque importance. Nous avons préféré , à l'exemple du célèbre professeur Sprengel, auquel on doit d'importans travaux sur cette famille, en diviser les genres en six sections , dont les carac- |;ères sont spécialement tirés de la forme du fruit , qui en est l'organe le plus imp,o;'tant. Mais nous n'avons pu adopter en entier les nom^l^reux changjemens que ce botaniste, et avant lui Hoffman, ou.t introduits dans la circonscription des genres. U nous â pariji glus ulije dajis cet ouvrage , uniquement destiné à ceux qui se liy^ent à l'étude de la médecine et de la pharmacie , de donner |Une description exacte de la plante dont nous voulions fairç connaîtj-e les propriétés. Cependant personne n'apprécie plus que nous l'importance du travail de ces deu^ savans.

PREMIÈRE SECTION

piMri.>ELLKES. Fruits oi'oïdes, alongés , ordinairement striés, ou offrant

des côtes.

BOUCAGE. — PIMPINELLA. L. J.

Point d'involucre pi d'involucelles 5 pétales presque égaujc , cordifornies j fruits ovoïdes, oblongs , striés, glabres ou pubes^c,ç^s ^ ^eijfs ï^h'^^]^^^ rosées.

Bouc AGE ANis. Pimpinclla anisum. L. Sp. 379. Blackw. t. 374. Nom pharmaceutique : anisum. Partie usitée : Içsfruitf.

Jj'anis est une plante annuelle , dont la racine est blanche , fupiforme , un peu rameuse. Sa tige est dressée , haute d'un pied et plus, cylindrique, rameuse, pubescente. Les feuilles radicales sont pétiolées, les unes subréniformes, ar^o^dies, incisées ou simplement dentées; les autres ^trifoliolées, à folioles anguleuses, incisées et dentées; les caulinaires sont découpées en lanières d'autant plus étroites qu'elles sont plus voisines du sommet. Les fleurs sont blanches et petites ; les op;ii)elles sont tefmiuîdes, dépourvues d'involucre et d'involuceJl^es. ^es pétaj^es sp^t égaux, cordiformes, à sommet rabattu en dessus. Les étamines sont plus longues que les pétales; les filets sopt blancs et subulés; Jles anthères arrondies, globuleuse^. Les deux styles sont très courts. Les fruits sont pvoides , striés longjludinalement , légèremen;t pubescens et Jbjanchâ-tr.es.

L'anis esj; ,OT^g!naire du Levanjt, de l'Egypte et de l'Italie. On Ifi cultive e^i grand dans certaines provinces deJla France, particulièrement aux environs de Tours.

Propriétés et jusçfgfis. sont Jes fruits dont on fait usage. Ils ont une saveur sucrée, aromatique, chaude, très agréable. Ils sont stimulajns , e^ employés principalement comme propres à r.éveilJer les forces de l'estomac et à expulser les gaz qui se développent dans l'intérieur du canal intestinal. Leur dose est de deux à trois .pincées, ^en infusion dans quatre onces d'eau ou de vin. On emploie encore l'anis comme condiment , pour

faciliter la digestlôn de certains olitnens , principalement des légumes aqueux, tels que hs choux, les navets, etc. L'on retire des fruits de l'anis une huile volatile, très excitante , dont la dose est de quelques gouttes. Leurs graines renferment aussi une très grande quantité d'huile grasse. M. Brandes a publié une analyse extrêmement détaillée des semences d'anis. (Voy. Journ. cliiin. inéd., 4, p. 229). Il y signale entre autres un principe particulier qu'il nomme anis-ulmine, et qui paraît tenir le milieu entre l'ulmine pure et le gluten. Ils contiennent aussi une grande quantité d'huile grasse et d'huile volatile. On fait infuser assez souvent l'anis dans les apozèmes et les potions purgatives. Sa saveur aromatique et son odeur agréable masquent celle des autres ingrédiens qui entrent dans ces médicamens. Les confiseurs font encore avec ces fruits de petites dragées qui sont stomachiques et carminatives.

BouCAGE SAXIFRAGE. Piiupinella saxifraga. L. Sp. 378. Blackw. t. 472. Jacq. Fl. austr. t. 395.

Noms pharmaceutiques : pimpinella minor, s. nostras. Noms vulgaires ; petit boucage, persil de bouc. Parties usitées : ia racine, les fruits.

Racine vivace, perpendiculaire, blanche, simple • tige dressée, cylindrique, striée, pubescente, un peu rameuse. Feuilles radicales, pétiolées, imparipennées; folioles sessiles, subcordiformes, obtuses, dentées^ glabres; les caulinaires ont les folioles plus alongées et incisées ; celles de la partie supérieure sont entières, presque linéaires. Fleurs blanches en ombelles nues , ainsi que les ombellules composées de douze à quinze rayons. Les pétales sont égaux, cordiformes, à sommet un peu rabattu en dessus. Le fruit est ovoïde, lisse, glabre, un peu comprimé et strié.

Celte espèce est très commune sur les pelouses, le long des chemins, dans les bois; elle fleurit à la fin de l'été. ^

Propriétés et usages. Sa racine est un peu âcre et diurétique. On l'a mise en usage comme masticatoire. Sa décoction est un diurétique excitant. Ses fruits sont odorans et légèrement excitans : mais on fait rarement usage de cette plante.

OMBELLIFKRES.

CARVI. - CARUM. L. J.

Involucre d'une à trois folioles; point d'involucelles ; pétales égaux, subcordiformes; fruits ovoïdes et comme prismatiques, offrant trois côtes sur chaque moitié. Fleurs blanches.

Carvi officiinal. Carum carvi. L. Sp. 378. Blackw. t. 529. Jacq. Fl. austr. t. 393.

Noms pharmaceutiques : cnivi. Partie usitée : les fruits.

Sa racine est bisannuelle , alongée, charnue, blanchâtre, un peu rameuse, de la grosseur et de la longueur du doigt; elle a une odeur à peu près analogue à celle de la carotte. Sa tige est dressée, haute d'un à deux pieds, cylindrique, glabre, ainsi que toute la plante, rameuse vers sa partie supérieure. Les feuilles sont grandes, bipinnatifides ; les premières divisions sont comme verticillées autour du pétiole commun, à segmens profondément incisés et partagés en lanières étroites , acuminées. Ces feuilles sont portées sur des pétioles très longs; ceux des feuilles radicales sont creusés en forme de gouttière et élargis à leur base. Les fleurs sont blanches, disposées en ombelles au sommet des rameaux. A la base de chaque ombelle, qui se compose de huit à dix rayons, est un involucre formé de trois à quatre petites folioles linéaires. Il n'en existe quelquefois qu'une seule. Il n'y a pas d'involucelles à la base des ombellules. Les fruits sont ovoïdes, alongés et striés.

Le carvi habite les prairies et les lieux montueux.

Propriétés et usages. La racine et surtout les fruits de cette plante sont très aromatiques. On les emploie comme excitans du système digestif ; on en fait également usage comme carminatifs. On prescrit ordinairement les fruits à la dose d'un gros en infusion dans deux livres d'eau ou de vin; leur poudre se donne à la dose d'un scrupule. On en retire également une huile Vf ' aile, citrine et d'une odeur suave, avec laquelle on fait des embrocations sur l'abdomen , en la mélangeant avec une certaine quantité d'huile d'olives ou d'amandes douces dans les cas de coliques. Dans quelques parties du Nord , on emploie les fruits de carvi comme condiment pour assaisonner 3. 36

les légumes qu'ils rendent plus faciles à digérer. Ses racines ont une saveur agréable, et on les mange dans l'Europe septentrionale.

OENANTHE. - OENANTHE. Lamck. DC.

Involucre nul ou composé de quelques folioles j involucelles polypbylles; péla'es inégaux, cordiformes^ ceux de la circonférence plus grands; fruits prismatiques^ striés, couronnés par les dents du calice et les styles. Fleurs blanches. Ce genre renferme aussi le genre Phellandriuni de Linné.

OEisANTHE SAFRANÉE. OEuanthe crocata. L. Sp. 565. Orf. Méd.

lég. t. 13.

C'est dans les prés hupaides, et sur le bord des fossés, que croît cette ombellifère, dont il importe beaucoup de bien connaître les caractères, puisqu'elle est une de plus vénéneuses de la famille. Cinq ou six tubercules alongés, fusiformes, rapprochés en faisceau, composent sa racine, d'où naît une tige dressée, haute de deux à trois pieds, cylindrique, cannelée, creuse intérieurement, divisée en rameaux dans sa partie supérieure; ses feuilles inférieures sont grandes, pétiolées, engainantes à leur base, bipinnées ou tripinnées. Ses folioles, qui sont d'un vert foncé et glabres, sont subcordiformes, incisées profondément à leur sommet. Les fleurs sont blanches, petites, très rapprochées. Les pétales sont cordiformes, un peu inégaux ) les fruits sont alongés, striés, couronnés par cinq petites dents très aiguès, et par les deux styles. On trouve cette plante en fleur, aux mois de juin et de juillet, dans les environs de Paris et plusieurs autres parties de la France. ^

Propriétés et usages. Le suc laiteux qui s'écoule des différentes parties de cette plante , lorsqu'on les entame , est un indice certain de ses propriétés délétères. En effet, il est peu d'espèces plus dangereuses parmi toutes les Ombellifères. Un grand nombre d'auteurs ont relaté les accidens qui suivent l'emploi de l'œnanthe safranée, lorsqu'on a méconnu son action pernicieuse. En effet, il est souvent arrivé que des individus ôijt mgngé Ig r^ciiie qi^ feu.\Jle? de cçttp p^an^e, l'ayant

OMBKLLIFERES.

confondue avec quelque autre ombellifôre alimentaire. On trouve dans le Journal de Pharmacie ( avril 1822) une observation curieuse d'empoisonnement causé par la racine de celte plante. Trois matelots mangèrent dans les environs de Lorient des racines de l'œnantlie safranée, qu'ils avaient probablement confondues avec celles du bunium bulhocastanuni , qui, en effet, sont douces et bonnes à manger. Peu de temps après, ils éprouvèrent de l'inflammation dans la bouche et le gosier, une douleur très vive à l'épigastre. Ils burent abondamment de l'eau d'une fontaine, qui augmenta tous les accidens, en facilitant l'absorption du suc orangé de cette plante. L'un des trois, qui en avait mangé en plus grande quantité que les autres, mourut dans des angoisses inexprimables, quatre heures après ce funeste repas, malgré l'émélique et les antispasmodiques qui lui furent administrés immédiatement. Les deux autres se rétablirent au bout d'un laps de temps assez long.

Cet exemple et beaucoup d'autres du même genre qu'on pourrait y ajouter prouvent le danger attaché à l'usage de ce pernicieux végétal. M. Godefroy, auteur de la notice à laquelle nous avons emprunté cette observation, dit que dans le département de la Loire-Inférieure, la racine de celte plante râpée est un remède vulgaire contre les hémorrhoïdes. Ce remède nous parait beaucoup plus dangereux qu'utile.

OEiNAiSTHE PHELLA.NDRE. OEnantïie phellandrium. DC. Fl.fr. Phellandrium aquaticum. L. Sp. 366. Bull. t. 147.

Noms vulgaires : fenouil d'eau, ciguë aquatique, phellandre, millefeuille aquatique.

Sa racine est bisannuelle, grosse, alongée, blanchâtre, pivotante, terminée par des fibrilles nombreuses, surmontée d'une tige dressée, cylindrique, grosse, rameuse, creuse intérieurement, noueuse, striée, et donnant naissance, de ses nœuds inférieurs, à des fibres radicales qui partent annulairement j cette tige s'élève à quatre et môme à six pieds. Les feuilles sont décomposées, pinnées, très grandes, formées d'un nombre considérable de folioles profondément pinnalifides, dont les

564 BOTA.NIQTTE.

lobes sont entiers • elles sont glabres et d'un vert foncé. Les fleurs sont blanches, en ombelles terminales, sans involucre ; les involucelles sont composés de sept à huit folioles étalées, plus courtes que les pédoncules. Le phellandre aquatique croît très abondamment dans les mares, et sur le bord des étangs et des ruisseaux aux environs de Paris. Il fleurit en juillet.

Propriétés et usages. Les feuilles, quand on les froisse entre les doigts, exhalent une odeur qui n'est pas désagréable et a quelque analogie avec celle du cerfeuil. Cependant le phellandre aquatique est une plante dangereuse, ou du moins fort suspecte. Les fruits ont une odeur et une saveur aromatiques assez semblables à celles du cerfeuil . On fait en Allemagne beaucoup plus usage du phellandre que chez nous. Plusieurs auteurs, entre autres Rramer, et surtout Ernstringius, regardent ses graines comme un des plus puissans fébrifuges, puisque ce dernier les préfère au quinquina dans le traitement des fièvres intermittentes de tous les types. Il les prescrivait à la dose d'un, deux et même de quatre gros avant le paroxysme , et contipuait de donner la moitié de cette dose pendant quelque temps dans les jours d'apyrexie. Quelques autres praticiens du nord de l'Europe les ont plus récemment préconisées comme un remède infaillible contre la consomption tuberculeuse, la phthisie pulmonaire. Mais on sait aujourd'hui à quoi s'en tenir sur ces prétendus spécifiques. On a également recommandé l'application des feuilles fraîches et pilées sur les plaies, les ulcères et les contusions.

ACHE. - APIUM. L. J.

Involucre et involucelles composés de plusieurs folioles, ou nuls ; pétales terminés à leur sommet par une petite pointe recourbée en dessus. Fruits ovoïdes, marqués de stries longitudinales. Fleurs d'un jaune pâle.

AcHE PERSIL. Apium petroselinum. L. Sp. 379. Blackw. t. 172.

Nom pharmaceutique : petroselinum. Parties usitées : la racine, les

Jeuilles, les fruits.

D'une racine blanche, conique, un peu rameuse, grosse

ombellifère». .^65

comme le i.etit doigt, s'élève une tige cylindrique, simple inférieurement, glabre, striée longitudinalement, non glauque, haute d'un pied et demi à deux pieds, un peu fistuleuse intérieurement. Les feuilles sont décomposées ; les pétioles et ses rauiiûcatjons sont canaliculés , élargis à la base: les folioles sont profondément incisées en lobes aigus ^ elles sont glabres et non luisantes. Les feuilles supérieures de la tige deviennent de plus en plus simples, et finissent par n'être plus composées que de trois folioles linéaires, lancéolées et entières. Les fleurs sont petites, jaunâtres. Les ombelles se composent de quinze à seize rayons. L'involucre est formé de six à huit folioles linéaires simples, plus courtes que les rayons. A la base de chaque ombellule se trouvent huit ou dix folioles linéaires. Les fruits sont ovoïdes, un peu alongés, marqués de lignes longitudinales à peine visibles.

Le persil est une plante annuelle ou bisannuelle , qui ci oit dans les lieux un peu stériles. On le cultive dans les jardins potagers , où il fleurit aux mois de juillet et août.

Propriétés médicales et usages. Il est extrêmement important de ne pas confondre le persil avec la petite ciguë, qui a avec lui beaucoup de ressemblance, surtout quand elle est seulement on feuilles. Cette méprise pourrait causer des accidens extrêmement graves , puisque la petite ciguë est une des Ombellifêres les plus vénéneuses. En parlant de celte dernière plante, nous indiquerons les caractères qui la distinguent du persil.

La racine de persil a une odeur et une saveur faiblement aromatiques. On la prescrit quelquefois comme diurétique. Mais c'est surtout à cause de ses feuilles que cette plante est cultivée si généralement dans les jardins. En effet , on les emploie très fréquemment , comme condiment , dans les diverses préparations culinaires. Dans la médecine populaire on fait un grand usage des feuilles de persil fraîches et pilées , qu'on applique sur les engorgemens glanduleux des mamelles. La décoction de la racine, qui fait partie des cinq racines apéritives, est une tisane excitante, diaphorétique , dont on a surtout prescrit l'usage pour faciliter l'éruption de certains exanthèmes.

AcHK ODORANTE. Apium graveokns. L. Sp. 379. Blackw. t. 443.

]Noms pharmaceutiques : npium^ apium dulce. Noms vulgaires : ache , céleri. Parties usitées : la racine et les feuilles.

Racine bisannuelle, courte, pivotante, portant une tige herijacée , rameuse, dressée , cylindrique, sillonnée , glabre. Feuilles inférieures ailées , à cinq ou sept folioles pétiolées, portées sur un pétiole commun fort long, canaliculé, glabre. Ces folioles sont comme triangulaires , à trois ïohes inégaux , glabres , profondément dentés : les supérieures également ailées , presque séssiles, à folioles plus petites, souvent cunéiformes et àessiles.

Fleiirs disposées en ombelles nombreuses , les supérieures partant des parties latérales des inférieures , sans involucre ni involucelles,- rayons ou pédoncules inégaux; pédicelles unifloraux très courts. Pétales ovales, arrondis, acuminés. Ovaire infère, ovoïde, globuleux, offrant plusieurs côtes saillantes sur ses faces, couronné par un disque épigyne blanchâtre j à deux lobes. Diakène globuleux, ovoïde, un peu comprimé d'avant en arriére , offrant trois côtes saillantes et régulières sùr cbacune des deux portions dont il est composé 3 se rompant naturellement par la maturité en deux akènes qui laissent entre eux une columelle solide.

Cette plante croît en France dans les marais et sur les bords des ruisseaux.

Propriétés cl usages. Dans l'état sauvage , cette espèce porte lè nom spécial d'ache : on l'appelle céleri quand elle est cultivée. Toute la plante a une odeur aromatique , une saveur piquante : la racine d'ache était pour les anciens une des cinq racitiès apéritives majeures. Elle est diurétique. On l'administre en infusion à la dose de demi-once à une once. Quant au céleri, il est très employé comme aliment : on le mange cru ou cuit. Il est légèrement stimulant et antiscorbutique. Il y en a une variété dans laquelle la racine acquiert une grosseur très considérable , et qui porte le nom de céleri-rave; on la cultive surtout dans le Nord , et on la mange cuite et apprêtée de dif-' férentes manières. MM. Hubner et Yogel ont récemment con-

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