OMBELLIFÈRES
staté la présence de la marmite, ou principe sucré de la manne, le premier dans la racine , et le second dans les feuilles du céleri. (Voy. Journ depharm., sept. 1823.)
MEUM. — MEUM. Tournef. Rich.
Involucre et involucelles polyphylles ; pétales cordiformes égaux j fruits ovoïdes , alongés , marqués de trois côles saillantes sur chacune de leurs moitiés. Fleurs blancHés.
Meum officinal. Meum vulgare. Rich. Cat. hort. par. Rlackw. t. ^thusd meum. L. Sj^sî. vég. Àtiianiantha meum. L. Sp. 353.
Racine A'ivace, alongée, rameuse, brunâtre à l'extérieur, d'une od(eur et d'une saveur aromatiques. Tige herbacée, dressée, cylindrique , rameuse dans sa partie supérieure , striée longitudinalement , glabre , ainsi que toutes les autres parties de la plante, haute d'environ un à deux pieds. Feuilles grandes , multipinnalifides, à segmens linéaires , subulés , aigus , courts, semblables à celles du fenouil j les radicales sont pétiolées ; les caulinaires presque sessiles. Froissées entre les doigts , elles exhalent une odeur de céleri. Fleurs blanches, disposées en ombelles à l'extrémité des ramifications de la tige. Les ombelles sont composées de douze à vingt rayons ; à leur base se voit un involucre formé de cinq à sept folioles étroites, linéaires, souvent fendues à leur sommet. Chaque ombellule a aussi un involucelle de dix à douze folioles linéaires , aiguës. Des trois ou quatre ombelles que porte chaque tige , celle du milieu seule est fertile ; les autres sont mâles et stériles par avortement du pistil.
Les pétales sont étalés , obovales , acuminés ; leur sommet est rabattu en dedans. Le fruit est ovoïde , un peu comprimé d'avant en arrière, marqué sur chacune de ses parties latérales de trois côtes saillantes. Le méum croît dans les prés des montagnes , dans les Vosges , les Alpes, les Pyrénées , etc. %
Propriétés et usages. La racine de meum est aromatique et légèrement excitante. On l'employait jadis comme diurétique et expectorante. Très peu usitée de nos jours, elle entre comme
ingrédient dans la thériaque ei quelques autres préparations officinales très compliquées.
ANETH. — ANETHUM. L. J.
Point d'involucre ni d'involucelles : pétales roulés ; fruits alongés,un peu comprimés et membraneux sur les bords, profondément striés ; fleurs jaunes. '
Aneth fenouil. Anethuni Jbeniculum. L. Sp. 377. Blackw.
Nom pharmaceutique : fatmcidum dulce. Parties usitées ; les fruits,
la racine.
Sa racine est vivace, alongée, de la grosseur du doigt; ses tiges sont hautes de quatre à cinq pieds, cylindriques , rameuses, lisses, très glauques. Ses feuilles, engainantes et membraneuses à leur base, sont décomposées en un grand nombre de segmens subulés et capillaires. Les fleurs sont jaunes ^ les ombelles, composées d'une douzaine de rayons, sont, ainsi que les ombellules, dépourvues d'un involucre et d'involucelles. Les cinq pétales, égaux entre eux, sont roulés en dessus. Les étamines sont étalées, plus longues que la corolle. Le fruit est glabre, ovoïde, strié longitudinalement. Le fenouil doux habite les contrées chaudes de l'Europe. On le trouve en France, dans les provinces méridionales. 2iC
Propriétés et usages. Le fenouil répand une odeur aromatique agréable et très prononcée. Sa saveur est sucrée et un peu âcre. Sa racine est une des cinq grandes racines apéritives : on l'emploie le plus souvent infusée, à dose de deux ou trois gros, dans une chopine d'eau bouillante. Dans quelques parties du midi de l'Italie, on mange en abondance la racine de fenouil. Ainsi à Naples j'ai vu servir sur les tables à dîner les racines de fenouil crues, que l'on mange comme hors-d'œuvre, ainsi que nous faisons en France pour les radis. Ses fruits sont la partie la plus usitée et la plus active. Les anciens les rangeaient parmi les semences chaudes majeures. Ils sont très excitans, et peuvent être employés avec avantage toutes les fois qu'il s'agit de stimuler les différons appareils de l'économie animale. On
ombellifères. 56g
en retire une huile essentielle d'un jaune clair, très légère, que l'on prescrit à la dose de cinq à six gouttes. Le fenouil entre dans un grand nombre de préparations, dont les principales sont : la thériaque, le sirop d'armoise, le sirop des cinq racines apéritives, etc.
Ai>'RTH ODORANT. Anethuiii graveolens. L- Sp. 377. Blackw.
ISom pharmaceutique : cuminum. Partie usitée : lis fruits.
Plante annuelle, dont la tige, haute de deux ou trois pieds, est cylindrique, peu rameuse, glabre, striée, glauque, creuse intérieurement. Ses feuilles sont embrassantes, décomposées en segmens linéaires subulés, très nombreux, souvent bifurqués à leur sommet. Les fleurs sont jaunes et petites. Les ombelles sont terminales^ dépourvues d'involucre et d'involucelles. Les pétales sont égaux., petits, roulés en dedans. Les cinq étamines sont saillantes entre les pétales, et plus longues qu'eux. Les fruits sont alongés, un peu comprimés, et offrent cinq petites côtes longitudinales sur chacune de leurs deux moitiés latérales. Cette plante, qui porte les noms d'anet ou anelh, de fenouil puant, croît dans les moissons des provinces méridionales de la France, où elle fleurit vers la fin de l'été.
Propriétés et usages. Ses propriétés et ses usages sont les mêmes que ceux du fenouil doux. Mais on l'emploie moins fréquemment , parce que sa saveur et son odeur sont moins agréables,
CUMIN. - CUMINUM. L. J.
Involucre et involucelles composés d'un petit nombre de folioles ; pétales égaux , un peu échancrés et cordiformes ; fruits ellipsoïdes, striés. Fleurs blanches ou purpurines.
Cumin officinal. Cuminum cyminum. L. Sp. 565. Nom pharmaceutique : anethum. Partie usitée : les fruits. C'est une plante annuelle , dont la tige rameuse et comme dicholome s'élève à un pied et plusj elle est glabre dans sa partie inférieure , cl légèrement velue supérieurement. Ses
hbTÂi*i(iri«.
feuilles sont glabt-es, biternées, composées de folioles ovales , lancéolées, découpées en lanières étroites et presque capillaires. Les fleurs sont disposées eri ombelles terrninales composées d'un petit noinbre de rayons. L'involucre et les involucelles sont formés de trois ou quatre folioles linéaires. Les pétales sont tantôt blancs, tantôt rouge^ires, et les fruits çonl quelquefois velus, mais plus souvent glabres. Le cumin est originaire d'Orient. Il croît naturellement en Egypte ^ en Ethiopie. On le cultivé dahs leéjâfdiiis,
Propriéié.s et usages. Les semences du cùmirl ttflt îlnè sapeur aromatique et agréable. Nous né dirons fién de leiir* propriétés médicales et de leui- eiîiploi dans là thérapeutiquë. Éri effet, elles ont un mode d'actioh entièrement seiïibiable à cëlili de l'ahis, du fenouil et des àfUtres Ombellifères aromatiqiieè ; c'est à dire qu'elles sont stimulantes, emména^ogues, carminâtives , etc. En Allemagne on mélange assez souvent les fruité de cumin dans la pâte avec laquelle on prépare le pain, et il paraît que c'est avec ses fruits que l'on àrornatise les fromages eh Hollande.
IjÈUXIÈMf; SECTION.
cicÛTAniÈES. kruiis globuleux ou didy^mes, lisses ou offrant des côtes simples ou cr'ënélées. PetàîeS cordlformeà. Fletiri Blàriçhes.
CORIANDRE. - CORIANDRUM. h. i.
Point d'involufcrej involucelles de plusieurs folioleâ • pétales de l'extérieur plus grands, bifides: fruits globuleux, sufmorftés par cinq dents inégales ; fleurs blanches.
Coriandre cultivé. Coriandrum sativum. L. Sp. 367. Blackw.
t. lté.
Nom pharmaceutique : coriandrum. Partie usitée : les fruits.
Racine annuelle, fusiforme, blanche, surmontée d'une tige dressée, cylindrique, glabre, comme noueuse, un peu rameuse j feuilles radicales presque entières, ou incisées et cunéiformes 5 les caulinaires inférieures bipinnatifides , à découpures laciniées; les supérieures à segmens très étroits, linéaires, écartés. Fleurs blanches rosâtres , disposées en une ombelle composée
OMBELLIFÈIIES. 5^1
d'environ cinq à six rayons inégaux. Les fleurs de la circonférence sont radiées, à pétales plus grands. Il n'y a pas d'involucre commun, mais chaque omkellule offre un involucelle de quatre à huit folioles linéaires aiguës. Dans les fleurs du centre, les pétales sont petits, d'abord ovales, puis rétrécis, et fortement recourbés en dedans; en sorte que la partie inférieure est cordiforrae. Diakéne ovoïde, globuleux, couronné par les dents inégales du calice et les deux styles, pouvant se séparer, quoique difficilement, en deux akènes hémisphériques par les progrès de la maturité et de la dessiccation. Le coriandre est originaire d'Italie; mais sa culture est si facile en France, qu'il s'y est naturalisé. Il fleurit en juin et juillet.
Usages et propriétés. Lorsque celte plante est fraîche et en fleurs, elle répand une odeur désagréable de punaise; delà l'étymologie du nom qui lui a été imposé. Les fruits, quand ils sont secs, ont une odeur aromatique et agréable, analogue à celle de la mélisse; ils sont carminatifs et stomachiques, et font partie des ingrédiens de Veau de mélisse composée. Dans quelques contrées, on les fait entrer comme condiment dans les sauces et les ragoûts. On les emploie assez fréquemment en pharmacie pour masquer la saveur désagréable de certaines préparations.
GIGUE. - CONWM. L.
Involucre de trois à cinq folioles réfléchies ; involucelles de trois folioles soudées et unilatérales ; pétales presque égaux , cordiformes; fruits globuleux, didymes , marqués sur chaque moitié de cinq côtes obtuses , qui sont crénelées. Fleurs blanches.
GiGDE MACULÉE. Conium macuLatum. L. Sp. 349. Orfil. Méd. lég. t. 10.
Nom pharmaceutique: cicuta major. Nom vulgaire : grande ciguë. Partie usitée : les feuilles.
La grande ciguë offre une racine fusiforme , blanche , pivotante , bisannuelle, une tige herbacée, dressée, rameuse, haute de trois à six pieds , glabre , cylindrique , glauque , un
peu Striée , marquée de taches d'une couleur pourpre foncée. Ses feuilles sont alternes, très grandes, tripinnées , à folioles alongées, profondément dentées^ les inférieures pinnatiGdes et presque pinnées, glabres, et quelquefois maculées. Ses fleurs sont blanches , petites , disposées en ombelles terminales, composées d'environ dix à douze rayons. Involucre de quatre à cinq petites folioles lancéolées , réfléchies et comme couchées sur le pédoncule ; involucelles de trois folioles ovales, aiguës , étalées et tournées d'un seul côté , soudées ensemble par leur base, de manière à représenter une seule foliole profondément • triparlite. Pétales étalés , à peu près égaux , obcordiformes , sessiles. Diakène globuleux et comme didyme, offrant sur chacune de ses deux moitiés latérales cinq côtes saillantes et cré • nelées , en sorte qu'il paraît tout couvert de petites aspérités ou de tubercules arrondis. Cette plante croit aux environs de Paris et dans les autres parties de la France , dans les lieux incultes et pierreux , dans les ruelles ou rues peu fréquentées des villages , dans les cours des fermes, etc. Elle fleurit aux mois de juin et de juillet.
Propriétés et usages. Toutes les parties de la grande ciguë, froissées entre les doigts , exhalent une odeur herbacée et vireuse des plus désagréables. On sait que c'est un poison violent pour l'homme et certains animaux. Les moyens propres à combattre l'empoisonnement par cette substance sont de provoquer le vomissement et d'administrer ensuite les acides végétaux étendus , tels que le suc de citron , le vinaigre , etc.; le vin est également utile. ( Foijez Orfila , Toxic. 2 , p. 437. )
L'usage de la ciguë remonte aux temps les plus reculés de l'antiquité. C'est avec le suc de cette plante que les Grecs préparaient le breuvage que devaient prendre ceux qu'ils condamnaient à perdre la vie. C'est en buvant la ciguë que Socrate et Phocion furent récompensés des services qu'ils avaient rendus à la Grèce. Comme médicament, on faisait aussi usage de la ciguë, ainsi que le prouvent les écrits d'Hippocrate , de Dioscoride et de Pline.
Les propriétés toxiques de la ciguë ont attiré l'attention d'un grand nombre de chimistes. Brandes désignait sous le nom de
oMBELLiFÈnr.s. 57.^
canin une résine d'une nature complexe. Geiger et Giesecke ont démontré que la ciguë devait ses propriétés vénéneuses à un alcali végétal qu'ils nommèrent cicutine, nom que M. Berzélius changea en celui de conicine; depuis, ce principe a été étudié par MM. Deschamp, Boutron, Henri et Christison.
La conicine se présente sous la forme d'un liquide huileux, jaunâtre, entièrement soluble dans l'éther et dans l'alcool ; elle est plus légère que l'eau qui la dissout en petite proportion. Son odeur forte et pénétrante rappelle à la fois celles de la ciguë, du tabac et de la souris; sa saveur est très âcre et corrosive. Son alcalinité est très développée ; elle se dissout dans les acides qu'elle sature fortement , et produit avec les acides sulfurique , phosphorique, nitrique et oxalique, des combinaisons qui cristallisent en prismes d'un assez beau volume. Pendant la saturation, on remarque que les liqueurs prennent une teinte vert-bleuâtre , qui passe plus tard au rouge brun 3 et lorsqu'on évapore ers sels, soit à une douce chaleur, soit dans le vide ou à l'air libre, ils perdent, comme les sels ammoniacaux, une partie de leur base , dont l'odeur est fort reconnaissable. Les sels de conicine attirent très promplement l'humidité de l'air et sont solubles dans l'alcool. Yoici^ d'après H. Christison , son action physiologique. La conicine agit énergiquement partout où l'absorption peut avoir lieu. Elle produit une irritation locale; placée sur l'œil ou le péritoine, elle cause une rougeur et une apparence vasculaire , et cause un sentiment douloureux partout où on l'applique. Cet effet local est bientôt suivi d'une paralysie qui attaque d'abord les muscles volontaires , puis les muscles respiratoires de la poitrine et de l'abdomen , enQn le diaphragme , et qui cause ainsi la mort par asphyxie. L'influence du poison s'exerce principalement sur la moelle épinière; son action est tout à fait opposée à celle de la noix vomique , et de son alcali, la strychnine. La strychnine irrite la moelle épinière, produit des spasmes violens etpermanens aux muscles, et cause l'asphyxie. La conicine au contraire épuise l'énergie nerveuse de la moelle épinière , produit une paralysie musculaire générale, et par cet épuisement cause également l'asphyxie. Peu de poisons sont d'une énergie plus
grande que la conicine. Une seule goutte ingérée dans l'œil d'un lapin l'a tué en neuf minutes. Deux grains de conicine , saturée par l'acide muriatique , ayant été injectés dans la veine de la cuisse d'un chien , l'animal tomba mort au bout de deux h trois secondes. Son énergie , dans cette circonstance, ne peut 6lre comparée qu'à celle de l'acide prussique.
Stoerk est , parmi les modernes , celui qui a le plus employé et préconisé la ciguë à l'intérieur. De 1760 à 1765 il publia à Vienne , en Autriche, plusieurs dissertations dans lesquelles il présentait les résultats des expériences qu'il avait faites avec ce médicament. Il l'a administré avec succès, selon lui du moins, contre les affections cancéreuses , et principalement contre celles de la peau, contre les ulcères chroniques, le rachitisme , les scrophules, etc. Il se servait de son extrait qu'il donnait à des doses graduées ^ en commençant par un grain et augmentant successivement la dose jusqu'à un et deux gros. Mais les expériences multipliées, tentées par un grand nombre de praticiens, n'ont point j ustifié les éloges prodigués par le médecin de Vienne à la grande ciguë. Ce médicament a toujours été impuissant toutes les fois qu'on l'a employé contre une dégénérescence vraiment cancéreuse. Mais on a constaté son utilité dans les engorgemens glanduleux indolens, et avant qu'aucun signe de dégénérescence cancéreuse s'y développât. On l'a aussi administré avec un succès marqué contre la coqueluche , les scrophules , les engorgemens des viscères abdominaux , etc. Mais c'est principalement contre les affections nerveuses qu'on l'emploie avec le plus de succès. La ciguë agit dans ce cas avec autant d'efficacité que l'opium.
La température et la position géographique des pays exercent comme l'on sait, une très grande influence sur les propriétés médicales des végétaux qui y croissent naturellement. Cette influence se fait sentir évidemment pour la grande ciguë. En effet, tandis que dans les régions méridionales de l'Europe, en Grèce, en Portugal , les propriétés de la ciguë sont très développées , et que cette plante est un véritable poison , nous voyons qu'en Angleterre et en Allemagne , et en général dans le nord de l'Europe, ses propriétés s'affaiblissent à tel point
OMBEtLIFKRES.
que, suivant quelques auteurs, les gens de la campagne mangent ses feuilles , sans en éprouver aucun accident. Il serait donc important , pour l'usage de la médecine , d'employer la ciguë recueillie dans les régions méridionales de l'Europe.
C'est ordinairement la poudre des feuilles récemment desséchées qui est la préparation dont on fait le plus souvent usage. On doit commencer par des doses extrêmement petites, que l'on augmente ensuite graduellement. L'extrait que l'on prépare avec ou sans fécule verte ou chlorophylle se donne aussi fréquemment à la dose d'un à deux grains , que l'on peut porter petit à petit jusqu'à un scrupule et beaucoup au delà , puisque StO€rk en a fait prendre jusqu'à quatre gros par jour , continués pendant une semaine. On prépare aussi un emplâtre de ciguë destiné à l'usage externe.
ÉTHUSE. — MTHUSA. L. J.
Point d'involucre ; involucelles de quatre à cinq folioles linéaires rabattues et pendantes d'un seul côté ; pétales inégaux, cordiformes ; fruit presque globuleux , offrant cinq côtes simples sur chacune de ses moitiés. Fleurs blanches.
Ce genre diffère de la ciguë par l'absence de l'involucre , les involucelles rabattus , et le fruit , dont les côtes ne sont pas crénelées.
Éthdse petite gigue. JEthusa cynapium. L. Sp. 367. Bull. t. 61.
Orf. Méd., lég. t. 12.
Noms vulgaires : petite ciguë, faux persil , ciguë des jardins^
La petite ciguë est une plante annuelle ou quelquefois bisannuelle, dont la racine est fusiforme , alongée, blanche- la lige dressée , ramevise^ cylindrique , glabre , striée, glauque, rougeâtre inférieurement , creuse, portant des feuilles Iripinnée», à folioles étroites , aiguës, incisées , d'un vert foncé et luisantes. Les fleurs sont blanches , disposées en ombelles terminales, planes^ composées d'environ une vingtaine de rayons inégaux et étalés ; ceux de la circonférence plus longs. Point ' d'involucre. Involucelles de quatre à cinq folioles linéaires , rabattues et pendantes d'un seul côté. La corolle se compose
de cinq pétales presque égaux, étalés , cordiformes. Fruit globuleux , un peu comprimé , d'un vert foncé , offrant sur chacune de ses moitiés cinq côles saillantes arrondies.
La petite ciguë croît dans les lieux cultivés, les jardins, les décombres , près des vieux murs. Elle fleurit en juillet.
Propriétés et usages. La petite ciguë , qui jouit des mêmes propriétés délétères que la grande, est encore plus dangereuse et plus à redouter, parce que, croissant dans les lieux cultivés, dans les jardins potagers , elle peut facilement être prise , lorsqu'elle n'est point encore développée en fleurs , pour le persil, avec lequel elle a beaucoup de ressemblance. Si elle était en fleurs , il serait extrêmement facile de les distinguer : en effet, les fleurs de la petite ciguë sont très blanches ; celles du persil sont jaunes-verdâtres • ses ovaires sont ovoïdes, arrondis ; ceux du persil sont alongésj sa tige est presque lisse et glauque , rougeâtre inférieurement et un peu maculée de rouge foncé; celle du persil est cannelée et verte. Mais si elle n'avait poussé que ses feuilles , on pourrait encore les distinguer , quoique avec moins de facilité : en effet , les feuilles du persil sont deux fois divisées j ses folioles sont larges . partagées en trois lobes subcunéiformes et dentés, La petite ciguë a les feuilles trois fois divisées; ses folioles sont plus nombreuses , plus étroites , aiguës, incisées et dentées; d'ailleurs il est un excellent caractère qu'il ne faut point négliger , c'est l'odeur , qui dans le persil est aromatique et agréable, tandis qu'elle est vireuse et nauséabonde dans la petite ciguë.
Elle n'est point employée en médecine. Mais très souvent le médecin est appelé à combattre les accidens graves qu'elle peut occasionner , quand par méprise on l'a confondue avec le persil, et qu'on l'a fait entrer dans quelque préparation culinaire. On trouve dans les auteurs un grand nombre d'observations d'empoisonnement par cette plante. Dans les Archives générales de médecine , janyier 1830, on donne l'extrait d'un travail de M. le docteur Lalé de Fontevrault , dans lequel il rapporte deux cas d'empoisonnement suivi de la mort par l'emploi de ce végétal mangé en salade. Dans l'un , une heure après le repas, vertiges , nausées , état comateux , sueur froide , refroidisse-
OWBKLI.IFKaES. 577
ment des extrémités et mort. Dans l'autre, des vomitifs font rejeter la ciguë; mais le malade, atteint d'une gastrite chronique avant cet accident, meurt au bout de quelques semaines.
On remédie aux accidens qu'elle peut occasionner par les mêmes moyens que pour la grande ciguë.
CICUTAIRE. — CICUTARIA. Lamk.
Involucre d'une à trois folioles ou nul; involucelles polyphylles; pétales presque égaux, cordiformes; fruits globuleux, presque didymes , couronnés par les deux styles et les cinq dents du calice : chaque moitié offre cinq côtes simples. Fleura blanches. Ce genre diffère de la ciguë par son fruit, dont le» côtes sont simples et non crénelées; de l'éthuse par ses pétales égaux , ses fruits couronnés par les dents du calice, ses inyolucelles étalés et non réfléchis d'un seul côté.
CicuTAiRE AQUATIQUE. Cicutaria aquatica. hdimk. Orfîla,Méd. lég. t. 11 bis. Cicuta virosa. L.
Vulgairement : ciguë vireiise.
Plante vivace , dont la racine assez grosse , blanchâtre et charnue , est garnie de fibres alongées , et creusée intérieurement de lacunes ou cavités remplies d'un suc laiteux et jaunâtre. Sa tige est dressée, rameuse, cylindrique, creuse, glabre, striée, verte, haute de deux à trois pieds. Ses feuilles , surtout les inférieures , sont très grandes, décomposées, tripinnées ; les folioles sont lancéolées, aiguës, étroites, très profondément et irrégulièrement dentées en scie; assez souvent deux ou trois de ces folioles sont réunies et confluentes par leur base ; les pétioles des feuilles inférieures sont cylindriques, creux, striés longitudinalement; les feuilles supérieures , moins composées, ont des folioles presque linéaires et dentées. Les ombelles, situées à l'extrémité des ramifications de la tige, sont composées de dix à quinze rayons presque égaux; l'involucre, quand il existe , est formé le plus souvent d'une seule foliole linéaire; les involucelles sont de plusieurs folioles linéaires, aussi Ion gues et même plus longues que Tombellule elle-même. Les fleurs sont petites et blançhes: les pétales . étalés en fosx . »o«t
Oyo BOTANIQUE.
presque égaux entre eux ; ils sont ovales , un peu concaves , suLcordiforraes , ayant le sommet relevé en dessus. Les deux styles sont assez courts etdivergcns. Les fruits sont globuleux, presque didymes , couronnés par les styles et les cinq dents du calice, et dffrent sur chacune de leurs faces convexe? et latérales cinq côtes saillantes et simples. La cicutaire aquatique croît sur le bord des mares et des ruisseaux. !^
Propriétés et usages. La cicutaire aquatique, ou ciguë vireuse , est encore plus active et plus délétère que la grande ciguë. Les accidens qu'elle détermine sont plus graves et plus intenses , et demandent le même traitement que ceux que nous avons indiqués pour celte dernière. On ne l'emploie plus en médecine , quoique plusieurs auteurs l'aient préconisée comme plus efficace que la grande ciguë. Sa racine , qui est blanche, charnue et alongée , a été quelquefois recueillie en guise de celle du panais, méprise qui a toujours été suivie des accidens les plus funestes.
La plante que Bulliard a figurée sous le nom de Cicuta virosa, t. 151 de ses plantes de France, n'est pas la vraie ciguë vireuse , mais la Ciciitaria maculata , espèce qui est originaire de l'Amérique septentrionale, et que l'on cultive au Jardin des Plantes , où Bulliard aura sans doute pris les échantillons qui lui ont servi à faire son dessin. Au reste , cette dernière espèce [Cicutaria maculala) possède les mêmes propriétés que l'espèce d'Europe.