‹ Élémens d'histoire naturelle médicale (volume 3)Chapitre 114 sur 187 · SIXIÈME SECTION · texte numérisé non relu

SIXIÈME SECTION

éry.\gi£es. Fleurs disposées en capitules ou en ombelles simples. PANICAUT. - ERYNGWM. L. J.

Fleurs disposées en capitules , et portées sur un réceptacle convexe, garni d'écaillés. Involucre polyphylle, pétales émarginés • fruits ovoïdes, striés ou tuberculeux, surmontés par les cinq dents du calice.

BOTANIQDB.

Panicaut des champs. Eryngïum campestre. L. Sp. 337.

Nom pharmaceutique : eryngium. Noms vulgaires : chardon rouland ou roland. Partie usitée : la racine.

C'est une plante de dix à quinze pouces de hauteur, qui croît en abondance dans les lieux incultes, sur le bord des champs et des chemins, et qui, pour le port, ressemble plutôt à un chardon qu'à une ombellifère. Sa racine est perpendiculaire, cylindrique, très longue, brune en dehors, blanche en dedansj sa tige, rameuse dès sa base, se divise en un grand nombre de ramifications dichotoraes. Les feuilles radicales sont pétiolées, divisées profondément en trois lobes pinnatifides et épineux. Celles qui naissent sur la tige sont plus petites et moins incisées. Les capitules de fleurs sont arrondis, pédonculés, environnés d'un involucre qui se compose de six à sept folioles linéaires, lancéolées, deux fois plus longues que les capitules, épineuses. Ses fleurs sont blanches; ses fruits sont hérissés de petites écailles imbriquées. Cette espèce est en fleurs pendant la plus grande partie de l'été. 1^

Propriétés et usages. La racine de panicaut a une saveur un peu amère et légèrement aromatique, qui se perd presque entièrement par son ébullition dans l'eau : elle est , dans ce dernier état, alimentaire , et les gens des campagnes la mangent quelquefois. Quant à son action diurétique , on conçoit qu'elle doit être bien faible , lorsque l'on songe au peu d'activité de sou odeur et de sa saveur : elle agit alors comme un diurétique adoucissant , c'est à dire qu'elle convient particulièrement dans les cas d'irritation des voies urinaires. C'est toujours en décoction qu'elle est administrée.

Nous avons cru devoir ne décrire ici que les espèces d'Ombellifères les plus remarquables et les plus fréquemment usitées; mais nous avons éprouvé quelque embarras dans le choix de ces espèces , à cause de l'extrême analogie qui existe entre presque toutes les plantes de cette famille, sous le rapport de Isurs propriétés médicales. Parmi les autres Ombellifères dont

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nous n'avons pas donné la description , nous citerons ici les suivantes comme bien moins fréquemment employées :

r La Sanicle, Sanicula europœa L. , plante vivace , commune dans les bois ombragés , et qui a joui autrefois d'une très grande vogue. Ses feuilles ont une saveur amère et un peu acerbe : on les employait dans les hémorrhagies , les leucorrhées, la dysenterie, etc. Inusitée.

2° L'Ammi , J/nnii majus L. Ses fruits , d'une saveur un peu âcre et aromatique , étaient jadis comptés au nombre des quatre semences chaudes mineures. Inusité.

3** La LivÈCHE , Liguslicuni livislicum L. , croit dans les provinces méridionales de la France. Sa racine , que l'on désigne sous le nom d'ache des montagnes , et ses fruits, sont aromatiques , un peu àcres et stimulans. On les emploie bien rarement.

4" L'Impératoire , Iniperaloria ostruthium L. La racine de cette plante , qui croît dans les montagnes , a une saveur chaude et très aromatique : elle jouit de propriétés toniques et stimulantes fort énergiques , et n'est pas à dédaigner. Cependant on l'emploie assez rarement.

Propriétés médicales et usages des plantes de la famille des

Ombellifcres.

Celte famille doit être comptée au nombre des plus naturelles^ sous le rapport des caractères botaniques et de la ressemblance qui existe entre les différens genres dont elle se compose. Cependant tous les végétaux qui lui appartiennent sont loin de jouir des mêmes propriétés , d'avoir la même action sur l'économie animale , comme le démontrent les différentes espèces de ciguë, le phellandre aquatique , etc. , comparés à l'anis, au cumin, au fenouil , au persil , à la carotte, etc. Les premières, en effet, sont des poisons narcotiques et très subtils 3 les autres , au contraire , sont des médicamens et des alimens , dont l'administration ne donne jamais lieu à aucun accident. Tâchons de présenter une explication de cette anomalie, plus apparente que réelle.

L'amiyso chimique nous démontre, dans les Ombelli'ères ,

deux principes de nature diff<?rente : l'un est résineux , renfermant une grande quantité d'huile volatile essentielle , très odorante et très aromatique 5 l'autre , au contraire , est de nature extractive , peu odorant , légèrement amer. C'est a la présence de l'un de ces principes constituans que les Ombellifères doivent leurs propriétés. Ainsi , elles seront toniques , excitantes , aromatiques , chaudes et diffusibles , toutes les fois que la résine et l'huile volatile y prédomineront : c'est ce que l'on observe dans le fenouil, l'anis, la coriandre, l'angélique, le cumin , le carvi,, etc. Ce principe aromatique et stimulant se trouve principalement concentré dans les fruits , ainsi qu'on l'observe dans l'anis , le fenouil, le cumin , etc. ; d'autres fois il existe aussi dans les tiges : telles sont celles de l'angélique , du céleri, etc. C'est des Ombellifères aromatiques que l'on retire les sucs concrets gummo-résineux , connus sous le nom de gommes-résines fétides , tels que Vasa jostida , le galbanum , Vopopaiiax j etc.

Si le principe aromatique est uni à une assez grande proportion de mucilage et de matière sucrée , les Ombellifères deviennent propres à être employées comme alimens : c'est, ce que démontrent les racines de carotte et de panais , le cerfeuil , le céleri , en un mot toutes les espèces cultivées dans nos jardins potagers.

Mais si au contraire la partie prédominante est l'extractif , si le principe aromatique ne s'y fait plus remarquer , elles auront alors des propriétés tout à fait différentes , et deviendront quelquefois de véritables poisons narcotiques : nous en trouvons la preuve dans la grande et la petite ciguë , la ciguë aquatique , différentes espèces d'œnanthe , le phellandre aquatique , etc. Une observation digne de remarque, c'est que le principe aromatique est d'autant plus développé que les espèces vivent naturellement dans des lieux et des contrées plus chaudes et plus sèches , tandis qu'au contraire on doit toujours se défier des espèces qui croissent à l'ombre , dans des lieux humides, ou même dans l'eau , parce que le principe extraclif et narcotique y prédomine, et qu'elles sont plus ou moins dangereuses pour l'homme et les animaux.

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