GROSEILLER. — RIBES. L
I. Ovaire complètement infère; calice campanulé ; anthères oordiformes; style profondément biparti. Fleurs non eu grappes ; tiges ordinairement garnies d'aiguillons, grossulabia. Rich.
Groseiller Épineux. Ribes grossulana. L. Sp. 29t. Grossularia viilgaris. Rich. Monog. inéd.
C'est un petit arbuste touffu , très rameux , qui ne s'élève guère au delà de trois à quatre pieds. Sa tige ligneuse et inégale porte des feuilles d'abord disposées par petits faisceaux, à la base desquels on trouve un aiguillon à trois branches di- Tariqnées. Ces feuilles deviennent ensuite alternes et pétiolées, subcordiformes, pubescentes , divisées en cinq lobes arrondis, profondénient dentés. Les fleurs sont vertes, axlllaires et solitaires. Leur pédoncule est pubescent , penché, et présente vers le milieu de sa longueur deux petites bractées squammiformes , opposées. L'ovaire, qui est complètement infère , est hérissé de poils rudes; le calice est campanulé , à cinq Jobes étalés ■ les cinq pétales sont fort petits et presque cunéiformes et dressés. Le style est velu et renflé à sa partie inférieure. Le fruit est une baie globuleuse , de la grosseur d'une cerise d'un rouge foncé, hérissée de poils très rudes, et ombi-
liquée à son sommet. Cet arbuste croit dans les haïes et les bois. Il fleuril au printemps ; ses fruits sont parfaitement mûrs au milieu de l'été.
Propriétés et usages. Les fruits de cette espèce et ceux du Ril/es m'a crispa L. , que l'on désigne vulgairement sous le nom de groseilles à maquereau, ont une saveur acidulé et sucrée lorsqu'ils sont parvenus à leur maturité. Cependant ils sont peu recherchés , et. on les abandonne en général aux enfans. Ils sont rafraîchissans et un peu relâchans. Avant leur maturité ils sont âpres et astringens , et on se sert quelquefois de leur suc comme condiment pour assaisonner les viandes et le poisson , et particulièrement les maquereaux. De là le nom vulgaire sous lequel ils sont généralement connus. En Angleterre , on cultive très abondamment cette espèce. Ses fruits sont employés à faire une sorte de liqueur fermentée , nommée vin de groseilles , dont on peut se contenter dans un pays à qui la nature a refusé la vigne.
II. Ovaire infère; calice presque plane; anthères didymes; style bifide à son sommet. Fleurs en grappes; tiges dépourvues d'aiguillons, ribes.
rach.
Groseiller rouge. Ribes rubrum. L. Sp. 290. Blackw. t. 285.
Cette espèce se distingue facilement à ses tiges dressées , cylindriques , dépourvues d'aiguillons; à ses feuilles beaucoup plus grandes que dans l'espèce précédente, à cinq lobes pubescens et dentés. Ses fleurs , qui sont hermaphrodites et très petites , forment un épi ou petite grappe simple, pendante, composée de huit à douze fleurs pédicellées, portées sur un axe simple. Chacune de ces fleurs a l'ovaire infère , glabre; le calice presque étalé , à cinq divisions larges et très obtuses. Les cinq pétales sont excessivement petits et presque cunéiformes. Le style est terminé par deux stigmates , et le fruit est une petite baie globuleuse, ombiliquée, tantôt blanche et transparente , tantôt d'un beau rouge cramoisi.
Le groseiller rouge est commun dans les haies, les bois. On le cultive en abondance dans les jardins, où ses fruits sont mûrs en juillet et août
^g6 BOTANIQUE.
Propriétés et usages. Los groseilles sont composées d'acides malique et citrique, d'albumine végétale, de matière coloranle, dans la variété à fruits rouges, et de sucre. Le principe mucilagineux ou gélatiniforme qui existe dans la groseille a été nommé grossuline par M. Guibourt (Journ. de chim. méd. 3, p. 31). Il le considère comme différent du muqueux. On prépare, avec le suc que l'on en exprime, des tisanes, un sirop ou une gelée. Les premières se font en écrasant les groseilles et en exprimant leur suc , que l'on étend d'eau , et auquel on ajoute une quantité convenable de sucre. Le sirop se fait avec le suc clarifié , c'est à dire privé de l'albumine qu'il contient. Étendu d'eau , il forme aussi une boisson extrêmement agréable , que l'on emploie , ainsi que tous les autres acidulés , comme tempérante, dans les inflammations aiguës, les fièvres bilieusesetinflammatoires. Elle modère la chaleur animale, calme l'accélération de la circulation; en un mot, agit comme adoucissante et calmante. Quant à la gelée , c'est une préparation de table dont on permet l'usage aux convalescens.
Dans ces dernières années, MM. Tilloy, pharmacien à Dijon, et Chevallier, pharmacien à Paris, se sont occupés des moyens d'extraire l'acide citrique que contiennent les groseilles rouges. Ils ont publié leur procédé dans le Journal de Chimie médicale. (Voyez année 1827, p. 2G5 et 313.)
III. Ovaire semi-infère; calice campanule; anthères cordiformes; style simple. Eleurs en grappes. Tiges ordinairement sans aiguillons, bo-
TUYCARPUiM. Rich.
Groseiller noir. Ribes nigrum. L. Sp. 291. Botnjcarpum nigrum. Rich. Monog. inéd. Vulg. Cassis.
Pour le port, le cassis a beaucoup d'analogie avec le groseiller rouge. Sa tige est également très rameuse. Ses feuilles ressemblent beaucoup à celles de la vigne ; mais elles sont trois fois plus petites, lisses et glabres à leur face supérieure, pubescentes inférieurement. Leur pétiole est élargi et membraneux à sa base. Leurs fleurs forment des grappes simples, composées d'un petit nombre de fleurs pédicellées, écartées les unes des autres. Ces fleurs sont presque globuleuses, Leur calice,
niBKSiÉES.
qui est très renflé au dessus de l'ovaire, et finement pubescent à son limbe, est partagé on cinq divisions un peu rougcAlres. Les cinq pétales, plus courts que ces divisions, sont d'un blanc jaunâtre. Le style est simple, glabre, terminé par un stigmate bilobé. Le fruit est une baie d'un noir foncé, terne, ombiliquée à son sommet.
Cet arbuste se rencontre assez fréquemment dans les bois à l'état sauvage. Il est depuis long-temps introduit dans les jardins.
Propriétés et usages. Les parois du fruit dans le cassis sont parsemées de vaisseaux propres, remplis d'un fluide aromatique très actif et d'une odeur peu agréable, tandis que la pulpe renfermée dans leur intérieur est légèrement aigrelette, comme celle de l'espèce précédente. La présence de ce principe odorant communique au cassis une propriété tout à fait différente de celle des deux espèces dont nous venons de faire mention. Les fruits sont légèrement excilans j mais comme leur saveur est peu agréable, on ne les mange presque jamais à l'état de crudité ; on en prépare une sorte de ratafia que l'on aromatise avec la cannelle, le macis, etc.
La famille des Nopalées ou Cactées, que l'on a, avec juste raison, séparée de celle de;s Ribésiées, a pour type le genre Cierge, CactusL. Toutes les espèces sont des plantes grasses qui offrent les formes les plus bizarres et les plus varices. Leurs tiges sont tantôt cylindriques ou anguleuses et canelées, tantôt formées d'articulations superposées. Elles sont presque toutes dépourvues de véritables feuilles, qui sont remplacées par de petits faisceaux d'aiguillons. Quelques espèces sont tout à fait globuleuses, et ressemblent absolument à un melon. Tous ces végétaux se plaisent dans les lieux les plus seçs et les plus arides 3 ils s'étendent sur les rochers de l'Amérique et de l'Asie, ou s'élèvent au milieu des sables brûlans de l'Afrique. Leurs fruits, qui sont assez gros dans quelques espèces, sont pulpeux et rafraîchissans.
Aucune espèce n'est employée en Europe Ix litre de médica-
598 BOTANIQUlî.
ment; mais plusieurs sont administrées avec avantage dans les lieux où elles croissent naturellement. Selon M. Descourlilz on fait usage dans les Antilles, et particulièrement à Saiiu-Domingue, du suc laiteux que contiennent leurs parties herbacées. Ce suc est âcre et brûlant ; appliqué sur la peaii, il l'enflamme et agit comme teus les autres épispastiques végétaux. Administré à la dose de quelques gouttes, il purge violemment, et l'on en fait un fréquent usage comme vermifuge. Mais ce remède demande les plus grandes précautions à cause de sa grande activité. Les espèces citées par M. Descourlilz sont particulière, ment le Cactus grancliflorus L. , Cactus clivaricatus , Cactus JlagdUformis L. C'est sur plusieurs espèces de Cierge , Cactus opuntia, Cactus cocci/érus, etc., que l'on élève, dans différentes parties de l'Amérique ^ le petit insecte hémiplère connu sous le nom de cochenille, qui fournit un rouge si précieux aux peintres et aux teinturiers, et que l'on emploie également pour colorer certaines préparations pharmaceutiques. (Voy. la première partie de cet ouvrage.)