SOIXANTE-QUATRIÈME FAMILLE
SAXIFRAGÉES. — SAXIFRAGES.
Les Saxifragées sont en général des végétaux herbacés; leur tige est rarement ligneuse; leurs feuilles sont quelquefois réunies et groupées à la base de la lige en forme de rosettes ; d'autres fois elles sont alternes ou même opposées. Les fleurs varient aussi beaucoup dans leur mode d'inflorescence. Tanlôt elles sont solitaires, tantôt disposées en épis ou en corymbes. Leur calice est toujours monosépale, à quatre ou cinq divisions plus ou moins profondes, tantôt libre, tanlôt soudé, dans une étendue plus ou moins considérable, avec l'ovaire. La corolle, qui manque quelquefois, se compose de quatre ou cinq pétales insérés au haut du tube du calice , et alternant avec ses divisions. Les élamines, en nombre égal ou double, sont attachées au même point. L'ovaire , qui est libre , semi-adhérent ou tout à fait adhérent, offre une ou deux loges polyspermes : il se termine supérieurement par deux styles et deux stigmates. Le fruit est généralement capsulaire , à une ou deux loges et à deux valves, dont les bords rentrans constituent la cloison. Les graines renferment un embryon placé autour d'un endosperme charnu et farineux. La famille des Saxifragées sert
SAXIFRAGÉr.S. 6ll
de passade «^ntro la classe précédente et celle à la tôle de laquelle elle se trouve placée. Eu effet, quelques uns des genres qui y sont réunis ont l'ovaire tout à fait libre, tandis que d'autres l'ont à moitié ou môme tout à fait infère. Celte particularité est une des preuves qui attestent que la nature se joue le plus souvent de nos méthodes de classification, et fait disparaître les différences que nous avions établies et que nous regardions comme si tranchées.
SAXIFRAGE. - SAXIFRAGA. L. J.
Calice monosépale, à cinq , rarement à quatre divisions j corolle de quatre ou cinq pétales; ovaire libre ou adhérent par sa moitié inférieure avec la base du calice, à deux loges , surmonté de deux styles; étamines au nombre de huit à dix, insérées , ainsi que les pétales , à la paroi interne du calice; fruit capsulaire, biloculaire, bivalve, terminé par deux cornes.
Saxifrage granulé. Saxifraga granulata. L. Sp. 576.
Nom pharmaceutique : ^(•/.r^/ra^a nlba. Noms ya\ga.\res : perce pierre, rompt-pierre, saxifrage blanc. Partie usitée : tubercules.
Au collet de la racine sont rassemblés un grand nombre de petits tubercules rougeAtres, charnus et pisiformes. Les feuilles, qui sont presque toutes radicales, ont des pétioles d'un à deux pouces de longueur, un peu velus; elles sont réniformes, à cinq ou sept lobes très obtus, légèrement épaisses et velues; les tiges qui s'en élèvent sont dressées, rameuses, hautes d'environ un pied, couvertes de petits poils courts et rapprochés. Les fleurs sont assez grandes, blanches, situées au sommet des ramifications de la tige. Le calice est subcampaniforme, à cinq divisions profondes et dressées ; les cinq pétales sont ovales, subspatulés, entiers ; les dix étamines, moitié plus courtes que la corolle, sont insérées vers le milieu du calice. Le fruit est une capsule biloculaire, terminée par deux cornes divergentes ; elle s'ouvre en deux valves. Cette espèce de saxifrage est assez commune aux environs de Paris, dans les parcs de Saint-Cloud et de Boulogne; elle fleurit au mois de mai. IjL
Propriétés et usages. On se sert deS tubercules de sa racine.
Ils sont amers , légèrement âcres et astriugens, et employés à la dose d'une demi-once en décoction dans une pinte d'eau , comme diurétiques. Quelques praticiens administrent cctle décoction pour combattre les petites granulations calculeuses qui se forment dans les voies urinaires, et aider à les en expulser. Mais la réputation de ce remède a beaucoup diminué depuis que les médecins n'ajoutent plus une aveugle confiance à l'action des prétendus lithontriptiques, parmi lesquels on comptait jadis les tubercules de ce saxifrage.
Les autres plantes de cette famille ne nous offrent aucun intérêt.
soixante-cinquième famille.
Semperviveje. t.
Les Crassulacées ou plantes grasses sont herbacées ou frutescentes ; leurs feuilles sont épaisses, charnues, alternes ou opposées. Les fleurs, qui présentent quelquefois un éclat très vif et des formes très élégantes, ont une inflorescence très variée. Leur calice est profondément divisé ; la corolle se compose d'un nombre plus ou moins considérable de pétales, égal à celui des divisions du calice avec lesquelles ils alternent ^ quelquefois ils se soudent entre eux et forment une corolle monopétale. Le nombre des étamines est le même, ou plus rarement double de celui des pétales ou des lobes de la corolle monopétale. Quand elles sont en nombre double, quelquefois la rangée intérieure avorte et se change en corpuscules ou appendices de formes variées. Au fond de la fleur on trouve constamment plusieurs pistils distincts et supérieurs, quelquefois légèrement soudés entre eux par leur base. Leur nombre est très variable. Chacun d'eux se compose d'un ovaire plus ou moins alongé, à une seule loge qui contient plusieurs ovules attachés à un trophosperme suturai placé du côté interne. Le style est un peu oblique, et se termine par un stigmate simple. Le fruit se compose d'autant de capsules uniloculaires, polyspermes, qu'il y avait
CRASSU LACHES. 6t3
de pistils dans chaque fleur. Ces capsules s'ouvrent par leur suture longitudinale, et contiennent des graines dont l'embryon recourbé recouvre en quelque sorte un endosperme farineux.