‹ Élémens d'histoire naturelle médicale (volume 3)Chapitre 121 sur 187 · ORPIN. — SEDUM. L. J · texte numérisé non relu

ORPIN. — SEDUM. L. J

Calice à cinq divisions très profondes -, corolle de cinq pétales j dix élaniines j capsules au nombre de cinq Plantes herbacées, à feuilles alternes, planes ou presque cylindriques, et à fleurs disposées en corymbes.

Orpin reprise. Sedum telephium. L. Sp. 616. DC. Pl. grasses

Nom vulgaire : grassette. reprise, herbe à la coupure. Partie usitée : les

feuilles. •

Plusieurs tubercules blanchâtres et charnus donnent naissance à des tiges hautes d'un pied , cylindriques , simples et rougeâtres dans leur partie inférieure, ramifiées vers leur sommet. Les feuilles sont alternes ou opposées, sessiles, vertes et glauques, ou rougeâtres, ovales, aiguës, dentées et glabres. Les fleurs sont purpurines ou blanches, et forment des espèces de corymbes h la partie supérieure de la tige. On trouve communément cette plante dans les bois et surtout dans les vignes.

j Les fleurs s'épanouissent en juillet et en août. 1^

Propriétés et usages. Cette plante a une de ces réputations >

I populaires qu'il serait fort difficile de détruire , tant elles sont anciennement enracinées. Tous les noms sous lesquels on distingue vulgairement l'orpin annoncent les propriétés qu'on

' lui a attribuées pour faciliter la cicatrisation , la reprise des plaies récentes. On appliquait ses feuilles fraîches et pilées sur

I les coupures, et on pensait par ce moyen en faciliter la guérison. Aujourd'hui tous les praticiens savent que ces applications topiques sont plutôt propres à retarder qu'à hâter la cicatrisation des plaies.

Le sedum acre, L. Sp. 619. Bull. t. 30, est une autre espèce du môme genre, dont les tiges, hautes de trois à quatre pouces, viennent par touffes serrées dans les lieux sablonneux, sur les

6l4 BOTANIQUE.

toits tl les murs. Ses feuilles sont cylindriques et charnues ; ses fleurs jaunes et terminales. Toutes les parties de celle plante ont une saveur âcre et piquante. Le suc que l'on en exprime est à la fois émélique et purgatif, môme à faible dose. On a employé celle espèce comme antiscorbulique , et EUmuller et Below en ont retiré de très bons effets. En Allemagne on se sert du seduin acre pilé et réduit en une sorte de pulpe , pour appliquer sur les tumeurs arthritiques. Ce moyen a souvent réussi.

Le sedum album L. a une saveur fraîche , et dans quelques provinces les gens de la campagne mangent ses jeunes pousses, après les avoir fait bouillir dans l'eau.

C'est encore à la même famille qu'appartient la Joubakbe DES toits , Senipërvivum tectorum L., dont les feuilles épaisses et charnues forment des rosaces , du centre desquelles s'élève la tige florifère. On a allribuc à celte plante des propriétés analogues à celles de l'orpin reprise ; on appliquait ses feuilles pilécs, et incorporées dans l'axonge ou de l'huile, sur les hémorrhoïdes enflammées , sur les brûlures , etc. Mais elle n'est employée que dans la médecine populaire.

SOIXANTE -SIXIÈME FASIILLE.

—ROSACEE.

Les Rosacées, ainsi que l'indique leur nom, comprennent ce groupe nombreux de végétaux dont l'organisation a du rapport avec celle de la rose. Leur lige offre tous les degrés de force et de hauteur, depuis l'herbe rampante qui ne peut soutenir ses grêles ramifications , jusqu'à l'arbre fort et vigoureux dont les branches sont élancées vers les nues. Les feuilles de toutes les Rosacées sont alternes, simples, plus ou moins profondément divisées , ou enfin composées, pinnées ou digilées. A la base du pétiole de ces feuilles on observe toujours deiîx petites stipules , qui quelquefois se soudent latéralement avec lui , ainsi qu'on l'observe surlout dans les différentes- espèces de rosier. Les fleurs offrent un mode d'inflorescence exlrèmemcnt varié : elles sont tantôt solitaires et axillaires, tantôt fasciculées ,

KOSACEES.

tantôt on corymbes, en grappes , en épis ou pn panicules. Elles sont généralement blanches, plus rarement jaunes ou rougeâires. Leur calice, toujours monosépale, tubuleux ou étalé, à cinq divisions, est accompagné quelquefois d'un calicule extérieur , en partie soudé et confondu avec lui, La corolle se compose de cinq pétales égaux, réguliers , étalés en rose, insérés, ^insi «lue les élamines , à l'entrée du tube du calice , on à la base de ses divisions , lorsqu'il est étalé. Les étamines sont généralement en grand nombre. Celui des pistils est très variable. Ainsi, quand le calice est tubuleux on en trouve un , deux ou un grand nombre. Dans les deux premiers cas , ces pistils occupent le fond du calice 3 dans le dernier, ils garnissent les parois du tube, qui souvent se resserre dans sa partie supérieure, de manière à sembler former un ovaire infère. Quelquefois ces pistils restent distincts les uns des autres ; d'autres fois ils se soudent intimement, de manière à donner naissance à un seul et môme fruit. Lorsque le calice est étalé , les pistils sont réunis sur un réceptacle central ou gynophore, souvent épais et charnu, comme dans le fraisier, le framboisier , etc. L'ovaire de chacun de ces pistils est à une seule loge, qui contient un, deux ou un petit nombre d'ovules. Le style est toujours latéral, quelquefois bdsilaire, terminé par un stigmate simple. Les fruits présentent dans les différens genres de cette famille des différences tellement tranchées, que plusieurs auteurs ont cru devoir la partager en un assez grand nombre de groupes distincts, dont ils ont fait autant de familles. Ainsi, tantôt le fruit est une drupe, tantôt c'est une métonide ou pomme; dans quelques genres il se compose d'un grand nombre de petits akènes ou de petites drupes, réunis sur un réceptacle commun, et environnés d'un calice étalé 3 dans d'autres , ces petits akènes sont renfermés dans un calice urcéolé ; enfin quelques genres présentent une sorte de capsule formée par la réunion de plu- .sieurs pistils uniloculaires , qui se sont soudés les uns avec les autres. La graine se compose d'un embryon épispermique, dont •les cotylédons sont très épais. Ces modes d'organisation dans le fruil des liosacées ont servi de type à rétablissement de six S;jciions , auxquelles on a donné des noms particuliers, et que

^ ' " BOTAMQIJli.

plusieurs auteurs considèrent comme des familles différentes. Wous en exposerons successivement les caractères.

PREMIÈRE TRIBU

FRAGARIACÉES. Rich.

Cette section se compose de végétaux herbacés ou rarement frutescens; leur calice est étalé , persistant , à cinq divisions , quelquefois accompagné d'un calicule extérieur soudé avec lui. La corolle se compose de cinq pétales. Les étamines sont fort nombreuses. Les pistils sont groupés au centre de la fleur sur un gynophore , qui quelquefois devient charnu. Les fruits sont des akènes ou de petites drupes monospermes réunies en téte. Les feuilles sont toujours composées.

r Calice acconipagué d'un calicule soudé avec lui. FRAISIER. - FRAGARIA. L. J,

Calice étalé , persistant^ à dix lobes, dont cinq externes , formés par le calicule ; corolle de cinq pétales ; akènes légèrement charnus , portés sur un gynophore globuleux , qui devient pulpeux , et prend beaucoup d'accroissement. Plantes vivaces , à tiges étalées et slolonifèreç.

Fraisier commun . Fragaria vcsca. L. Sp. 708. Nom pharmaceutique : fragaria. Parties usitées : les fruits, la racine.

Sa racine forme une touffe de fibres brunâtres , alongées , grêles, un peu rameuses , donnant naissance supérieurement à plusieurs tiges : les unes dressées et florifères , hautes de trois à six pouces , velues , ainsi que les autres parties de la plante ; les autres étalées , formant autant de rejets ou stolons, qui s'enracinent de distance en distance , et constituent des faisceaux de nouvelles tiges. Les feuilles sont radicales, pétiolées , trifoliolées. Les folioles sont sessiles , ovales , un peu onduleuses , à dentelures profondes sur leurs bords, marquées de veines très saillantes à leur face inférieure. Les fleurs sont blanches ,

ROSACÉES. 617

rassemblées au nombre de cinq à dix à l'extrémité des rameaux florifères. Le calice est monosépale , étalé , à cinq divisions profondes ; cinq extérieures, plus étroites et presque linéaires, appartiennent à un involucre ou calicule soudé avec le véritable calice , qui est formé des cinq divisions^ intérieures, plus larges et acuminées. La corolle est composée de cinq pétales étalés en rose, orbiculaires , arrondis , entiers, concaves, offrant un onglet extrêmement court. Les étamines sont insérées à la base des divisions du calice , dont la face supérieure se trouve épaissie par une substance jaunâtre et glandulaire , formée par le disque périgyne. Les pistils sont rassemblés en tôte hémisphérique au centre de la fleur. Ils sont portés sur un renflement charnu particulier, qui prend ensuite un très grand accroissement, devient mou et pulpeux, et forme la partie du fruit que l'on mange. Chaque pistil se compose d'un petit ovaire ovoïde , presque réniforme , uniloculaire, uniovulé. Le style est latéral : il part du milieu d'un des côtés de l'ovaire j il est court et cylindrique , terminé par un petit stigmate plane à peine distinct. Les fruits sont autant de petits akènes granuleux, durs , renfermant une seule graine , réunis et portés sur un réceptacle charnu , rougeâtre à l'intérieur , blanc et pulpeux à l'intérieur, d'une forme arrondie. Le fraisier croît abondamment dans tous les bois aux environs de Paris. On en cultive un grand nombre de variétés dans les jardins. Il fleurit et fructifie successivement pendant tout l'été. ^

Propriétés et usages. Il n'est personne qui ne connaisse les fruits du fraisier, et qui n'ait apprécié leur saveur délicieuse et la suavité de leur arôme. Il s'en fait, pendant l'été, une énorme consommation sur nos tables. Saupoudrées de sucre et arrosées de vin ou de créuie , les fraises sont au dessert un mets fort recherché. Elles conviennent surtout dans les grandes chaleurs de l'été , et aux individus qui digèrent avec facilité ; car chez les personnes faibles , lymphatiques , ou dont l'estomac est paresseux , on les voit quelquefois occasionner une véritable indigestion. C'est dans ces circonstances qu'il est surtout utile d'y joindre du vin pur, pour en faciliter la digestion. On peut préparer, avec Ic^ fraises écrasées dans l'eau , une boisson tempé-

ranle et rafraîchissante , propre , dans les différens cas d'inflammation , pour diminuer la chaleur et la fièvre.

L'usage long-lemps continué des fraises prises en grande quantité a souvent déterminé dans l'économie animale des changemens extraordinaires, et amené la guérison d'affections graves qui avaient résisté ù beaucoup d'autres remèdes en apparence plus actifs. Cependant il faut se tenir en garde contre -les assertions un peu exagérées des auteurs qui ont écrit sur ce sujet, et ne point s'en laisser imposer par l'autorité des noms. Linné, dans une dissertation spéciale publiée parmi ses Aménités académiques^ dit que CfS fruits font disparaître en peu de temps les concrétions tofacées qui se forment dans les articulations, à la suite de la goutte. Hoffmann et Schulz assurent que l'usage des fraises a ramené prouiptement à la santé des individus affectés de fièvre hectique et de phthisie pulmonaire très avancée. D'autres les ont vues apporter un soulagement réel dans la gravelle et les autres affections calculeuses. De pareilles assertions ont besoin d'être de nouveau vérifiées par l'expérience, avant d'y ajouter pleinement foi.

La racine de fraisier est plus fréquemment employée comme médicament que les fruits. Elle a une saveur araère et surtout astringente. Sa décoction est d'un rouge foncé, et contient du tannin et de l'acide gallique. On peut en faire usage dans la diarrhée et les hémorrhagies dites passives. Mais aujourd'hui elle est peu usitée, après avoir joui d'une grande .vogue contre plusieurs maladies différentes. Dans quelques pays, les habitans des campagnes se servent des feuilles en place de thé.

POTENTILLE. — POTENTILLu. L. Nestl. Monog.

Calice étalé, à dix lobes, dont cinq extérieurs formant un calicule ; corolle de cinq pétales 3 akènes réunis en tête sur un réceptacle qui ne prend pas d'accroissement et ne devient pas charnu. Ce genre diffère du fraisier par son gynophore, qui ne devient point pulpeux.

KOSACÉES.

PoTENTiLLE ANSÉRiNE. Potenùlla anscrina. L. Sp. 710. Bull.

Nom pharmaceutique : nnserina s. argentina. Nom vulgaire : argentine. Parties usitées : la racine, les feuilles.

C'est sur le bord des étangs et des ruisseaux que croit coramunémeni Targenline. Ses tiges sont faibles, étalées et stolonifères. Ses rejets, semblables à ceux du fraisier, s'enracinent de distance en dislance, et donnent naissance à des touffes de feuilles. Celles-ci sont interrotnpu-pinnées, couvertes d'un duvet blanc et soyeux, d'où la plante a tiré le nom d'argentine, sous lequel on la connaît généralement; ses folioles sont ovales, aiguës et profondément dentées en scie. Ses pédoncules sont cylindriques, soyeux, axillaires, portant à leur sommet une seule fleur assez grande et d'une belle couleur jaune de soufre. L'argentine fleurit pendant tout l'été. IJi

Propriétés et usages. La racine et les feuilles de cette plante ont une saveur astringente. Leur décoction , qui est rougeâtre et qui noircit par le sulfate de fer, peut être employée comme tonique , soit daps les différens cas de diarrhée chronique ou d'hémorrhagies passives , soit à l'extérieur, sous forme de lavemens, de lotions ou d'injections. Lorsque les feuilles et la racine d'argentine ont bouilli pendant quelque temps , elles perdent leur saveur astringente ; et dans quelques contrées , les paysans les mangent comme herbes potagères.

Une autre espèce du genre potentille jouit absolument des mêmes propriétés , et s'emploie dans les mêmes circonstances : je veux parler de la Quiintefeuillis ( PotentiUa reptans L.) , qui diffère de la précédente par ses feuilles , dont les folioles , £m nombre de cinq , partent en divergeant du sommet du pétiole commun. Elle est coramuqe sur le bord des chemins et des lieux incultes.

On peut en dire à peu près autant de la Tormentille [Torinentilla arecta L. ) , (jui ne diffère génériquement des potentilles que par son calice à huit divisions seulement, et sa corolle de quatre pétales. C'est une petite plante vivace , dont les li{;es sont grêles^ redressées et rameuse? , portant des feuilles près-

HOTAWIQOE.

que sessiles , formées de trois à cinq folioles digiiées , profondément dentées , ovales , oblongues et velues. Les fleurs sont jaunes , petites , pédonculées , axillaires et solitaires. Toutes les parties de cette plante ont une saveur astringente très prononcée. On fait usage de sa racine en décoction , dans toutes les maladies qui réclament l'emploi des toniquès astringens , et en particulier dans la leucorrhée , les hémorrhagies , la diarrhée , lorsque tous les signes de l'irritation ont disparu. On en prépare également des lotions , des lavemens et des injections.

La plupart des auteurs modernes , et en particulier M. le professeur Nestler, dans sa Monographie du genre Polentillc, réunissent les tormentilles au genre Potenlille.

BENOITE. — GEUM. L. J.

Ce genre diffère des potentiiles par ses akènes , qui sont terminés par une longue. pointe recourbée en crochet à son sommet, ou velue et plumeuse -, du reste , sa fleur offre les mômes caractères.

Benoîte officinale. Geum urbanuni. L. Sp. 716.

Nom pharmaceutique : caryophyllata. Noms vulgaires : herbe de Saint' Benoît, gariot, récise, etc. Partie usitée : la racine.

Sa racine est vivace , brunâtre , horizontale , garnie d'un grand nombre de fibrilles capillaires. Elle donne naissance à plusieurs tiges dressées, hautes d'un à deux pieds, velues et presque simples. Les feuilles radicales sont longuement pétiolées , velues , interrompu-pinnées , composées le plus souvent de neuf folioles, quatre petites et cinq grandes.- ces folioles sont inégales, profondément dentées et incisées ; la terminale est beaucoup plus grande , partagée presque jusqu'à sa base en trois lobes arrondis, subcunéiformes, dentés et incisés. Les feuilles caulinaires sont presque sessiles, composées seulement de trois folioles inégales ; à la base de leur pétiole, qui est court , se trouvent deux stipules foliacées, ovales arrondies, aiguës, subcordiformes. Les fleurs sont assez petites , jaunes, solitaires el terminales. Le calice est étalé à son limbe, qui estprofon-

ROSACÉES. O2I

tlémenl partagé en cinq divisions lancéolées, aiguëes, entre chacune desquelles se trouve une petite languette foliacée très étroite ; le tube est court et turbiné. La corolle est formée de cinq pétales elliptiques , obtus et entiers , rétrécis à leur base , étalés, un peu plus longs que le calice. Les étamines, au nombre de trente environ , moitié plus courtes que la corolle, sont, comme elle , insérées au pourtour du tube calicinal. Les pistils sont très nombreux, et forment au centre de la fleur un capitule serré; ils sont insérés sur un gynophore arrondi et globuleux. Chaque pistil offre un ovaire obovoïde alongô, aminci à sa base , hérissé de longs poils ; de sa partie supérieure et latérale naît un style recourbé à son sommet, et formant une sorte de petit crochet avec lequel est articulé un stigmate alongé, grêle, un peu plus court que le style. Toutes ces parties sont persistantes , et s'accroissent même pour former le fruit , qui est un akène terminé par une longue pointe offrant un crochet en forme d'hamegon vers sa partie supérieure.

La benoite croît dans les lieux incultes, le long des murs, et sur le bord des bois. Tji

Propriétés et usages. La racine de benoite a joui d'une très haute réputation : quelques médecins allemands et français la regardent comme un des meilleurs succédanés indigènes du quinquina. On trouve dans le deuxième volume du Bulletin de pharmacie une analyse de cette racine. MM. Moretti et Melandri en ont retiré du tannin , de l'extraclif oxigénable, de l'extractif muqueux , de l'huile volatile et différens sels.

Selon M. Tromsdorff, elle se compose des matériaux suivans :

Huile volatile plus pesante que l'eau 0,39

Résine 40,00

'fannin 410,00

Adragantine 92,08

Matière gommeuse 158,00

Ligneux 308,08

Elle doit être recueillie au printemps, époque où ses principes paraissent être plus actifs et plus concentrés. Elle se com:

pose (l'une touffe de fibres brunâtres extérieurement, et roug«s ù leur intérieur. Sa saveur est légèrement amôre , asiringeiile et aromatique. Son odeur, quand elle est fraîche^ approche beaucoup de celle du girofle ; c'est pour cette raison qu'elle porte dans les pharmacies .'e nom de carjophyllatà.

D'après ces qualités, on voit que la racine de benoite doit être placée parmi les médicaraens toniques et excitans. Aussi les auteurs de matière médicale signalent-ils ses heureux résultats, lorsqu'on l'administre dans les diarrhées et les autres catarrhes chroniques, dans les hémorrhagies passives, surtout celles qui ont leur siège dans l'utérus. Mais c^est spécialement comme fébrifuge que l'on a prodigué à ce remède indigène les plus grands éloges 5 et l'expérience a en effet souvent justifié l'attente des praticiens qui l'avaient employé. En général , on l'administre contre toutes les maladies qui réclament l'emploi des médicaraens toniques. Quand on la donne comme fébrifuge, sa dose est de demi-once à deux onces dans l'intervalle des accès, suivant le type et la nature de la fièvre. Elle mérite d'être employée.

Une seconde espèce du même genre, le geuih rivale L., qui est commune le long des ruisseaux et dans les prés du nord de la France, jouit de propriétés analogues , et s'emploie dans les mêmes circonstances.

2° Calice simple et sans calicule.

YSmCE. — RUBUS.h. J.

Calice plane à cinq segmens; pistils nombreux réunis sur un gynophore protubérant, qui s'accroît après la fécondation, et est recouvert de petites baies monospermes, souvent entregreffées les unes avec lés autres.

Ronce du mont Ida.. Rubus Idœus. L. Sp. 708. Nom yxjlgaxte : framboisier.

Arbuste de trois à six pieds d'élévation , dont les rameaux sont alongés, très glabres, armés de quelques aiguillons- courts et peu piquans. Ses feuilles inférieures sont pétiolées; impari

Rosacées.

j)mnéos , composées de cinq folioles, sessilcs , ovales , trôs aiguës, un peu cordiformes à la hase , doublement serrées, glabres en dessus, blanches et tomenleuses en dessous. Le pétiole commun présente souvent quelques aiguillons. Les feuilles supérieures sont composées seulement de trois folioles. Les fleurs sont blanches j disposées à l'aiselle des feuilles supérieures et au sommet des rameaux, en une espèce de grappe pauciflore. Los pédoncules, qui sont grêles et glabres, sont garnis de petits aiguillons. Le calice est presque plane ù sa partie centrale , quinquéparti; ses divisions sont ovales, lancéolées, aiguës, réfléchies en dessous, un peu velues sur les bords. La corolle se compose de cinq pétales, petits, dressés, comme trapézoïdes, un peu obtus. Les étamines, très peu nombreuses, sont dressées, serrées les unes contre les autres, un peu plus courtes que les pétales , insérées à la base des divisions du calice , k une certaine distance en dehors des pistils. Ceux-ci, réunis en grand nombre , forment un capitule au centre de la fleur. Ils sont portés sur un réceptacle conique. L'ovaire est réniforme, velu, terminé latéralement par un long style grêle, au sommet duquel est un stigmate très petit. Le fruit, qui porte le nom de framboise, est formé d'un grand nombre de petites drupes rouges ou blanches, très charnues, serrées intimement les unes contre les autres, et réunies sur un gynophore conoïde alongé. Cet arbuste est abondamment cultivé dans les jardins.

Propriétés et usages. Les framboises ont une saveur sucrée, un peu acidulé et aromatique. On les mange ordinairement hiélangées avec les fraises. Infusées dans le vinaigre , elles Forment le vinaigre framboisé, avec lequel on prépare le sirop de vinaigre, si fréquemment employé dans les inflammations légères du canal digestif et de la gorge. On fait avec le jus des framboises et du sucre différentes gelées ou conserves : leur suc fermenté forme un vin Irès employé dans différentes provinces de la Pologne et de la Russie.

Les autres espèces de ce genre présentent beaucoup d'analogie avec le framboisier. Leurs fruits , en général plus fades , sont cependant assez bons à manger; et les enfans , dans les campagnes, en mangent une grande quantité. Les feuilles elles

624 BOTA.TÎIQITE.

sommités de la Ronce commune {R.Jiiiticosus L. ) cl de quelques autres espèces voisines , qui sont communes dans nos bois et nos haies, sont astringentes. Leur décoction est prescrite, à l'intérieur et extérieurement, pour préparer des boissons ou des lotions toniques et détersives. Leurs fruits, auxquels plusieurs auteurs ont à tort attribué des qualités malsaines, jouissent des mêmes propriétés que les framboises, et pourraient leur être substitués dans bien des cas.

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