‹ Élémens d'histoire naturelle médicale (volume 3)Chapitre 123 sur 187 · ROSIER. — ROSA. L. J · texte numérisé non relu

ROSIER. — ROSA. L. J

Le tube du calice est urcéolé , persistant ; son limbe est à cinq divisions caduques i la corolle se compose de cinq pétales; les étamines sont fort nombreuses et attachées au haut du tube du calice. Les pistils sont en grand nombre , insérés à la paroi interne du calice, qui est , ainsi qu'eux , hérissée de poils rudes. Ces pistils forment autant de petits akènes osseux renfermés dans le tube du calice , qui devient charnu. Les rosiers sont des arbustes quelquefois sarmenteux, ordinairement armés d'aiguillons, ayant les feuilles imparipinnées et les stipules soudées latéralement avec la base des pétioles.

Rosier sauvage. Rosa canina. L. Sp. 704. Blackw, t. 8.

Nom {pharmaceutique : cynorhodon. Nom vulgaire : gratte-culs. Partie

usitée : les fruits.

Arbrisseau rameux , touffu, dont les branches sont armées d'aiguillons recourbés. Ses rameaux sont effilés, cylindriques et glabres. Ses feuilles sont alternes et pinnées avec impaire , légèrement glauques, composées de sept folioles sessiles , ovales, arrondies, obtuses, marquées de dents tràs aiguës.

fiOTANIQUB.

Le pétiole, légèrement canaliculé en dessus, est garni de quelques aiguillons à sa face inférieure 3 les deux stipules sont soudées avec sa base. Elles sont semi-sagitlées , denticulées sur leur bord libre. Les fleurs sont roses, grandes, rassemblées au nombre de quatre a six aux extrémités des ramifications de la tige, et portées sur des pédoncules courts et glabres. Le calice est tubuleux , ovoïde , alongé, glabre. Son limbe est étalé , à cinq divisions foliacées, alongées , très aiguës, pinnatifides sur les côtés. La corolle est pentapétale , rosacée. Chaque pétale est sessile, cordiforme^ un peu concave. Les étamines en très grand nombre (environ cent) sont insérées à la gorge du caice , en dehors d'un disque pariétal , qui , après avoir tapissé l'intérieur du tube calicinal , forme un bourrelet circulaire à son orifice, et le bouche presque entièrement. Elles sont beaucoup plus courtes que la corolle. Les pistils sont au nombre d'environ douze à quinze, renfermés dans l'intérieur du tube du calice , aux parois duquel ils sont attachés. Chaque ovaire est légèrement stipité, tout hérissé de poils blancs , rudes et soyeux, ainsi que la paroi interne du tube calicinal. II est surmonté d'un style grêle et filiforme, poilu. Ces styles, d'abord distincts, se réunissent en un faisceau , qui s'élève peu au dessus de l'ouverture du calice. Chaque style est terminé par un stigmate capitulé , glanduleux et inégal. Le fruit se compose du calice persistant , dont les parois se sont épaissies et sont devenues charnues et d'une couleur rouge foncée ; dans Tintérieur de ce calice sont les véritables fruits , qui sont autant d'akènes cornés, durs, polyèdres, hérissés de poils très rudes, et terminés en pointe à leur sommet. Cette espèce est très commune dans les haies et les buissons. Elle fleurit en mai. Ses fruits sont mûrs en septembre et octobre.

Propriétés et usages. On ne fait usage en médecine que des fruits de cet arbrisseau , lorsqu'ils sont parfaitement mûrs. On sépare avec soin la chair, ou le calice, des osselets et des poils qui adhèrent à sa surface interne. Elle a une saveur astringente. C'est avec elle que l'on prépare la conserve de cynorhodon , qui est un médicament astringent dont on fait usage dans la diarrhée chronique et plusieurs autres maladies où l'emploi

des légers aslringens est indiqué. Les cynorhodons sont composés de : sucre de raisin, acide malique, acide citrique, matière azotée , matière astringente , myricine , résine rouge.

Rosier de France. Rosa gallica. L. Sp. 704. Blackw. t. 78.

Nom pharmaceiitifiue : rosa rtibra. Noms vulgaires : rose rouge ou de Proi'ins. Partie usitée : les pétales.

C'est un arbuste peu élevé, buissonneux, qui croit sur les collines du centre et d'autres parties de la France. Ses tiges sont dressées, rameuses, cylindriques, recouvertes de nombreux aiguillons rougeâtres et recourbés. Leurs feuilles, qui sont alternes et pétiolées, se composent de cinq ou sept folioles sessiles, ovales, cordiformes, aiguës, dentées en scie, à surface crépue, glabres supérieurement et d'un vert foncé, un peu lonienteuses à leur face inférieure. Les stipules sont adhérentes avec le pétiole^ et un peu ciliées sur leurs parties latérales. Les fleurs sont réunies, au nombre de deux ou trois, au sommet des rameaux; elles sont d'un beau rouge cramoisi, portant au moins deux pouces et demi à trois pouces de diamètre. Leurs pédoncules sont grêles, cylindriques, assez longs et glanduleux. Le tube de leur calice est presque globuleux, également pubescent et glanduleux; les divisions de son limbe, plus courtes que les pétales, sont un peu divisées latéralement. Dans l'état sauvage, la corolle ne se compose que de cinq pétales arrondis , un peu échancrés en cœur; mais elle double avec la plus grande facilité dans les individus cultivés.

Propi-iélcs et usages. Les pétales de ce rosier, qui sont la seule partie dont on fasse usage, sont peu odorans ; mais ils ont en revanche une saveur astringente très prononcée, surtout lorsqu'ils ont été séchés rapidement. Analysés par M. Cartier {Journ. pharm. , nov. 1821 ), ces pétales ont donné du tannin et de l'acide gallique, une matière colorante, de l'huile volatile, une matière grasse, de l'albumine, des sels, de la silice et de l'oxide de fer. TSous ne croyons pas devoir nous étendre longuement sur leur usage dans la thérapeutique, ni rappeler les opinions erronées de quelques auteurs sur leur efficacité dans certaines maladies, telles que la phthisie pulmonaire : on

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sait Irop à quoi s'en tenir aujourd'hui sur l'efficacité prétendue de certains agens pharmaceutiques dans le traitement de celte cruelle maladie. Ce qu'il y a de positif relativement aux pétales de roses rouges, c'est que leur infusion est tonique et astringente, et que l'on en prescrit surtout l'usage dans les écoulemens dépendans de causes débilitantes. Ainsi , dans la leucorrhée, la blennorrhée chroniques, dans la diarrhée, etc.^ on l'emploie avec assez de succès. Ces pétales font la base d'un assez grand nombre de préparations pharmaceutiques. Ainsi , digérés dans le vinaigre, ils constituent le vinaigre rosat, avec lequel se prépare le miel rosat, dont on fait surtout usage dans les inflammations légères du pharynx. On fait aussi une conserve de roses rouges qui jouit des mêmes propriétés que la conserve de cynorhodon.

Le Rosier des quatre saisons, ou rose pâle, et ie Rosier a CENT FEUILLES ( Rosa biferu et Rosa centijolia L. ), méritent également d'être mentionnés ici. On connaît le parfum délicieux qu'exhalent leurs belles fleurs. Ce parfum est dû à une huile essentielle, plus légère que l'eau, susceptible de se solidifier, et que l'on désigne sous le nom d'huile essentielle de roses ou beurre de roses. L'eau distillée que l'on prépare avec les pétales de ces deux espèces est odorante et à peine astringente. On en forme des collyres, que l'on rend plus actifs par l'addition du sulfate de zinc , de l'acétate de plomb , etc. On peut également l'employer à faire des injections.

C'est avec les pétales du rosier des quatre saisons que l'on prépare dans les pharmacies les deux sirops de roses pâles. Le premier, ou le sirop simple, est faiblement laxatif, et s'emploie surtout pour les femmes et les enfans , à la dose d'une à deux onces. Le sirop composé , au contraire, est fortement purgatif. Une deini-once ou une once suffit pour provoquer d'abondantes évacuations. Il doit cette action énergique à l'agaric blanc, au séné, et aux autres iogrédiens purgatifs dont il se compose.

ROSACKES.

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