‹ Élémens d'histoire naturelle médicale (volume 3)Chapitre 126 sur 187 · GENÊT. - GENISTA. L. J · texte numérisé non relu

GENÊT. - GENISTA. L. J

Calice à deux lèvres , la supérieure bidentée, l'inférieure à trois dents : étendard redressé, carène abaissée, ne recouvrant pas en entier les organes sexuels. Gousse alongée , comprimée, uniloculaire , bivalve, contenant plusieurs graines réniformes. Arbustes et arbrisseaux à feuilles généralement simples , quelquefois subulées et épineuses.

Genêt des teinturiers. Genista tinctoria. L. Sp, 998. Nom vulgaire : genestrole.

Ce petit arbuste est commun dans nos bois et nos buissons. Ses tiges, qui sont frutescentes à leur base, sont redressées dans leurs deux tiers supérieurs, hautes d'environ deux pieds , cylindriques, striées, un peu anguleuses, glabres. Les feuilles sont très nombreuses, éparses, lancéolées , aiguës , glabres ou légèrement pubescentes. Les fleurs sont jaunes , et constituent une grappe terminale à la partie supérieure des ramifications de la tige. Les fruits sont comprimés , alongés et glabres. Cette espèce fleurit aux mois de juin et de juillet. 1^

Propriétés et usages. Les teinturiers emploient fréquemment la genestrole, qui fournit une couleur jaune assez vive; et sous ce rapport cette plante est plus intéressante que par sou

LÉGUMINEUSES. C^y

emploi dans la pratique médicale. Ses fleurs sont légèrement purgatives, et ses graines éméliques. Mais en Russie, et surtout dans les provinces méridionales de ce vaste empire, les habitans des campagnes ont la plus grande vénération pour cette espèce de genêt ; ils considèrent sa décoction comme propre à neutraliser les effets du virus rabique , et à prévenir les terribles symptômes de l'hydrophobie. Ils administrent une décoction très rapprochée de cette plante. M. le docteur Tschernjajew, lecteur d'histoire naturelle à l'Université de Charcow en Ukraine , m'a assuré que ce remède est connu et rais en usage par tous les habitans de l'Ukraine. Le docteur Michel Marochetti a lu, le 4 octobre 1820, à la société médico-physique de Moscou, des observations sur l'efficacité de cette plante, qu'il a vu mettre plusieurs fois en usage avec succès dans le traitement de la rage (voy. /^rc/i. génér. de méd. LX , p. 80 et 227). Il dit qu'outre l'emploi de la décoction du genista tinctoria, on doit cautériser avec une aiguille rougie au feu les petites pustules qui se montrent sous la langue , aux environs des glandes sublinguales. Cette cautérisation est sans contredit la partie efficace de celle mélhode curalive. Je ne sache pas qu'en France on ait jamais fait usage de ce remède dans celte redoutable maladie.

La genestrole, d'après l'analyse qui en a été faite par le docteur Fé ix Cadet-Gaisicourt , contient : une matière grasse d'un jaune foncé, une matière colorante d'un jaune serin, une matière brune, de la chlorophylle, de l'albumine, du mucilage, une matière sucrée, de la cire, un principe astringent, une matière analogue à l'osmazome, une huile voLtile concrète, de la fibre végétale {Journ. pharm. 10, p. 447).

Un grand nombre de genêts jouissent de propriétés purgatives assez marquées, mais oa les emploie bim rarement.

LUPIN. — LUPINUS. L. J.

Calice à deux lèvres ; carène formée de deux pétales distincts à leur base; étamines mo iadelphes. Gousse épaisse, coriace, contenant plusieurs graines. Plantes herbacées^ à feuilles digitées.

BOTANIQUX.

Lupin blanc. Lupiuus albus. L. Sp. 1015. Blackw. l. 282.

Nom pharmaceutique : lupiuus. Partie usitée : les graines.

Plante annuelle, que l'on cultive dans les jardins, mais dont on ne sait pas positivement la patrie. Sa tige cylindrique, droite, simple, s'élève à environ un pied; elle est, ainsi que les feuilles, recouverte de longs poils doux et blanchâties. Ces feuilles sont alternes, portées sur de longs pétioles, du sommet desquels naissent cinq ou sept folioles oblongues, lancéolées, a'.guës, douces au toucher, divergentes en forme d'éventail. Ses fleurs, qui sont blanches, constituent à la partie supérieure de la tige une sorte d'épi terminal. La gousse est alongée, épaisse, velue, contenant six à huit graines arrondies, un peu comprimées.

Propriétés et usages. Les graines du Lupin ont une saveur amère peu agréable, que l'eau bouillante leur enlève facilement : elles sont, dans cet état, farineuses et nutritives. Les Romains et les Grecs les mangeaient, comme nous le faisons des graines du haricot; mais aujourd'hui elles sont généralement négligées comme aliment. Cependant en Italie, et particulièrement à Florence , on les mange encore , et le peuple poraît assez friand de ce genre d'aliment, qui se débite très abondamment dans les rues et sur les places publiques. Comme médicament, les lupins ne méritent pas beaucoup plus d'intérêt. Quelques auteurs les ont employés, réduits en poudre, au traitement des vers intestinaux. Mais c'est principalement à l'extérieur qu'on en fait plus généralement usage. Leur farine est placée au nombre des quatre j^/mw résoluiives. On en forme des cataplasmes, auxquels on donne une plus grande activité, en y joignant le vinaigre, le miel, etc. Leur décoction, qui est fort amère, a aussi été recommandée contre la gale et d'autres maladies de la peau.

BUGRAWE. ^ ONOmS. L. J.

Calice évasé, à cinq divisions linéaires un peu inégales : étendard redressé, plus grand, strié ; étamines monadelphi s. Gousse

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