I.ÉGUMIXEUSKS
renflée , contenant une ou deux graines. Plantes herbacées, o\\ arbustes quelquefois épineux , à feuilles trifoliées.
Bdgrane épineuse. Ononis spinosa. L. Sp. 1006,
Noms pharmaceutiques : ononis, s. resta bom. Noms vulgaires : arrête bœttf, biigrande. Partie usitée : la racine.
Sa racine est vivace , rampante , très longue , d'une couleur brune à l'extérieur, blanchâtre en dedans. Les tiges sont suffrutescentes à la base , couchées, relevées à leur partie supérieure, rameuses, longues d'un ou plusieurs pieds , cylindriques, velues et un peu visqueuses. Les rameaux sont le plus souvent terminés en pointe raide, et constituent des épines simples. Les feuilles sont alternes , courteraent pétiolées, trifolioiées; les folioles sont elliptiques, denliculées ; les deux latérales un peu plus petites ; ces feuilles sont quelquefois simples sur les jeunes rameaux ; deux stipules ovales , aiguës , denticulées , sont soudées avec la base du pétiole. Les fleurs sont rosées , presque sessiles , axillaires , solitaires ou géminées. Leur calice est monosépale , tubuleux à sa base , très velu , à cinq divisions profondes, lancéolées , aiguës , quatre occupant la partie supérieure, une seule la partie inférieure. La corolle est papilionacée son étendard est redressé , plane , entier, strié ; les ailes plus courtes, obtuses, un peu écartées de la carène, qui est très comprimée , formée de deux pétales distincts seulement à la base. Les étamines sont monadelphes. La gousse est un peu plus longue que le calice, velue , renflée , contenant une ou deux graines. L'arrête-bœuf est très commun dans les champs incultes , les lieux stériles ; il fleurit pendant les mois de juin, juillet et août.
Propriétés et usages. C'est la racine que l'on emploie. Elle est douceâtre , un peu amère et nauséabonde. On l'a surtout mise en usage pour activer la sécrétion des reins. Les anciens la comptaient parmi les racines apéritives. Galten et Dioscoride parlent déia de son action diurétique , et des avantages de son emploi dans le traitement des affections calculeuses de la vessie. Plusieurs auteurs modernes ont joint leur témoignage à celui des anciens, lîergius dit l'avoir administrée avec le plus
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grand succès dans l'ischuric provenant de la présence des calculs retenus dans la vessie. D'autres ont fait usage de sa décoction contre l'hydropisie de la tunique vaginale, et enfin quelques uns , tels que Pienck , Meyer, Schneider, en recommandent l'usage dans l'engorgement du testicule. La brugrane s'administre ordinairement en décoction, à la dose d'une once pour une pinte d'eau.
ARACHIDE. — ARACHIS. L. J.
Calice à quatre divisions linéaires , trois supérieures et une inférieure j étamines monadelphes ; pédoncule tubuleux , contenant l'ovaire à sa base et dans son intérieur. Fruit ovoïde , pointu, presque cylindrique, indéhiscent, réticulé extérieurement, contenant d'une à trois graines. Plantes annuelles, à feuilles bijuguées.
Arachide souterraine. Arachis hypogœa. L. Sp. 1040, Nom vulgaire : i)istache de terre.
Cette plants, qui est annuelle , paraît appartenir à la fois aux contrées chaudes de l'ancien et du nouveau continent , selon l'opinion la plus généralement admise. Mais, depuis la fin du siècle dernier, on l'a cultivée avec soin , et en quelque sorte naturalisée dans le midi de l'Europe. Sa racine est annuelle , pivotante, garnie de fibrilles capillaires, sur lesquelles sont des petits tubercules pisiformes. La tige , dont la hauteur varie d'un à deux pieds, est d'abord couchée dans sa partie inférieure, tandis que ses ramifications sont dressées j celles-ci sont grêles, cylindriques et pubescentes. Ses feuilles, portées sur de longs pétioles pubescens, sont composées de quatre folioles obovales, très obtuses, ciliées et opposées. On trouve à leur base deux Stipules inéquilatérales, très aiguës, un peu soudées ensemble par leur base. A l'aisselle de chaque feuille , il existe communément deux fleurs, portées chacune sur un pédoncule pubescent, àpeu près de la même longueurque les feuilles. Ces fleurs, qui sont jaunes, et dont quelques unes sont stériles par l'imperfection de leur pistil , se composent d'un calice caduc à
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q \Ar& divisions linéaires très profondes, trois supérieures et une inférieure. L'élendard est appliqué sur les ailes , qui ne sont point étalées, et la carène est formée de deux pétales en partie libres et en p.irtie soudés. Les étaminessont monadelphes. Le pistil, dans cette plante singulière, offre une organisation dont nous ne connaissons aucun autre exemple dans les genres nombreux de cette famille. Son ovaire, au lieu d'être situé au fond du calice, se trouve placé à la base et dans l'intérieur du pédoncule qui forme un tube grêle, parcouru intérieurement par un long style, lequel est saillant au dessus du tube des étamines. Lorsque la fécondation s'est opérée, la fleur se flétrit et se détache. Il ne reste plus sur la tige que la base du pédoncule , dans l'intérieur duquel l'ovaire est renfermé. Du sommet de Tovaire , on voit saillir une petite pointe qui se recourbe vers la terre : et l'ovaire, à mesure qu'il grossit , est élevé sur un pédicule qui s'alonge jusqu'à ce que la petite pointe ait louché la terre. Elle ne tarde pas à s'y enfoncer, et entraîne avec elle l'ovaire, qui est déjà assez gros, et qui va mûrir ses graines dans cette nouvelle position. Les fruits, que l'on trouve à trois ou quatre pouces sous la surface du sol, sont ovoïdes , alongées , presque cylindriques , terminés en pointe , d'une substance coriace , blanchâtres et réticulés à l'extérieur, souvent étranglés vers le milieu ^ ils contiennent une", deux ou trois graines de la grosseur d'une aveline.
Propriétés et usages. On a cherché, au commencement de ce siècle, à donner à l'arachide une place importante dans notre agriculture. Cette plante mérite, en effet, d'être répandue et cultivée, à cause des avantages qu'elle peut nous procurer. Les graines, lorsqu'elles sont fraîches et récentes, ont une saveur douce, que la plupart des auteurs comparent à celle des noisettes et des amandes. Cette saveur devient encore plus agréable lorsqu'elles, ont été légèrement torréfiées. Les naturels de la Nouvelle - Espagne en font leur principale nourriture . et elles sont, pour les nègres dispersés dans toutes les parties du globe, un régal délicieux. On retire de ces amandes une huile grasse extrêmement douce, qui, selon plusieurs auteurs, ne lo cède en rien à la meilleure huile d'olives. On dit qu'elle jouit
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de la propriété hiùn précieuse de ne rancir jamais, cl d'acquérir, au contraire, plus de finesse en vieillissant.
MM. l'ayeu et Henri fils se sont livrés à des recherches très curieuses sur cette huile, et en ont consigné les résultats principaux dans le premier volume du Journal de chimie médicale (page 431 ) ; elle est très abondante, puisqu'on en retire environ 40 pour cent de ces graines, qui contiennent de plus une sorte de caséum, du sucre cristallisable, de la gomme , de l'amidon , du soufre, une matière colorante et quelques autres principes. On peut- préparer , avec les amandes de la pistache de terre, une pâte qui, délayée dans l'eau et édulcorée avec suffisante quantité de sucre , forme une sorte d'orgeat extrêmement agréable.
La culture de celte plante demande des soins et une exposition particulière. Comme elle craint le froid, elle ue peut prospérer que dans les provinces méridionales de la f'rance. 11 lui faut une terre meuble et un peu sablonneuse, pour qu'elle puisse y enfoncer facilement ses jeunes fruits, et lui confier le soin de leur maturation,
IRIGONELLE. — TRIGONELLA. L. J.
Calice à cinq divisions égales; l'étendard et les ailes quelquefois ouverts , plus grands que la carène , qui est fort petite. Gousse alongée , grêle, comprimée ou cylindrique, terminée en pointe , contenant plusieurs graines. Plantes annuelles , à feuilles trifoliolées.
Trigowelle feku G^EC.TrigoiicUapJiœnum-grœcum.L. Sp.l095.
Nom pharniat^eiitique : phœnum-grœcum. Partie usitée : les graines. ,
Sa racine , qui est annuelle , donne naissance à une tigë dressée, presque simple, haute d'un pied, cylindrique, un peu velue. Ses feuilles sont alternes, pétiolécs, trifoliolées, à folioles obovales, obtuses, quelquefois un peu échancrées, denticu lées sur les bords,- les stipules sont en fer de lance et entières. Les fleurs sont jaunes, sessiles, axillaires, géminées, quelquefois solitaires , dressées. Leur calice tubuleux , presque cylindrique, velu , et à cinq dents linéaires et égales. Leur corolle
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est comprimée latéralement ; l'étendard est obcordiforme, comprimé; les ailes rapprochées, obtuses j la carène très courte. La gousse est très alongt^e, presque cylindrique, dressée , terminée par une longue pointe conique , et contient plusieurs graines brunâtres, oblongueSj un peu comprimées, tronquées aux deux extrémités. Le fenu-gre(i croît sur le bord des champs, dans les provinces méridionales de la France. On le cultive abondamment en x\lsace.
Propriétés et usages. Les graines de fenu-grec contiennent , d'après l'analyse qui en a été faite par M. Bosson , pharmacien à Manies, une huile volatile, une hu'le fixe et âcre, une matière nauséabonde, un principe colorant jaune, de l'acide malique. Leur décoction est employée comme émollienle, sous forme de lotions, d'injections, etc. On fait avec leur farine des cataplasmes adoucissans et résoluîifs. Toute la plante répand, lorsqu'elle est sèche, une odeur forte, pénétrante et très fixe, qui persiste pendant plusieurs années, même dans les échantillons conservés dans les herbiers.
MÉLILOT. — MELILOTVS. Tournef.
Calice tubuleux, persistant, à cinq dents j étend^ird plus long que la carène 5 légume court, un peu renflé , plus long que le calice, strié ou chagriné, contenant une ou deux graines. Plantes herbacées, à feuilles trifoliées.
Mklilot officinal. Melilotus qfficinalis . Lamk. TrifoUum mdilotus officinalis. L. Sp. 1078. Bull, t. 255.
Le mélilot est une plante annuelle dont la tige, dressée et rameuse, s'élève à deux pieds et plus: elleest glabre, cylindrique, striée, portant des feuilles alternes, pétiolées, composées de trois folioles ovales, obtuses, raucronées , dentées en scie, glabres. A la base du péiiole, qui est élargi, on trouve deux stipules, qui sont soudées avec ses parties latérales. Les fleurs sont fort petites, jaunes, disposées en petites grappes unilatérales ft très nombreuses à l'extrémité des rauiificalions de la lige. Ces fleurs sont presque scssiles , légèrement pendantes,
accompagnées chacune d'une petite bractée linéaire. La gousse est petite, ovoïde, obtuse, rugueuse, embrassée à sa base par le calice persistant , qu'elle dépasse de plus de moitié , contenant ordinairement une seule graine, et restant indéhiscente. Cette plante est commune dans les prés, dans les haies, les bois, et fleurit pendant la plus grande partie de l'été.
Propriétés et usages. Le mélilot répand une odeur agréable, qui a beaucoup d'analogie avec celle de la fève Tonka. Autrefois très fréquemment employé, soit intérieurement, soit à l'extérieur, on ne l'administre plus guère aujourd'hui qu'en lotions ou en lavemens. Sa décoction est adoucissante, et son principe odorant est si peu intense, qu'il n'influe presque point sur son mode d'action. Les fleurs de mélilot contiennent une huile volatile concrète que Vogel avait d'abord prise pour de l'acide benzoïque mais M. Guillemette a montré qu'elle était identique avec la coumarine extraite de la fève Tonka.
Le MÉLILOT bleu , melilotus cceruleus Lam., qui est plus petit^ se distingue surtout du précédent par ses fleurs d'un bleu pâle, disposées en épis ovoïdes ; il est beaucoup plus odorant. Aussi le connaît-on généralement sous les noms de faux baume du Pérou, lotier odorant, etc. Son infusion théiforme est légèrement aromatique et excitante mais son usage est bien peu répandu.