‹ Élémens d'histoire naturelle médicale (volume 3)Chapitre 138 sur 187 · ANÉMONE. — ANEMONE. L. J · texte numérisé non relu

ANÉMONE. — ANEMONE. L. J

Calice corolliforme, de cinq à quinze sépales • point de corolle j étamines nombreuses. Akènes capitulés , terminés par une pointe qui se prolonge quelquefois en une longue queue plumeuse. Fleurs environnées d'un involucre de trois feuillesj lige nue 3 feuilles toutes radicales.

10 Fruits terminés par une polnle courte non plumeuse. anémone.

A.^ÊM0INE DES BOIS. Anenionc tieniorosa. L. Sp. 762.

Nom Tulgaire : syli'ie.

Cette jolie petite plante^ qui au printemps fait l'ornement de nos bois, a une racine ou souche charnu3 , horizontale , donnant naissance à la tige et aux feuilles par l'une de ses extrémités. Ces feuilles sont toutes radicales, pétiolées, dressées, divisées en trois folioles digitées^ celle du milieu profondément partagées en trois lobes ovales , incisés et dentés ; les deux latérales en deux lobes seulement, de même forme que les précédens. Ces feuilles et leurs pétioles sont légèrement velus. Les pédoncules sont radicaux , dressés , de six à huit pouces

de hauteur, terminés à leur sommet par une seule fleur blanche ou légèrement purpurine, assez grande. Au dessous d'elle, est un involucre formé de trois feuilles verlicillées, pétiolées, semblables à celles qui naissent de la racine. Les fruits , au nombre de quinze à vingt , sont ovoïdes , comprimés , pubescens, terminés à leur sommet par une petite pointe recourbée. Cette espèce se trouve abondamment dans les bois un peu couverts. Elle fleurit dès le premier printemps. ^

Propriétés et usages. La Sylvie est aujourd'hui fort peu employée par les praticiens. Elle est âcre , et possède à peu près les mêmes propriétés que les espèces du genre renoncule, Chomel recommande l'application de cette plante sur la tête, dans la teigne. Mais ce remède, qui demande des précautions à cause de son âcreté, a été abandonné.

2" Fruits terminés par une longue queue plumease. pulsatilla.

Anémone pulsatille. Anémone pulsatilla. L. Sp. 759.

Noms vulgaires : coquelourde , fleur de pâqucs.

La pulsatille habite les bois sablonneux. Sa racine est grosse, épaisse, dure, noirâtre et comme ligneuse. Ses feuilles radicales sont pétiolées , soyeuses , composées de folioles plusieurs fois pinnatiûdes, à segmens très étroits, linéaires, aigus et comme subulés. La tige est haute de six à douze pouces, cylindrique, velue, portant une seule fleur un peu penchée, d'une belle cou* leur violette foncée. Les sépales sont dressés, velus en dehors, et constituent un calice campaniforme. Entre les étamines et les sépales, on trouve un certain nombre de glandes pédicellées, qui ne sont que des étamines avortées. L'involucre est formé d'une seule feuille sessile, embrassante, formant une sorte d'entonnoir, du centre duquel sort la fleur. Elle est découpée, dans les trois quarts de sa hauteur, en lanières étroites, linéaires, aiguës, soyeuses, presque constamment entières.

Cette espèce n'est pas rare dans les bois sablonneux , aux environs de Paris, où elle fleurit au mois d'avril. lljL

Propriétés et usages. La pulsatille et en général toutes les autres espèces d'anémones sont d'une extrême âcreté , qui ré-

BINONCULACBES.

slde à la fois dans toutes les parties. Elle détermine, lorsqu'elle est appliquée sur quelqu'un de nos organes, ou ingérée dans l'estomac, tous les accidens des substances âcres et corrosives, savoir, une inflammation violente, et une action stupéfiante sur le système nerveux. Aussi M. Orfila l'a-t-il rangée parmi les poisons àcres. L'eau distillée que l'on prépare avec les fleurs et les feuilles fraîches est d'une grande âcreté. L'anémone pulsatille doit ses propriétés à une substance volatile, Vanémonine. Elle a été découverte par Heyer. Elle se dépose dans l'eau distillée d'anémone ; elle est peu soluble dans l'eau froide, plus dans l'eau bouillante, et davantage encore dans l'alcool ; elle est presque insipide , mais fondue elle acquiert une saveur caustique très âcre. Storck a donné à la pulsatille une sorte de vogue. Il l'a surtout administrée dans l'amaurose, et dit avoir ainsi guéri un grand nombre de malades affectés de cette maladie , ou avoir apporté beaucoup de soulagement à ceux qu'il n'a point complètement guéris. Au témoignage de Storck on peut aussi ajouter celui de plusieurs médecins allemands. Le même auteur se loue également des succès qu'il a obtenus de la pulsatille, en l'employant dans la cure des symptômes consécutifs de la syphilis , tels que les exostoses , les douleurs ostéocopes, etc. Enfin, il l'a aussi essayée avec quelques succès dans la paralysie , les ulcères chroniques, etc. C'était ordinairement sous la forme d'extrait que Storck employait la pulsatille. Il commençait par des doses très faibles , telles qu'un ou deux grains, qu'il augmentait ensuite graduellement. Malgré les éloges prodigués par le médecin de "Vienne à la pulsatille, on en a généralement abandonné l'usage.

Page 1